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CHAPITRE V

Sécliage du papier sensibilisé.

Celle parlie du procédé au charbon est d'une importance plus grande encore que la sensibilisation. En effet, la sensibilité à la lumière, la cohésion de la mixtion lors du transport sur verre la vigueur des images, sont affectées en raison du temps que la feuille sensibilisée a pris pour sécher.

Un séchage rapide donne au papier trois qualités tout-à-fait essentielles, à savoir :

1» Celle de fournir des images très-vigoureuses, des blancs purs et des noirs bien accusés. Au contraire un papier qui sèche lestement, donne des images ternes et sans vigueur.

2<* Celle d'adhérer facilement et énergiquement aux surfaces, lors du transport sur verre ou sur papier. Au contraire, un papier qui sèche lentement adhère mal et se soulève partiellement lors du développement.

3» Celle de se développer facilement à Feau chaude et en peu de temps. Au contraire, un papier qui sèche lentement se développe lentement et avec difficulté.

Quand le papier sèche lentement, il est, il est vrai, bien plus sensible à la lumière que lorsqu'il sèche rapidement. Mais ce léger avantage est compensé par tant de désavantages qu'un séchage rapide doit être établi à tout prix.

Il est évident que le papier doit sécher dans Tobscurité, ou tout au moins dans une chambre obscurcie par des verres jaunes. Il est bon de trouver dans la maison que Ton occupe, une place bien sèche, dans laquelle il se trouve une cheminée et une fenêtre ou une ouverture quelconque donnant sur la rue ou dans la cour. La fenêtre est enlevée et remplacée par un double store en bois conforme à la figure 4. Le store extérieur seul ne suffirait pas à exclure la lumière, mais le second coupe toute

Fig. 4. Fig. 5.

lumière de l'extérieur (fig. 5) et permet à l'air de circuler facilement de l'extérieur vers l'intérieur. Un volet intérieur permet de fermer tout accès à l'air extérieur, lorsqu'il fait trop de vent ou que le temps est très-humide. Le double store doit être peint en jaune, intérieurement et extérieurement. De cette manière il éclaire suffisamment la chambre du séchage.

Dans la cheminée on place un foyer ouvert, et non pas un poêle fermé. Le foyer ouvert a l'avantage d'échauffer peu et de produire un appel d'air énergique.

Il est de la dernière importance d'éviter, dans la chambre du

séchage, la présence de becs de gaz allumés, ou de lampes à pétrole. Le voisinage d'une fosse d'aisance ou d'un égoutest également fatal, de même que celui d'une cuisine.

En général, il faut éviter toutes les émanations quelconques dont l'effet, sur le papier au charbon, est de le rendre insoluble en dehors de toute action de la lumière.

C'est ainsi qu'il suffît de suspendre le papier, surtout lorsqu'il est presque sec, le soir dans une cuisine éclairée par le gaz, à l'effet de le sécher entièrement, pour rendre l'adhérence sur le verre ou le papier-transport presque impossible. Les épreuves sont, de plus, entièrement voilées dans les blancs. Car ces substances gazeuses, surtout les produits de la combustion du gaz à l'éclairage, ont sur le papier au charbon l'effet de réduire le bichromate de potasse exactement comme si l'on séchait le papier dans une place éclairée par le jour direct.

Un courant d'air rapide qui fait constamment mouvoir les feuilles suspendues est ce qu'on peut avoir de mieux; quand elles sont à moitié sèches, on peut (en hiver, bien entendu) allumer le foyer ouvert, et fermer les stores et les portes. Alors la faible élévation de température de l'air produit rapidement le séchage complet de la feuille.

Pour sécher rapidement le papier, il ne faut pas le suspendre à hauteur d'homme, mais placer des roulettes au plafond avec des ficelles qui permettent d'élever la feuille près de ce plafond. A /ors la feuille sèche trois fois aussi vite qu'à l'ordinaire, l'air humide descendant dans les salles au lieu de s'élever comme le fait l'air qhaud.

En été, la température de la pièce dans laquelle s'opère le séchage ne doit pas dépasser 15 à 20 degrés. C'est pourquoi il faut avoir soin d'éviter les rayons directs du soleil sur des fenêtres garnies intérieurement de papiers noirs, etc. Des stores extérieurs sont préférables.

Pour les très-fortes chaleurs de Tété, il vaut mieux sécher le papier dans la cave. Car lorsqu'il fait très-chaud le papier s'insolubilise partiellement à la surface.

Il est bon d'exclure de la pièce du séchage les cuvettes contenant le bain sensibilisateur, etc., car tout ce qui donne de Thumidité ralentit le séchage.

Si Von sensibilise le papier le soir, il doit être sec le lendemain matin, et s'il ne l'est pas, on doit faire en sorte, en chauffant la pièce, qu'il le soit.

Quand le papier est sec, si la sécheresse est par trop grande, il est dur et cassant, et alors il se manie très-difficilement. Mais il suffit de le placer quelques minutes dans un endroit humide pour qu'il devienne maniable.

Le doigt appliqué sur le papier ne doit pas y adhérer, sinon cela prouverait qu'il n'est pas complètement sec. Employé ainsi, il collerait au cliché et le détruirait en enlevant la couche de collodion verni.

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