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CHASSIS POUR NÉGATIFS SÜR PAPIER

A la rigueur, il est possible d’employer les châssis ordinaires pour la pose des papiers gélatines, mais ce serait perdre à plaisir un des principaux avantages du procédé que nous décrivons; car on ne diminuerait en rien le volume des appareils et le poids serait sensiblement le même.

Il est donc nécessaire de remplacer le châssis en bois actuellement en usage par des châssis en carton, dont l’épaisseur peut être facilement réduite à 3mm, et qui n’arrivent pas à dépasser 5mm dans les grandes dimensions, feuille entière par exemple.

Cependant, afin de rendre facile l’essai du procédé sur papier sans rien changer aux appareils courants, nous allons indiquer trois procédés qui permettront de placer sans difficulté les papiers préparés dans le châssis destiné aux glaces.

Châssis ordinaires.

Presque tous les opérateurs au collodion sec se servent aujourd’hui de châssis pouvant recevoir deux glaces placées dos à dos et séparées l’une de l’autre par un mince carton ou par une étoffe noire. Pour les employer avec le papier gélatiné, il convient de coller chaque feuille sensible par les bords sur un verre ou sur un carton assez épais pour ne pas fléchir sous l’action des ressorts; rien de plus simple alors que de placer ces glaces ou cartons porte-clichés à la place des glaces sensibles : il suffit de prendre quelques précautions pour tendre convenablement le papier.

Pour arriver à un bon résultat, voici la méthode la plus simple à employer :

On coupe le papier à la grandeur exacte de la glace ; puis, au moyen d’une éponge humide, on mouille l’envers, sans faire couler le liquide, car l’eau, en passant sur le côté gélatiné, produirait des taches, et on laisse le papier se distendre. Lorsque l’effet désiré est obtenu, on dépose tout autour du verre une mince ligne de dextrine en solution épaisse et l’on applique la glace sur le papier en posant au-dessus un poids pour obliger la feuille gélatinée à s’étendre bien exactement, puis on laisse sécher en presse : au bout de quelques heures, le tout est sec et la feuille de papier se trouve tendue uniformément sur son support.

On peut procéder différemment et coller le

papier au dos du support : il faut couper la feuille plus grande et l’opération est alors identiquement la même que celle que nous avons déjà décrite (p. 49) pour la préparation préalable des papiers.

Tout récemment M. Vidal vient de proposer une méthode très ingénieuse : on colle sur une plaque d’ébonite un morceau de sparadrap d’égale dimension; puis, la feuille sensible étant posée sur un double de papier buvard, le côté sensible en dessous, on applique sur le verso adhésif de la plaque d’ébonite et l’on presse fortement. Les papiers sont ensuite détachés de la plaque d’ébonite sans que le sparadrap ait été altéré, et avec un peu de soin il n’y a pas de raison pour que cette couche adhésive ne dure longtemps.

Dans les grandes dimensions, depuis le 21 x 2 7, il est difficile d’obtenir ainsi une planimétrie suffisante, et de plus le poids de la glace (le carton fléchirait trop) devient fort incommode. Il vaut mieux alors obtenir l’étendage par un stirator. Celui-ci est composé d’un cadre léger en bois, de la dimension exacte de la glace et qui, à tout prendre, pourrait être remplacé par un intermédiaire retourné : ce retournement estindispensable, car la feuillure que porte la surface antérieure de l’intermédiaire ne permettrait pas de tendre convenablement le papier.

Le papier coupé plus grand que la dimension peut être tendu humide ou sec ; mais, dans les deux

cas, il faut tout d’abord abattre les angles, comme le pratiquent les aquarellistes lorsqu’ils tendent leur papier sur le stirator.

Sèche ou humide, la feuille de papier est repliée sur le stirator, collée légèrement sur le dos du cadre et placée aussitôt dans le châssis. Celui-ci doit être à épauleraient continu, car autrement l’effet du stirator serait incomplet.

M. Jonte a construit des châssis d’après cette méthode et, avec un peu de soin, on réussit à tendre convenablement les papiers. C’est par un moyen analogue que M. Enjalbert fait servir sa chambre : le touriste , à l’emploi du papier; nous parlerons tout à l’heure de cette combinaison, en traitant de la chambre obscure.

Châssis en carton.

A l’époque où les photographes employaient exclusivement le papier ciré, plusieurs constructeurs combinèrent des châssis de carton pour recevoir les papiers préparés ; je rappellerai les châssis de Humbert de Molard, de Clément, de Marion, de Chevalier, mais ces appareils sont complètement tombés dans l’oubli. Plus tard, M. Pons construisit un petit appareil de poche, que M. Marion mit dans le commerce et dans lequel un châssis de carton contenait la feuille de papier ciré. Dans ce système la feuille était libre et elle avait assez de corps, grâce à la cire dont elle était imprégnée, pour conserver une planimétrie suffisante sans être appli-

quée contre une glace. M. Pélegry utilisa ce système pour son papier huilé, mais déjà les dimensions employées par cet artiste (21 x 27) étaient un peu grandes et quelquefois les clichés n’avaient pas dans toute leur étendue une égalité complète. Dans ce cas le papier n’avait pas de tendance à l’enroulement : il se produisait simplement un gondolage peu accentué.

Tout au contraire, lorsque l’on introduit dans l’un de ces châssis du papier couvert de gélatine en couche épaisse, il devient presque impossible de le maintenir convenablement, et l'emploi d’une glace devient indispensable.

Tout d’abord nous avons employé le châssis Clément, dont le véritable inventeur est Humbert de Molard : ce système, que nous décrirons en détail, est excellent pour les petites dimensions; mais il possède cependant quelques défauts, comme nous le verrons .plus loin, et nous donnons toute préférence au système que M. Martin a présenté au Concours ouvert par la Société photographique de Toulouse.

Nous allons décrire successivement ces trois modifications.

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