‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 50 sur 166 · PROCÉDÉ DU HEURTRIER DANS L'EXÉCUTION DU GRIME · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DU HEURTRIER DANS L'EXÉCUTION DU GRIME

• un frond gonflement du ventre et beaucoup d'inquiétude. Le soir les symp-

■ ttaeit s'aggravèrent et les vomissements et la fluctuation dans le ventre mon-

■ trèrent évidemment (??) une rupture interne produite par une violence exté- > rieure. • Au bout de quarante-huit heures la mort arriva.

Cet homme, ftgé de cinquante ans, ne présentait à Textérieur que de fraîches cieatrieesde sangsues; outre cela, rien d'anormal. A l'intérieur, le péritoine était vivement enflammé dans toute son étendue, tuméflé et couvert de pus. Dans la cavité il y avait 350 grammes de pus liquide ; Tépiploon enflammé était couvert de pus. Let intestins et l'estomac étaient enflammés à plusieurs endroits adhérents au péritoine par des exsudations de pus. Dans la plèvre gauche il y avait 100 grammes de sang liquide. Le poumon gauche était enflammé à son lobe inférieur, le poumon droit également. Mous passerons sur les autres résultats insigniflants. Ce cas était très difliclle. Je crois utile de communiquer en détail le rapport que j'en donnai.

Après avoir dit les causes pouvant produire une péritonite et avoir mentionné

les violences sur le ventre, telles que les coups de pied, je disais : « Les suites

ordlmiires des coups de pied sont ecchymoses sur les parties frappées, contusion,

paralysie, roptm^ des organes internes environnants, c'est ce que le médecin

liaitant de la Charité a admis par erreur dans ce cas. Ces suites seront d'autant plus

évideotea et d'autant plus graves que les coups auront été plus violents. Le décédé,

f après sea dépositions, n'a pas été frappé étant debout, mais étant couché et de

ksat en bas, ee qui suppose une force violente. Ordinairement, une telle violence

edérienre produit des ecchymoses sur les téguments, et on devait d'autant plus s'y

Meodre dans ce cas où elle a produit une péritonite immédiate qui a amené la

lort en si peu de temps. Cependant à l'autopsie nous n'avons trouvé à l'extérieur

les signes d'aucune violence. De plus, B... dit avoir vu le décédé un quart d'heure

apfès la Tiolence, ne présentant aucune blessure et ne trahissant aucune douleur

par ta démarche, ee qui devrait fiiire supposer une énergie rare de la part de R...,

ûnii que la fiieilité avec laquelle fl a monté sans secours six ou huit échelons d'une

échelle menant au grenier.

> Roo'seulement l'autopsie et les aotes ne montrent rien qui puisse prouver que la péritonite a été produite par des violences extérieures, mais encore on peut expHqser par bien d'autres raisons l'existence de cette maladie. On ne dit rien de linnté antérieure de R... avant le 7 du mois, on ne peut donc pas conclure que le décédé n'avait pas d'avance des symptômes qui paraissent inaperçus pour des ÎBdiTidns de sa classe ; il a pu avoir des coliques, de la diarrhée, des douleurs pas- ■Hères dans le ventre, de la sensibilité au toucher, qui souvent sont les précurseurs de U péritonite et qui deviennent une maladie grave par manque de soins et, "vtoot, si on y ajoute les circonstances défovorables qui n'ont pas manqué au décédé. Ob peut supposer à priori que R. .., en buvant de la bière et de l'eau-de-vie et MM querellant avec l'accusé, a surexcité son système nerveux et vasculaire, et c'est même prouvé par les actes, car le maître de l'auberge a déposé l'avoir vu dans ■n état de grande surexcitation.

■L'accusé prétend que R*. était complètement ivre, mais ce témoignage est peu dipiede eonflanee; le témoin Vidons dit que « il était très ivre et exhalait une

12i PAnTIE THANATOLOGIQUE.

odeur d*eau-de-vîe très prononcée. » On peut donc considérer que R... était dans un grand état d'échauffement et de surexcitation. Dans cet état, le décédé fit la route assez longue jusqu'à M... à pied. Il est probable que dans cette course la maladie est survenue, ou bien , s'il en existait les germes, a fait de grands progrès. Les mauvais traitements que Taccusé avoue, le coup de pied qui lui a été donné pour le faire relever n*ont pu qu'avoir une influence fâcheuse. Le décédé après cette scène se plaint de grandes douleurs dans le ventre. Dans cet état il passe la nuit dans un grenier sans secours, et il devait avoir certainement déjà une vive inflammation qui, si elle avait été traitée énergiquement par les anUphlogistiques, aurait peut-être cédé, et qui, abandonnée toute une nuit, a dû tout de suite devenir très grave.

» D*après tout ce qui précède, on voit qu'une péritonite pouvait naître et avoir une fln funeste sans les violences en question ; mais l'attestation des médecins de l'bdpital semble être contraire à nos déductions. On y voit que sur le ventre « il y avait une forte contusion, surtout des organes internes. » Nous sommes fâché de ne rien trouver de plus clair dans cette attestation si importante. Si le mot contusion signifie ecchymose, il eût été facile de décrire l'état des téguments ; mais nous nous croyons en droit d'admettre que, lors de la réception de l'homme à l'hôpital, il n'y avait aucune trace extérieure, car on ne peut pas admettre qu'une • forte > ecchymose ait disparu en vingt-quatre heures. Mous croyons d'autant plus qu'il n'était pas question d'ecchymose, que l'on scoute : « surtout les organes internes. »

» Les autres symptômes décrits indiquent une péritonite qui était évidente. Ce que l'on a trouvé à l'autopsie dans la cavité thoracique est de peu d'importance, puisque . l'on doit admettre que l'inflammation de la poitrine a été la suite de la péritonite aiguë. »

De là nous conclûmes que : quoiqu'il ne soit pas impossible , il n'est pas probable que la péritonite mortelle ait été la suite d'une violence extérieure.

Qui aurait pu, en eCTet, déclarer l'accusé coupable d'avoir causé la mort ?

Obs. 60. — Coups de fouet et coups de pied ayant soi-disant amené la mort.

Ce cas est analogue au précédent. Le 17 mai 18...» par une chaleur de plus de 20 degrés Réaumur, à midi, l'employé de chemin de ier Gl..., connu comme s'adonnant aux boissons, avait été vu ivre et chancelant dans la campagne ; quelque temps après il se coucha par terre. Après dix minutes il se leva et alla dans un champ de seigle où il se coucha de nouveau. Après une heure et demie, P... et A..« passèrent dans une voiture sur le chemin bordant ce champ et le virent couché sur le dos, de sorte que les rayons du soleil brûlant lui donnaient dans la figure qui était « très brune. » On essaya de le lever, mais il était presque sans connaissance; il fit deux à trois pas et retomba. Là-dessus P... lui donna quelques coups avec le manche de son fouet et aussi quelques coups de pied que plusieurs témoins disent avoir été insignifiants, tandis qu'un garçon parle de six coups de fouet très violents et de plusieurs grands coups de pied. P.. • ne réussit pas à réveiller l'individu qu'il crut ivre-mort, il le laissa en couvrant sa figure pour le pro-

Page 1