BLESSURES PAR ARMES A PEU. -^ OBSERVATIONS
Ois. 120. — Plaie par arme à feu de la vem$ cène,
Ufrix okservatkms suivantes se présentèrent dans l'émeute du 16 oetolMre 1848.
T... reçut une balle dans le ventre qui blessa la veine cave. Il y eut un épaaeikeaieflt d'un kitoframme de sang moitié coagulé dans la cavité abdominale. La Hiit d'entrée était au-dessus de la crête de l'os iliaque gauche, les bords étaient wcbinoiés dans une étendue de 4 millimétrés ; il n'y avait pas de plaie de sortie, it II kiUe ne put être retrouvée.
Ois. 121 . — Plaie par arme à feu dans la crosse de l'aorle et le poumon.
C..., âgé de dix-huit ans, reçut une balle entre la deuxième et la troisième cèle pvebe, qui sortit dans la région de l'omoplate droit, le projectile, ce qui est asatc atrsordinaire, avait blessé la crosse de l'aorte sans toucher le poumon gauche. Cette blessure, de la grandeur d'une pièce de 50 centimes, avait des borda non ecebyiDoiès. La balle avait traversé le lobe supérieur du poumon droit qu'elle avait déchiré.
n y mit dans les deux plèvres deux épanehements de sang foncé liquide. Jkuw cette mort subite par hémorrhagie, les veines du cerveau n'étaient pas anémiquit.
Obs. 122. — Coup par arme à fm dan» k diaphragme el le pammon.
L'ouverture était entre la cinquième et la sixième côte droite. Les bords étaient renTersés en dedans, ecchymoses et durs. Le Ibie feisait homie dans le thorax^ étideonent le diaphragme avait été déchiré par la balle. En même temps le lobe islêrieiir du poumon droit était déchiré, la balle avait cheminé de haut en bas.
Obs. 123. — Plaie par balle pointm dm pownon et de la veine cave.
H s'y avait qu'une ouverture de la grandeur d'un petit pois à la surface interne de fiiiseUe droite à bords ecchymoses. Aucune autre lésion sur lecadavie. Cette blés- Mvi était cachée, et ce n'est qu'après avoir tourné plusieurs fois le cadavre que Murapcrcûases. La balle était entrée dans la poitrine, avait traversé le lobe supérinv da pouflBon droit et avait déchiré la veine cave. Il y avait dix-huit onces de nsc coagulé dans les plèvres ; la balle ne fut pas trouvée.
Obs. 124. — Coup par arme à feu dans le cœur el les poumons,
U balle était entrée entre les sixième et septième cMes gauches. La plaie était > pm près ronde, avait 1 centimètre de diamètre et provenait d'un fVisil ordi- Mire. Les bords étaient durs, non renversés en dédanv, et ecchymoses. La balle »ait Inversé les muscles inle^co^taux, le lobe inférieur du poumon gauche et le P^ncarde, svait déchiré le ventricule gauche du cœur et était entrée dans le lobe ■*Krie«r du poumon droit dans lequel elle était restée. Dans la plèvre gauche il y iviit 120 grammes de sang épanché coagulé, dans la plèvre droite 600 gramUies.
208 PARTIE THANATOLOGIQUB.
Ors. 1 25. — Plaies par armes à feu dant te poumon et V artère fémorek
Cet homme a été tué pour ainsi dire deux fois. Une balle avait déchiMri fémorale droite à peu près au milieu de la cuisse, une autre balle avait pi dans la région acromiale du côté gauche, avait fait une plaie de la gn d*une pièce d'un franc, ecchymo^ée, au fond de laquelle on apercevait la eh écrasée ; puis elle avait traversé la pointe du lobe supérieur du pomnon fi avait fracturé l'apophyse transversale de la première vertèbre dorsale gM était soRtie.
La plaie de sortie était analogue à la plaie d'entrée, seulement plus petite < des bords renversés en dehors. Il n'y avait que 60 grammes de sang é| dans la plèvre gauche, ce qui est très peu pour une plaie pénétrante du po Tout le corps était anémique et évidemment l'hémorrhagie mortelle était m l'artère fémorale. Si deux coupables avec intention criminelle avaient tiré i un de ces deux coups, cette mort aurait donné lieu à des discussions intéreai puisque le coup dans la poitrine n'avait pas tué et avait atteint un homme 8 lement bleasé.
Obs. 126. — Mort par plate <r arme à feu dans le diaphragme»
Un jeune homme et sa maîtresse voulurent se tuer ensemble. Le jeune I chargea un pistolet à deux coups en mettant dans chaque canon une demi-balle l'arme sur la poitrine de la femme et fit partir le coup, puis il essaya de se t second coup, mais la balle resta dans le canon. La jeune femme blessée mais encore, lui conseilla de se poignarder, ce qu'il essaya avec un couteau e rasoirs, mais en vain, alors sa maîtresse mourante lui cria de se pen< essaya de le faire en attachant une serviette à un bouton de porte, mais il tout à fait la tète et ne réussit encore pas. Il fut arrêté, condamné à mort, a peine Ait commuée en un emprisonnement perpétuel.
Trois jours après, nous eûmes à faire l'autopsie du cadavre de la fille qi déjà putréfié. Entre la septième et la huitième côte gauche, l'estomac faisi nernie de la grandeur d'une tête d'enfant. Il était tellement putréfié, qu'en réii la hernie, l'organe creva. La plaie extérieure était longue de 5 centimètres e de 1 centimètre et demi, avec des bords peu renversés en dedans, secs, non mosés, sur lesquels étaient parsemés des grains de poudre. Les deux côtes aii les poumons étaient intacts ; il y avait un épanchement de sang dans chaque | 120 grammes dans le côté gauche, 60 grammes dans le côté droit. Le cœui grands vaisseaux étaient intacts, mais le diaphragme était déchiré dans U moitié gauche. Par cette rupture, l'eslomac avait fait hernie dans la poitrine là à l'extérieur entre les côtes comme nous l'avons dit plus haut. L'estoma blessé également, présentait une plaie de 5 centimètres de diamètre ; à la partie rieure elle était ronde, à bords nets, non ecchymoses. Les autres organes du étaient intacts ; la balle ne put être trouvée dans la cavité abdominale.
BLESSURES PAR ARMES A FEU.— Y A-T-IL FAUTE D'uN TIERS? 209 $ 3. — SAtcnniner «'il y a fkote d'un tier«.
Outre ce que nous avons dit plus haut , sur cette question efi général, il faut examiner pour les blessures par armes à feu les circonstances suivantes :
1* La position du cadavre. Je n'admets pas, comme beaucoup d'aateurs, que lorsqu'on trouve un individu tué par afme à feu , conché sur le dos, il faille en conclure qu'il y a eu suicide, pas plus que des hommes qui sont tombés en avant ne doivent avoir été tués par une main étrangère, car j'ai vu des suicidés indubitables qui ont été trouvés couchés sur le ventre. Le médecin légiste n'est pas ordinairement présent à la levée du cadavre, c'est pourquoi je ne puis pas rapporter à ce sujet des observations en grand nombre. J'ai vu soo?ent des suicidés qui s'étaient coupé la gorge et qui se trouvaient dans la position où ils avaient trouvé la mort ; le plus souvent je les u TUS sur le dos, mais quelquefois aussi sur le ventre. Il semble que la différence dépende delà position de l'individu au moment où il *reçu la blessure. En tous cas, comme les observations ne s'accordent pas, il faut poser la thèse suivante : On ne peut ]^as décider ''il y a eu suicide ou meurtre par la position seule dans laquelle ^ a trouvé le cadavre.
3* La présence ou V absence de l'arme à côté du cadavre ne peut rien prouver , car l'arcne peut être volée après la mort du suicidé , ce qui arrive chez nous assez souvent si l'arme est encore en bon état ; d'un autre côté l'assassin peut poser avec intention une inne à côté de sa victime pour écarter l'idée d'un crime. L'observalion 136 prouve qu'il peut se présenter les circonstances les plus eitriordinaires ; on trouva dans ce cas un pistolet chargé à côté d'un iMH&me tué par un coup de feu dans le cœur. Dans un autre cas, deux pistolets à deux coups furent trouvés à côté du cadavre, trois canons étaient brisés, c'était un homme de quarante ans , qui s'était suicidé dans un hôtel : le cadavre avait une blessure dans la région abdoDùnale gauche par laquelle sortait un morceau d'intestin , une
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autre blessure dans la région ombilicale et une troisième, évidemment la dernière, au front, montrait la tète écrasée.
Si l'on trouve Tarme à côté du cadavre, on peut quelquefois par Tétat de cette arme tirer des probabilités, par exemple, chei les suicidés de la classe pauvre on trouve des pistolets vieux et en mauvais état, ou des armes préparées par eux-mêmes qui n'auraient pas été employées par un meurtrier. C'est une circonstance que je ne trouve nulle part mentionnée et qui me semble pourtant avoir de l'importance. Il y a encore probabilité de suicide lorsque l'on trouve une arme qui a éclaté parce que les suicidés chargent ordinairement trop leurs armes, tantôt pour être sûrs du succès de leur opératioDy tantôt par ignorance.
Tous les auteurs recommandent de comparer la balle qui a tué avec le calibre de l'arme. Je ne vois pas trop à quoi peut servir cet exa^ men, car il n'arrivera pas que l'assassin posera près de sa victime une autre arme que celle qu'il a employée. Du reste, pour faire cette comparaison, il est nécessaire avant tout d'avoir.... la balle; on M l'a pas lorsqu'elle est sortie du corps et même dans beaucoup (te cas où elle est restée dans le cadavre. Enûn, cet examen est impoS' sible quand le projectile est constitué par des grains de plomb, ou9i c'est une balle, quand elle est déformée par une cause quelconque ; car lui rendre sa forme, comme le conseille Bock, est une expérience très incertaine contre laquelle le défenseur de l'accusé protesterait avec droit. Quant à l'examen des restes de poudre sur le canon et les expériences de Boutigny, nous en avons parlé page 108.
3* Uétat des mains du cadavre ou du moins la plupart du temps, l'état de la main droite, n'a pas la valeur qu'on lui attribue ordinairement, cependant elles méritent d'être examinées et peuveni offrir des renseignements utiles. Ainsi, lorsqu'on trouve le pistolet serré dans la main du cadavre, c'est une preuve certaine du suicide, quelquefois on ne peut retirer l'arme qu'en sciant les doigts; je dis une preuve certaine, car il serait impossible à un tiers de produire cet effet après la mort.