RÉSERVE A L* ALBUMINE POUR PHOTOTYPOGRAVURE
à une morsure dans le bain acide qui convient au métal employé.
En réalité, ce procédé est analogue à celui que nous avons décrit dans le Chapitre III , avec cette différence que l'on use d*albamine bichromatée à laquelle on donne la résistance voulue par un encrage et un saupoudrage spécial avant toute morsure.
On conçoit que Ton obtienne ainsi la résistance aux acides dont est doué le bitume de Judée, tout en se servant d'un enduit bien plus sensible, tel que Test celui que donne l'albumine bichromatée.
PROCÈDE DE PHOTOTYPOGRAVURE A LA COLLE DE POISSON OU PHOGËDË < ÉMAIL ».
. Il est un autre procédé qui offre cette particularité qu'on imprime sur la réserve au lieu de la supprimer ainsi qu'on le fait dans tous les procédés précédemment décrits. Les parties imprimantes sont comme émaillées, grâce à un enduit très solide cuit comme l'émail et que les lavages pratiqués au cours de l'opération même de la gravure ne peuvent enlever.
On a remarqué que le procédé émail, précisément à cause de la dureté de la réserve conservée à la surface du métal, donne des clichés typographiques bien plus durables et produisant, lors de l'impression, des images bien plus complètes, -ainsi qu'on peut le voir, d'ailleurs, en comparant deux images tirées Tune sur l'enduit conservé et l'autre sur le même cliché débarrassé de cet enduit.
La mise en pratique du procédé implique l'em-
ploi d'un mucilage formé d'une colle de poisson spéciale, propre à supporter l'action de la chaleiu» jusqu'au brûlage, car on doit arriver à brûler l'enduit sans qu'il soit carbonisé, décomposé par une chaleur très intense.
Celte colle de poisson se trouve toute prête pour Fusage chez MM. Penrose et G°, à Londres, sous le nom de Pages Liquid Glue. C'est une pâte épaisse, visqueuse, semblable à du miel, qu'on peut conserver aussi longtemps qu'on le veut en la garantissant du contact de l'air.
On la vend toute purifiée et propre à l'emploi immédiat.
Une des formules recommandées est la suivante :
Colle de poisson (Liquid Glue) 64 s--
Blancs d'œufs 648'
Eau 128"
Bichromate d'ammoniaque lO^'
On bat les blancs de deux œufs dans 64*=*' d'eau et, après avoir bien battu, on ajoute 64«'" de colle de poisson; on mélange bien et, après avoir dissous les lO»"* de bichromate dans les autres 64^^ d'eau, on additionne peu à peu cette solution à celle d'albumine en agitant tout le temps.
Laissez reposer pendant une heure environ, puis filtrez bien, de préférence dans un filtre de feutre qu'on lave avec soin après en avoir usé, de peur qu'il ne devienne dur ; le mieux est de le con-
server toujours immergé dans de Teau propre.
Pour être en parfait état, le cuivre doit être poli, et, immédiatement avant de recevoir l'enduit, il doit être frotté avec un tampon de coton plongé dans du blanc de zinc. On enlève ainsi le gras naturel du cuivre, ce qui permet d'étendre la solution bien également.
Versez un peu de la solution filtrée dans un verre gradué et étendez-la sur la plaque de façon à la recouvrir en entier; puis, après avoir rejeté ce liquide, vous en recouvrez de nouveau la plaque que vous placez ensuite sur la tournette, en Tactionnant doucement d'abord et en augmentant graduellement la vitesse jusqu'à ce que l'excès ait été rejeté ; on recommence à verser l'enduit, on fait tourner et sécher à une chaleur modérée, et dès que la plaque est froide, on expose à la lumière un temps convenable variant naturellement avec l'intensité de la lumière et l'opacité du cliché.
Après l'impression, la plaque est plongée dans une cuvette pleine d'eau pendant deux minutes, après quoi on la soumet à un lavage soigné sous un robinet. La dureté de l'enduit dont elle est recouverte doit rassurer contre toute crainte de détérioration. On verse enfin de l'alcool à sa surface et on laisse sécher.
L'étuve doit être prête pour l'opération du brûlage. Pour que l'enduit soit brûlé, il faut que la température soit maintenue au-dessus de 394^ G.,
ce qui est sans danger, et on laisse durer l'action de la chaleur jusqu'à ce que l'enduit ait pris une jolie couleur brune.
Cette couleur dépend plutôt de l'épaisseur de la couche que de la durée de la cuisson. Si la couche est un peu mince, on ne peut cuire au delà d'une nuance d'un brun sale. La lenteur du changement de teinte ne doit pas inquiéter, il se produira toujours dans un laps de temps convenable.
Quand la cuisson est complète, on laisse refroidir graduellement, mais sans faire usage d'une plaque à refroidir, parce qu'une contraction soudaine pourrait faire fendiller la couche.
Après le refroidissement, on peut graver au perchlorure de fer, dans une solution soit diluée, soit saturée. Cette dernière serait préférable, car elle permet d'observer mieux le résultat obtenu.
On passe le pinceau de temps en temps sans qu'il soit nécessaire d'agiter la cuve.
11 faut environ dix à vingt minutes pour obtenir une morsure suffisante. La plaque est alors retirée, lavée abondamment sous un robinet et mise à sécher. On en tire une épreuve, et si elle est jugée ne pas avoir la profondeur voulue, on la met de nouveau dans le bain graveur, et ainsi de suite jusqu'à ce que le résultat soit satisfaisant.
Ce procédé, dont il est fait actuellement un très fréquent usage, est considéré comme étant incon-
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— Photogravure.
PI. iri.
dans certaines imprimeries on préfère avoir affaire à des clichés moins délicats à traiter.
Ce procédé ne peut êlre appliqué sur zinc, en raison de la température élevée qu'exige la cuisson de Tenduit, mais le procédé de saupoudrage à Talbumine, décrit précédemment, permet de travailler sur zinc avec un enduit, formant réserve, très solide et doué d'une sensibilité bien plus grande que celle du bitume de Judée (*).
La Pi. lïl a été obtenue par ce procédé.
C) Voir à l'Appendice les variantes propres à ce procédé.