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PROCÉDÉ DU MEURTRIER DANS L*EXÉCUTION DU CRIME

eOefl de taches de nng ? Noas fîmes cette analyse avec l'assistance de l'expert cfciasiqQe,M. Sehacht Nous derons faire remarquer que, à cette époque, le procédé de M. H. Rose, que nous avons mentionné plus haut, n'était pas encore connu.

L'aspect de la lame prouvait que si Von avait affaire à du sang, il devait y avoir asses longtemps que ces taches avaient été produites (il y avait deux mois et demi qve la blessure avait été faite) ; car i^ la lame du couteau est rouillée sur toute sa surlace , et 2* dans la fente du couteau il y avait une masse brune couverte de moisissure. On appliqua avec un pinceau quelques gouttes d'eau sur la lame : vne goutte fût observée sous le microscope, le reste du liquide restant sur la lame fût évaporé sous une chaleur peu intense et l'on observa ce qui suit :

Sous le microscope on reconnut des globules rouges qui nageaient dans la goutte d'eau et qui ressemblaient h des globules de sang.

Quand le liquide fut évaporé sur la lame, on observa le résidu avec une lentille et l'on vit sur \b surface rouillée de la lame une couche rosée très mince et faraosparente à travers laquelle on voyait la rouille. On fit une contre-épreuve. Sur me lame luisante on appliqua quelques gouttes de sang que Ton laissa sécher et fÊt Foo chauffa un peu. Le sang se détacha en forme d'écaillés et la surface mé- «Ullique redevint luisante. En chauffant le sang il s'exhala l'odeur particulière de la carbonisation des substances animales. Les taches qui se trouvaient sur la lame SQSpeete ne se détachèrent pas par la chaleur, mais étant chauffées plus fort, il y eut la carbonisation et l'odeur dont nous venons de parler. Il s'ensuivait qu'il n'y avait pas de sang frais sur la lame, mais qu'une substance animale était môlée à la rouille et celte subslance pouvait être du sang.

Ensuite la lame fut mise dans un verre cylindrique étroit rempli d'eau distillée ;

<m n'observa pas dans cette eau une coloration de sang, mais après vingt-quatre

beures, il se déposa une poudre d'un rouge brun qui fut séparée par flltration. Dans

le liquide filtré on ne trouvait ni du fer ni de l'albumine. La poudre rouge brune

fct reconnue comme de la rouille par sa dissolution dans l'acide muriatique et ses

rèietionsavec l'ammoniaque, le cyanure de potassium et la teinture de noix de galle.

l'aspect de la lame n'avait pas été beaucoup changé par son séjour dans l'eau.

Ut taches n'avaient pas diminué. Quand la lame fut sèche, on appliqua sur une

te taches de l'acide muriatique pur ; bientôt la tache disparut, le métal devint

isiiant, l'oxyde de fer s'était dissous dans l'acide muriatique. D'après ces expé-

rieaces, nous dûmes déclarer que le couteau avait été taché vraisemblablement

*vec du sang. Nous ne pouvions donner une certitude après un temps aussi long (1).

Ce rapport fut accepté, et le coupable fut condamné à dix-huit mois de

Frison.

Jusqu'à présent nous avons donné des exemples où Ton avait à répondre à la question : Tel instrameni a-i-il pu produire telle lésion? Nous allons donner d'autres exemples, dans lesquels on aura

(1) L'anriTM eol lieu avant la découTerte des cristaux d'hématine.

13d PARTIE THANATOLOCIQUE.

à décider quelle a été le manière de procéder du coupable ? Quelle a été sa position et celle de sa victime pendant qu'il accomplissait le crime ? On verra de quelle importance peut être dans certains cas le rapport du médecin, combien il faut examiner avec soin toutes les circonstances, même celles qui paraissent les plus insignifiantes.

Ob3. 70. — Fracture mortelle du crâne par un marteau. De quelle maniire le

meurtre a-t-il été commis ?

Le 25 mars i8..., le ferblantier Bontoux fut trouvé assassiné dans sa enitine, avoisinant la boutique et située au rez-de-chaussée.

Ayant entendu pendant la nuit du bruit qui Favait alarmé, Bontoux avait prolMblement sauté vivement hors du lit, car une chaise à côté de son lit était renversée, et était allé en chemise dans la cuisine. Le reste était inconnu.

Le lendemain, le sieur Luckc, maréchal-ferrant, fut arrêté comme accaié de ce crime. Celui-ci eut recours à un système de défense qu'il continua avec conséquence. 11 déclara qu'en effet il s'était introduit dans la maison de Bontoux pour y faire un vol avec effraction ; que celui-ci, l'ayant entendu, l'avait attaqué, et, qu'après une lutte acharnée, Lucke l'avait tué, en usant du droit de défente légitime puisqu'il défendait sa vie.

Le cadavre ^tait vêtu d'une chemise de nuit et d'un caleçon ; il avait des bas aux pieds. Tous ces vêtements, excepté les bas, étaient couverts de sang. Au-dessous de la tète, il y avait une grande mare de sang, et à deux pieds de là une autre mare; entre les deux mares, il n'y avait pas de communication ni aucune trace de sang. Dans celte cuisine se trouvait aux parois, aux ustensiles et à la porte, beaucoup de sang éclaboussé. La cuisine, qui était en même temps son atelier, contenait beaucoup d'instruments de ferblantier, et au pied du cadavre on trouva deux marteaux de ferblantier. Au seuil de la porte, il y avait un autre marteau, et dans le magasin un quatrième. Tous les quatre étaient tachés de sang.

A l'autopsie, nous trouvâmes vingt blessures à la figure, à la lête et au cou, et en outre soixante quatre ecchymoses et écorchurcs au tronc et aux membres. Les résultats les plus importants de l'autopsie étaient : frarassement complet de l'os temporal gauche et de la grande aile de l'os 8|thénoïde ; fracture de la partie orbitale de l'os frontal droit ; écartcment de la suture lambdoïde du côté gauche ; quatre blessures au côté gauche du crâne, pénétrant jusqu'aux méninges et au tissu du cerveau, avec épanchemcnt de sang foncé et coagulé; fissure de la base du crâne, depuis l'aile de l'os sphénoïde jusqu'à la selle turcique ; anémie générale.

Les experts avaient à répondre à dix questions, d'après lesquelles il fallait déterminer queUe avait été la manière de procéder de Taccusé.

Voici ce que nous répondîmes : « Il y a deux procès- verbaux d'instruction. Dans le premier, l'accusé d«3clare : Étant entré dans la cuisine, j'allai dans le magasin prendre un petit pupitre; je le mis par terre dans la cuisine, et je l'ouvris

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