MATÉRIEL SPÉCIAL AUX IMPRESSIONS DE CHARBON
La question du materiel joue un rôle fort peu important dans l’application du procédé au charbon, et l’on pourrait même dire que tout se résume en quelques cuvettes en zinc, en une ou deux raclettes, en un appareil à chauffer l’eau d’une capacité en rapport avec le nombre d’épreuves à développer et en quelques rares produits spéciaux, tels que : bichromate de potasse, alun en poudre, stéarine, alcool, benzine.
Cuvettes. — Leur nombre et leurs dimensions doivent être en rapport soit avec la quantité, soit avec le format des épreuves à développer.
Nous nous servons de cuvettes horizontales en zinc de 10 centimètres de hauteur et d’une superficie de 50 X 00.
Nous avons abandonné l’usage des cuvettes verticales à rainures, préférant de beaucoup les cuvettes horizontales garnies dans le fond de règles en métal ou en verre, pour pouvoir y poser les verres à développer la surface de l’image en dessous.
Raclettes en caoutchouc. — Construites ainsi que l’indique la figure ci-après.
Chaudière à eau chaude. — Aucune règle précise ne peut être indiquée pour la construction de cet appareil. Pour de petites quantités d’épreuves à développer, il suffirait d’une bassine en cuivre rouge ou en fer- battu placée sur un réchaud à pétrole. Mais, pour un travail industriel assez important, il est de toute nécessité d’avoir à disposer d’une grande masse d’eau chaude, que l’on peut obtenir soit avec du gaz, soit avec un courant de vapeur quand les circonstancesle permettent, soit enfin à l’aide d un fourneau chauffé avec du coke ou du charbon de terre.
Le réservoir doit être d’une capacité assez grande pour qu’il y ait toujours au-dessous du niveaude laprise un capital d’eau chaude égal h peu près à la moitié de la capacité totale. Grâce à un flotteur, on obtient le remplacement automatique de l’eau employée, etcette eau froide, trouvant un volume d’eau chaude assez considérable, n’abaisse jamais assez la température du réservoir pour qu’il y ait lieu d’interrompre le travail du développement.
A la sortie de l’eau doit se trouver un filtre destiné à retenir toutes les impuretés qu’elle peut contenir,
0g TRAITÉ DE PHOTOGRAPHIE
lesquelles contribueraient pour leur part aux impei fections du travail.
Table à développement. — La table à développement, pour un travail important, doit être recouverte de zinc, bordée d’un liteau pour faire gouttière et posée de façon à ménager une pente pour l’écoulement des eaux. Tout le long de la table, adossée à un mur, et de distance en distance, sont disposés des robinets à eau froide et à eau chaude pour que l’on puisse, sans déplacer les cuvettes, les garnir d’eau à la température voulue.
Un des bouts de cette table est réservé à la mise des épreuves à développer sur leurs véhicules provisoires rigides ou flexibles.
Chevalets pour supporter les glaces. — U en faut une certaine quantité et de diverses dimensions ; les rainures de ces chevalets doivent être évasées en V, pour que la gélatine qui en découle ne les remplisse et ne les y colle.
Table à transport définitif. — Une table spéciale est nécessaire au transport des images sur leur véhicule définitif. .
Cette table doit aussi être en zinc et munie dun rebord. La cuvette qui sert à l’immersion des épreuves est surmontée d’un robinet à eau froide auquel est suspendu un cône en feutre pour que l’eau se filtre avant d’arriver dans la cuvette. Une grille de surverse est aussi ménagée sur la partie la plus basse (lu plan incliné pour l’écoulement des eaux. Auprès de
cette table sont placés les raclettes et pinceaux employés seulement pour les transports.
Liteaux recouverts de lamelles en liège. — Les cabinets destinés à la sensibilisation des mixtions, ou gélatinage des feuilles de transport, etc., doivent être munis de liteaux dont une des faces est recouverte d'une lamelle de liège, pour que l’on puisse sans peine y épingler les feuilles à sécher. Ces liteaux doivent être posés dans le haut de la pièce.
Nous ne parlons pas des châssis-presses, qui font partie déjà du matériel ordinaire des tirages photographiques, pas plus que des quelques bocaux et récipients dont on a à faire usage pour l’emploi de n’importe quel procédé.
En résumé, ce n’est guère que pour une grande exploitation qu’il est nécessaire de créer une installation spéciale; mais, pour des travaux peu considérables, tout se borne, ainsi que nous l’avons dit en débutant, à quelques cuvettes, à des raclettes, à des plaques de verre dépoli ou poli, et à un moyen quelconque d’avoir de l’eau chaude à discrétion.
Autant que possible, les aménagements propres aux tirages au charbon doivent être installés dans un endroit frais et sec pour l’été et bien chauffé en hiver. Le séchoir des mixtions sensibilisées doit être très-aéré.
Un casier à rainures , placé en dehors de tout courant d’air, est nécessaire pour y enfermer les plaques • non encore couvertes de leur support définitif et dont il y a lieu de différer le montage. Abandonnées à l’air libre, ces images se détacheraient spontanément de leur support, et tout le travail se trouverait perdu.