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INSTRUMENTS CONTONDANTS

^2. — Instruments contondants.

Ces instruments ont des effets très variés tant à l'extérieur qu'à inlérieur, selon Tendroit auquel ils frappent et la force avec laquelle 8 sont employés. Ils ébranlent les organes internes et peuvent prouire une mort subite (commotion du cerveau, de la moelle épiiëre, du cœur), ou bien une mort plus lente par des ruptures do aisseaux. Ils brisent les os depuis la fracture la plus simple lorsque I force n*est pas trop grande, jusqu'à l'écrasement complet de tout 'organisme quand la force est très violente. Ils séparent la continuité les parties molles en formant des bords inégaux, obtus, dentelés, dé- -hirés, plus ou moins plats, de sorte que la plaie ne correspond frdinairement pas à la forme de V instrument blessant y parce |ae l'instrument non-seulement frappe, mais encore déchire en même emps. Ils contondent et défigurent le visage, soit par aplatissement lu nez et des oreilles, soit par gonflement consécutif des paupières cl Jes lèvres, soit par brisement des os. Souvent, sur le même cadavre, )n trouve plusieurs de ces effets, ou parce qoe g^sieurs instruments contondants ont été employés par un ou plusieurs malfaiteurs, ou parce qu'un même instrument à plusieurs surfaces, une hache par exemple, a été employé. C'est ce que Ton trouve après ces meurtres affreux qui ont eu lieu au moyen de violences nombreuses et cruelles, après les assassinats commis par les hommes en fureur, comme on en terra des exemples plus bas.

Quant à la nature même des instruments contondants, elle est très diverse; je citerai, pour les avoir vu employer, des haches, sabres, marteaux, . pavés, bâtons, pots brisés, choppes de bière, poutres, planches, sabots, roues, ailes de moulin, mâts, crosses de fusil, crochets de fer, voitures, chemins de fer, poings, dents, etc. Il faut compter aussi les chutes, les projectiles.

Ine suite fréquente des blessures par instrument contondant, c'est la rupture des organes internes. Les poumons, le cœur, les initias à l'état sain ne se rompent jamais spontanément. Lorsque le

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poumon d*un phlhisique se rompt, c'est h cause des cavernes; le cœur ne se rompt que lorsqu'il est atrophié ou hypertrophié. Mais lorsque ces organes sont sains, il faut une forcetrès grande pour les rompre. Lorsqu'une de ces ruptures se présente, on peut conclure avec assurance qu'il y a eu une très grande violence excercée. Voici le résultat de mes observations les plus concluantes :

Les fisMures de la base du crâne sont presque toujours transversales. Je n'ai jamais vu une fissure longitudinale isolée. Elles se rencontrent ordinairement dans la partie qui forme le tiers antérieur de la base, et s'étendent d'un rocher jusqu'à la selle turcique, ou la traverse pour rejoindre l'autre rocher. Nous reviendrons plus loin sur la fracture des autres os crâniens.

La rupture du cerveau est excessivement rare; quant à moi, je ne Tai vue que deux fois : une fois par suite d'un écrasement de voiture (h^" ob^.), une autre fois par suite de grandes violences sur la tôle (318* obs.).

Les ruptures du poumon ne sont pas fréquentes. Elles peuvent se rencontrer à tous les endroits du poumon, avec des directions et des longueurs de toute espèce. (Obs. 80, AO et 03.)

On voit très rarement des rupîurrs de la trachée^artère et de Vœsophage. Elles sont dues également à de très grandes violences exercées au moyen de corps contondants (obs. 92).

Nous avons donné plus haut (obs. 39 et A3) des exemples de rupture du péricarde- ei de rupture du cœur qui, l'une et l'autre, sont très rares. Dans les deux cas, des blessures par instruments contondants avaient été faites avec une forte violence : la première par une chute de très haut, la seconde par un choc violent contre un arbre. La mort avait été instantanée, et il y avait d'autres lésions internes très graves.

Les ruptures du foie sont les plus fréquentes relativement et absolument. (Voir obs. 34 à 37, 40, 43 à 40, plus loin obs^ 54, 93 et 96.) Ordinairement ce sont des ruptures longitudinales dans Tun des deux lobes, ou entre les deux, et séparant alors les deux lobes; ou enfin elles existent en même temps dans les deux lobes et forment de

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