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CHAPITRE III

BRULURES MORTELLES.

S 1. — Dîa^ostie.

Ce genre de mort violente peut avoir lieu de différentes manières.

Ou l'homme brûle par le contact de la flamme et Faction de la

chaleur provenant d'un corps solide , tel qu'un métal rouge, des

charbons ardents, ou bien provenant d'un liquide, de l'eau, de l'huilei

par l'action des caustiques, tels que les acides, les sels causti-

lues (1)^ été. La mort arrive alors par suite d'une accumulation de

<^Ioriqiie plus grande que celle que l'organisme peut supporter :

d^Qs ces casy on trouve à l'autopsie, de Yinflammatiofif surtout

d^s membranes séreuses avec épanchements et des symptômes de

^^ffocation avec injection inflammatoire de la muqueuse de la tra-

^^ée-artëre, et hypérémie des poumons, du cœur droit et des grands

^^isseaux ;

Ou dans d'autres cas, si des individus très irritables ont été soumis ^ l'action d'une grande chaleur, la mort a lieu subitement par neuro-t^nralysie avec des douleurs violentes, des convulsions, et on ne trouve rien à Tautopsie.

Rokitansky (2) dit qiie, parmi les résultats fréquents des brûlures, il faut compter les érosions hémorrhagiques de la muqueuse de l'eslomac et les ulcères perforants. Quand une telle autorité prend la parole, il n'y a pas ordinairement à discuter. Néanmoins, je crois que ce n'est pas aussi fréquent que le dit H. Rokitansky, car je ne l'ai ^ dans aucun cas de brûlure.

(1) Las hommes qui périssent dans un incendie, peuvent mourir d'une autre ■Msière. Ils sont souvent écrasés par des écroulements ou ils sont asphyxiés par la funée. Alors la mort n'a pas lieu par brûlures, ce sont les cadavres qui brûlaiit.

(2) WocheMatt der ZêUêchrift der Gesellsch, der Aerzte zu Wien 1 85S, n* 23 P- M et 868.

220 PARTIE THANATOLOGIQUE.

Pour constater la gravité d^iuie bràlure, il se présente la difficulté de déterminer quelle doit être Véimûue d*une brûlure pour qu'elle soit mortelle. Des brûlures atteignant la moitié ou un tiers du corps sont certainement mortelles ; mais si un quart ou seulement us^ huitième du corps a été brûlé? Les difficultés augmentent lorsque la brûlure n*est pas continue, mais qu*il y en a plusieurs dissémi — nées à plusieurs endroits du corps. Il Tant alors peser sagement toute^s les circonstances du cas particulier, car il est impossible d*adopter une règle générale. Une même brûlure sur un ouvrier robuste et sur une femme délicate peut avoir des résultats très différents. Les enfants nerveux meurent de brûlures très petites. Il est évident que Ton ne peut pas, pour mesurer la quantité de plusieurs blessures sur le corps, les additionner et les juger par retendue totale, ce serait aussi inexact que de vouloir mesurer la gravité tie plusieurs centaines de piqûres d'épingles en additionnant les plaies et en considérant le total comme une plaie grande par exemple comme un noyau de cerise. L*irritation des nerfs de la peau en beaucoup d'endroits, produira des douleurs plus violentes, des réactions plus dangereuses que celles produites par une' brûlure unique dont l'étendue serait égale à la somme de toutes les autres. Ajoutons que le traitement en est beaucoup plus difficile. La législation actuelle de la Prusse a eu soin cependant de ne pas laisser trop de latitude à l'estimation individuelle, car le § 185 du Code a aboli les blessures nécessairement, individuellement, mortelles, et ne demande que la constatation du résultat, de la suite des blessures sur le cas particulier.

Lorsque les brûlures ont été suivies de mort et que l'on ne peut pas retrouver par l'autopsie une autre cause de mort, on doit regarder les brûlures comme ayant causé la mort. Quelquefois les experts, au temps de l'autopsie, ne connaissent pas encore tous les antécédents nécessaires pour juger le cas, ils devront alors ne donner qu'une conclusion entourée de restrictions en attendant plus ample information.

Le diagnostic d'une brûlure sur un cadavre n'est en général pas difficile ; il n'est pas non plus difficile devant un cadavre brûlé jusqu'à

BRULURES MORTELLES. 221

èlre méconnaissable, de détermiiier si la combustion a eu lieu pendant la vie ou après la mort. Une telle brûlure est nécessairement loujoors produite après la mort, car Torganisme vivant ne peut ni r6tir ni se carboniser. Mais ce qui est difficile, c'est de déterminer si U mort ayant eu lieu par l'action de la chaleur et le corps étant resté soumis à la même influence, il y a eu carbonisation, ou bien si la mort «janteu lieu par une autre cause, telle que la strangulation, on a fait brûler le corps afin de voiler un crime. Cette difficulté existe, du reste, pour tous les agents de destruction organique, telles que la putréraction, etc. Quant à décider si de simples cloches ont été produites pendant la vie ou après la mort, nous démontrerons dans le paragraphe suivant que le jugement ne peut pas être douteux.

En général, les brûlures se montrent sur le cadavre sous deux aspects différents : ou la forme des régions est conservée ou elle ne ''est pas.

Dans le premier cas, selon le degré de la brûlure pendant la vie, les places brûlées seront d'un rouge écrevisse ou d'un rouge brun ^<AÎvre, plus ou moins sèches et parcheminées ; personne ne confondra ces taches avec des lividités cadavériques. Dans des cas '^res, tout le corps peut avoir cet aspect si la victime a été pour ^Osi dire rôtie. On trouve ordinairement des cloches de différentes Sitedeurs, crevées ou non, (fae l'on appelle des phlyclènes. Il faut '^ien prendre garde de confondre ces cloches avec celles qui sont enlevées par la putréfaction, surtout dans les cas où il y a des clo- <^he8 des deux espèces. Toute cloche provenant d'une brûlure est entourée d'une auréole rouge plus ou moins étendue qui manque dans t^ bulles provenant de la putréfacction. Chaque excoriation de brûlure montre un fond rouge souvent avec de petiles granulations et delà suppuration, ce que l'on ne voit pas dans les excoriations produites par la putréfaction, qui n'ont pas de base présentant une teinte particulière, ou qui ont une coloration verte uniforme. ^ est évident que les cadavres frais qui ne présentent pas de signes généraux de putréfaction, n'offiriront à cet égard aucun sujet d'er* renr.

222 PARTIE THANAT0L061QUE.

Dans le second cas, si la formé dii corps est détniifte parla combustion, on trouve la carbonisation qui/ii elle s'étend sur tout le corps, laisse à peine reconnaître la configuration humaine, oiibieati la carbonisation ne s'étend que sur une partie du corps, les té(Qments et les organes de cette partie sont déformés et méconnaissables.

Leê caustiques solides ou liquides produisent des brûlures qui se manifestent par- des taches d'un rouge brun, ou comme l'aeids f«tfurique qui est le plus usité, des taches d'un brun sale, ou bien comme Y acide azotique^ des taches jaunes, dures à couper, ne donnant pas d'ecchymoses quand on les incise et *qui détmiseiit le derme. Dans les cas (Haschka, Buchner) où on ne sait pas si les taches de brûlure proviennent du feu ou de l'acide sulfûrique, outre les signes exposés plus haut, les circonstances suivantes serriroDl à poser le diagnostic : dans les brûlures par acide sulfurique il } i absence de phlyctènis, coloration et aspect uniforme de toutes les places touèhées par l'acide^ landis que dans les brûlures causées par la flanmie, on trouve les uns à côté des autres, les différents effets du feu, des cloches conservées, des cloches crevées, des endroits rôtis, des traces de carbonisation provenant des vêtements brûlés, des poils de la peau, ce qui ne se rencontre jamais pour les acides; enfin comme dernier moyen de contrôle, il restée l'examen chimique des vêtements (Voyez page i 60.)

^2. — Szpériences sur le cadavre. Prodaction de phlyetènei après la iBort.

Il y a quelques années, la question suivante se présenta pour la première fois (obs. 1Â2) dans ma pratique médico-légale : les phlyctènes trouvées sur le cadavre ne peuvent-elles pas avoir été produites après la mort? Je répondis négativement à cette question. Un autre expert combattit cette «opinion, disant : c que douze à vingt heures, quelquefois plus longtemps après la mort, il peut se former des phlyctènes profondes sous Tinfluence d'une chaleur intense, probablement par suile de l'expansion causée par le calorique et par

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