BLESSURES PRODUISANT LA MORT PAR CAUSE MÉCANIQUE
Les OS Ae$ vieillards de plus de soixante et dix ans sont plus friables. Les 08 longs des adultes se brisent plus aisément si on éloigne les parties molles. Cette difficulté de la fracture des os après la mort s'explique par l'absence de Taction musculaire.
Les c6tes se brisent plus facilement que les os des membres, mais on n'obtient que des fractures simples et pas de fractures comminQtives.
Nous n'avons pas réussi à briser le larynx ni l'os hyoïde d'un
cadavre adulte» même en employant la force la plus grande, force
foi aurait certainement suffi pour amener une fracture sur le vivant.
Ces expériences sont aussi importantes que celles faites à la tête,
^ je n'hésiterais pas dans un cas où la putréfaction a effacé les signes
'fi la réaction vitale, à admettre que les fractures de Vos hyoïde
^^ du larynx n'ont pas été produites après la mort»
2« Nous n'avons fait que quelques expériences pour produire des ^^ptures d'organes sur le cadavre, car elles ne peuvent avoir que ^^ peu d'importance pour la pratique. Les coups les plus violents, l^rtés avec les instruments les plus durs sur les régions du foie et ie la rate, n'ont pas eu le moindre effet.
3" Nous avons très souvent essayé de produire sur la peau des lésions ressemblant aux phénomènes de réaction qui ont lieu sur le ^Want, nous avons montré plus haut (p. 93) les résultats que nous STons obtenus.
i* D'autres expériences, faites sur le cadavre au moyen des brûlures et armes à feu, déchirures du cordon ombilical, seront exposées en temps et lieux.
Les deux cas suivants très importants qui se sont présentés à nous dernièrement, prouveront l'importance de ces expériences.
Ois. 80. — Écrasement du crâne. Déterminer sHl a eu lieu aprèt la mort?
Le sieur S..., âgé de soixante ans, mourut, dit-on, par suite d'un ehute qu'U avait (lite delà hauteur de sept pieds et demi. Deux ans après, le bruit ae répandit que S. . . >vait été tué dans son moulin aYec une lourde hache de la main d'un meurtrier. La PoUce ayant eu vent de ces soupçons , on ordonna l'exhumation du cadavre.
n l'ayisaait de déterminer si les blessures d'os avaient été produites par la
186 PARTIE THÀNATOLOGIQUE.
chute ou par des coups de hache. Le médecin légiste de l'endroit opinait ponrli chute, tandis que le collège médical de la province se prononçait pour laseovpide hache. Le médecin légiste convenait que les blessures de tète avaient pu être produites avec la hache mais après la mort.
Le procureur royal de la province me consulta et me présenta rinstrumentetle crftne. La moitié gauche de la base du crâne manquait presque oompléiemiiit, et vingt fragments d'os étaient séparés. Je ne pouvais pas admettre qu'un tel écraiomentde la base du crftne ait pu être produit par une chute d'une hauteur de sept pieds et demi, puisqu'une telle fracture suppose toujours une violence très grande : observons que les os du crftne avaient l'épaisseur ordinaire. On ne pouvait pas non plus admettre que l'écrasement avait eu lieu après la mort, to laa «xpérienoas que nous venons de rapporter, et en outre cet homme était mort dans sa maison, au milieu de sa famille et avait été enterré de la manière ordinaire, ce qui ne prêtait pas à supposer qu'une telle violence ait pu être fMlesur fon cadavre; d*un autre cêté la hache présentée était tout à fait suffisante pour produire cet écrasement sur le vivant. L'accusé fut condamné.
Obs. 81 . — Fractures de côtet. Déterminer si elles ont été produUet après ou
ovanl la mort f
8ur le banc des accusés du tribunal de Z..., étaient assises une vieille paysanne et sa Aile avouant avoir commis à elles deux un assassinat nocturne sur la peraonna d'une femme ftgée de soixante-quinse ans.
La décédée avait été étouffée après une longue lutte, ce qui était prouvé par les blessures et écorchures nombreuses, la présence du sable et du sang dans les cheveux, car le corps avait été Iratné dans la chambre. Le genre de mort avait été expliqué très bien par les experts. Tandis que la fille tenait les deux bras de la viotime, la mère, à genoux sur sa poitrine, lui pressait très fortement la bouche et la nez. On trouva des écorchures à la bouche.
La cour eut recours au collège médical de la province qui ne se trouva pas d'accord avec les premiers experts ; ceux-ci avaient admis que les fractures comminutives des côtes des deux côtés avaient pu être produites aussi bien par une chute d'une hauteur considérable sur le fumier que par le poids du corps de l'assassin sur la poitrine de la femme. Le collège médical ne fut pas de cet avis, disant que les fractures pouvaient avoir été faites après la mort, puisque les premiers experts n'avaient pas décrit la réaction vitale.
Je fus appelé en consultation. Je déclarai qu'une chute sur un corps mou comme un fumier ne pouvait pas produire des fractures comminutives des côtes des deux côtés.
Je ne pouvais pas admettre non plus la production de ces fractures après la mort, l'absence de réaction vitale ne pouvait en rien infirmer mou opinion, tandis qu'il pouvait suffire pour produire ces fractures de s'agenouiller sur la poitrine d'une femme de soixante-quinie ans. La mère fut condamnée à mort, la fille aux travaux forcés.
BLESSURES PRODUISANT LA MORT PAR CAUSE MÉGANIQUE. 187 |3. ISito d«s blMtOTM prodttifaat la mari par oa«i« mé«ftmqa«.
Le diagnostic de ce genre de mort est très facile à cause des phénomènes qui sont facilement visibles sur le cadavre. Nous en avons déjà parlé dans la partie générale (pages 101 à lOS), à propos des instraments tranchants et contondants. Ces blessures peuvent produire tous les effets et toutes les réactions , depuis la neuro-paralysie prodoisantla mort instantanément par suite d'une commotion du cerveau on de la moelle épinière» jusqu'à l'inflammation chronique ou la suppuration amenant une mort lente. Dans certains cas ce sont des écrasements, des séparations de membres, des chutes d'organes internes, des luxations et des fractures , des contusions, des plaies , des déchirures de muscles, de vaisseaux et de viscères, et il arrive souvent <|neron trouve plusieurs causes de mort sur le même cadavre.
Les cas suivants en donneront des exemples :
Obs. 82. — Mort par écrasement de chemin de fer,
^smi pluiieun cas de mort par écrasement de chemin de fer, celui d'un
'^Iheoreux seUier d'une trentaine d'années était le plus affreux. Il n'y avait
1^ Doe partie du cjrps intacte. Au-dessous des téguments du crâne restés presque
^^ts, on sentait crépiter les os écrasés, Toreille gauche était déchirée, les quatre
^^nbres étaient contus, déchirés et fracturés, de sorte qu'ils avaient tous une
^^*^een zigzags ; les muscles faisaient hernie de tous côtés, surtout au côté gauche
^^ vtotre, le icrotom était déchiré, le testicule gauche pendait entre les cuisses;
^^ tntCs de la figure étaient calmes, ce qui s'explique par la rapidité de la mort
^^^ a]été par eonséqoent vraisemblablement peu douloureuse.
Ois. 83. -* Écroiement d'un nouveau^ par un train de chemin de fer,
U tête et le eoa de l'enfant étaient séparés du corps et manquaient, les vertèbres
^^rvKiles étaient écrasées, les deux clavicules et les côtes supérieures étaient
*^<xtts, le cordon avait été coupé et lié selon les règles de l'art, le tronc était long
^25eentimètref et pesait 700 grammes, il avait encore du duvet. La peau ridée
^ nendires, las ongles très minces ; le vagin béant indiquait que probablement
^caluA n'était pas né à terme. Cependant, comme le cadavre était très altéré, et
^SM partie anaai importante que la tête manquait, on ne pouvait doùner au-
**>• esftituda à cet égard. On ne pouvait pas foire non plus la doeimasie pul-
*>i^et on ne pouvait dire si l'enfont a.vait vécu et si la tête avait été détachée
P«*Mitlavie.
188 PARTIE THANATOLOGIQUE.
Obs. 84. — Fracture de Vapaphyte matldide par écratement d'une iNMinn.
C'est là uiie det blessures les plus rares qui fut trouvée sur une jeune fille d^ six ans tuée par l'écrasement d'une voiture. La septième côte gauche fut cassée ^ au crâne on trouva six fractures, entre autres un détachement de Tapophy^ mastoïde de l'os temporal gauche. Dans le poumon gauche il y avait une déchirai de 8 centimètres.
Obs. 85. — Fracture de la partie écaiUe%ue du temporal par écra$ement de voUwn
Dans ce cas une force violente avait produit des blessures de tête curieuses, c'était une flUe de trois ans qui avait été écrasée et tuée far-le-dumi La partie écallleuse du temporal droit était détachée et libre et il y avait une ftsau transversale de l'os occipital allant jusqu'au grand trou, il y avait aussi une flasvi du rocher gauche.
Obs. 86. — Fissure du temporal par écrasement de voilure.
Un valet de vingt-neuf ans fut écrasé et mourut trois heures après. A l'os iemp rai gauche il y avait une fissure avec des bords ecchymoses, comme on les troiB souvent dans les fissures fraîches des os crâniens. Elle s'étendait sur la base « crâne jusque dans le grand trou ; entre la fissure et la dure- mère, il y avait xm extravasation de 110 grammes de sang noir coagulé qui avait exercé une graci compression sur le cerveau, comme cela arrive souvent pour de telles blessures tête qui ne tuent pas subitement. Ou trouva la vessie remplie à cause de paralysie.
Obs. 87. — Hémorrhagic cérébrale par écrasement de voiture.
Une femme de soixante et dix ans fut écrasée, transportée à l'hôpital et moo^ deux jours après. A l'os pariétal il y avait une plaie de 1 2 centimètres de longue en forme d'S, à bords nets, et à 2 centimètres de là un lambeau de peau de 5 c0 timètres était détaché. La bride entre ces deux plaies était également détacha Sur la tenle du cervelet il y avait des extravasations de sang coagulé ; tous j autres organes étaient intacts ; mais dans le bassin, le tissu cellulaire était inflli de sang. (La membrane hymen de celte vieille femme était intacte et tem comme celle d'une fille de quatorze à quinze ans.)
Obs. 88. — Hémorrhagie cérébrale par le choc d*une voilure.
Une femme de soixante-trois ans fut heurtée au cété gauche par le Mn^ d'une voiture, elle tomba sur le pavé, s'évanouit et mourut après quelques heure Sur le cadavre il n'y avait pas trace de blessure. Les os crâniens très épais, pus qu'ils avaient plus d'un centimètre, étaient intacts, les téguments du cerveau étaie très hypérémiques et tout le cerveau était enduit d' une couche de sang coagulé*