‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 55 sur 166 · PROCÉDÉ DU MEURTRIER DANS L*RXÉGUTION DU CRIME. 1S · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DU MEURTRIER DANS L*RXÉGUTION DU CRIME. 1S

y trouTer de l'argeol ; puis J'allai dans la chambre à coucher de Bontoox ; il

teil eottcbé dans son lit et ronflait; là, dans un portereuille et dans un tiroir

oa^ert, je pris de l'argent (en tout 15 thalers). Je quittai la chambre à coucher,

tontottx semblait encore dormir profondément. A peine étais-je arrivé dans le

un, que Bontoux arriva derrière moi, me prit par les épaules, me jeta par

î, et lutta avec moi dans cette position* Je sortis d'entre ses bras, je courus

la cuisine pour essayer si je pouvais quitter la maison, mais je fus poursuivi '

Bontoux et saisi par les cheveux ; nous luttAmes pendant quelque temps entre la

de la euisiue, le fourneau et le pupitre ; nous tombâmes par terre, et dans

:«tte lutte j'étais tantdt en dessus, tantôt en dessous de Bontoux. Â un instant où

^ me trouvais au-dessus, je saisis un marteau situé près de la fenêtre, et je frappai

fiiifeq à six fois sur la tète de mon adversaire, qui se mit à crier : « Au secours I »

na tâchant toujours de me retenir. Toute cette scène se passait dans l'obscurité*

Après une lutte d'à |yu près une demi-heure, je lâchai Bontoux ; je jetai le marteau

dasis la cuisine et je courus dans la chambre à coucher, afln d'avoir de la lumière

d voir comment je pouvais sortir; j'*e8suyai mes mains ensanglantées à une ser«

^ictle, j'allumai une lumière et me dirigeai vers le magasin. Lorsque je passai de^

Tiuit la cuisine, je regardai et Je vis que Bontoux s'était levé et était debout tout

frès de la porte de la cm'sioe. Sa figure était couverte de sang, et il criait d'une

r&a élouflée : « Au secours! » J'entrai dans le magasin, et je m'enftiis par la fe*

•être (à laquelle il y avait des taches de sang). »

Pirmi les quatre marteaux qu'on lui présenta, il déclara ne s'être servi que d'un mi.

Je continuais dans mon rapport : ce Dans son deuxième interrogatoire, Lucke ne tfitpis la même chose. Ce qui est important pour nous, c'est qu'il dit| à propos de ttlitte, qu'il a pris le marteau qui se trouvait près de la fenêtre. • J'étais au-desam de Bontoux, qui me tenait par le cou ; je pris le marteau de la main droite et ii finppai de bas en haut deux fois sur la tête de Bontoux, qui me tenait toui*vi en disant : « Attends, tu ne m'échapperas pas ! a Je me levai, mais il me liiât de nouveau par la poitrine en se tenant appuyé contre la porte. Dans c^ position, je donnai encore quatre à six coups de marteau sur sa tête, et ^ eoips retentirent avec fracas. Je ne les ai pas comptés, et il est possible que ftt tie donné plus de six. Puis je me débarrassai de Bontoux, et je ne sais pas **il ttt resté debout ou s'il esl tombé par terre, t Le reste de sa déclaration est '■lioCBe à la précédente, excepté qu'il dit qu'en passant devant la cuisine, lorsqu'il 'P^at Bontoux ensanglanté, celui-ci ne cria pas. Alors on fit observer à l'accusé ^ es a'élait pas vraisemblable, et il ajouta que Bontoux avait bien crié, mais à ^^voix. Quand on dit à l'accusé qu'il avait aussi volé deux mouchoirs, ce qu'il l'iTitipas déclaré , il l'avoua, ajoutant que dans la lutte il n'avait voulu que se ^^fcadre et non pas assassiner.

Qssat à la cause de mort de Bontoux, on ne pouvait douter un seul instant qu'elle ^ rindlât des blessures de tête, car il n'y avait pas eu asphyxie, ce qui était promé Nr l'saénUe des poumons, -du cœur et des grands vaisseaux et par l'état normal de 1< trachée et du larynx. Il n'y avait pas moins de vingt blessures de la tête et du cou

188 PARTIS THANÀT0L061QÛB.

qui avaient causé le« ravages les plus fpraves. Presque toute la moitié gaacbe du crftne avait été fhicassée, des os de la base du crftne avaient été firtcturés, enfin b suture lambdoïde était écartée. Une telle destruction des os du crâne amène aécetsairement la mort par commotion, par blessure du cerveau et par anéantitsement de ses fonctions après quelque! minutes, au plus après une beure. Nous répét^ rons à ce sujet ce que nous avons dit dans le procès-verbal de l'autopsie :

i* Bontoux est mort certainement par suite de ses blessures de tête;

2^ Il ne peut pas avoir vécu plus d*nne beure.

3* Dans le procès-verbal sommaire de Tautopsie nous avions admis que les blesliores de la tête, de la figure et du cou avaient pu être produites par les ma^ teaux présentés. L'inculpé, dans ce qu'il appelle «r son aveu sincère », dansleqad cependant, comme nous le montrerons, il s'est éloigné beaucoup de la vérité, i

déclaré s'être servi d'un de ces marteaux, et pour rendre plus admissible une défense personnelle, il a nié en avoir employé plusieurs. Or tout parle contre cette déclaration. Les marteaux présentent des teches de sang qui ne peuvent être du sang éclaboussé, surtout sur les bords ; le cadavre présente des blessures à bords nets, et d'autres à bords obtus, ce qui indique qu'il s'est servi de plusieurs insiro* ments. Ajoutons que les blessures n'ont pas été faites toutes au même instant, comme nous le prouverons. L'inculpé dit avoir jeté le marteau après s'en être servi. On a trouvé en effet un marteau teché de sang sur le seuil de la cuisine, un autre dans la boutique taché aussi de sang et de plus deux autres couverts de sang au pied du cadavre. Une telle disposition feit douter de la véracité des déelsra lions de l'inculpé, car il n'est pas vraisemblable que tous ces marteaux se soient trouvés par hasard aux endroits indiqués, tandis que tous les autres instruments étoient encore suspendus à la muraille. Lucke prétend que Bontoux en luttent s'est servi lui aussi de marteaux j car il a senti quelque chose de dur et de lourd dont il recevait un coup dans le dos, or sur le corps de Lucke on ne trouve rien qui puisse faire admettre cette assertion, puisque le 24 mars, le lendemain, je n'ai pas trouvé sur le corps de Lucke une seule trace de lésion. Lucke cherche è expliquer cette absence de trace de lésion sur le corps en disant qu'étent habiUé le coup a été amorti ; mais il est évident que ses habits n'auraient pas Suffi pouf empêcher les traces d'un coup porté par un homme qui défend sa vie avec désespoir. De tout cela, nous concluons quç Lucke s'est servi de ptu$ieur$ marteaux dans l'accomplissement de sou crime.

4® Maintenant que nous avons démontré avec quels instruments les blessures ont été faites, nous avons à examiner la circonstence importente du moment où les blessures ont été dites les unes par rapport aux autres. Selon la déclaration de l'accusé, le combat a duré une demi-heure. II nous est impossible de contrêler cette déclaration. Du reste cela n*est pas important. Les blessures innombrables que présente le cadavre se divisent en trois catégories : il y af des blessures légères, des blessures dangereuses et des blessures absolument mortelles. A la première eatégorte appartiennent les teches innombrables bleuâtres et les ecchymoses décrites déjà au procès-verbal de l'autopsie qui sont situées auk membres et qui indubita* blement sont le résultet de chocs contre des objets durs. On ne peut dire chro-

PROCÉDÉ DU MEVRTRIEK DANS L*EXÉCOTI0N DU CRIME. iS9

si cet blettures ont été ftites les premières, mais il est cerUiin qe'elet n'ont pas été les dernières. Les blessures absolument mortelles que nous avons énnmérées plus haut ont été évidemment les dernières, et il est certain qn'aprèa avoir reçu ces blessures, il a été impossible au décédé de se lever ^ de rester éêbomi ou dewkircher. Il a dû rester immobile, firappé à mort.

5* Quant à ce que nous avons appelé les blessures dangereuses qui permettent, eomme on le sait, de vivre encore quelque temps, quand ce ne serait que dans un état tant connaissance , nous ne pouvons pas être aussi affirmalif ; ce sont les blessnret de l'os frontal, de la racine du nez, du maxillaire inférieur de l'œil gauche. Ces bletsuret et seulement celles-là présentaient des ecchymoses ; cela semble indiluer que la vie s*est conservée encore un certain temps après qu'elles ont été fcilef . Ile tont ce qui précède nous concluons que :

Bontoux a été d'abord poussé, jeté par terre, heurté contre les murailles ; puis, 8 a reçu des coups de marteau sur le front et dans la figure, et enfin, vivant •aoore et s'étant relevé, il a reçu des blessures mortelles sur l'arrière-tète et sv le edté gauche du crftne. Avec cette explication, on explique très bien la iiiposttion des mares de sang trouvées dans la cuisine.

6* Si nous considérons comment le combat a eu lieu, nous voyons que l'accusé,

aniiea d'un > aveu sincère », a fait d'énormes mensonges. On le voit par la eontra-

didioa qm existe dans ses deux interrogatoires qui, à ce sujet, ne s'accordent que

sarmi aeiil point qui se trouve infirmé par l'autopsie. Dans son second inlerroga*.

taira, il dit qn'fl se trouvait au-dessous de Bontoux, quand il lui appliqua les

pnniera eonps de marteau an nombre de deux. Il va sans dire que ce ne peut pas

avair été toa coupa qui ont été donnés au front et dans la figure ! D'un autre côté,

il est impotaible d'admettre qu'un homme couché sur le dos puisse donner à un

lalra qni se trouve sur lui des blessures mortelles sur l'arrière-tète. L'autopsie,

sBs anasi, montre combien cette explication serait inadmissible, car un homme,

iins eette position, n'a pu donner un coup assez violent pour amener un écarte-

nent de la suture lamhdolde, ce qui suppose une force prodigieuse et un élan assez

irtnd ; de plus l'inculpé se dément lui-même en disant que Bontoux, après ces

premiers coups (qui n'avaient frappé ni le front ni la figure), a prononcé les

■ois: «Attends, tu ne m'échapperas pas ! », qu'il s'est relevé et qu^il l'a saisi par

Is poitrine. Cela aurait été impossible de la part d'un homme qui aurait reçu un

coup qui a désarticulé la suture lambdoïde : car une telle violence doit amener in-

HiBtanément une commotion cérébrale qui met le blessé hors de toute connais-

Moee. Hous concluons donc que Lucke ne peut pas avoir été au-dessous de Bon'

Iswr, lorsqa'il a firappé les premiers coups de marteau sur la tète de celui-ci.

7* L'inenlpé dit aussi dans son deuxième interrogatoire qu'il a donné à sa victime iMore quatre on six coups sur la tète après cette première violence. « Bontoux^ M-il, moait te dos appuyé contre la porte. » Cette assertion est encore démontrée tawne fliusse par l'autopsie. Il va sans dire que Lucke n'a pu donner des coups de ■arlean sur l'arrière-tète d'un homme qui est appuyé le dos contre la porte, et il est certain que les autres blessures ont été faites les deux combattants étant debout. Il ot nécessaire que Bontouv, an moment où il a reçu les coups sur l'arrière-tète, qui

140 PARTIE THANATOLOGIQUE.

ont amené la désarlîculation de la suture lambdoïde, ait tourné son arrière-tête eo face de Lucke, c'est-à-dire Lucke doit avoir été derrière Rontoox, soit que le blessé ait lâché de se sauver, soit qu'il ait été poussé par Lucke dans une position où cette blessure a pu être faite, soit enfin que Bon toux, étant par terre, ait tâché de se lever et ait présenté ainsi son arrière-téte. Nous concluons de là que Luéki a été derrière Bontcux quand il lui a donné les coups mortels sur Varrière-Ute,

8® On ne peut pas dire avec certitude dans quelle position s'est trouvé Bontoux quand le côté gauche du crâne a été brisé. Il est possible qu'il ait été devant Lucke et que celui-ci ait frappé avec une grande force, mais il est encore possible qu'en ce moment le décédé ait été couché par terre et que Lucke ait firappé de haut en bas. Or, comme le cadavre a été trouvé sur le dos, les coups de l'arrière-téte ont dû précéder ceux du côté gauche, et il est très vraisemblable .que Bontoux, d^ frappé mortellement, a reçu ensuite les blessures du côté gauche.

D'après ce qui précède, nous ne croyons pas nécessaire de discuter la déclara^ tion de l'inculpé, qui dit qu'en se sauvant il a vu Bontoux dans la cuisine, et que celui-ci a crié même à demi-voix ; car un homme ayant reçu de telles blessures, ayant perdu tant de sang, ne peut pas se tenir debout ni crier au secours; il ne peut avoir sa connaissance.

Il y a eu une lutte, ce qui est prouvé par les taches nombreuses ecchymosées trouvées sur le cadavre. Bontoux s'est défendu; ce qui est prouvé par les traces d'ongle que nous avons trouvées le 24 mars derrière les oreilles de Lucke, par mie égratignure à l'œil gauche, par les lésions qui se trouvent aux jointures de la main droite et au pouce droit. Lucke a£Qrme que cela provient de la rixe avec Bontoux et déclare que la blessure du pouce droit est une morsure bite par Bontoux. Cependant il n'y pas de preuve que Lucke en se battant soit tombé par terre, car il n'y a pas une seule ecchymose sur son corps, comme on aurait dû s'y attendre après une chute violente et comme on en a trouvé chez Bontoux. On en peut conclure que Lucke, vigoureux, préparé, bien éveillé, a toujours été le vainqueur de Bontoux, plus faible et encore endormi. »

Il fut condamné à mort et exécuté.

Obs. 71. — Fracture compliquée de Vos temporal^ du rocher et du maxillaire inférieur. Dans quelle posUion s* est trouvée la victime f

Le dimanche 16 novembre 18..., Guillaume Haube, âgé de dix-huit ans, apprenti chez le tailleur Nolte, s'était amusé hors de la maison dans l'après-midi et le soir ; il était resté plus longtemps qu'on ne le lui avait permis. Lorsqu'il revint se coucher à la maison, la bonne qui le reçut lui annonça que le maître, en se couchant, l'avait menacé pour le lendemain d'une forte correction. Le jeune Haube monta à sa chambre et commença à réfléchir sur sa position. Il pensa à ses dettes, qui lui causaient continuellement des tourments. Il ne se coucha pas. La résolution qu'il nourrissait depuis longtemps d'aller en Amérique lui revint en esprit, et, considérant que c'était le seul moyen d'échapper à celte vie de tourments, il se décida irrévocablement à partir tout de suite. Il songea immédiaten^ent à se procurer l'argent

PROCÉDÉ DU UEURTRIER DANS L'ëXÉGUTION bV GRIME. l&l

flécessaire ea dépouillaut ton roallre, avec lequel cependant il élaik en bons rap • poiis et dont il n'avait reçu que des marques d'affection.

Vers minuit, il entra doucement dans la chambre de son mailre, dans laquelle se trouvait le secrétaire. Il alla près du lit prendre les clefs dans la poche de la robe de chambre et commençait à exécuter son vol, lorsque le mailre fit un mouvement. Saisi de crainte, il s'arrêta et se sauva dans sa chambre à coucher. Il se mit sur son lit pour attendre que son maître fût de nouveau endormi profondément. Sur les deux heures, il arrêta la pendule de sa chambre, retourna dans la chambre de soo maître, armé cette fois d'une hache qu'il avait prise dans la cuisine, afin « de se défendre contre son maître », si cela devenait nécessaire. En commençant soo opération, il fut de nouveau dérangé par son maître, qui, en s'éveillant, cria : « Qui est li ? »

L'accusé raconta dans presque tous les interrogatoires ce qui se passa à partir de ce moment de la manière suivante :

« Alors je m'approchai vite de la tête du lit et je frappai dans les ténèbres deux ou

trois coups de hache sur le corps qui me paraissait assis dans le lU, Mon maître

i'écria de tontes ses forces : a Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! » et avec une voix plus

haute : « Ciel ! ciel ! » Après ces coups de hache, il retomba, puis il se releva, et

comme il cria encore très haut : « Ciel ! » je crus qu'il pouvait encore sortir du lit

et que j'étais perdu. » Je courus chercher un couteau de table et je firappai

à coups redoublés. Mon maître voulant m'arrêter me saisit la main gauche, en

essayant de m'arracher le couteau, il me tira sur son lit et m'égratigna la

nain. »

Bous en trouvâmes les traces sur le dos de la main de Haube.

Nolte, blessé mortellement, tomba enfin et resta sans connaissance. Alors le jeune

Bnbe continua son vol; il alluma une lumière, il prit à peu près 70 thalcrs

(180 francs), ^ae lorgnette; puis il se lava les mains pour se débarrasser des taches

àt laog, déposa son linge taché de sang et s'éloigna à quatre heures du matin.

n aUa ehes son frère, lui raconta qu'il voulait partir pour TAmérique, qu'il avait

volé l'argent à son maître. Il se promena dans les rues, car il était trop tôt pour

prendre le chemin de fer ; il s'acheta le malin des bonbons qu'il voulait manger sur

kbatean pour éviter le mal de mer; il déjeuna à Tembarcadcre du chemin de fer

etiOaiTec le premier train jusqu'à Hambourg. Mais le télégraphe l'avait devancé,

<ieiorte qu'il fut arrêté en arrivant et ramené à Berlin. 11 avoua dès le commen-

ceoeat ce crime avec tous ses détails.

U 19 novembre, nous fîmes l'ouverture du cadavre. Voici quels en furent les réttUatt importants : la chemise et tout le corps étaient tachés de sang ; à la tête, à la figure, au cou, à l'épaule, aux bras et aux doigts, il y avait 42 blessures, i*il des ecchymoses, soit des coupures à bords nets, soit des sillons sanglants, puis te blessures très grandes provenant d'un instrument contondant. L'une avait ^ la partie écailleuse et le rocher de l'os temporal droit, une fissure partant de ^.tniersait la selle turcique; l'autre avait écrasé la partie droite du maxillaire i>l<iriev, déchiré son artère et coupé l'artère thyroïdienne supérieure ; cette bles- >ve d'artère avait les bords nets. Tout le corps était anémique.

112 PARTIB THANATOLOGIQUE.

On nous avait posé les questions suivantes :

1<> Les blessures ont-elles pu être fiiites avec le couteau et la haehe préseatèit 2* Quelles sont celles qui ont été produites avec la hache? 3* Le décédé, quand il a été firappé, était-il couché sur le côté gauche ou peulil avoir été assis ?

4* Combien de temps après ses blessures le blessé peut-0 avoir vécu?

Nous déclarâmes d'abord dans le rapport que récrasement du crâne a été la eauss de la mort. Nous passons les explications que renfermait notre rapport à ee sqet. Puis nous continuions : « On demande combien de temps le bleasé pe«l avoir véca après ses blessures? • Les faits contenus dans les actes et les résultats de l'avfcDpsis permettent de répondre. L'accusé prétend que deux heures et demie étaient passées lorsqu'il est entré pour la seconde fois dans la chambre de son maître. U dit dam tous ses interrogatoires que quand il a quitté la maison, à quatre heures du natia, le blessé respirait encore, et la bonne dépose que lorsqu'elle est entrée dans h chambre, à huit heures du matin, elle a trouvé son maître mort. D'après cala, ë aurait vécu au moins une heure et demie et au plus cinq heures et demie. Fev compléter, nous observerons qu'il n'est pas âLtraordinaire que les docteura X.et Z... aient trouvé le cadavre au lit à huit heures trots quarts encore tiède, dans de telles circonstances la chaleur animale se conserve encore longtemps la mort, quelquefois même jusqu'au lendemain. L'expérience nous permet d'admettre que le blessé a dû vivre encore deux à trois heures après ses bl L'hémorrhagie des vaisseaux lésés a dû être très importante, car le linge a été plétement imbibé de sang, et le cadavre a été trouvé très anémique. Mais eonaiéérons que, par la commotion cérébrale qui fut le résultat des deux grandes bleaawes de tète, il a dû y avoir une perte de connaissance, une syncope, qui fut un obstacle à une hémorrhagie artérielle devenant promptement mortelle, et si l'on admet qta la mort a eu lieu par commotion cérébrale, on sait que souvent des malades ont vécu dans cet état encore fisses longtemps. En pesant bien toutes les cirGonstances, le grand nombre des blessures, Thémorrhagie et les blessures mortelles de U tètetnous croyons exacte l'époque de la mort que nous avons indiquée.

Quaut à la première question i « Les blessures ontp elles pu être faîtes avec le couteau et la hache présentés? » nous y répondons affirmativement. Non-seulement ces instruments sont couverts de taches de sang, mais encore l'état des blessures annonce un instrument tranchant et un instrument tranchant contondant qui ont dû être employés avec une grande vigueur, car certains bords sont nets, certains autres inégaux, des tissus fermes ont été écrasés, on a trouvé la pointe du couteau lirisée, et l'inculpé lui-même dit qu'il a heurté le couteau contre des corps durs (les es du crâne). Ainsi il est certain que ces instruments ont été employés.

Pour la seconde question : « Quelles sont les blessures qui ont été produites par la hache? » on peut y répondre également sans difficulté. Ce sont^ aans aucua doute, celles qui ont produit les écrasements des os et les déchirements des parties molles, c'est-à-dire les deux grandes blessures du maxillaire inJérieur droit et 4é

PROCÉDÉ DU MEURTRUR DANS l'BXÉCUTION DU CRIME. iiS

tm tanponil droil, qui iadiqiiant on oor|M plM lounl, pins contondant qu'on oonlen, mail no mtae tompa tranchant et capable de séparer des partiea moUes ; ainsi, par conséquent, cela peut très bien avoir été une hache.

Eoflo, nous avons encore à répondre à la dernière question : « Le décédé, quand il a élé frappé, élait-il couché sur le côté gauche, ou bien peut-il avoir été assis T* 0 est constaté par la bonne et le chef d'atelier que le décédé avait l'habitude de se coucher du côté fauche, la figure tournée du côté du mur. Il est alors à supposer qne dana la nuit où il a été attaqué, Nolte était couché sur le côté gauche, et la position des blessures mortelles sur le maxillaire et le crâne du côté droit con* JiBiMul eeUe soppoaitîon. Mais il est important de considérer quelle a été la positiaa da cadavre quand il a été trouvé.

Le décédé reposait sur le ventre et sa tête était sur le côté droit ; les mains

étaient réunies et fléchies, etc. Il est impossible que le décédé ait été dans cette

psailion quand il a reçu les blessures qui n'étaient pas même visibles ainsi et que

sstts trouvâmes quand on retourna le cadavre. Ainsi il n'a pris cette position que

phM tard. Il n'est pas probable que l'accusé l'ait mis lui-même dans cette position,

ev il neonte, ce qui est très croyable, qu'il a entendu le mourant respirer, mais •

fi'il ne l'a pas regardé car il en avait peur ; il était donc bien éloigné de l'idée

Ai le reloumer sans raison. Ainsi le décédé ayant été blessé couché sur le côté

inehe, ei ayant été trouvé couché sur le côté droit, il est nécessaire qu^il ait

duttgé lui-même de position après avoir reçu ses blessures. Ici les dépositions de

rmeo^ se contredisent. A Hambourg, il a dit : «Mon maître ne s'est pas défendu

et ae m'a pas touché», tandis que dans des interrogatoires postérieurs il dit le

natfaire, ce qui est plus vrai, vu sa main égratignée. Dans l'Interrogatoire du 22

Ai Bais précédent, il dit qu'il a levé la hache presque verticalement et qu'il a

Hfpé vers le corps hlanc qui étaU assis dans le lit en dirigeant son coup avec

■ISBlion vers la tête. Puis, lorsqu'il commença à donner des coups de couteau,

Ha Battre voulut se lever, mais dans le même interrogatoire il dit aussi qu'après

bpreoiiercoup de couteau, il est tombé et n'a plus bougé. De même l'ioterroga*

Itâsda 2 de ce mois ne s'accorde pas avec ce qu'il avait dit auparavant : « D'après

ItiSB de sa voix, mon maître me sembla s'être tourné démon côté; cependant je

l'eisois paa certain, et j'ai frappé sur le corps blanc qui me semblait assis sm* le

l^svaat ces contradictions, nous ne pouvons baser notre jugement que sur l'état ^ blessures. Il est possible que le coup ait été porté sur le maxillaire, le décédé te assis ; mais en considérant l'écrasement complet de cet os, il est beaucoup ^Mmiseaiblable d'admettre que la tête était sur le lit et que le coup a été porté Perpvidiculairement, il est possible qu'alors il se soit levé, car même avec celte ^^BMe il a pu encore se défendre. Quant à la blessure du crâne, il est plus pro- ^ qoe le décédé l'a reçue étant assis, car la voûte du crâne proémine plus que baujyaôe el la partie êcailleuse, du temporal peut être écrasée plus facilement ^lasaxiUaire qui est très dur. Ainsi nous croyons devoir expliquer les choses de ^ Biiièra suivante:

Me a d'ated ref u le eoup de hache sur le maxillaire droit, étaet couché ; il

lAA PARTIE THÀKATOLOGIQUE.

•'est assis sur son lit et a reçu les blessures au temporal, ensuite a eu liea ne lutte dans laquelle il a reçu de nombreux coups de couteau, aprèa lesquels il l'eit affaissé. Nous répondrons donc aux questions posées :

1^ Que les blessures ont pu être laites avec la hache et le couteau présentés ;

2* Que la blessure du crâne et celle du maxillaire ont été produites atec la hache ;

30 Que le décédé, quand il a été frappé avec la hache, peut avoir été assis;

4" Que le décédé, après les blessures , peut encore avoir vécu deux à troii heures ;

Les jurés déclarèrent que Haube avait commis Thomicide « volontairemeol, mais pas avec préméditation », et il ne fut condamné qu'aux travaux forcés à perpétuité.

Ob8. 72. — Écrasement de Vos pariétal droit et du sphénoidal. Quelle a' été Is position de la victime et comment V assassin était-U placé T

Le 14 mars 18.. au matin, le marchand Schullz fut trouvé assassiné dans le tiroir du sofa de sa chambre. Le même jour, son domestique, Frédéric HoUand, fut arrêté à Tembarcadère de Berlin, parce qu'il n'avait pas de papiers. Il aviH l'intention d'aller à Hambourg et de là en Amérique. 11 avoua immédiatemeat qu'il avait tué son maître la veille à huit heures du matin, tandis que celui-ci était couché dans son lit. La raison de cet assassinat avait été do se procurer de IVgent afin d'entretenir sa maltresse et un enfant qu'il avait eu d'elle.

Voici comment il raconta l'événement : « Quand je fus bien sûr que mon maître, qui couchait sur le côté gauche avec la figure contre la mnraille, était profondément endormi, je sortis de dessous ma redingote la hache que j'avais prise dans la cuisine, la tenant par le manche avec la main droite, je frappai de haut ea bas avec le dos sur la tête de mon mettre dans la région temporale. De suite après ce coup, mon maître leva la tôte sans pousser un cri, et je frappai encore deux coups, mais cette fois encore un peu plus haut. La tôte retomba de suite, sans que mon maître ait prononcé un mot ; mais comme il râlait encore, je courus dans la cuisine, je pris une corde épaisse, dans l'intention de l'étrangler tout à fait, parce que je craignais que le râlement, devenant plus fort, ne fût entendu par d'autres personnes. Je me plaçai à la tête du lit, je tirai le corps jusqu'à ce que la tète, dépassant la tête du lit, pendit en dehors; alors je tournai la corde trois ou quatre fois autour du cou, et je nouai la corde afin qu'elle tint bien. »

11 déclara aussi que, pour ne pas laisser le cadavre visible, il l'avait serré avec les draps dans le sofa, il avait fermé le tiroir avec des clous, puis il avait commis son vol.

Le lendemain, nous fîmes l'autopsie, qui était très intéressante, car il y avait eu étranglement d*un mourant. Nous trouvâmes, à propos de cet étranglement, une corde d'un quart de pouce de largeur, tournée cinq fois autour du cou et tellement serrée que l'on ne pouvait mettre le doigt entre le lien et le cou. Après avoff ôté la corde, nous trouvâmes un sillon tournant quatre ou cinq fois autour du cou, blanc en grande partie, mais i quelques endroits bleuâtre ou bien rouge foncé, ayant une

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