PROCÉDÉ DU MEURTRIER DANS L'EXÉCUTION DU GRIME
Obs. 65. — 02etMir9 mortelle de la poUrine par un coup de faux»
Une rixe s'engagea entre des paysans ivres qui Iravaillaient dans les champs. ÏUe s'envenima au point que A... saisit une faux et en donna un coup à B... dans le côté droit. Les circonstances qui suivirent la blessure et le temps que B... vécut encore sont restés inconnus.
Le décnbitus important trouvé sur le cadavre prouvait qu'il y avait eu une loofue maladie. Dans la région latérale des dernières fausses côtes droites se InniTait une blessure qui allait jusqu'aux apophyses épineuses des vertèbres ; sa leofoeiir était de 20 centimètres, ses bords étaient nets, réunis par première intentioa et en partie cicatrisés. Cette blessure avait, dans une longueur de 8 cenli- ■êtres, séparé les muscles intercostaux entre la onzième et la douzième côte ; on voyait donc tout de suite que la cavité de la« poitrine était ouverte, ce que prouva roaverture de cette cavité. Le poumon n'avait pas été atteint ; mais la mort avait été la suite d'une pneumonie traumatique. Le poumon droit était couvert d'une ceaehe de pus ; dans son lobe central il y avait un abcès gros comme une tête d'en- IbL Tout le tissu était bépatisé en gris. Il y avait peu de saog dans le cœur et dans la veine cave; sa couleur était d'un rouge sale, il était en partie coagulé.
Les atitrss résultats de l'autopsie étaient insignifiants, d'autant plus que la putréfaction du cadavre était déjà avancée. Il était facile de montrer que la pneumonie ■ortelle avait été le résultat de la plaie pénétrante du thorax. On me demanda à fiodiepce si, d'après la position de la blessure sur le côté droit, le coupable n'avait fis M se trouver derrière la victime. 11 était facile de répondre affirmativement à eille question.
On. 66. — Hémorrhagie mortelle du cerveau. Déterminer si elle a été causée par une chuto, par des coups de pied ou par d'autres violences.
Ce cas intéressant ne pouvait pas être éclairé complètement par l'aulopsie.
ia sHis de janvier, deux hommes ivres, K... et M..., engagèrent une lutte.
K... prétendit que, avant leur querelle, M... était tombé dans le ruisseau et s'était
MiHéà la tète. En effet, on avait vu sa tète ensanglantée. Dans la dispute, R...
'osoa à M..., eoauBe des témoins l'ont vu, des coups de poing sur la tète, le
pouia dans un escalier, de manière qu'on l'entendit rouler. Quand celui-ci fbt
vi^, JL .. le repoussa de nouveau, le frappa à coups de talon daus les reins, sur
^^, et enfin lui porta avec un morceau de bois un coup dans le côté ! Bientôt le
^te t'endormit d'un sommeil qui paraissait profond ; il fut transporté à la Charité,
•41 mourut dix jours après.
i^ cadavre avait la coloration ictérique. Dans la région de l'os pariétal gauche, ^ J trtit une plaie en voie de cicatrisation, longue de 1 centimètre 1/2. Les bords ^ itaient secs et nets. Au-dessous de chaque œil, il y avait une tache semi- lunaire ^IQosée, longue de 2 centimètres. Aucune autre blessure extérieure. Les os ''^■i^ étaient intacts, mais dans la cavité crânienne se trouvait épanché du sang ^'f^» La dure-mère était colorée en rouge bleu sur toute la partie gauche de la
132 PARTIE TUANATOLOGIQUE.
été cl indiquait un ûpancUement de sang. Cet épanchement était de 60 grammesr ce sang était coagulé et couvrait tout l'hémisphère gauche. Un autre épancheraei^ de la grandeur d'un haricot se trouvait sur le pont de Varole ; un autre à iJ base du crâne. Le cervelet, ainsi que les veines de la pie-mère, étaient hjpérè' miques.
Nous disions dans notre rapport que le fait du meurtre n'était pas difficile h constater, n mais on ne peut pas dire avec certitude quel est l'instrument qui a produit ces blessures. Les coups de poing vus par les témoins expliquent lacîleiiient les ecchymoses autour des yeux ; mais les petites blessures extérieures et les léakMM intérieures ne proviennent pas de seuls coups de poing : les premièrea, parce qui des coups de poing ne séparent pas les téguments en faisant des blessures à bordi nets ; les dernières non plus, parce que de tels coups n'ont pas assez de force povi rompre des vaisseaux dans le crâne. Un ou plusieurs coups de talon de botte donnés avec force à un homme étendu par terre ont pu avoir cet effet, surtout si ce taloo était garni de clous. Ces blessures ont pu être produites aussi par des chutes réitéréei sur le sol dans un état d'ivresse, surtout si M... a été jeté dans un escalier de manière que la tète ait porté sur les marches. » H nous était impossible de nous prononcer avec plus de précision*
Obs. 67. — Bksture mortellô du foie. Déterminer si elle a éié produite par m
sabre ou une baïonnette.
Dans la nuit du 31 octobre 1848, un combat eut lieu entre des machinistes et des gardes nationaux, devant l'Assemblée nationale de l'époque. Un macbinisis reçut une blessure d'un garde national et mourut peu de temps après. Dans la région du foie, nous trouvâmes une plaie de 8 centimètres de longueur, béante de 5 centimètres, à bords nets, 'ecchymosée, et par laquelle une anse de l'iléon faisait hernie. 500 grammes de sang coagulé couvraient l'épiploon et les mésentères, et 8 onces d'un sang fluide étaient dans la cavité abdominale. Au bord du lobe droit du foie se trouvait une plaie profonde de 5 centimètres, à bords nets. On ne sarait pas si la blessure avait été faite par les gardes nationaux ou par les machinistes. Les premiers disaient que la blessure avait été faite par les machinistes avec une baïonnette, par maladresse ; les camarades du décédé prétendaient que c'était au contraire les gardes nationaux qui avaient reçu l'ordre du commandant de frapper à coups de sabre.
L'état de la blessure montrait qu'elle avait été produite par un coup de sabre, et non par un coup de baïonnette.
Ob8. 68. — • Blessures morleUes de l'abdomen causées probablement par un coup
de baionnette.
11 s'agissait de déterminer si la blessure avait pu être produite par un coup de baïonnette»
Dans une froide nuit d'hiver, un vagabond ivre fut arrêté par deux soldats. Chemin iaisant, il se sauva et tomba en courant sur le pavé glissant, de sorte «sue la