‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 58 sur 166 · INSPECTION DES VÊTEMENTS · texte numérisé non relu

INSPECTION DES VÊTEMENTS

S 1. Généralités.

On réclame souvent du médecin légiste l'inspection d*haUt8| che^^ mises, souliers, bas, linge et étoffes de toutes sortes. Le jug^ d'instruction, ordinairement, prend note de ces objets, parce qa'ilfi» peuvent servir à faire constater l'identité de cadavres inconnus, il \em cite dans ce but dans les annonces publiques.

A Berlin comme à Paris, on les étale à la Morgue à cAté du cadavre exposé ; dans les cas d'homicide on les étale à l'audieiice mr la table des corps de délit et on les présente à l'accusé pour qu'il las reconnaisse. A Berlin, il a toujours fté d'usage de présenter aux experts les cadavres nus, ce qui est préférable que de présenter le cadavre habillé ; car, lorsque ces vêtements n'offrent rien d'important, c'est une tâche ennuyeuse et pénible pour lui de décrire les redingotes, pantalons, bas, et lorsque l'état des vêtements peut jeter quelque lumière sur le cas, parce qu'il s'y trouve des taches suspectes, le juge est là pour consulter le médecin. C'est ce qui arrive lorsque la position des vêtements, le rapport de ces derniers .avec les blessures excitent des doutes ou des soupçons. Ainsi, par exemple, il parut singulier dans un cas de suicide douteux que le foulard recouvrant les blessures du cou fût complètement intact; dans deux autres cas tous les habits, même la chemise, étaient intacts, et audessous se trouvait une blessure mortelle par arme à feu. Dans un autre cas où il y avait eu viol et assassinat, le bonnet de la victime fut trouvé entre ses cuisses, etc.

Les questions relatives aux vêtements se rapportent le plus ordinairement à des taches de sang, de fèces, de sperme, de poison, diacide sulfurique. Nous allons étudier chacune de ces questions en détail.

INSPECTION DKS VfiTEMEffTS. — TACHES DE SANG. 161

g 2. — VLmÊhmrthm dei UmIim de f ang fin l«i vèlemettU (1).

H. Rose (loc. cit. ) prend des étoffes de toile ou de coton de couleur blanche sur lesquelles on croit qu'il existe des taches de sang et les traite avec de Teau distillée froide, pour en extraire la matière colorante qui est éprouvée de' la même manière que nous Tavons dit plas haut, avec de l'eau chlorurée, de l'acide azotique et de la tenture de galle.

La recherche des taches de sang sur des étoffes colorées est plus difficile, surtout lorsque les couleurs contiennent une substance organique azotée, ou bien lorsque les étoffes sont de laine ou de soie. Il but alors essayer de gratter avec précaution le sang séché, ce qui réussit quand on opère avec soin même pour des quantités très pe« lites. Le résidu du grattage est mis dans une soucoupe de porcelaine contenant de l'eau froide el, s'il y a du sang, on le vérifie d'après la méthode ci-dessus citée (page 112 et suiv.).

Dans les cas où les taches ont déjà été lavées avec de l'eau bouillante ou de l'eau de savon, M. Horin, professeur de chimie à l'école de médecine de Rouen (2) , recommande c de mettre les taches en

> contact avec une légère dissolution de potasse pure ; après quelque

> temps de réaction, on obtient une liqueur qui est précipitée en blanc * par racide azotique ou par l'acide chlorhydrique pur, ce qui indique ^ la dissolution d'un ou de plusieurs matériaux de sang. Par ce traitement alcalin, la tache n'a pas perdu sa couleur, mais quel est alors k corps qui se trouve eu quelque sorte fixé d'une manière indélébile sv le tissu? Pour résoudre cette question, il ne s'agit que de mettre le tissu taché en contact avec de l'acide chlorhydrique pur qui dissout la matière de la tache et forme une dissolution qui, réduite avec précaution jusqu'à siccité, fournit un résidu ayant la propriété de prendre une couleur bleue très foncée par le ferro-

(1) Comparer avec la recherche des taches de sang sur les instruments, p. 112 ^ttruTaotes.

(2) Journal de chimie fnédicale^ t. IX, 3* série, 1H53, p. 744.

162 PARTIE THANATOLOGIQUE.

» cyanure de potassium et une couleur rouge sang par le sulfoqfi- > nure de la même base. Ces caractères démontrent éTidemmeni » dans les taches de sang lavées, le fer et la protéine, Tua des mt' » tériaux constants de ce liquide organique. »

La méthode de Wiehr, pour reconnaître les taches de sang snrfk

étoffes colorées, est analogue lorsque la couleur de l'étoffe ne penH

pas d'appliquer des réactifs> elle consiste à produire du ferrocyanu

de potassium avec les taches de sang qui se trouvent sur rétefli

Quand on est certain que Tétoffe ne contient pas de laine , c

grille le morceau sur lequel se trouve la tache dans une soucoupe i

porcelaine, de sorte qu'il est réduit en poussière ; on mêle eel

poudre avec du carbonate de potasse et on chauffe au rouge le nu

iangOy puis on y verse de l'eau distillée, on filtre et on ajoute aa I

quide une petite quantité de protoxyde de fer ; il se produit i

précipité d'une* couleur indéterminée : ce précipité n'est autre choi

que du protoxyde de fer combiné aveé du carbonate de potasse, <

l'oxyde de fer et du cyanure de fer cyanure. Puis on ajoute deTack

sulfurique étendu d'eau qui dissout le protoxyde de fer et l'oxyde i

fer, tandis que le cyanure de fer cyanure reste avec sa couleur blei

insoluble dans l'acide sulfurique. Wiehr prétend avoir obtenu, av(

cette méthode, les résultats les plus heureux pour des quantités mên

minimes de sang. Cette opération doit réussir également si l'on fi

bouillir l'étoffe tachée avec de l'hydrate de potasse, puis après l'ave

chauffée, si on la traite par les sels de fer et l'acide sulfurique (1)

Bryk (2) attache beaucoup de valeur à une méthode qui est bas

sur le polychroîsme de la couleur du sang pour éprouver les (ach

suspectes qui se trouvent sur des étoffes non colorées, lorsque c

taches ont longtemps macéré dans l'eau et paraissent presque bla

ches. On les traite avec de l'acide sulfurique concentré, et au bo

de quelques minutes, sous le microscope, on voit une couleur d'i

vert pâle qui devient bientôt d'un brun pâle, et aux endroits où

(1) Archive der Pharmacie ^ 1854, avril.

(2) Wiener medic. Wochentchr, 1858, p. 779.

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