PUISONS SPÉCIAUX
1* Acide arsénieux. Son absence d'odeur de goût et de couleur, sa solubilité dans l'eau et dans tous les liquides aqueux, enfin son action détruisante sur les corps organiques, en rendent reropbi aussi fieile qae dangereux. Lorsque l'empoisonnement est lent et chroniqne, les symptômes sont ceux de la cachexie générale et de la dysémie finissant par une fièvre lente. Lorsque l'empoisonnement est aigUy il y a desnausées, vomissements souvent sanguins, des angoisses précordiales, des douleurs d'estomac, souvent mais pas toujours des coliques, soif vive avec sécheresse de la gorge, diarrhées, peau humide, quelquefois exanthème, face injectée, fièvre, grand abattement enfin souvent convulsions. Il ne manque pas cependant de cas d'empoisonnement par l'arsenic sans que des symptômes bien nets aient été observés.
A Taiilopsie on trouve hypérémie, inflammations, excoriations, érosions hémorrbagiques de la muqueuse de l'arrière-bouche, de roBBOphage, de Testomac, cette muqueuse devenue lâche se laisse EKOsment séparer.
Linflammation qui peut aller jusqu'à la gangrène, se propage qiekiaofois jusque dans le duodénum et même jusque dans l'iléum. La sang que Ton trouve dans le cœur et dans les gros vaisseaux n'est pas 1res coagulé, il perd la faculté de se coaguler comme à l'ordinaire.
278 PARTIE THANATOLOOIQUB.
Quelquefois on trouve des taches d'ecchymoses dans les ventricules da cœur et souvent hypérémie du cerveau. Les traces d'inflammatioA se trouvent quelquefois après quelques heures. Hais nous devons ajou* ter que tous ces résultats ne sont nullement constants.
L*effet spéciGque de ce poison c'est la momification du corps (TOjex page 36y part, générale). Cette momification semble se faire dans tous les cas où de hautes doses d'arsenic ont été administrées et n'ont pas été tout à fait évacuées pendant la vie. On ne peut cependant pis la considérer comme un signe certain d'empoisonnement par l'arsenic (Bordach), car des cadavres de personnes qui ne sont certainement pas mortes de cette manière se momifient : soit dans les sols toorbeui qui contiennent beaucoup d'humine, soit dans les sables chauds d'an désert dans lesquels on dit avoir trouvé des caravanes entières momifiées, enfin, soit au milieu de circonstances que l'on ne peut expliquer ; dans un caveau, j'ai trouvé chez un enfant de quatre ans qui n'était pas mort d'empoisonnement par l'arsenic, mais qui avait été écrasé par une porte cochère et qui Ait déterré neuf mois plus tard, une momification très prononcée surtout aux membres supérieun et i la figure. Cependant si les autres circonstances appuient le soupçon d'urm empoisonnement par l'arsenic, la momification du cadavre donnera te soupçon une plus grande probabilité surtout si l'analyse chimiqo du cadavre peut encore montrer des traces d'anenic. Cela a été sible une fois après dix ans , c'est l'époque la plus tardive que l'o^ ^^ ait observée.
La momification ne se fait cependant pas tout de suite après 1 ^^" mort, mais peu à peu, et dans le commencement la pntréfactior ^^^ marche comme à l'ordinaire; il est même des observateurs q*^^ ^' prétendent qu'elle se fait plus vite qu'à l'ordinaire. (La eause de c retard dans la momification provient peut^ètra de ce que l'acid arsénieux dans le cadavre, met un certain temps à se changer e hydrogène arsénié et à imbiber le corps.) Il s'ensuit que Vabtenc^ de momification du cadavre, surtout peu de temps après la mort, n. peut pas amener à penser qu'un empoisonnement par l'araenic n' paêeu lieu. On trouve chez les auteurs qu'un caractère important ^
EMPOISONNEMENTS. — ACIDE EDLFURIQUE. 879
|m prouve rempoisonnement arsenical, c'est la formation de moisisurê sur le cadavre, parce que des compilateurs ont trouvé ce phémnène décrit dans quelques cas. Or, la moisissure se trouve sur ms les cadavres sans exception qui sont exhumés après peu de HDps, et ce phénomène n*est rien moins que caractéristique.
La présence normale d'arsenic dans les os proclamée par CouerbOi (âspail et Devergie, n'a pas été constatée.
2* Acide sulfurique. Cet acide ne peut être employé pour empoionnement criminel à cause de son effet corrosif, violent, que quand a empoisonne de petits enfants ou des personnes sans connaissance. bii la mort par accident ou par suicide est souvent le résultat de •lia terrible substance.
La peau du corps touchée par l'acide devient d'un jaune^brun perche* aillé, la muqueuse de la langue revêt une couleur blanche (quand l'est l'acide asotique qui est ingéré la langue devient jaune), mais il lut prendre garde de confondre cette coloration blanche de la lan« ^e avec des aphthes. L'administration de ce poison corrosif produit b fuite une brûlure très violente dans la bouche, rarrière-bouche NNiTent avec le sentiment de constriction) et dans l'estomac, elle dl éprouver une soif vive, des vomissements qui peuvent être sanuns, et si la dose est haute la mort survient bientôt.
A l'autopsie on trouve eitérieurement surtout aux lèvres, ou sa sillons allant des angles de la bouche vers le cou , ou des ches jaunes ou d'un brun sale, parcheminés, et le derme souscwt détruit. La muqueuse de la langue, de l'arriëre-bouche est lanche, dans des cas très rares l'œsophage est brûlé, il est plus NB^eot tanné, dur et gris, et on peut y distinguerdans la muqueuse sa vaiaseaux injectés. L'estomac, si la quantité d'acide est un peu ■aaidérable, est coloré d'une manière toute particulière que l'on ne eut méconnaître : il est noir, comme charbonné, son tissu est gélati- Uorme, il se déchire en lambeaux au toucher. L'acide snlfiirique BBS en contact avec des vaisseaux capillaires est assez long à les Mraire, mais après quelques heures le tissu est si ramolli que la ptQs légère pression les fait tomber en détritus. Ainsi les parois de
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ces capillaires se ramollissent, ne peavent plus résistera la pression do sang artériel, se déchirent et provoquent des hémorrhagies. Ces cpanchements de sang qui restent encore sous l'influence de l'acide, expliquent la coloration noire du tissu et du contenu de restomic. 1'^ même temps on explique par là pourquoi, quand on met de l'adde sulfurique dans un estomac mort, une réaction telle que cdie qoe nous venons de décrire ne se fait pas, et pourquoi l'estomac est seulement corrodé et à la longue détruit, la couleur restant d'un gris clair par suite de l'absence de l'extravasation.
Lorsque l'acide sulfurique a agi avec ihoins d'intensité ou a èlé neutralisé par des absorbants, la vie peut être conservée tout i fait ou dans certains cas elle traîne encore pendant plusieurs semaines et on trouve alors dans l'estomac du cadavre, des traces d'une inflammaticm plus ou moins aigué ou chronique, surtout des épaississements de la muqueuse, des ulcères qui alors empêchent de dire avec certitude si un empmsonnement avec de l'acide sulfurique a eu lieu.
Je n'ai jamais trouvé le sang liquide dans le cadavre après un empoisonnement aigu par l'acide sulfurique, il est au contraire d'une consistance de sirop ou encore plus épais. Il a une couleur rouge cerise et une réaction tris acide; je communiquerai plus bas une observalion (197* obs.) dans laquelle j'ai trouvé le fluide du péricarde et les eaux de Tamnios réagissant avec acidité chez une femme enceinte empoisonnée avec de l'acide sulfurique.
Dans quelques cas, l'examen chimique des vêtements du cadavre qui montrent . des trous , peut compléter le dignostic. (Voyes page 160.)
Un autre efiet de l'acide sulfurique peut-être aussi d'autres acides que je ne trouve mentionné nulle part, est l'efi'et antiseptique. Les cadavres des empoisonnés par cet acide, restent cœterit paribus longtemps frais et n'exhalent aucune mauvaise odeur pendant la dissection. La raison en est que l'acide rassasie l'ammoniaque produite par la putréfaction, jusqu'à ce que à la longue il soit neutralisé lui-même. Quoi qu'il en soit de la justesse de celte explication, on verra plus bas la justesse de l'observation.