DES DEUX AUTRES ÉCHELLES
Pour comprendre ce Tableau, il faut savoir que R représente le rouge, V le [vert et B le bleu violet.
Le degré choisi est 19 de rouge, soit 19 opacités de gris opposées à la transmission du rouge.
Il y a à trouver les combinaisons de ce degré 19 d'une des échelles avec tous les autres degrés des deux autres échelles.
Par exemple : avec 0, 1, 2, 30, 33 degrés de vert et 0, 1, 2, 33 de violet, la solution sera, d'une part, pour les radiations :
V. Y i l donnent une [certaine couleur que ren- 18 V 1 t i dront rimpression ou la peinture.
parties de bleu ) .. , , , ,..,.
^ , soit une sorte de vert additionne
» de rouge \ ., ,
, . ^ \ d un peu de rouée.
de rouge \ ., ,
, . ^ \ d un peu de rouge,
de jaune ) ^ ^
Pour mieux voir les couleurs, sans être gêné par le contraste simultané des couleurs voisines, on les fait passer sous un cercle plein ne laissant ouvert qu'un segment correspondant, par ses dimensions, à l'un des segments des échelles. On ne voit ainsi qu'une seule couleur et sa complémentaire, tout le restant du disque se trouvant caché par le diaphragme métallique peint en noir.
Pour que Ton ait une idée sommaire de l'effet qui se produit, rappelons que, les écrans étant formés des trois couleurs rouge orange, vert et violet, il ne peut y avoir d'autres combinaisons
qu6 celles de ces trois couleurs entre elles, en tenant compte toutefois de la part de lumière blanche qui traverse quand même les écrans colorés; mais il s'agit de comparaisons entre lumières réfléchies et non entre radiations.
Pour simplifier nous supposerons que l'échelle de chaque couleur ne soit que de dix degrés, de Q à 10, entre le blanc et le noir.
Quand les trois zéros des trois échelles sont superposési et, par suite, fusionnés, on a le blanc pur, et en regard immédiat le noir pur, qui est sa valeur complémentaire.
Si l'on fait alors tourner d'un degré l'échelle du rouge en amenant 9 dans le segment visible, il se produit un changement immédiat de couleur: au blanc succède un bleu intense ayant pour complément une sorte de brun rouge foncé; le mouvement de rotation continuant dans le même sens, on passe tour à tour par des bleus de plus en plus clairs jusqu'à un bleu très léger qui précède le retour au zéro ou blanc pur.
Laissant le tout en l'état et faisant tourner de même façon la manivelle de l'écran violet, nous avons un beau jaune ayant pour complément un bleu intense.
Puis, la rotation allant jusqu'au zéro, on passe par une série de jaunes de saturation décroissante jusqu'au retour au zéro, soit au blanc; la série complémentaire varie dans les bleus.
Si nous attaquons Téchelle des verts, le premier degré obtenu est un carmin pur, qui va se dégradant jusqu'au blanc à mesure que Féchelle retourne au zéro. La série complémentaire est verte aux divers degrés.
Mais, si Ton fait mouvoir les trois échelles de façon à amener tel ou tels autres degrés en concordance, on arrive à des combinaisons binaires ou ternaires dont la définition est des plus simples, ainsi que nous venons de le démontrer»
Si nous insistons assez longuement sur ce mode d'analyse de la combinaison des radiations diverses entre elles, c'est parce qu'il nous semble préférable à la plupart des collections de teintes dont le coût élevé et la composition approximative rendent l'emploi difficile et les indications peu précises.
Dans le cas qui nous occupe il n'y a, à vrai dire, que trois couleurs dont il importe de connaître la composition exacte, puis les variations et combinaisons que subissent ces trois couleurs fondamentales par l'interposition d'opacités grises dont il est toujours facile d'avoir des degrés ou valeurs exactes parfaitement comparables entre elles.
L'appareil que nous venons de décrire n'existe pas encore de toutes pièces, mais il est très facile à établir avec un chromoscope à échelons quelconque [fig. 70).
Il suffit de faire construire trois châssis du
genre de ceux que Ton désigne sous le nom de chromatropes et de reproduire, sur des plaques sensibles, la série de valeurs formant Téchelle des tons. On introduit dans les châssis trois des disques et l'on se livre à la recherche voulue.
C'est là un des compléments nécessaires du chromoscope, surtout quand on en use dans des ateliers de peinture décorative industrielle, et môme comme guide pour des travaux de chromolithographie. Tel ton étant requis, on a vite vu, par les complémentaires, les trois degrés de noir à mettre sur les trois pierres.
Il est un autre moyen de synthèse analogue à celle du chromoscope. C'est la synthèse par voie de projection, en réalisant sur un écran blanc la fusion des trois monochromes, de ceux-là même qui ont pu servir dans le chromoscope.
Il s'agit d'une lanterne triple projetant, par chacun des trois objectifs, un des monochromes éclairé par la lumière correspondant à la couleur qu'il représente.
Jusqu'ici nous ne connaissons d'instrument propre à conduire à ce résultat que celui de M. Ives.
Cette lanterne photochromoscopique, très bien comprise, est surtout utile pour les démonstrations publiques de l'effet des combinaisons polychromes.
Les figures 71 et 72 donnent la vue extérieure de cet appareil et son dispositif intérieur.
Il consiste dans un premier corps B spécial à la lumière proprement dite qui est Tare électrique.
Fig. 71.
Le deuxième corps placé en avant de l'autre contient le condenseur en E, les miroirs réflec-
Fig. 7-2.
teurs M, M', les écrans colorés V, V, V", les trois objectifs 0, placés à l'extrémité de trois boîtes dont
les deux latérales peuvent, en pivotant sur leurs points axiaux àTaide de leviers L, L', L'', s'écarter ou se rapprocher, ce qui permet, lorsque Timage est entièrement repérée de façon à n'en former qu'une seule, d'en séparer les trois éléments composant, soit le rouge, le vert et le violet. vient en 0' pour une des images.
Le synthèse s'effectue de la sorte en présence de tout l'auditoire.
Un châssis à trois ouvertures circulaires reçoit les trois monochromes, et il sufBt de l'introduire dans la coulisse qui lui est destinée en DD' pour avoir immédiatement l'image en couleurs, si d'avance les monochromes Y ont été disposés de façon à repérer sans tâtonnements ultérieurs.
Au cas où il y a lieu de procéder à ce repérage, on y arrive à l'aide de vis placées sur les plaques des objectifs et donnant la possibilité de faire monter ou descendre chaque objectif et aussi de le mouvoir de gauche à droite et de droite à gauche.
J^e mieux est de monter les épreuves à la place exacte qu'elles doivent occuper pour n'avoir plus à rechercher le repérage dans une séance publique.
Il est très facile, quand les trois monochromes sont coupés au calibre de façon à représenter exactement la même partie de l'image, de les poser chacun suivant les deux lignes axiales tra-
cées sur les bords opposés des disques du châssis.
On ne les y fixe que provisoirement, et puis on règle définitivement leur place en faisant la projection et en ramenant chacune d'elles au point exact qu'elle doit occuper et sans toucher aux objectifs arrêtés à une position fixe.
L'intérêt que présente un instrument de cette sorte n'est pas douteux; il est certainement, pour les cabinets de physique bien outillés, le complément indispensable du chromoscope.
Seulement, la lumière électrique n'étant pas douée de qualités absolument identiques à celles de la lumière solaire, il sera bon de faire l'essai à la lumière artificielle des sujets à montrer pour en exécuter les monochromes dans les conditions de densités respectives s'harmonisant le mieux avec réclairage à la lumière électrique. Cela revient à dire qu'il faudra un jeu de diapositifs propres au chromoscope destinés à être vus en lumière solaire et un jeu spécial à la lanterne triple; il est bien entendu que les écrans colorés devront être identiques, dans les deux appareils distincts.
On peut également avoir un dispositif permettant d'éclairer le chromoscope avec de la lumière électrique.
La figure 68 indique l'arrangement d'un appareil de cette sorte. La lumière du gaz, surtout avec un manchon Auer, peut suffire largement;
dans ce cas il y a même à la modérer pour qu'elle ne soit pas trop intense.
Les sujets destinés à être vus ainsi doivent être réglés sur la lumière que Ton devra employer. Si Ton faisait usage de la lumière ordinaire du pétrole, on risquerait d'avoir un éclairage trop jaune.
Avant d'en finir avec la synthèse optique, il nous reste à nous occuper des méthodes du docteur Joly et de M. le professeur Wood.
Les méthodes qui font l'objet de ce Chapitre sont dignes d'intérêt, et nous ne pourrions les omettre dans un traité comme celui-ci; seulement il convient de dire tout de suite que, si ingénieuses qu'elles soient, elles laissent encore à désirer au point de vue de leur application pratique, et elles sont loin, pour le moment du moins, de pouvoir rivaliser avec la méthode photochromoscopique.
L'une d'elles est celle de M. Joly, professeur à Dublin; elle consiste dans l'idée d'accomplir la synthèse sur une seule plaque et par conséquent avec une seule image, idée indiquée par Ducos du Hauron en 1869.
M. Joly a voulu réaliser ce procédé ; voici sa façon d'opérer. Il a d'abord cherché un moyen pratique de préparer des écrans rayés de lignes rouges, vertes et violettes juxtaposées et aussi rapprochées les unes des autres que possible ; il est parvenu à exécuter des réseaux de cette sorte
contenant environ 7 lignes au millimètre, soit 70 au centimètre. Bien que le nombre des lignes contenues dans 1™°* ne soit pas bien considérable, il y a déjà une assez grande difficulté à produire ces réseaux trichromes ( PL II) avec toute la netteté voulue (*).
Le réseau négatif a les couleurs qui nous servent à ranalyse des sujets colorés ; quant au réseau positif, ou pour voir, il doit avoir les couleurs complémentaires des précédentes, soit rouge pourpre, jaune et bleu, mais être rayé d'une façon identique pour que le réseau positif puisse remplacer le réseau négatif.
Voici comment on opère :
Une plaque panchromatique est mise dans le châssis négatif en arrière du réseau trichrome négatif, lequel porte contre lui, du côté des lignes.
De plus, en avant de l'objectif, ou à l'intérieur dudit, ou en arrière, se trouve un dispositif propre à recevoir des écrans colorés.
La pose s'effectue comme lorsque l'on fait de la photographie trichrome, c'est-à-dire eu usant successivement des trois écrans sélecteurs nonobstant la présence, tout contre la plaque sensible, d'un réseau sélecteur formé par les lignes que l'on sait.
(M Le petit espace blanc que montre la planche II entre chaque groupe de trois couleurs ne doit pas exister. Le rouge doit être immédiatement contigu au bleu.
Après cette pose assez longue, puisqu'elle implique trois poses successives, on développe et Ton a une image formée de raies plus ou moins
Fig. 73.
transparentes. Si de ce négatif on tire par contact une épreuve positive sur verre, et si contre ce diapositif on applique le reseau positif trichrome, on retrouve, en le plaçant convenablement, à peu près les couleurs de l'original.
Le perroquet que représente notre figure 73 a été exécuté de la sorte ; il donne parfaitement l'idée des couleurs exactes dès qu'on le regarde à travers l'écran coloré ; la figure 74 représente trois disques
Vidal, Photochromic.
Pl. II
Ecran spécial du Procédé Jolly.
colorés reproduits à travers le réseau négatif.
Cette méthode ne laisse pas que d'être très
intéressante à cause de la possibilité d'avoir, sur
une seule et même plaque, le rappel des couleurs
Fig. 74.
de l'original; mais combien elle laisse à désirer au point de vue pratique !
iii Tout d*abord l'obligation d'opérer et de voir à travers des écrans d'une construction difficile et par suite coûteuse, surtout pour des dimensions supérieures au format projection, ne laisse pas que de compliquer beaucoup la méthode ; puis il y a la longueur de la pose, qui n est pas moindre que
dans l'analyse avec les écrans colorés ordinaires; enfin, l'aspect désagréable, au stéréoscope ou dans les projections de lignes, agrandies à un tel point qu'elles deviennent des barres.
Ces diverses objections, faites avec raison à ce moyen si ingénieux de réaliser le synthèse des couleurs sur une seule plaque, sont, pour le moment, un sérieux obstacle à l'expansion de ce procédé.
Pourtant on n'est pas au bout des perfectionnements dont il est susceptible. M. Gh. Brasseur, de New- York, a trouvé le moyen de serrer davantage les lignes des réseaux colorés au point d'en introduire jusqu'à 21 dans 1°^"*.
Évidemment, c'est là un grand progrès, parce que l'idée théorique se trouve ainsi serrée de bien plus près, chacune des lignes du réseau Brasseur étant trois fois moins large qu'une des lignes du réseau Joly.
Il reste à voir ce que produira pratiquement ce sérieux perfectionnement.
L'idée de M. Brasseur va plus loin que celle ayant pour objet la création d'images polychromes pour le stéréoscope el la projection; il espère pouvoir tirer de son image unique les trois clichés négatifs sélectionnés propres à la photogravure tramée et en couleurs ; il nous a montré un résultat ainsi obtenu.
Au point de vue des arts de l'illustration, cette
méthode, réduite à Tobtention d*un seul négatif, pourrait rendre de très grands services, surtout si Ton parvient, à des temps de pose assez courts. Le tigre reproduit avec le réseau Brasseur a été obtenu dans { de seconde. Il faudrait pouvoir diminuer encore cette clurée de façon à avoir des épreuves instantanées, soit suffisantes dans ^ de seconde environ.
M. Mac Donough, en Amérique, s'est également occupé d'appliquer ce procédé ; il a surtout essayé,' d'après l'indication publiée par Ducos du Hauron, d'exécuter industriellement des impressions sur papier préparé par le procédé des lignes.
Si les lignes colorées sont imprimées sur du papier, on conçoit qu'on puisse avoir un résultat, mais les blancs laisseront toujours beaucoup à désirer; on ne peut, pratiquement, faire usage que de couleurs très faibles, et l'effet obtenu rappelle une photographie coloriée avec des blancs.
Étant donnés les moyens que l'on a d'obtenir beaucoup mieux par la méthode d'impression typographique à clichés tramés, on ne sent guère la nécessité de se livrer plus longtemps à des essais qui, en fait, si intéressants qu'ils puissent être, ne sauraient conduire à l'obtention d'œuvres suffisantes.
Il est une autre méthode de synthèse optique gui est due à M. le professeur Wood, de l'Université de Wisconsin, aux Etats-Unis d'Amérique.
Cette méthode consiste dans la production des négatifs sélectionnés comme d'habitude; on en tire des diapositifs par contact, également par le moyen usuel, puis c'est avec le concours de ces positifs que Ton produit les couleurs à Taide de phénomènes de diffraction.
Nous extrayons de l'intéressant Ouvrage de M. A. Tallent la description du procédé de photographie en couleurs de M. Wood, par voie de diffraction.
Après avoir indiqué les deux méthodes déjà |
employées pour la photographie des couleurs, celle directe de M. Lippmann et celle indirecte de M. Ducos du Hauron, Ives et d'autres, puis le j
procédé Joly, M. Wood s'exprime ainsi qu'il suit: '
Le procédé de diffraction que j'ai brièvement décrit dans le numéro d'avril du Philosophical Magazine est réellement une variété du procédé des trois couleurs, bien qu'il possède quelques avantages qui font défaut aux autres méthodes, tels que la suppression complète des écrans colorés et des pigments et la possibilité d'imprimer une épreuve d'après une autre. L'idée d'employer un réseau de diffraction m'est venue lorsque j'ai été amené à chercher un moyen d'imprimer une surface avec une structure capable d'envoyer à l'œil une lumière d'une i
certaine couleur, puis de superposer sur celle-ci une i
deuxième structure capable d'envoyer une lumière d'une |
autre couleur sans interférer en aucune façon avec la lu- J
mière fournie par la première structure. |
Gela ne peut naturellement avoir lieu avec des encres, !
puisque, si nous imprimons de l'encre verte sur de l'encre rouge, le résultat ne sera pas un mélange de lumière rouge et de lumière verte, mais l'absence à peu près corn* plète de toute lumière quelconque.
En d'autres mots, au lieu d'avoir du jaune, nous avons du noir. Considérons tout d'abord comment une image en couleurs peut être produite par diffraction.
Plaçons un réseau de diffraction (qui consiste simplement en une plaque de verre finement rayée sur sa surface de lignes très rapprochées) devant nous et faisons tomber sur sa surface la lumière d'une lampe. Il se formera sur une feuille de papier posée au plan focal de la lentille une image de la flamme de la lampe, et des spectres ou des bandes colorées sur chacun des côtés de cette image.
Maintenant, pratiquons un petit trou dans la feuille de papier, dans la partie rouge d'un de ces spectres. Ce trou recevra la lumière rouge de toute la surface du réseau.
De même, si nous nous plaçons en arrière du papier et que nous regardions à travers le trou, nous verrons le
Réseau
Lumière
mage centrale
Spectre
réseau éclairé sur toute sa surface par une lumière d'un rouge pur. C'est ce que montre la figure 75, où se trouve indiquée l'extrémité rouge du spectre tombant sur le trou, le trajet des radiations rouges du réseau vers l'œil se trouvant indiquée par des lignes pointillées.
Maintenant, la position des spectres par rapport à l'image centrale de la flamme dépend du nombre de lignes au centimètre que contient le réseau. Plus le réseau est serré et plus loin de l'image centrale se trouvent reje* tées les bandes colorées.
Supposons que nous enlevions le réseau dans la figure ci-dessus pour le remplacer par un autre ayant des lignes
plus rapprochées. Le spectre se trouvera un peu plus bas dans le diagramme et, au lieu d'être le rouge qui tombera dans le trou, ce sera le vert; si donc nous regardons à travers le trou, nous verrons le réseau éclairé par de la lumière verte.
Des lignes encore plus serrées nous donneront un réseau qui nous apparaîtra bleu.
Si maintenant nous supposons que les deux premiers réseaux soient placés en avant de la lentille tous les deux
Fig. 76.
ensemble et se superposent comme dans la Hgure 76, cette combinaison formera deux spectres superposés, le rouge de Tune tombant à la même place que le vert de l'autre et, par suite, dans l'oculaire.
La partie supérieure, où se trouve un réseau de lignes serrées, envoie de la lumière verte à l'œil et paraît verte. La partie inférieure, où les lignes sont moins rapprochées, envoie à l'œil de la lumière rouge et paraît ronge, tandis que la partie médiane, où se trouvent superposés les deux systèmes de lignes, envoie à l'œil de la lumière rouge et verte et par suite paraît jaune, puisque l'action simultanée de la lumière rouge et verte produit sur n'importe quelle partie de la rétine la sensation du jaune.
En d'autres mots, nous avons, sur des réseaux de diffrac-
tioh superposés, une structure capable d'envoyer à la fois à l'œil plusieurs couleurs.
Si nous ajoutons un troisième réseau, nous verrons l'endroit où touchent les trois lumières éclairé en blanc par ie fait du mélange des lumières rouge, verte et bleue.
Trois réseaux avec 2000 lignes, 2400 lignes et 2750 lignes au pouce enverront des lumières rouge, verte et bleue dans la même direction, ou, en d'autres mots, au môme point sur l'écran placé en avant de la lentille.
Supposons que nous ayons une lame de verre portant l'image d'une tulipe avec sa fleur rayée de 2000 lignes au
Fig
pouce {pg. 77), ses feuilles avec 2400 lignes et le vase la contenant rayé avec 2750 lignes, et que nous placions cela devant la lentille. En regardant à travers le trou, nous verrons une tulipe rouge ayant des feuilles vertes, et le tout dans un vase bleu.
Nous voyons ainsi comment il est possible de produire une image colorée à l'aide d'un réseau de diffraction dont les lignes sont par elles-mêmes incolores.
Les parties de la plaque où il n'y a aucune lifi^ne n'envoient aucune lumière à Toeil et paraissent noires.
Il nous reste à considérer comment ce principe peut être appliqué à la photographie.
Les photographies qui sont colorées par^Tapplication de ce principe pourront être regardées comme étant la conséquence de ce fait qu'un réseau de diffraction peut être reproduit par contact à la lumière\ solaire sur une plaque de verre enduite d'une mince couche de gélatine.
La méthode d'ensemble que nous avons trouvée la meilleure est la suivante :
Tout d'abord, trois réseaux ayant des lignes convenablement espacées ont été préparés.
Pour produire l'image en couleurs, trois négatifs ont été obtenus à travers des écrans rouge, vert et bleu, de la façon usuelle.
De ces négatifs on a tiré des épreuves diapositives. Une lame de verre mince a été enduite de gélatine bichromatée, séchée et coupée en morceaux de dimensions convenables; un de ces morceaux a été mis en contact, du côté gélatine, avec le réseau de 2000 lignes, et le tout recouvert avec le positif représentant l'action de la couleur rouge de l'original; une pose de 30 secondes à la lumière solaire a donné l'impression des lignes du réseau sur la couche et aux places correspondant aux parties transparentes du positif.
Le deuxième réseau et le positif correspondant ont été ensuite substitués aux autres, et une deuxième pose a eu lieu. Les jaunes de l'image étant transparents dans les deux positifs, deux séries de lignes superposées dans ces parties ont été imprimées, tandis que les parties vertes recevaient l'impression du réseau seulement de 2400 lignes.
11 en a été fait de même pour le bleu, et la plaque a été lavée dans de l'eau chaude pendant quelques secondes.
Une fois sèche, elle a l'aspect d'une photographie colorée quand elle est placée en avant de la lentille et vue à travers le trou sur l'écran.
On assure un repérage convenable durant la triple impression en traçant sur la plaque des marques de réfé^ rence.
Une image de ce genre une fois obtenue peut ôtre reproduite indéfiniment par contact, puisque la disposition des lignes demeurera la même aussi bien dans toutes les copies que dans Toriginal.
L'image terminée est parfaitement transparente, et elle constitue tout simplement un réseau de diffraction en gélatine ayant des écartements variables.
Dans quelques parties de Timage il y aura un double réseau de lignes, et dans d'autres (les blancs) il y en aura trois.
Ayant éprouvé quelque difîculté à obtenir trois séries de lignes sur une seule couche de façon à obtenir un blanc pur, j'ai adopté la méthode d'une impression des réseaux rouge et vert sur une môme plaque et du bleu sur une autre, puis de monter les deux épreuves les couches étant en contact*
Il est très facile de multiplier ces images une fois que Ton a exécuté la première épreuve du réseau vert rouge.
Ces images doivent ôtre vues avec un appareil d'une grande simplicité montré par la figure 78 et consistant en une lentille coupée carrément, du genre des loupes servant à lire, montée sur un cadre léger portant un petit écran noir percé d'un trou et formant Toculaire à travers lequel on regarde l'image.
Les couleurs sont extrêmement brillantes et elles pro» duisent une fascination toute particulière, car lorsqu'on fait tourner lentement l'appareil à voir de telle façon que sa direction varie par rapport à celle des rayons lumineux, les couleurs changent d'une manière charmante, nous donnant, par exemple, des roses vertes avec des feuilles rouges et des roses bleues avec des feuilles pourpre, combinaisons qui se recommandent aux peintres impressionnistes*
La raison de cet effet kaléidoscopique est facile à com* prendre puisque, lorsque nous tournons Tinstrument,
nous amenons l'œil sur les différentes parties des spectres projetés.
11 est possible de projeter ces images en empipyant une lumière très intense et en plaçant une lentille à projection à la place de l'œil en avant de l'écran percé. Naturellement on perd une grande quantité de lumière et, par suite, on ne peut obtenir une grande amplification. J'ai trouvé que la lumière solaire donne les meilleurs résultats
FIg. 78.
et j'ai pu projeter une image de trois pouces de diamètre sur un écran de quatre pieds, ce qui a permis de la faire voir à un auditoire assez nombreux.
En employant une lentille d'un foyer convenable il est possible de faire un appareil à vision binoculaire, parce que des séries similaires de spectres superposés sont formés par les réseaux de chaque côté de l'image centrale, de telle sorte que Ton peut avoir deux oculaires si la distance entre les spectres correspond à la distance interoculaire.
11 est intéressant de considérer qu'il est théoriquement possible de produire une de ces images dues à la diffraction directement dans la chambre noire sur une seule plaque.
Si une plaque photographique, d'un grain très fin, était exposée successivement dans la chambre noire avec les écrans rouge, vert et bleu, sur des surfaces dont les réseaux de diffraction ont été photographiés, la plaque.
lors du développement, aura Taspect d'un positif colbré lorsqu'on la verra dans Tintrument ci-dessus décrit. Je l'ai fait pour une seule couleur, mais les plaques du commerce ont un grain trop gros pour donner rimpression de plus d'une série de lignes. Avec des plaques préparées spécialement j'espère obtenir de meilleurs résultats.
Nous avons cru devoir reproduire les indications textuelles fournies par M .Wood, qui a bien voulu nous faire le gracieux et obligeant hommage de tout ce qu'il faut pour répéter ses intéressantes expériences, réseaux de divers écartements et épreuves toutes montées. Malheureusement le disposif par nous préparé pour vérifier les effets vus par M. Wood n'a sans doute pas été bien arrangé et nous n'avons rien pu voir; nous avons lieu de penser que, si curieux que soit ce moyen de réaliser la synthèse des couleurs, il doit, même entre des mains savantes et habiles comme celles de M. Wood, être d'un emploi peu pratique.
Néanmoins il se peut que par tel tour de main à trouver on arrive à tirer de cette méthode un parti utile quelconque; c'est pourquoi nous croyons devoir compléter ce qui précède par quelques autres indications dues à M. Wood lui-même.
Les réseaux dont je me suis servi étaient exécutés sur glace avec 2000, 2400 et 2750 lignes au pouce respectivement.
Pour les expériences je me suis servi de copies photographiques de ces réseaux originaux pour ne pas courir le risque de les exposer à quelque fracture accidentelle.
180 CHAPITRE VIIU
Le verre sur lequel doivent être exécutées les images par diffraction doit avoir une surface très plane, et du verre à vitre ordinaire ne pourrait y être employé, n'ayant pas une surface assez plane pour que l'impression des lignes s'y produisit avec une netteté régulière.
Une feuille de glace mince, dont la surface a été nettoyée soigneusement, est enduiie d'une solution chaude de gélatine et de bichromate de potasse composée de :
Gélatine photographique 0^,6.
Eau 125 cm»
Solution saturée de bichromate de potasse. 2 à 3cm»
On filtre à chaud.
On laisse sécher pendant 10 secondes, puis elle est placée sur une suface plane dans une pièce obscure et exempte de poussière. Au bout d'environ 2 heures elle sera sèche et elle pourra être coupée en fragments de la dimension voulue.
Il vaut mieux commencer à faire de simples copies des réseaux. Une exposition de 10 à 25 secondes à la lumière solaire, la surface sensible étant placée en» contact avec la surface lignée, est suffisante.
La plaque est alors lavée dans de l'eau chaude à 35* G. et posée à sécher sur un de ses côtés. La copie, quand elle est placée en avant de la lentille de l'appareil à vision et regardée ainsi qu'il a été dit, montrera maintenant une couleur brillante uniforme. Les différences dans Téclat indiquent que l'épaisseur de la couche n'est pas parfaitement régulière, et c'est là la plus grande difficulté que Ton ait à surmonter.
Quand on a obtenu un réseau franchement bon, on peut entreprendre le réseau composite ou image par diffraction.
Un fragment de glace sensibilisée est placé en contact, du côté de l'enduit, avec une des trois images positives provenant des négatifs obtenus à travers les écrans rouge, vert et bleu. Les deux plaques sont placées en avant d'une lampe et l'on met deux ou trois petits
points sur. la surface de la plaque sensibilisée coïncidant avec des points nettement visibles dans chacune des trois images.
Le coin d'une étiquette blanche sur une bouteille est un bon exemple d'un des points à choisir.
Les points correspondants doivent maintenant être mis à Tencre sur le côté enduit de la plaque sensible et les autres doivent être enlevés. Ces points servent de moyens pour le repérage dans le procédé de l'impression triple.
Placez maintenant le réseau dont les espaces sont les plus grands (celui qui Test le plus doit fournir la lumière rouge) sur la partie du positif représentant l'action de la rouge lumière. Les lignes du réseau seront verticales et les points à l'encre sur la couche sensible seront amenés avec soin à la place exacte qu'il doivent occuper.
Comme ces points se trouvent séparés du positif par une distance égale à l'épaisseur de la plaque, partant du réseau, il importe d'éviter des erreurs de parallaxe en plaçant les plaques perpendiculairement à la direction de la vue.
Exposez les plaques à la lumière solaire pendant 30 secondes en les tenant bien serrées entre les doigts et en ayant soin qu'elles soient bien perpendiculaires aux radiations solaires.
Le mieux est de faire l'impression dans une pièce partiellement obscure avec un étroit rayon de lumière solaire, parce que la lumière du ciel diffuse est très nuisible.
Enlevez ensuite le réseau et le positif et remplacez-les par un autre représentant la lumière verte, puis posez de nouveau, après avoir assuré le repérage de la même façon que précédemment. Lavez la plaque dans de l'eau chaude, séchez et examinez le résultat avec l'appareil pour voir. Les teintes du rouge, du jaune et du vert apparaîtront sur l'image. Si un repérage convenable n'a pas été obtenu, il y aura des couleurs qui dépasseront le bord de l'impression et l'on devra recommencer l'opération.
Si, par suite d'une couleur dominante, les jaunes sont soit trop rouges, soit trop verts, la durée relative du temps d'exposition devra être modifiée.
Après qu*on a obtenu une image rouge vert satisfaisante, le troisième réseau peut être imprimé sur une deuxième plaque sous le positif représentant le bleu, en ayant soin de placer le côté de la couche en dehors de façon que les deux images lignées puissent être montées couche contre couche sans qu'il y ait à modifier le sens droite et gauche. En imprimant l'image bleue, aucun repère n'est néc'essaire, car après qu'elle est sèche on peut l'amener à repérer, avec l'image jaune rouge, dans l'appareil à voir.
Il est possible de produire les trois séries de lignes sur une seule et même plaque, mais je préfère exécuter l'impression ainsi qu'il a été dit, les chances de succès étant pi us grandes, et, comme un verre formant recouvrement est nécessaire, quoi que Ton fasse, il est moins difficile de l'employer à l'impression du bleu.
Si Ton désire un certain nombre d'images semblables, il est nécessaire seulement d'imprimer des copies d'après les épreuves rouge, jaune et bleu, en exécutant les images du réseau bleu avec la couche du positif au contact du réseau, puisque maintenant le sens se trouve renversé.
On peut de cette façon exécuter des images aussi rapidement que des épreuves pour lanterne.
Ces procédés peuvent se décomposer en deux sortes :
1«» Images en couleurs obtenues par teinture pour stéréoscope ou lanterne, visibles par lumière transmise.
2° Images en couleurs visibles par réflexion.
A. Épreuves polychromes avec monochromes formés de mixtions colorées.
B. Épreuves polychromes par procédés photomécaniques.
Nous allons passer en revue ces divers procédés en commençant par une méthode des plus faciles et à la portée de tout le monde.
Procédé trichrome sur pellicules, — Si l'on recouvre de gélatine des feuilles minces de collodioa ou de celluloïd très pures et très transparentes, cette couche, sensibilisée avec un sel de chrome, bichromate de potasse ou d'ammoniaque.
pourra être impressionnée par le dos de la pellicule sous un négatif et donner, au développement à Teau chaude, une image positive formée de gélatine, image à peu près invisible.
Si cette image, une fois sèche, est plongée dans une teinture, la gélatine se gonflera par absorption de la liqueur colorée, et comme ses épaisseurs varient suivant les intensités diverses des modelés, on aura une image monochrome ayant toutes les contre-valeurs et, par suite, toutes les intensités requises, et elle sera de la couleur employée à former la teinture. On conçoit donc que l'on puisse faire usage des trois négatifs résultant de la sélection dont il a été parlé précédemment, pour les imprimer sur la couche de gélatine bichromatée que l'on teindra respectivement avec les trois couleurs convenables.
On peut aisément préparer soi-même des pellicules de collodion recouvertes d'une couche de gélatine, mais il est préférable d'employer de la gélatine mixtionnée, et Ton trouve à acheter des pellicules de celluloïd très minces recouvertes de gélatino-bromure d'argent, telles, par exemple, les pellicules que prépare la Compagnie Eastmann pour ses Kodaks.
La présence d'un pigment inerte au sein de la couche de gélatine est nécessaire pour arrêter l'irradiation et donner des images plus nettes ; on se débarrasse ultérieurement du bromure d'argent
en le dissolvant dans de l'hyposulfite de soude.
Des feuilles très minces de mica que Ton trouve à acheter, recouvertes de mixtion sensible, peuvent être utilisées de la même façon. Il les faut, de même que pour les pellicules, aussi minces que possible, afin d'éviter la déperdition de netteté qui résulterait de l'emploi de supports trop épais. Malheureusement le mica a presque toujours une coloration jaunâtre qui peut nuire à la pureté des couleurs de Timage.
Ces notions préliminaires étant indiquées, nous allons décrire l'ensemble du procédé avec tous les détails d'exécution pratique.
Prenons pour base une pellicule Eastmann.
Tout d'abord, il faut s'assurer de la parfaite solubilité de la mixtion dans l'eau, à la température d'environ SO*» G. ; cela fait, on coupe sur le rouleau pelliculaire des bandes de la dimension voulue et on les sensibilise dans une solution bien filtrée de bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100; il suffit de laisser la pellicule immergée dans ce liquide pendant 3 à 5 minutes.
On la met à sécher dans l'obscurité piquée à une tablette, par un des coins; puis on l'emploie en appliquant contre le négatif le dos de la pellicule, soit le côté opposé à la gélatine. Les rayons lumineux agissent, pendant l'exposition, à travers l'épaisseur de la gélatine sensible, en contact avec ledit support.
Après une durée d'insolation qu'indique Texpérience, et que l'on peut, au besoin, vérifier en ouvrant le châssis-presse, l'image étant suffisamment visible, on met la pellicule dans un bain d'eau chaude maintenue toujours à 30* C. dans un bain-marie. Les parties de la gélatine non impressionnées se dissolvent dans l'eau chaude, et, quand la dissolution de ces parties est absolument complète, on lave à l'eau propre et Ton dissout dans un bain d'hyposulQte de soude à 15 pour 100 le bromure d'argent qui est resté dans la gélatine. Après cette opération, la gélatine reste complètement transparente ; on la laisse se sécher après un lavage abondant et l'on passe ensuite à la teinture.
Les trois négatifs provenant de la sélection sont tour à tour employés à la formation de trois impressions positives correspondantes.
Teinture des positifs, — On se procure d'abord trois couleurs correspondant le plus près possible aux complémentaires des couleurs rouge orange, vert et violet qui ont servi à faire la sélection pour l'obtention des négatifs. Ce sont, entre autres, le jaunedenaphtol,lebleudeméthyletrérythrosine.
Le positif provenant de l'écran violet est teint en jaune, celui qui a été obtenu avec l'écran rouge est teint en bleu et enfin l'on teint en rouge pourpre le positif tiré du négatif obtenu à travers l'écran vert.
Les solutions respectives de ces trois couleurs
sont bien filtrées et elles ont une densité qu'il est difficile d'indiquer quantitativement à l'avance, l'expérience étant, en pareille matière, le meilleur guide.
Le maximum de l'intensité de chacune de ces trois couleurs doit correspondre à peu près à l'intensité des écrans négatifs.
Il y a là un point que l'on ne saurait dépasser sans s'exposer à des dominantes nuisibles. L'examen du résultat fournit la meilleure des indications, et, avec un peu de pratique, on arrive assez vite à être maître de ce point. Le jaune doit être généralement poussé jusqu'au maximum; quant au bleu et au pourpre, il y a lieu de s'en tenir à la valeur exacte exigée par le sujet, ce dont on se rend compte facilement.
La teinture de l'image en gélatine s'opère rapidement; dès qu'on la croit suffisante, on sort l'épreuve qu'on laisse se sécher supendue par un de ses coins piqué avec une épingle contre le rebord d'une étagère.
Si la couleur d'un monochrome est trop intense, on peut en diminuer l'intensité en le passant à l'eau pendant un temps plus ou moins long.
Si elle est trop légère, on obtient l'intensité requise en le plongeant dans une solution plus saturée.
Quand les trois monochromes que Ton a présentés l'un contre l'autre donnent l'effet voulu, il
n'y a plus qu'à les maintenir bien repérés en les collant les uns sur les autres par quelques points de colle posés sur les bords, et on les enferme entre deux verres qui les tiennent bien à plat et dont on borde le tour avec du papier gommé, mais il est préférable de les coller Tun contre l'autre avec du baume du Canada.
Cette méthode que nous avons expérimentée nous parait se prêter à de très intéressantes applications, non seulement pour des projections et des épreuves stéréoscopiques, mais encore pour la création de sujets polychromes de plus grandes dimensions, visibles toujours par lumière transmise.
Pour que le repérage soit parfait, il faut avoir soin de développer les épreuves dans une eau maintenue toujours à la même température, celle par exemple de 30** C. indiquée plus haut. Si Ton oublie d'observer cette prescription essentielle, les contractions de la couche de celluloïd formant support seront différentes et tout repérage deviendra impossible.
Il va sans dire que les matières colorantes que nous avons indiquées ne sont pas les seules à employer. Dans le Chapitre suivant : Procédé de MM. Auguste et Louis Lumière, d'autres matières colorantes sont recommandées comme jouissant de la propriété de résister assez longtemps à l'action de la lumière solaire
Évidemment c'est à des couleurs de cette sorte qu'il conviendra de donner toujours la préférence surtout pour des images colorées appelées à être longtemps exposées à la lumière du jour directe ou diffuse.
Pour des images à projeter qui ne sont que rarement exposées et pendant un court espace de temps à la lumière d'un arc électrique, la durée des colorations à base d'aniline ne fait pas question. Toutefois, si l'on a des couleurs stables, pouvant être employées aussi facilement que celles que nous avons indiquées, mieux vaudra toujours en faire usage à l'exclusion de toutes autres.
En ce qui concerne le celluloïd, il y a lieu de remarquer que ce composé manque parfois de stabilité; il est sujet à une décomposition spontanée de nature à altérer complètement les images auxquelles il sert de support. C'est pourquoi toute autre nature de support devra être choisie de préférence quand on le pourra.
Nous ne croyons pas utile de nous étendre davantage sur ce premier moyen, puisque l'on doit trouver dans le Chapitre ci-après la description d'un procédé complet, très étudié par ses auteurs, qui en tirent d'admirables résultats et qui a été rédigé dans le but d'être pratiquement utilisé par tous ceux qui voudront réaliser des épreuves en couleurs ayant les mêmes qualités.