‹ Traité pratique de peinture à l'huileChapitre 21 sur 23 · L’ ÉTUDE D’APRÈS NATURE · texte numérisé non relu

L’ ÉTUDE D’APRÈS NATURE

quent en n’embrassant que peu de chose, si vous voulez exécuter davantage^

Dans le premier cas, la première chose à faire, lorsque vous arrivez devant la nature, est de limiter votre sujet de façon à bien l’envelopper dans son cadre, et pour cela vous pouvez avoir dans votre boîte à couleur une carte de visite ouverte au centre et formant fenêtre, que vous éloignerez ou rapprocherez de l’œil suivant l’étendue que vous voudrez donner à votre tableau. Plus vous serez sûr de vous-même, plus votre cadre pourra être rapproché de l’œil, car plus aussi les premiers plans s’accuseront. Nous pouvons donc sans hésitation vous conseiller, pour les premières études, de ne faire tableau que de ce que vous apercevrez au travers de ce cadre^ lorsqu’il sera au bout du bras absolument tendu. Cela vous fera faire des études de fond un peu grises, mais que vous devrez chercher à rendre justes par la finesse de ton. Il ne faut point confondre ces sortes d’études avec ce que les artistes nomment « la pochade, » caries tons doivent y être cherchés et discutés pied à

pied avant d’arriver au résultat voulu. La pochade

TRAITÉ DE PEINTURE

est le rendu d’un effet qu’on ne doit tenter que lorsqu’on possède bien les procédés et qu’on est déjà d’une certaine force. Excellente en elle-meme, si elle présente le caractère de franchise d’exécution et la vérité d’impression, la pochade pousserait volontiers le débutant à un laisser aller fâcheux et qui lui nuirait au possible pour les études sérieuses. Ainsi donc vos premières études pourront être des études d’ensemble prises d’un peu loin et dans lesquelles un ton général heureusement trouvé n’aura plus qu’à subir certaines modifications pour fuir ou se rapprocher en conservant une harmonie générale. Mais à côté de ces études, agréables parce qu’ elles forment tableau, il en est de plus ingrates peut-être, mais d’aussi importantes : ce sont les études des premiers plans et du morceau. Celles-là doivent se traiter avec une conscience absolue : et moins vous étendrez votre sujet, plus votre travail sera profitant pour l’avenir. Ce sont ces études-là qui font les maîtres, et, si le public en général les connaît peu, c’est que, parla suite, elles leur sont si utiles qu’à aucun prix ils ne veulent s’en défaire.

LE PAYSAGE

l’art ancien

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