Cire d'abeilles 1 partie
Poix de Bourgogne 2 parties
Suif /. 1 partie
Quand ces matières se sont bien mélangées, on verse le tout dans de l'eau froide.
Après refroidissement, malaxez bien la masse avec les mains, vu que, plus on l'aura pétrie, meilleure elle sera pour l'usage.
Une quantité de celte cire, suffisante pour entourer l'image, est placée dans de l'eau chaude jusqu'à ce qu'elle devienne molle; on en fait alors un rouleau d'environ 12""' à 15"" d'épaisseur.
Graissez légèrement les bouts du pouce et de l'index de chaque main avec de la graisse de mouton, aplatissez le rouleau de cire et faites-le adhérer tout autour de l'image de façon à former une sorte de cuvette.
Avant d'y verser le liquide à graver, portez la plaque à la pleine lumière pour vérifier s'il n'existe pas d'interstices où le mordant pourrait pénétrer par- dessous la bordure de cire.
Morsure, — Fox Talbot préparait sa solution
mordante de façon à la rendre neutre. D'après lui, « Toxyde rouge de fer est dissous à chaud dans de Tacide chlorhydrique jusqu'à saturation et filtré. Après refroidissement il s'est produit une masse brune cristallisée ».
Dans le Dingler's Polytechnic Journal de 1857, on ^ donné la formule suivante pour la préparation du perchlorure de fer en vue de la gravure :
De minces copeaux de fer sont dissous dans de l'acide chlorhydrique à la température ordinaire. Au liquide vert brunâtre ainsi obtenu, ajoutez une solution de chlorate de potasse dans de l'eau bouillante jusqu'à ce qu'il prenne une couleur de pale-ale et donne un précipité rouge brun avec l'addition de forte ammoniaque.
Si, lors de la dissolution, l'acide chlorhydrique n'a pas été employé en excès, la solution se changera en une masse pâteuse, rouge brun, lors de l'addition du chlorate de potasse. En ce cas, ajoutez de l'acide concentré, et usez de la chaleur jusqu'à dissolution entière et obtention d'une solution parfaitement claire.
Cette solution peut servir longtemps, vu que ses propriétés ne semblent pas altérées même après maints contacts avec le cuivre.
Il est bon de pratiquer toute cette opération en plein air, parce qu'il se dégage des gaz très délétères, surtout lors de l'addition du chlorate de potasse.
Talbot préparait trois solutions de différentes densités :
N* 1. Solution saturée.
» 2. 6 parties du n» 1 et 1 partie d'eau.
» 3. Parts égales du n* 1 et d'eau.
Généralement la solution n<»2 était employée en
la promenant sur la surface avec un blaireau ; la morsure commençait au bout d'une minute environ, agissant dans les parties les plus exposées et répartissant graduellement son action sur tous les points de l'image, de sorte qu'au bout de deux à trois minutes toute l'opération était terminée.
Si des parties élevées ou d'autres points faibles n'étaient pas gravés par le n^ 2, on les graverait séparément avec un blaireau plongé dans le no 3.
Toutefois, il faut faire cela avec le plus grand soin, parce que l'action de cette dernière solution est très énergique.
La solution n" 1, bien que son action soit peu appréciable, durcit la couche et elle est employée souvent la première à cause de cette propriété.
Dès que le mordant a traversé les parties les plus épaisses de la couche, lavez la plaque sous un courant d'eau froide avec un tampon de coton, nettoyez avec du blanc à l'eau pour enlever toute trace de la couche.
Le perchlorure de fer est maintenant un article de commerce. Le Photographische Mitarbeiter recommande de dissoudre les cristaux de ce produit dans de l'eau distillée jusqu'à ce que la solution marque 40° Baume, et l'on étiquette n^ I le flacon dans lequel on la met. Les n^» 2 et 3 sont faits plus faibles et le n^ 4 doit marquer 30°.
Chacun de ces numéros doit être employé à la
même température et ne jamais tomber au-dessous de 20® G. ni excéder 25**.
Une petite portion du bain n^ 1 est versée dans une cuvette formée avec de la cire à border ; elle devra graver les parties de la plaque où la couche pigmentaire est la plus mince. Quand la morsure a pénétré suffisamment dans les ombres, on passe à la solution n°2, qui est à environ 36° Baume, et l'on continue à mordre jusqu'à ce que les demiteintes aient été gravées. Avec la solution n° 3 les teintes les plus légères sont gravées et Ton fait usage du n° 4 pendant un petit instant, tout juste le temps nécessaire pour attaquer les grandes lumières à un degré très léger.
Les progrès de la gravure sont faciles à suivre, parce que le poli du métal est visible à travers Timage pigmentaire dans toutes les parties non attaquées par le mordant, tandis que le cuivre noircit dans toutes les parties gravées.
Quand la morsure est terminée, — c'est-à-dire quand les grandes lumières ont perdu leur brillant métallique, — rejetez la solution et immergez rapidement la plaque dans une cuvette d'eau contenant une petite quantité de potasse; enlevez la cire à border et supprimez la couche pigmentaire qui est recouverte de petites ampoules sur toute sa surface; lavez sous un robinet et séchez avec un chiffon souple, puis nettoyez avec un peu de terre pourrie et de térébenthine.
Enfin lavez la plaque avec une solution de vinaigre et de sel jusqu'à ce que les parties gravées reprennent leur couleur rouge première.
Si quelque peu de cire à border adhère à la plaque, enlevez-la avec une spatule de bois dur avant de faire usage de la térébenthine.
M. Sommer (Photo -Correspondenz, 1884) recommande de renforcer les profondeurs en passant sur la plaque nettoyée et légèrement chauffée un rouleau de cuir souple chargé de vernis de rései-ve ou d'encre spéciale à la deuxième morsure et de mordre pendant deux minutes, puis de rouler encore en recouvrant le tout, sauf les ombres les plus profondes qui peuvent être gravées pendant trois à quatre minutes.
Comme cette nouvelle morsure doit être faite avec le plus grand discernement, on préfère généralement arriver au résultat à l'aide de quatre morsures successives, en couvrant chaque fois les parties profondes les plus voisines et en faisant agir le liquide pendant une minute.
Généralement, la plaque obtenue par le procédé ci-dessus n'est pas apte, en dépit des plus grands soins, à être imprimée sans un remaniement ultérieur; elle exige de la relouche. On y procède comme pour la gravure en mezzo-tinte, c'est-à-dire que les grandes lumières sont passées au brunissoir, et les ombres, si elles ne sont pas assez profondes ou si le grain a disparu sous l'action pro-
longée du mordant, sont traitées à la roulette pour retenir la couleur.
Il arrive quelquefois que pendant l'opération de la morsure il se produit une réaction très intéressante: de petites étoiles creuses se forment, lesquelles, si elles n'étaient pas retouchées par le graveur, produiraient des points noirs au tirage.
On a supposé que ces étoiles proviennent de quelques impuretés du cuivre, ou bien encore d'impuretés microscopiques de la mixtion; d'autres ont cru découvrir récemment que ce sont les solutions mordantes qui en sont la cause.
Si Ton emploie une solution de fer fraîche, on sera certain de voir se produire cette imperfection à un degré plus ou moins élevé.
Cela indique en même temps le remède : quelques minces copeaux de cuivre propre doivent être introduits dans la solution mordante jusqu'à ce que sa couleur ait été suffisamment modifiée.
La température de la pièce où l'on travaille, de même que celle de la solution, a une grande importance.
Une solution chaude agit bien plus énergiquement et il en résulte des images monotones, sans profondeur, tandis qu'une solution froide grave trop les ombres et affouille le grain de la plaque.
On trouve que la meilleure température pour l'atelier et le mordant est d'environ 25° G.
Les points principaux pour ce procédé sont :
&2è APPENDICE.
1^ un bon diaposîtif dont on obtient un bon négatif ; 2° un grain approprié à Timage; 3° de l'habileté dans l'appréciation de la morsure, de façon à Farrêter au bon moment.
Exécution des galvanos (1885).
Apprêts du bain. — Dans une cuve en bois, garnie de gutta-percha, d'une contenance de 50"*, on verse 50"* d'eau douce; ensuite on suspend dans la cuve un petit panier en acier, qui doit baigner de 5^°* dans l'eau.
Dans ce panier on met 15*^» à 20'« de sulfate de cuivre, à mesure qu'il se dissout; puis on verse dans le bain un demi-litre d'acide sulfurique.
Quelques heures suffisent pour que le sulfate de cuivre soit dissous. Alors le bain doit peser de 18° à 24° au pèse-acide.
Les gravures dont on veut prendre l'empreinte s'imposent, comme pour les clichés en plomb, dans une ramette à vis, avec des garnitures hautes, en ayant soin de garantir les vides avec de la gutta un peu liquide.
Les gravures, quand elles ont passé sous presse, ont besoin d'être soigneusement nettoyées avec du sulfure de carbone. Puis, à l'aide d'une brosse destinée à ce travail, on plombagine la surface de la forme et on la laisse sur le marbre.
En second lieu, on apprête la gutta-percha avec
laquelle on va prendre l'empreinte. Toute espèce de gutta peut servir pourvu qu'elle soit épurée, en petits ou en gros morceaux. Pour la détremper et la ramollir, on la fait chauffer dans de l'eau chaude au bain-marie. Lorsqu'elle est molle, on en fait, à la main, une boule qu'on pose dans un moule disposé à cet usage; puis, après l'avoir couverte d'une feuille de zinc mouillée, on place le moule sous la presse, et à la suite d'une forte pression, on obtient une plaque de gutta qu'on coupe de la dimension de la gravure à l'aide d'un couteau spécial.
La plaque de gutta étant coupée, on la plombagine des deux côtés avec la brosse, afin que la matière ne colle point aux doigts; on la tient ensuite au-dessus d'un petit fourneau rempli de charbon de bois bien ardent. Dans cette position, on la tourne en tous sens avec les deux mains. Lorsqu'elle est devenue assez molle pour fléchir sous les doigts, on la pose sur la forme, on met par-dessus une petite feuille de zinc très mince, mouillée, et l'on pousse vivement le tout sous la presse pour lui faire subir une très forte pression que l'on fera durer quelques minutes, afin de donner à l'empreinte le temps de se refroidir. On aura soin de placer la forme bien au milieu du marbre pour obtenir une pression égale. Avant de mettre l'empreinte au bain, il est nécessaire de couper la gutta en excès autour du moule, tou
en laissant une marge permettant de clouer des baguettes ; on perce deux trous en haut de Tenipreinle, afin de pouvoir y attacher un fil de laiton rouge recuit; ce fil sert de conducteur pour couvrir l'empreinte de cuivre et pour l'accrocher à la tringle. Si l'empreinte est très grande, on y adapte plusieurs fils pour la maintenir et en même temps pour activer le cuivrage. Après avoir percé le trou ou les troiis. on graisse le bord de l'empreinte avec du suif, pour empocher le cuivre de s'attacher au revers, et on la maintient en équilibre dans le bain, en attachant derrière un petit lingot de plomb entouré de gutta.
L'amalgame des zincs s'opère en tenant le zinc debout dans un petit vase en grès ordinaire et, à l'aide d'un pinceau trempé dans un amalgame composé de mercure et d'acide sulfurique, on donne une légère couche au zinc. L'apprêt a lieu chaque fois qu'on met au bain. Quand le zinc est neuf, il faut le dégraisser légèrement avec un peu d'acide sulfurique; l'amalgame prend mieux.
Le diaphragme se met dans la cuve, après l'avoir rempli d'eau très propre, 2'"^ plus bas que l'eau de la cuve ; on y ajoute un petit verre d'acide sulfurique.
Lorsqu'on n'a pas eu recours à l'amalgame indiqué ci-dessus, on se contente de laisser tomber dans le diaphragme trois gouttes d.'un sel à amal-
game composé à cet effet. Le li(juide du diaphragme devra peser 3° au pèse-acide.
Avant de poser les tringles en cuivre sur la cuve, il convient de les nettoyer soigneusement, surtout au moment de mettre au bain. Une fois qu'elles sont à leur place, on dispose le diaphragme poreux au centre de cette cuve, audessous de la tringle du milieu.
Après avoir amalgamé le zinc, on le fixe avec une griffe mobile à vis et on Taccroche à la tringle de cuivre. Préalablement à la mise au bain, on remplit la boîte en gutta de sulfate de cuivre, et on la place dans le bain du côté opposé à l'empreinte et regardant le creux du moule.
Ensuite on plombagine l'empreinte du côté de l'œil, puis on verse dans un verre de l'alcool à 36^ et on le laisse tomber sur Tœil de l'empreinte de manière à l'humecter également; pour ne pas perdre d'alcool, se placer au-dessus d'une cuvette plate et large.
Cette opération terminée, on accroche l'empreinte à la tringle, de manière qu'elle soit baignée entièrement sans toucher le fond du bain. Alors on voit fonctionner la pile, c'est-à-dire le dépôt de cuivre se produire sur l'empreinte et la recouvrir au bout de quelques heures.
Quand l'empreinte ne se garnit pas suffisamment bien, on ajoute deux gouttes d'alcool et on la replonge dans le bain.
Aûn d'activer le fonctionnement de la pile, dans les moments de presse, on verse deux gouttes d'amalgame dans le diaphragme.
En stimulant le bain de celte manière et souvent, on peut obtenir une empreinte en douze heures de temps, mais cela devient coûteux; une bonne coquille, forte en cuivre, économiquement obtenue, demande vingt à trente heures.
Quand on trouve que le dépôt de cuivre est suffisamment fort sur l'empreinte, on retire celle-ci du bain, ainsi que le zinc et le diaphra^^me. Ce dernier se met dans un baquet rempli d'eau où on le laisse dégorger constamment.
Au sortir du bain, on présente l'empreinte audessus d'un fourneau de charbon de bois, en la retournant avec les doigts sens dessus dessous; dès que la gutta est un peu chaude, la coquille de cuivre s'en détache.
Ensuite on passe à Tétamage; mais, avant d'y procéder, on garnit de blanc, c'est-à-dire qu'on enduit l'œil de la coquille avec du blanc d'Espagne délaye dans un peu d'eau afin de le préserver de la flltration de la soudure.
L'étamage se fait de la manière suivante : On pose la poêle à soudure sur le fourneau de charbon, on laisse chauffer jusqu'au degré liquide; cette soudure se compose de baguettes semblables à celles dont se servent les plombiers, les ferblantiers, mêlées avec moitié de plomb. On tient, avec
des pinces, la coquille au-dessus du fourneau ; on y verse un peu d'acide chlorhydrique ; aussitôt que Facide bout, on prend avec une petite cuiller de fer à long manche un peu de soudure qu'on fait couler de quart en coins, à droite et à gauche, dans la coquille, afin de l'étamer partout. Puis on la plonge dans un baquet d'eau.
Au bout d'un instant, l'étamage se trouve refroidi; on retire la coquille, on la dresse à la main et l'on cloue autour, avec de petits clous à tête plate, une baguette de bois de peuplier large de 8™'" à 12"^'" sur 7"'"" à 8™™ d'épaisseur. L'opération se fait sur un marbre en fonte, ce qui permet de river les clous. Ce cadre garantit la matière de plomb qui doit remplir la coquille.
Après on prend un peu de blanc d'Espagne pour . en former une pâte semblable à celle qu'on a faite pour l'étamage, on garnit soigneusement les points du cadre où la matière pourrait filtrer et plomber le dessus du galvano; en outre, on étend de nouveau une couche de ce blanc sur l'œil de la coquille. Puis, avec une petite réglette de bois dur, et lorsque ce blanc est bien sec, on gratte la surface pour qu'il ne reste de blanc que dans les creux ; sans cela, la pression formerait des cavités à la pièce.
Pour le remplissage de la coquille, on a une presse disposée de manière à recevoir un marbre à remplir, bien droit, qui glisse entre deux tas-
seaux. On pose une feuille de papier registre sur ce marbre prêt à glisser sous la presse. On fait fondre de la matière un peu plus douce que celle de l'imprimerie, chaude à la fusion seulement, on pose la coquille sur la feuille de papier, et, avec le pochon, on verse de cette matière en maintenant la coquille à Taide de deux réglettes, afin de l'immobiliser.
Dès qu'elle est remplie au niveau des réglettes, on glisse vivement le marbre sous presse et Ton donne une légère pression.
Le plomb étant refroidi, on retire la coquille garnie.
On coupe alors les pourtours à la scie circulaire, autrement dit les baguettes, en ayant soin de laisser de quoi faire un biseau pour le montage du galvano.
Lorsque la coquille garnie est retirée de la presse à doubler, on procède à un premier nettoyage qui se pratique avec une brosse dans un baquet rempli d'eau.
Pour dérocher complètement, on prend une brosse avec de l'acide sulfurique et l'on frotte l'œil du galvano jusqu'à ce qu'il devienne d'un rouge très vif. Pour le sécher, on le passe dans de la sciure de bois blanc.
L'opération finale consiste dans le dressage. On présente une règle d'acier du côté de l'œil et Ton examine si le galvano est droit; s'il présente des
irrégularités, on le retourne, l'œil contre une feuille de papier, sur un marbre en fonte bien plan, puis, à Taide d'un marteau spécial et de poinçons d'acier carrés, ronds, droits ou triangulaires, on renforce en dessous la matière, de manière à faire ressortir les parties demeurées creuses.
Le galvano est mis ensuite sur le tour pour le réduire à l'épaisseur voulue, en garantissant l'œil avec une feuille de papier posée sur le plateau.
Finalement, le galvano est monté sur un bloc de bois ou de plomb, pour qu'on puisse l'imprimer en même temps que les caractères.
Pour éviter les inconvénients qui résultent de l'emploi de la presse à doubler dont il vient d'être parlé, il a été imaginé un système consistant à rendre immobile la plaque de marbre sur laquelle on pose la coquille et à faire mouvoir, au moyen d'un volant et d une crémaillère, la partie supérieure de la presse, qui vient se placer au-dessus de la coquille à doubler. Grâce à cette combinaison, l'ouvrier le plus novice est certain d'obtenir du premier coup des clichés parfaitement droits, sans soufflures, car la coquille, une fois pleine de plomb fondu, ne bouge plus, et la presse ne peut agir que d'une manière régulière dans toutes les parties du doublage.
A l'impression, les traits d'un galvano d'une gravure paraissent toujours plus forts que ceux
de Toriginal. Cette différence provient de Tapplication de la plombagine.
Bien qu'extrêmement légères, les deux couches de plombagine étendues pour éviter les adhérences, la première sur l'œil de la gravure avant de prendre l'empreinte à la gutta, la seconde sur cette même empreinte, avant de la plonger dans le bain, ne sont pas sans atténuer les blancs, principalement des sillons et des ponctués, traits plus exposés que les autres à se trouver bouchés.
C'est ainsi que s'expliquent les différences de tons entre un galvano et la gravure qui a servi à le reproduire.
On fait actuellement des galvanos à 0^'',02 le centimètre carré (^).
Photogravure, procédé Husnik (1875).
Ce procédé est à base de gélatine bichromatée ; afin d'obtenir le grain nécessaire aux demi-teintes, on ajoute à la gélatine du chlorure de calcium.
Voici la formule de la solution :
Eau 240 '^
Colle de Cologne ( gélatine , 24 s'
Bichromate d'ammoniaque 4
Alcool Il
Chlorure de calcium 4à5
(*) V Imprimerie.
L'image insolée est gonflée par Teau de lavage, puis moulée. La planche imprimante est ensuite obtenue par la galvanoplastie.
Le chlorure de zinc peut s'employer avantageusement pour le durcissement des couches de gélatine dans les procédés aux encres grasses. Les plaques traitées de cette manière peuvent fournir un nombre considérable d'exemplaires.
Procédé de gravure typographique de M. Ives
Une couche de gélatine bichromatée est exposée à la lumière sous un négatif ordinaire ; on la place ensuite dans un bain d'eau froide qui fait gonfler la couche proportionnellement à l'action de la lumière, les reliefs les plus forts correspondant aux parties les plus opaques du négatif.
Ce relief est moulé avec du plâtre. Ce moulage présente les saillies les plus grandes là où le négatif était le plus transparent (c'est-à-dire là où il correspond aux noirs de l'objet photographié). Les creux correspondent aux parties les plus éclairées, et entre ces deux extrêmes se trouvent des reliefs moyens correspondant aux demi-teintes.
Il s'agit de transformer ces reliefs et ces creux, formant les dégradations continues, en une surface présentant des lignes ou des points, et cela par un moyen purement mécanique.
M. Ives y parvient en se servant d'une surface élastique portant des lignes ou des points en forme de V, qu'il encre et qu'il presse contre la surface du moule jusqu'à ce que l'aplatissement de la surface élastique ait produit une impression noire uniforme sur les parties les plus hautes du relief. Les points sont peu marqués sur les parties profondes ; ils augmentent de dimension jusqu'à ce qu'ils donnent un noir parfait sur les parties les plus saillantes.
Les planches pour l'impression sont reproduites d'après ces moules par les divers moyens connus.
Procédé d'Héliogravure de M. Scamoni
Les dessins originaux sont très soigneusement retouchés, de sorte que les blancs soient aussi purs et les noirs aussi intenses que possible, et l'on prend alors une épreuve négative à la manière "ordinaire, en ayant soin de poser la plaque dans la chambre noire, avec une feuille de papier buvard rouge humide, pour éviter toute réflexion de la chambre ou de l'arrière de la plaque.
On développe le négatif de la façon habituelle, on en augmente l'intensité par du chlorure de mercure et on le vernit. On tire ensuite une épreuve positive dans la chambre noire en veillant bien à préserver le négatif de toute lumière qui
pourrait passer entre lui et la lentille. Cette épreuve est renforcée par l'acide pyrogallique, puis lavée avec de Teau pure additionnée d'un peu d'ammoniaque ; on la plonge ensuite pendant une demiheure dans le chlorure de mercure, et on la renforce de nouveau avec de l'acide pyrogallique.
On répète cette opération un certain nombre de fois.
Lorsque l'intensité des lignes est considérable, on lave soigneusement la plaque, on la traite avec de l'iodure de potassium, et enfin avec de l'ammoniaque, qui fait apparaître l'image successivement jaune, verte, brune et violet brun. On égoutte alors complètement la plaque, et l'on traite l'image successivement avec une solution de chlorure de platine, de chlorure d'or, de sulfate de fer, et enfin d'acide pyrogallique qui a la propriété de solidifier les dépôts métalliques.
On dessèche le relief métallique ainsi obtenu sur une lampe à esprit-de-vin, et on le recouvre d'une couche extrêmement mince de vernis. Ce vernis, pour lequel il faut évidemment une préparation spéciale, conserve suffisamment de mordant pour retenir à sa surface de la poudre de graphite (qu'on peut remplacer par les poudres de bronze) et qu'on étend selon l'usage habituel.
Après avoir fait à la plaque un petit rebord de cire, on la plonge dans un bain électrotypique, qui donne un fac-similé parfait de la gravure en
creux, à Taide duquel on peut tirer à la presse des épreuves imprimées.
Production d*un grain pour gravure, par M. A. Borland (1886).
Ce grain est produit soit sur une couche de gélatine bichromatée, soit sur une couche de gélatinobromure au moyen d'une réticulation.
Pour les coucïies de gélatine bichromatée, la glace, recouverte comme si l'on voulait procéder à une impression aux encres grasses, est séchée à une température peu élevée (21<» G.), impressionnée sous un négatif, lavée avec soin, puis immergée dans le mélange suivant :
Acide sulfurique 2^'
Eau 310''
pendant une demi-heure.
On lave à plusieurs eaux en laissant égoutter la glace chaque fois. Le lavage terminé, on la plonge dans une solution saturée d'alun où on la laisse de quinze à vingt minutes, puis on la lave à nouveau.
La plaque est alors placée dans une cuvette contenant de l'eau chauffée de 32<» à 38*» G. juste assez pour la recouvrir. Au bout de dix minutes, elle doit avoir pris uniformément un aspect mat; c'est le moment de la retirer et de la plonger dans de l'eau froide.
Pour les couches de gélatinobromure, on opère de la même façon, à l'exception de Texposition et du développement.
Si l'on veut un négatif ou une épreuve transparente grainée, il vaut mieux donner une exposition un peu longue et développer rapidement pour avoir beaucoup de détails sans trop de densité.
On obtient des grains différents en ajoutant au mélange acide d'autres acides, tels que les acides citrique, tartrique, nitrique, chlorhydrique, ou en mélangeant l'acide à une solution d'alun et en variant la durée de contact.
Il faut avoir grand soin que la couche soit d'égale épaisseur, sans quoi le grain serait inégal. Une couche épaisse donne un grain plus fort qu'une couche mince (M.
Méthode de gravure photographique, par M. J.-R. Sawyer ( 1886).
Si nous examinons une épreuve photographique sur gélatine colorée, obtenue par le procédé autotypique (au charbon), nous constatons que l'effet qu'elle produit est dû aux épaisseurs diverses de gélatine et de matière colorante, épaisseurs qui sont en rapport avec les lumières et les ombres du cliché original.
C) Moniteur de la Photographie^
Il suit de là qu'une épreuve de ce genre est en relief; que les ombres profondes sont formées de masses de gélatine et de matière colorante fixées par l'action de la lumière qui a traversé les parties les plus transparentes du négatif, tandis que la gélatine restée partiellement ou totalement soluble dans les demi-tons ou les grandes lumières a été éliminée par le développement.
C'est une épreuve de cette espèce, développée sur la surface rigide d'une plaque métallique, qui est la base du mode de production de planches gravées sur lequel est appelée Tattention.
Voici le résumé des conditions qu'il est nécessaire de remplir :
1** Il faut obtenir une photographie en relief développée sur une surface rigide;
2*» Cette photographie doit avoir un grain, qu'il faut lui donner ;
3* La surface de cette photographie doit être rendue assez conductrice de Télectricité pour qu'on puisse la couvrir d'une couche de cuivre sans altérer en quoi que ce soit Timage.
A l'égard de la première condition, il est aisé d'obtenir une épreuve en relief en développant une épreuve au charbon sur une surface rigide. Comme, dans l'espèce, la couleur ou le ton importe peu, on a le choix entre de nombreuses matières, et l'on doit préparer la mixtion qui donne le relief le plus convenable ; ce n'est nullement facile et il
faut essayer, pour atteindre le résultat désiré, diverses mixtions où les proportions de gélatine et de matière colorante soient variées.
Sur une épreuve donnée, l'importance de la mixtion dépend de deux causes : Tune est la qualité du cliché et l'autre le rapport existant dans la mixtion entre la gélatine et la matière colorante ou pigment. Une mixtion contenant beaucoup de couleur et peu de gélatine donne un relief faible, et si Ton augmente la quantité de gélatine sans augmenter la dose de couleur, on aura un haut relief.
D'autre part, des épreuves produites par un cliché faible et mince n'auront que peu de relief, tandis que celles données par des négatifs vigoureux auront, avec la même mixtion, un relief bien plus fort. Ce fait explique pourquoi des épreuves faites avec le même tissu, mais avec des négatifs de différentes intensités, ont des tons différents.
Cette question du relief est une des plus difficiles qui se présentent dans le procédé de gravure photographique; elle a pourtant été simplifiée de façon telle, qu'on peut la résoudre aisément avec toute chance de succès.
11 y a maintenant à examiner la question du grain, qu'il faut obtenir suffisant pour que la planche produite par Télectrotypie ait la propriété de retenir l'encre.
On peut dé velopper une gravure en relief sous une
plaque métallique et, après dessiccation, rendre sa surface conductrice avec de la plombagine, puis en obtenir une contre-épreuve en cuivre qui, reproduisant parfaitement les lignes et le détail de Toriginal, semble propre à Timpression. Si on la remet à un imprimeur en taille-douce, il Tencre avec un tampon et ensuite se met en devoir d'essuyer Tencre en excès ; mais si toute l'encre s'enlève, c'est que la planche n'a pas de grain pour la faire adhérer, et dans ce cas elle est inutilisable.
Parmi les nombreuses méthodes essayées dans cette voie, M. Sawyer recommande plus spécialement celle de M. Waterhouse qui est décrite dans cet Appendice [voir p. 230).
La troisième condition que doit remplir une épreuve en relief, c'est d'avoir une surface pouvant être rendue assez conductrice de l'électricité pour que le cuivre puisse s'y déposer avant que la solution contenue dans la cuve galvanoplastique ait eu le temps d'agir sur la gélatine. Il est évident, en effet, que si la surface de la gélatine est quelque peu altérée, le résultat sera mauvais. On a cherché à réaliser cette condition en frottant la surface de l'épreuve de gélatine avec de la plombagine en poudre fine, mais il faut bien prendre soin de ne pas empâter les parties délicates de l'image.
Quand Timage est développée sur une plaque de cuivre argentée, qui est un bon conducteur, le
dépôt de cuivre se fait quelquefois d*une façon satisfaisante, et Ton peut faire du bon travail, surtout si les sujets à reproduire n'ont pas d'ombres très profondes, car les grosses masses de gélatine sont difficiles à couvrir, et si le liquide les attaque avant que le dépôt de cuivre soit général, elles se brisent .et la planche est perdue.
Une autre difficulté se présente quand on n'a pas complètement enlevé toutes les particules de verre pulvérisé dont on s'est servi pour faire le grain, car partout où Ton a laissé une particule de verre sur l'épreuve il se fait des marques à travers la planche.
Pour réussir, il faut donc une épreuve de gélatine teintée ayant un relief suffisant et un grain pouvant être varié selon les grandeurs d'épreuves et les sujets représentés, et étant, en outre, par elle-même bonne conductrice de l'électricité. Pour satisfaire à ces exigences, M. Sawyer a inventé un nouveau tissu (mixtion de gélaline colorée) contenant du graphite ou de la plombagine amorphe en grains de grosseurs diflerentes. La quantité de celte malière, relativement au véhicule, est déterminée de façon à donner le relief convenable pour fournir de bons résultats avec des clichés ordinaires.
Le n^ est le plus fin de grain, le n** 1 le moyen et le n° 2 est le plus gros.
La reproduction d'un petit portrait, d'un petit
paysage ou la copie d'un dessin au trait, réussira mieux avec le tissu à grain fin (n** 0). De plus grandes planches demanderont l'emploi du n® 1, tandis que pour de grandes reproductions de tableaux et de sujets, où il faut une échelle de tons très fondue, il sera avantageux d'avoir le grain relativement gros que donne le n*» 2.
Par remploi du graphite on obtient non seulement le relief et le grain désirés, mais encore cette matière, étant bonne conductrice de l'électricité et se trouvant en assez grande quantité dans la couche, donne, après que le développement a enlevé la majeure partie de la gélatine, un conducteur très convenable pour déposer électriquement, sur la surface de l'épreuve, une couche de cuivre.
Dans diverses méthodes propres à la formation du grain on a remarqué que la matière servant à grainer était insuffisante dans les ombres profondes.
Gela tenait probablement à ce que cette substance était hors de la couche et non dedans. Quand on a le grain dans la couche, il est plus abondant dans les ombres et donne ainsi de la richesse et de la profondeur aux épreuves imprimées.
Mise en œuvre du procédé exposé en principe cidessus. — Le matériel est fort simple: deux cuvettes en zinc, une pour l'eau chaude et l'autre
pour l'eau froide ; un support pour poser la plaque, une raclette, un vase pour Teau chaude et un autre pour Teau froide sont tout ce qu'il faut.
Un morceau de papier mixtionné graphite n° l , qui a été exposé pendant un temps convenable sous un négatif, est plongé dans de Feau froide bien propre, placée dans une des cuvettes de zinc. La plaque de cuivre argentée dont on doit faire le support de l'épreuve a été soigneusement nettoyée avec un alcali, de façon à être dégagée de toute matière grasse. Dès que la mixtion est devenue souple et flexible, ce qui arrive après quelques secondes, on l'enlève et on la place la face en bas sur la surface de la plaque métallique, puis on assure le contact parfait au moyen de la raclette.
Bien qu'il ne soit pas d'absolue nécessité d'argenter la plaque de cuivre, il est bon de savoir que cette opération est très aisée à pratiquer en frottant la plaque avec du cyanure d'argent, que répreuve se voit bien plus clairement et qu'elle est bien plus facile à examiner sur le fond blanc de l'argenture que quand elle a pour fond la couleur naturelle de la plaque de cuivre.
Il est d'une grande importance de pouvoir, dans cette phase du travail, s'assurer si l'épreuve faite sur la mixtion de graphite est parfaite ou aussi bonne que possible avec le négatif employé, car tout effet produit à ce moment sera exactement reproduit sur la planche terminée. Si l'épreuve
3i2 APPENDICE.
vient parfaite, la plaque obtenue par Télcctrotypie sera de la même qualité.
La mixtion qui repose sur la plaque de cuivre argentée étant prête pour le développement, on place la plaque avec la mixtion qui y adhère dans Teau chaude à environ 45° G. Au bout de quelques secondes, la gélatine commence à s'amollir et exsude le long des bords, ce qui permet d'enlever le papier de dessus la plaque et de mettre à découvert Tépreuve encore ensevelie dans des masses de gélatine et de matière colorante, qui seront enlevées par le lavage ou le développement, dont l'effet sera d'éliminer tout ce qui n'a pas été fixé et rendu insoluble par l'action de la lumière.
Ce résultat est vite obtenu par un lavage dans l'eau chaude, et quelques minutes suffisent pour donner une photographie parfaite en matière conductrice, le graphite, maintenue par une petite quantité de gélatine.
L'épreuve une fois sèche est plongée dans de l'eau froide, puis dans une dissolution d'alun à 5 pour 100; on la rince et on la fait sécher; il n'y a plus qu'à polir sa surface avec une brosse douce pour qu'elle soit prête à être plongée dans un bain électrotypique; il faut frotter de temps en temps la brosse sur un morceau de plombagine, pour qu'elle passe doucement et facilement sur la surface de l'épreuve.
La plaque est alors prête pour le bain clectroty-
pique. On emploie pour ce bain de grandes auges en bois, solidement construites et garnies de plomb fort à rintérieur. Il y en a de diverses grandeurs: certaines peuvent recevoir des plaques de 90^" et en contenir de 12 à 30.
Le courant électrique est fourni par une machine dynamo de Siemens, animée par une machine à vapeur.
En haut des auges et de chaque côté est vissée une bande de cuivre communiquant d'un côté avec le pôle négatif et de l'autre avec le pôle positif de la machine.
La surface sur laquelle se dépose le métal s'appelle cathode, et la plaque qui doit fournir au bain le métal nécessaire pour l'entretenir au degré convenable de concentration se nomme anode.
Les photographies de graphite sur lesquelles doit se déposer du cuivre sont donc des cathodes et doivent être reliées au pôle négatif de la machine dynamo ou de la pile.
Si, en un peu plus d'une heure, on parvient à obtenir un dépôt très mince de cuivre, la réussite de Télectrotypie est alors assurée.
La plaque a quatre bandes, une à chaque bord ; ces bandes ont pour but de permettre de changer la position de la plaque dans le bain, ce qui est très important dans les premiers temps de l'immersion.
11 est bon de changer les plaques de sens à
chaque quart d'heure jusqu'à ce qu'elles soient complètement couvertes. La planche doit être poussée jusqu'à une épaisseur suffisante pour pouvoir être soumise à l'impression.
Le dos de la plaque sur laquelle est l'épreuve à reproduire électriquement est protégé par un vernis.
L'épaisseur du dépôt est appréciée à l'aide de pesées. Pour détacher la planche galvanique de Tépreuve, on introduit un instrument aigu et mince dans la petite solution de continuité qui apparaît après qu'on a limé les bords de la plaque à reproduire et de la planche produite.
Le temps nécessaire pour parfaire la planche dépend de la force du courant électrique, de la température et de diverses autres conditions. En dix à douze jours environ, on peut obtenir une planche d'épaisseur ordinaire.
Le dépôt de cuivre est de consistance très molle : c'est là le point faible du procédé, mais on y obvie par l'aciérage ou le nickelage de la planche, et dans ce cas, elle peut donner beaucoup d'épreuves, des centaines et même des milliers suivant la nature du sujet.
A propos dé ce procédé, on a fait remarquer qu'on pouvait remédier à la grossièreté qu'il présente dans certaines de ses parties :
1<^ Le brossage à la plombagine, pour compléter la métallisation, pourrait, ce semble, être remplacé
par des procédés plus délicats, tels que la métallisation au nitrate d'argent et aux vapeurs de phosphore dissous dans le sulfure de carbone, ou la métallisation au nitrate d'argent et à l'acide pyrogallique.
2^ L'emploi de conducteurs secondaires se répartissant sur les diverses parties de l'épreuve rendrait le dépôt plus régulier sur toute l'étendue de la plaque et l'acliverait considérablement.
3** Ce dépôt pourrait encore être accéléré en répandant sur l'épreuve mise au bain des poudres métalliques, surtout si ces poudres étaient formées de métaux se décomposant par eux-mêmes, le sulfate de cuivre, par exemple, le fer déjà indiqué et employé dans le but d'accélérer et de régulariser le dépôt de cuivre galvanique.
Perfectionnements de la gravure héliographique, par M. E. Placet (1877).
Les procédés décrits par M. Placet permettent d'obtenir naturellement, au moyen de certaines réactions chimiques, le grain indispensable pour l'impression par les moyens ordinaires.
Les principes sur lesquels repose la formation de ce grain sont les suivants : Une substance animale ou végétale, plongée d'abord dans un liquide qui peut lui servir de dissolvant et ensuite immergée dans une autre solution qui possède la
propriété de la tanner ou de la contracter, se couvre sur toute sa surface d'une granulation produite par cette contraction. La grosseur, la forme et la profondeur du grain varient suivant les substances ou les liquides employés, la durée de l'immersion, la température et le degré de concentration des liquides.
1° Ainsi une feuille de gélatine plongée d'abord dans une solution saturée de bichromate de potasse, puis dans une solution composée de
Sulfate de fer 40s''
Acide acétique 10
Eau 100 -'
aura en quelques instants sa surface couverte d'un beau grain d'une régularité remarquable.
Dans certains cas, les substances dissolvantes et tannantes peuvent être appliquées à l'état de poudre solide.
2° Si sur cette feuille de gélatine on a préalablement tracé un dessin au moyen d'un vernis ou d'une substance grasse, et qu'on la plonge dans les deux bains qui viennent d'être indiqués, le grain se formera partout, excepté là où se trouve le dessin et, en moulant cette surface par pression ou par la galvanoplastie, on obtiendra une planche pouvant servir à donner des épreuves ou à tout autre usage.
3° Si, au lieu de produire le dessin à la main,
on l'oblient par raction de la lumière, on aura une gravure héliographique. Pour cela, il suffit de sensibiliser la feuille de gélatine, de l'exposer à la lumière sous un négatif à la façon ordinaire, puis de la plonger dans les liquides sus-mcntionnés. Dans ce cas, Faction de la lumière rend chaque point de la gélatine plus ou moins perméable aux liquides, selon l'intensité plus ou moins grande des diverses parties du cliché. Il en résulte que les liquides pénètrent plus ou moins profondément la gélatine et produisent sur chaque point un grain dont la dimension et la profondeur sont proportionnelles à la transparence des diverses parties du cliché.
On obtient ainsi une gravure héliographique qui est la reproduction fidèle de la photographie avec tous ses détails et ses plus délicates demiteintes.
Voici, d'après l'auteur, quelques exemples des modes d'opérer :
a 1° Je prends une feuille de gélatine, je la sensibilise à la façon ordinaire dans un bain de bichromate. Après l'avoir exposée à la lumière sous un cliché, je la plonge dans une solution saturée de bichromate de potasse, j'enlève rapidement l'excès de liquide à l'aide d'un linge ou de papier buvard, puis je l'immerge dans la solution de sulfate de fer indiquée ci-dessus. Le dessin se déve-
loppe instantanément avec le grain. Il suffit de quelques secondes si la durée de l'exposition à la lumière a été convenable.
» On sèche et la gravure est terminée. Il n'y a plus qu'à la mouler pour avoir une planche propre à l'impression ou à tout autre usage.
» 2<* Je prends une feuille de papier recouverte de gélatine, je la sensibilise et l'expose à la lumière sous une épreuve négative comme à l'ordinaire, je place alors le papier sur une surface flexible ou rigide, de façon à développer l'image du côté opposé à celui qui a été insolé.
» Cette épreuve renversée est développée dans une solution de bichromate de potasse, qui peut dissoudre toutes les parties de la gélatine que la lumière n'a pas modifiées; lorsque l'image est complète, je la plonge dans la solution de sulfate de fer qui lui donne le grain. Elle est prête alors à être moulée.
» 3** Une épreuve sur gélatine dite au charbon, obtenue par les moyens ordinaires, peut être également grainée.
» Pour cela il suffit de laisser l'épreuve pendant quelque temps dans un bain ammoniacal, une solution de potasse, d'hypochlorite de chaux ou de toute autre substance ayant la propriété de redissoudre la gélatine insolubilisée par la lumière. L'épreuve est alors plongée dans les bains de bichromate de potasse et de sulfate de fer et le
grain apparaît promptement, surtout si les solutions ont été chauffées.
» 4° Dans certains cas, il est avantageux d'opérer sur des surfaces planes et rigides ; on verse alors la gélatine sur des glaces, des plaques de métal ou toute autre substance.
» La gélatine peut être sensibilisée avant de l'étendre sur les glaces ou seulement après qu'elle a été séchée. On opère alors comme pour le papier gélatine.
» 5° On peut également appliquer la matière tannante à l'état solide. Dans ce cas, après avoir plongé la gélatine dans le premier bain, le bain dissolvant, l'image est développée en plaçant sa surface en contact avec la matière tannante, ou avec une substance très avide d'eau, comme l'acide gallique, le tannin, les aluns, le sulfate de fer, la chaux, les ciments, quelques chlorures, ou toutes autres substances capables de produire une réaction chimique en contact avec les corps existant dans cette catégorie. Les substances agissant comme dissolvants peuvent également être employées à l'état pulvérulent en les appliquant à Tétat de poudres sur la gélatine légèrement mouillée.
» Dans les descriptions qui précèdent, il n'a été parlé que de la gélatine, pour faciliter l'exposition des diverses méthodes. On peut, avec plus ou moins d'avantages, employer au lieu de géla-
tine, les gommes, Falbumine, la dextrine, la colle de poisson, le sucre, le caramel, la glucose, la caséine, l'amidon, le gluten, les sucs ou extraits divers, les bitumes, les savons, les résines et toutes autres matières analogues. Il est souvent avantageux d'employer le mélange de deux ou plusieurs de ces substances. La différence de solubilité des substances mélangées favorise la formation du grain. Toutes ces substances, d'ailleurs, peuvent être considérées, même à Tétat de pureté, comme un mélange en proportions variables de corps plus ou moins solubles. Ainsi la gélatine est toujours formée d'une certaine partie soluble dans l'eau froide et d'une autre qui est complètement insoluble. Les gélatines du commerce sont toujours variables dans leur composition; par conséquent, la nature du grain qu'elles produisent par les mélhodes ci-dessus décrites^ varie souvent d'une opération à l'autre.
» Pour obtenir des résultats toujours constants et réguliers, il est préférable de ne pas employer la gélatine seule, mais de la mélanger, dans certaines proportions, avec de la gomme, de la dextrine, de l'albumine, etc., ou mieux avec de la gélatine soluble, qui donne un mélange plus homogène.
» Cette gélatine soluble s'obtient en traitant la gélatine ordinaire par un acide et en la soumettant à une ébullition prolongée.
» Je vais indiquer un mélange et un mode de travailler qui réussissent parfaitement pour la reproduction en gravure héliographiqae des photographies les plus délicates.
» C'est seulement un exemple, car il est évident que l'on peut obtenir de même d'excellents résultats par des formules différentes.
» 6** Sur une surface plane, on verse la mixture suivante :
Gélatine 10 «'
Gélatine soluble 1 à 2
Eau 100^«
Sucre 1 à 26'
Bichromate l à2
» Quelquefois j'ajoute un peu d'acide, comme de l'acide chromique, de l'acide acétique ou tout autre acide.
» Je laisse sécher et j 'expose à la lumière sous une épreuve photographiquepositive ou négative, selon le genre de gravure que je veux obtenir. Je plonge alors mon épreuve dans de l'eau pure ou dans de l'eau dont la densité a été augmentée par l'addition de borax ou de toute autre matière. L'image se développe et se graine instantanément.
» Pour arrêter l'action de ce liquide, l'épreuve est rapidement plongée dans un bain composé de
Eau 100"
Alcool 20 à 305'
Ammoniaque 2à4
» Je Téponge avec un papier buvard et la laisse sécher complètement ou à peu près, dans Tobscurité. Je l'immerge alors dans la solution de sulfate de fer précédemment indiquée.
» Le grain se forme de nouveau. Lorsque Tépreuve est parfaitement développée, je la plonge dans de l'eau pure ou dans de Teau légèrement acidulée. Pour arrêter le développement, je sèche; l'image grainée est alors lixée définitivement et terminée.
■ » Pendant le développement, on peut varier la grosseur et la profondeur du grain selon le sujet que l'on a à traiter.
» Pour cela on prépare à l'avance deux ou trois solutions contenant des proportions différentes de sulfate de fer et d'acide. On commence le développement par la solution la plus faible, et l'on continue avec l'une ou l'autre des autres selon le résultat que Ton désire obtenir.
» Il résulte de ce qui précède que les dissolvants à employer doivent nécessairement varier selon la nature des substances mises en œuvre; ce sont l'eau, les acides, les sels de toute nature, l'alcool, les huiles, les essences, etc., et les mélanges de ces corps divers.
» Les matières tannantes varieront également selon les substances employées. Ce sont l'acide gallique, le tannin, les sels d'alumine, chrome, zinc, fer, spécialement le sulfate et le nitrate de
fer, tous les astringents, tous les corps ayant de rafflnité pour Teau; même à l'état solide, la chaux en poudre et les ciments, les chlorures de sodium, calcium, mercure, platine; enfin l'alcool, l'éther, les essences, etc.
» Ainsi, par exemple, l'alcool donne un grain d'une remarquable finesse sur une mixture de gomme laque en solution dans l'ammoniaque ou le borax.
» Afin de rendre plus prompte et plus régulière l'action des liquides dissolvants et tannants ou astringents, il est souvent bon de les additionner d'un peu d'acide ou de chlorure, de sulfate, de nitrate ou de tout autre sel.
» La chaleur active également grandement l'action de ces liquides. Pour rendre les substances sensibles à la lumière, on peut employer les sels d'or, d'argent, de chrome, de fer, de platine, d'urane, de mercure et d'autres métaux, et certaines substances d'origine animale ou végétale.
» Les images grainées ou les dessins obtenus au moyen des procédés que je viens de décrire peuvent, dans certains cas, être employés, aussi bien que celles produites au moyen d'épreuves photographiques, à obtenir des gravures sur cuivre ou des planches lithographiques ou typographiques.
» On peut toujours tirer un certain nombre d'épreuves à l'encre grasse et les reporter sur
pierre ou sur zinc pour obtenir des lithographies ou des blocs pour la typographie.
» Les images développées comme il vient d*etre dit, au moyen de substances appropriées, peuvent être appliquées sur métal ou sur plaques de toute autre nature, de manière à produire une gravure parfaite résultant de la réaction chimique produite entre le support et les substances contenues dans Timage. Mais, le plus souvent, pour l'emploi qu'on en veut faire, ces dessins graines doivent être reproduits au moyen d\ine matière plus solide et plus durable.
» Reproduits par la Galvanoplastie, ils servent à toute espèce de genre d'impression sur cuivre, sur papier, peau, étoffe, bois, porcelaine, etc. Le grain que ces plaques possèdent naturellement me permet, au moyen de la gravure sur cuivre, d'obtenir des épreuves que je reporte sur pierre pour la lithographie et spécialement sur zinc, pour les transformer en planches typographiques par les moyens connus.
» Les planches gravées obtenues par ces procédés peuvent recevoir dans leurs cavités des incrustations de métaux précieux, des niellures, des émaux dans le genre des émaux cloisonnés.
» Dans certains cas, ces plaques présentent sur leur surface de vrais bas-reliefs, sculptures naturelles d'une grande beauté. Ces planches, revêtues de dessins appropriés, dorées ou argentées, peuvent
être employées pour décorer les boiseries des appartements, les meubles, les coffrets, les dessus de cheminées, etc. Reproduites en or, en platine ou en argent, leur extrême finesse permettra de les utiliser dans Torfèvrerie et la bijouterie.
» Enfin, on peut les reproduire en métal résistant; elles pourront être employées à former les matrices ou moules en relief pour les métaux, le bois, le papier, le verre, la porcelaine, les étoffes, le cuir, etc. D'un autre côté, le bon marché et la facilité avec lesquels de semblables gravures peuvent être obtenues conduiront nécessairement à des applications nouvelles auxquelles on ne pense pas maintenant, à raison du haut prix des gravures à la main.
» Cette méthode d'obtenir des images naturellement grainées peut être variée à l'infini. Un très grand nombre de substances donnent des surfaces raboteuses, striées, craquelées, cristallisées ou grainées, par leur contact avec des produits chimiques appropriés. »
Planche de Photogravure créée à Taide d*un dessin tracé sur papier avec un sel de mercure
11 a été dit que, lorsque du mercure est déposé sur une surface de métal et qu'on y passe le rouleau à encre grasse lithographique, cette encre ne
s'y fixe pas, tandis qu'elle adhère aux parties qui n'ont pas reçu de mercure. S'il s'agit d'une plaque de zinc bien polie, l'image apparaît ainsi en blanc brillant sur le fond gris du zinc. Une plaque gravée en creux est obtenue en plongeant la plaque dans un bain d'eau contenant 2 pour 100 d'acide nitrique. L'action de l'acide est très rapide et pendant quelque temps n'attaque que le mercure.
Quand elle est assez profondément mordue ainsi, on peut se servir de la plaque pour le travail lithographique.
Si, au contraire, on emploie l'acide chlorhydrique à la place de l'acide nitrique, un effet inverse a lieu : c'est alors le zinc qui est attaqué, et l'on obtient une plaque en relief qu'on peut employer pour l'usage typographique ordinaire.
On peut, au lieu de faire le dessin sur le zinc, tracer l'image sur le papier à l'aide d'un sel de mercure. On applique ensuite ce papier pendant deux heures contre une plaque de zinc, ou bien on peut saupoudrer de sel de mercure une photographie au charbon contenant quelque substance collante (gomme ou sucre, etc.) et procéder de même.
Le sel de mercure dont on se sert de préférence est le biiodure (iodure mercurique).
Galvanoplastie (1887).
Pour préparer soi-même l'appareil et le bain galvanique, voici une courte description pouvant servir de guide:
Bain galvanique, appareil simple. — Ce qu'on nomme appareil simple consiste dans un bain constituant une pile à courant constant. Parmi les nombreuses piles imaginées pour réduire les métaux, la mieux appropriée au but que nous nous proposons est celle de Daniell ; car, pour la stéréotypie, on n'a jamais besoin d'une très forte tension d'électricité, lorsqu'il s'agit de précipiter le cuivre dans le moule et d'en obtenir la reproduction en relief.
Le sulfate de cuivre à dose suffisante pour saturer le bain étant le sel le plus fréquemment employé, c'est celui que nous prendrons.
On met dans une cuve, dans un vase de faïence ou dans un vase de verre, une dissolution de sulfate de cuivre, substance connue sous le nom de couperose bleue ; au centre du vase de verre on place un vase poreux ou diaphragme (terre non vernie), rempli d'eau acidulée à l'acide sulfurique et dans lequel on plonge une lame de zinc formant le pôle négatif de la pile.
C'est à ce pôle qu'on suspçnd, par un fil métallique qui l'enveloppe de manière à être en contact avec la couche conductrice, plombagine ou sulfate d'argent, le moule de l'objet à reproduire.
L'appareil simple n'est donc autre chose qu'une pile dans laquelle le moule et le zinc forment le pôle négatif, tandis que la solution de sulfate de cuivre est le pôle positif; le fil métallique de suspension met en communication les deux électrodes.
Aussitôt que le courant est établi, le sulfate de cuivre se décompose et le dépôt du métal se fait sur toute la surface du moule. Par cela môme, à mesure que ce dépôt
se forme, le bain s'appauvrit, devient de plus en plus acide et le métal déposé perdrait ses propriétés plastiques si la solution n'était pas maintenue à son état normal par de nouveaux cristaux de sulfate de cuivre placés dans le bain à l'intérieur d'un sac ou d'un petit panier en gutta.
La pile a besoin d'être démontée, nettoyée et rechargée au bout de trois ou quatre jours.
Appareil composé. — Ce qu'on nomme appareil composé ne diffère de l'appareil simple qu'en ce que la pile est extérieure au bain; pour empêcher le bain de s'appauvrir, on y maintient plongée une lame de cuivre qu'on fait communiquer avec le pôle positif de la pile, tandis que le moule est relié métal liquejnent au pôle négatif. Cette lame rend incessamment à la solution la quantité de cuivre qui se dépose, de sorte que la concentration du bain reste constante; elle constitue l'électrode soluble.
L'appareil simple s'applique à la reproduction des planches gravées sur bois, acier ou cuivre, et aux clichés, aux compositions présentant peu de surface; on peut également l'utiliser tel quel à la reproduction des médailles, des cachets et de toute pièce de petite dimension.
Confection d'un galvano. — On commence par métalliser la surface de la gravure avec de la plombagine, puis on prend une empreinte avec de la gélatine, de la gutta ou de la cire. Le moule ainsi obtenu et métallisé est soumis à l'action galvanoplastiquc; une couche de cuivre s'y dépose, reproduisant fidèlement les moindres traits de la gravure.
Au bout de vingt-quatre heures, l'épaisseur de la feuille métallique atteint un vingtième de millimètre.
Comme ce ne serait pas suffisant pour offrir une résistance efficace à l'action de la presse mécanique, on renforce cette plaque ou plutôt cette coquille, en coulant au revers un alliage de matière de caractères d'imprimerie. Puis on dresse ce cliché de cuivre, on le passe au tour
on rébarbe et on le monte sur un bloc. 11 peut alors aller sous la presse sans déformation.
Quant au bois gravé (ou autre gravure), il reste absolument intact.
Force de la pile. — 11 faut que la quantité d'électricité dégagée soit juste suffisante pour décomposer la solution cuivreuse. Si elle est trop forte, on arrive à la réduction à l'état de poudre noire sans aucune adhérence; si, au contraire, elle est trop faible, on obtient un dépôt cristallin d'une nature cassante et d'une grande dureté.
On doit donc proportionner la force de la pile à la somme de travail à exécuter. Il est facile de comprendre qu'en réduisant le nombre des éléments qui composent la batterie, en diminuant le volume de l'anode et en l'éloignant du modèle, en atténuant l'acidité de l'eau où plonge le pôle zinc, on affaiblira l'intensité du courant électrique; tandis qu'en suivant une marche inverse, on augmentera la tension de l'électricité dans la mesure qu'on voudra. Ces divers moyens, employés ensemble ou séparément, suffiront pour produire les effets désirés.
En thèse générale, la surface de l'anode doit être à peu près égale à celle de l'objet à reproduire.
Mieux vaut plutôt un courant trop faible que trop fort, on évitera ainsi tous les inconvénients d'un dépôt tumultueux, dans lequel les molécules sont peu agrégées et peu cohérentes entre elles (*).
Procédé de Phototsrpogr avare Argamakoff et Basile Bauler (1869).
La base de ce procédé est la môme que celle d'un grand nombre d'autres, aussi nous borneronsnous à en donner un simple résumé :
(») L'Imprimerie.
1^ Couvrir la plaque de verre d'une couche de gélatine ;
2° Faire sécher cette couche;
3^ Rendre la couche de gélatine sensible à la lumière et insoluble sous l'aclion de la guttapercha;
4'' Exposer à la lumière sous un cliché négatif ou positif obtenu par la Photographie, ou dessiné au pinceau ou à la plume;
5^ Développer l'image au moyen d'une surface humide, glu ou gélatine;
6"* Imprimar le dessin sur gulta-percha;
7° Augmenter à la main le relief de la guttapercha ;
8° Obtenir la matrice en cuivre.
(Les opérations 7 et 8 sont supprimées quand on se sert d'une photographie.)
9*» Obtenir la plaque de cuivre ou le cliché en relief;
10° Augmenter le relief de ce cliché en creusant le fond.
Passant sur le détail des opérations de 1 à 5, lequel est connu comme. étant commun à bien des procédés de môme sorte, disons un mot de l'impression, ou transport sur gutta-percha :
Aussitôt que la couche humide est enlevée, on verse à la surface de l'image la composition suivante :
Cire 4 parties
Gutta-percha 1 partie
Huile 1 à 3 verres
C'est là l'opération la plus importante du procédé.
On n'a pu jusqu'ici rendre en même temps la gélatine capable de se gonfler et incapable de se fondre sous l'influence des liquides chauds. C'est pourquoi on ne s'est pas préoccupé pratiquement du non-gonflement de la gélatine, mais seulement de son indissolubilité dans l'eau après l'impression lumineuse.
Les dernières parties du procédé s'exécutent suivant les usages courants.
Procédé de Photogravure mécanique au burin
pour la gravure des épreuves diaprés nature,
par M. Sartirana (1887).
Ce procédé permet de traduire la photographie par des entailles plus ou moins larges, plus ou moins profondes, faites au burin dans une planche de métal.
Il a beaucoup d'analogie avec celui de M. Guillaume Petit ( * ) .
Ainsi que le dit Tinventeur, les images obtenues par ce procédé rappellent quelques estampes déjà
C) Voir p. 223.
anciennes, gravées au burin par Claude Mellan. Cette ressemblance est due à ce que la main, d'une part, et la machine, de l'autre, ont opéré d'après le même principe ; on la retrouve en faisant la comparaison d'une tête de Christ gravée par Mellan en 1649. Dans l'une et l'autre gravure, les traits du burin ne s'entre-croisent jamais ; les lignes, souvent équidistantes, sont seulement plus ou moins renflées suivant les ombres et les clairs.
Les planches de M. Sartirana sont gravées par des lignes horizontales, équidistantes, non interrompues dans leur parcours, et le modelé est formé par l'incessante variation dans la largeur du trait.
Le principe de l'invention repose sur l'emploi d'une machine à graver les lignes parallèles (/î^. 46 et 47).
Soit une table de fonte A parfaitement plane, sur la surface de laquelle avance parallèlement une forte règle de fer I, mue d'une manière intermittente par deux vis finement filetées D,D, qui sont fixées aux deux extrémités de la table. Ces vis sont accouplées et, à chaque mouvement que leur communique une même manette U, elles font avancer la règle d'une quantité rigoureusement déterminée, qui peut être réduite au dixième de millimètre.
Le long de cette règle glisse à frottement doux,
mais très précis, un chariot LMN, auquel est
adapté un fléau ou levier porte-burin; ce levier.
assez long, est fixé au chariot par une de ses
ta
extrémités P, l'autre restant mobile; il peut se
relever ^d'une petite quantité sans cesser d'être
parallèle àja règle. Sur ce fléau sont attachés
par des vis deux burins S, R (fig. 48) à une distance Tun de l'autre calculée par avance; Tun des burins, S, est tranchant : sa pointe, en forme de V, présente un angle plus ou moins aigu, déterminé avec précision suivant la largeur des tailles que l'on veut produire; le second burin, R, est à pointe tout à fait émoussée : c'est plutôt un butoir, ce qu'en terme de métier on appelle une touche.
Lorsqu'on fait marcher le chariot le long de la règle, si le butoir rencontre un relief, il remonte, il soulève légèrement le fléau ainsi que le burin coupant, puisque ces trois pièces sont solidaires; et la pointe tranchante, pénétrant ainsi plus ou moins profondément dans la planche de métal fixée sur la table, fait des entailles dont la largeur dépend de la pénétration de Toutil et surtout de l'angle que présente la pointe coupante.
Ceci expliqué, il suffît que le butoir rencontre des reliefs et des creux dont l'ensemble représente les noirs et les clairs d'une image, ainsi que cela existe dans les lithophanies, pour que cette image soit gravée sur la planche par des tailles plus ou moins larges.
Or cette image en relief et en creux peut être obtenue facilement par des procédés photographiques connus, donnés par Poitevin et basés sur les propriétés de la gélatine bichromatée. Le pro-
Cédé Woodbury implique remploi d'un pareil relief!*).
Cette image en gélatine sèche et dure étant obtenue, on la fixe sur la table de la machine à graver a, et, symétriquement, on place la planche de métal b, de manière à faire correspondre à peu près les mêmes parties de chaque planche sous chacun des burins ; puis on met en marche soit à la main, soit à laide d un moteur, et lorsque, dans la marche lente, la règle a parcouru la longueur des plaques, et que le burin a tracé sa série d'entailles équidistantes, mais de largeur variable, la planche est gravée; on lui donne un léger poli au charbon et elle est immédiatement prête pour l'impression.
Suivant que l'image photographique en relief est positive ou négative, la planche obtenue sera gravée pour l'impression typographique ou pour l'impression en taille-douce ; cependant un même relief négatif ou positif peut donner à volonté l'une ou l'autre gravure : il suffit de déplacer le burin tranchant qui, fixé entre la touche et le point de suspension du fléau, traduit les creux par des creux, tandis que si on le reporte sur le prolongement du fléau, au delà du point de suspension, aune distance égale à la première, il traduit les reliefs par des creux et réciproquement en
( ' ) Voir notre Traité de Photoglyptie ( Paris, Gauthier- Villars
vertu du mouvement de bascule qui renverse le travail.
Essais d*Héliogravare, par M. Joussinel (1885).
Le papier gélatine (celui dont on se sert pour le cartonnage), quand on le sensibilise dans un bain de bichromate de potasse, se granule; au développement à Teau tiède, après son impression, cette granulation persiste et constitue un grain propre à l'impression aux encres grasses.
Le papier qui résiste le mieux à ces manipulations est le vert; la nuance foncée se granule fortement, mais les résultats varient suivant la composition de cette nuance; de plus, la différence de relief dans l'image est trop prononcée; la nuance vert fin convient mieux, mais ne se granule presque pas; on y remédie par un gaufrage.
Au sortir du bain sensibilisateur, le papier gélatine est posé sur une applique et mis sous presse; on peut le retirer au bout de dix minutes et le laisser sécher sur l'applique ou Ten détacher.
Comme applique, le taffetas et la gaze de soie à bluter ne font pas mal; ces tissus sont placés entre deux papiers gélatines, et leur peu de relief est très suffisant (comme applique, une empreinte prise sur du sable pourrait convenir pour la taille-douce).
Le gaufrage du papier gélatine peut également se faire après son développement à Teau tiède; dans ce cas la granulation doit être très accentuée; la gaze en laiton du n' 110 ou 120 convient très bien; avec ce gaufrage, la différence de relief disparaît complètement; j'aurais voulu essayer- à cet effet, dit l'auteur, une plaque guillochée ou sablée.
Ce papier gélatine peut également être granulé par impression à la lumière, sous une gaze ou sous un cliché ad hoc, avant ou après l'impression de l'image ; si l'on se
sert de la gaze de soie à bluter, teinte en noir, il est bon de grandir l'ombre portée par les fils, en intercalant pour cela entre la gaze et le papier gélatine une feuille mince de gélatine; le grain est moins sec et passe du pointillé au quadrillé.
Ce papier gélatine, suffisamment gonflé, est passé dans un bain de sulfate de cuivre et moulé avec du plâtre, auquel on a également ajouté du sulfate de cuivre; le rôle du cuivre là-dedans est de rendre le moulage très net.
Le plâtre imbibé de stéarine devient suffisamment dur pour être tiré à la presse typographique, ou bien il est donné à un stéréotypeur pour être converti en une planche galvanique (•}.
Procédé de Phototypo graphie à demi-teintes, par M. José- Julio Rodrigues ( 1877) .
Ce procédé se résume principalement dans ce qui suit :
On recouvre une plaque de cuivre bien plane et bien polie d'une mince couche de gélatine mélangée de bichromate de potasse. Si cette plaque est simplement destinée à reproduire des traits ou des points, elle ne reçoit aucune espèce de préparation antérieurement à l'application de la couche sensible; mais, si elle doit reproduire des demi-teintes, on la couvrira d'abord d'une certaine quantité de résine en poudre très fine.
Cette substance en adhérant à la plaque au moyen d'une chaleur douce, qui en détermine un commencement de fusion, produit des réserves superficielles, qui sont la cause première de l'espèce de granulation qui doit résulter plus tard des opérations de la gravure proprement dite.
(') Bulletin de la Société française de Photographie.
C'est cette dernière manière d'opérer qui se rapporte spécialement au procédé qui fait Tobjet de ce paragraphe :
La plaque ayant été exposée au soleil ou à la lumière électrique, sous un cliché positif produit par juxtaposition, elle est, après les opérations de vernissage, etc., mordue par une solution plus ou moins concentrée de perchlorure de fer, qui, réagissant sur la gélatine soustraite à la lumière, traverse la couche sensible dans les parties plus ou moins exposées au soleil et ronge le métal en raison inverse de l'action lumineuse. Cette perméabilité de la gélatine proportionnelle à la plus ou moins grande opacité des demi-teintes du cliché, aidée par l'action chimique du mordant, qui réagit d'autant plus longtemps et d'autant plus vite qu'a été plus faible l'action de la lumière sur le mélange de gélatine et de bichromate qui recouvre la plaque, donne lieu à la production des demiteintes en taille-douce, motivée par la granulation de la surface métallique. Cette granulation, quoique uniforme, fera naître des tons plus ou moins foncés suivant la profondeur laissée par les interstices qui existent entre les particules de la résine adhérente à la plaque, particules qui protégeront les parties subjacentes contre toute altération.
La résine est indispensable à la reproduction des demiteintes, car, sans elle, la corrosion du cuivre, quoique jusqu'à un certain point proportionnelle aux demi-teintes du cliché, ne sera point accompagnée d'une rugosité suffisante de la surface pour retenir l'encre et permettre le tirage de la gravure.
J'ai remarqué cependant que la résine permet difficilement des tons vigoureux et, en même temps, de la douceur dans les demi-teintes. Rarement l'épreuve possède rintensité nécessaire; et quand cela a lieu les contrastes sont presque toujours exagérés et peu artistiques. Cela résulte, jusqu'à un certain point, du manque de proportionnalité entre les granulations de la plaque et l'effet que doivent présenter les différentes parties du dessin.
11 est à remarquer toutefois que ce défaut, le manque
d'effet de Timage, peut être atténué si l'on fait réagir le perchlorure de fer à différents degrés de concentration sur la même couche de gélatine impressionnée, ou mieux encore si l'on exécute plusieurs gravures sur la même plaque au moyen de divers clichés qui doivent différer entre eux seulement dans la proportionnalité des tons, car les uns seront destinés à la production du noir intense, les autres à celle des demi-teintes.
Ce dernier système, qui exige la répétition de la série d'opérations déjà décrites, puisque, la première gravure étant exécutée, il faut procéder avec la même plaque à l'exécution d'une gravure nouvelle, en multipliant l'action du mordant, a le défaut de ne pouvoir être employé que par des opérateurs fort habiles et d'exiger une superposition parfaite et absolue des images, ce qu'il n'est pas toujours facile d'obtenir.
Afin d'obvier à cette cause d'imperfection, j'ai pensé à remplacer le système de granulation au moyen de la résine en poudre, que je regarde comme inefficace et très gênante, par la granulation immédiatement produite par la couche sensible elle-même, additionnée d'une substance opaque en poudre n'attaquant ni le bichromate de potasse, ni la gélatine ou le perchlorure de fer. Entre autres substances, j'ai employé le sesquioxyde de fer et l'argile rouge calcinée (morceaux de poterie).
Le travail exécuté dans ces conditions donne plus de suavité et de fini, ainsi que des détails plus complets que ceux qu'on obtient à l'aide de la résine.
Tandis que cette substance agit comme préservatif absolu, tant dans les noirs intenses que dans les demiteintes plus transparentes du cliché positif, la poudre incorporée dans la gélatine, par un effet de lumière facile à comprendre, produit sur la plaque une ombre composée, pour chaque particule opaque, d'un noyau plus sombre, facilement perméable au mordant et entouré d'une sorte de pénombre plus ou moins perméable au perchlorure de fer, ce qui adoucit les demi-teintes d'une manière beaucoup plus efficace que la résine en poudre, soudée au mé-
tal par une opération antérieure, indépendante de la formation de l'image sur la couche sensible.
Je dois néanmoins déclarer que cette modification au procédé primitif, que je regarde comme avantageuse, n'est pas encore absolument sanctionnée par une longue pratique, car jusqu'à présent elle n'a été l'objet que d'un nombre restreint d'expériences qui demandent, tout en me paraissant concluantes, à être continuées et corroborées par de nouveaux résultats.
11 est possible que les gravures ainsi obtenues, atteintes bien souvent du même défaut qui résulte de la manière d'opérer décrite plus haut, soient plus vigoureuses ; mais si nous considérons que l'opérateur peut choisir la granulation la plus convenable au travail qu'il veut reproduire, qu*il peut se servir d'un cliché approprié dans lequel la vigueur des contrastes fasse compensation au manque de ces contrastes qui résulte de la nature du procédé, non seulement cet inconvénient pourra être en grande partie écarté, mais encore on trouvera un grand avantage dans ce procédé, si nous le considérons tout simplement comme une opération préalable nécessaire pour l'exécution de la Photogravure typographique avec demi -teintes.
Il suffira seulement, pour cela, que la gravure faite sur cuivre, quoique peu prononcée, ait toutes les demi-teintes bien évidentes et parfaitement déterminées. Une gravure excessivement profonde est, dans le travail qui nous occupe, plutôt nuisible qu'utile.
11 suffira qu'il y ait de l'harmonie dans le dessin, les ombres devront être formées par une granulation extrêmement fine, mais visible et très sensible.
Il est intéressant de rapprocher les indications datant de 1877, des procédés de Photogravure actuellement pratiqués.
Procédé Meisenbach pour l'exécution des clichés typographiques à demi-teinte (1888).
La particularité que Ton peut considérer comme la plus caractéristique de la méthode imaginée par Meisenbach (*) pour produire un grain, consiste dans remploi d'un réseau placé d'abord dans une certaine position, puis dans une autre généralement perpendiculaire à la première, moyen gui sans aucun doute produit un grain donnant des détails mieux modelés et fouillés que celai qui a pour objet l'emploi d'un réseau graine formé de deux séries de lignes croisées.
Quelques détails complémentaires sont utiles à indiquer. La première idée, consistant à placer un réseau entre le négatif à demi-teintes continues et la couche photolithographique sur laquelle on obtient l'épreuve à transporter, ce qui produit la discontinuité des demi-teintes, a été récemment modifiée de diverses façons.
Le mot réseau doit être pris dans son sens le plus large et il comprend des pellicules négatives obtenues d'après des originaux de diverses sortes à l'aide de la Photographie et des procédés mécaniques.
Un des moyens les plus simples d'obtenir un ré-
(•) Brevet de 1882.
seau consiste dans la photographie d'une feuille de papier ou de carton que l'on a recouverte de lignes croisées, tracées parallèlement et très régulièrement espacées, puis dans le pelliculage du négatif ainsi réalisé.
On peut également user d'une autre méthode en produisant un grain à la surface d'une pierre lithographique dont on lire une impression vigoureuse sur un papier mince et transparent.
On a considéré comme pouvant fournir un résultat très satisfaisant une étamine serrée tendue sur un cadre, à moins que sa texture ne fût inégale, des points de dimensions inégales pouvant se retrouver çà et là et nuire par ce fait même à la valeur du résultat.
Husnik a simplifié comme il suit cette méthode :
Tout d'abord on grave à la surface d'une pierre lithographique polie une série de lignes parallèles bien régulières, ce qui s'obtient à l'aide d'une pointe de diamant et d'une machine à régler; les lignes doivent être assez rapprochées les unes des autres pour qu'il y en ait environ quarante à cinquante-deux au centimètre.
La pièce ainsi préparée est traitée pour l'impression par les moyens habituels et l'on en tire des épreuves sur papier couché mat.
Une de ces impressions est alors photographiée soit à la même échelle, soit à une échelle légère-
ment réduite, et Ton exécute deux négatifs dont un a les lignes correspondant aux plus longs côtés de la plaque et l'autre aux côtés les moins longs.
La photographie à reproduire est mise au point et l'une des lignes négatives est interposée entre Tobjectif et la plaque sensible et tout à côté de cette plaque.
On pose la moitié environ du temps nécessaire, après quoi le réseau qui vient de servir est remplacé par celui dont la ligne est en sens contraire et Ton donne le complément de la pose.
Lors du développement on a un négatif dont les demi-teintes continues, par rapport à celles de Toriginal, ont été transformées en demi-teintes grainées.
Avec ce négatif on produit, à l'aide des procédés de transfert photolithographique, ou par le procédé au bitume, ou bien à Talbumine, un cliché typographique présentant les qualités imprimantes des meilleurs travaux industriels de cette sorte.
Meisenbach, dans la spécification de son brevet, n'indique pas clairement que le réseau est tourné de façon à amener le croisement des lignes d'un sens à l'autre, bien que cela semble résulter de sa méthode. Il dit: « On grave sur une plaque transparente des lignes parallèles, on fait un positif de cette plaque et les deux sont réunies face à face.
» Avec ces plaques combinées on obtient un négatif par le procédé usuel.
» Pour produire des demi-teintes brisées et formées de traits croisés, donnant aux ombres Taspect des impressions typographiques, la plaque lignée est tournée une ou plusieurs fois durant la pose.... »
Ce que Meisenbach revendique, c'est spécialement le fait de tourner la plaque lignée une ou plusieurs fois pendant la durée de la pose soit du négatif, soit du positif (*).
Procédé de Photogravure d'Amand-Durand.
La base du procédé employé par Amand-Durand était le procédé primitif de NicéphoreNiepce, qu'il a d'ailleurs modifié et perfectionné.
Il donnait la préférence aux méthodes reposant sur remploi des mélanges bichromates, parce que, suivant lui, les épreuves obtenues dans ces conditions ne peuvent pas, comme celles au bitume de Judée, résister à la morsure profonde des acides.
Il ne croyait pas que les épreuves obtenues avec les mélanges bichromates pussent être appelées à prendre rang parmi les productions industrielles proprement dites et il les considérait plutôt comme appartenant au domaine artistique.
Sa méthode opératoire consistait surtout dans
(*) Pholograjphic News.
la production d'une gravure primitive, encore grossière, tantôt en relief, tantôt en creux, qu'il retouchait et finissait ensuite par les procédés ordinaires.
Moyen de tracer sur le cuivre des dessins à. graver.
M. le major Waterhouse a indiqué un moyen de tracer spécialement des traits sur le cuivre à graver.
La plaque de cuivre, prête à être gravée, ayant reçu un enduit de bitume, est exposée à la lumière sous le dessin à reproduire, puis développée à l'essence de térébenthine, comme on le fait habituellement.
Quand elle est complètement développée, les lignes du dessin sont marquées par le métal mis à nu et se détachent sur un fond de bitume. Si maintenant on passe sur la plaque un tampon de coton imbibé d'une solution de platine, les lignes deviendront noires.
Le bitume qui recouvre le fond est enlevé avec de la benzine et le dessin apparaît en traits d'un beau noir sur le fond de cuivre.
Cette méthode peut être appliquée à Tornementation de surfaces métalliques.
Procédé pour durcir le plAtre (1885).
M. Julhe a rendu compte à l'Académie des Sciences des expériences qu'il a entreprises dans le but de rendre encore plus général l'emploi du plâtre.
De toutes les substances employées dans les constructions, le plâtre est la seule qui augmente de volume après son application, tandis que les mortiers ou ciments, et même le bois, éprouvent du retrait et des fendillements par la dessiccation. Appliqué en couches suffisamment épaisses pour résister à la rupture, il offre donc une surface que le temps et les variations atmosphériques n'altèrent pas, pourvu qu'on la tienne à l'abri de l'eau.
Seulement, il faut donner au plâtre deux propriétés qui lui manquent, la dureté et la résistance à Técrasement. C'est ce que M. Julhe s'est proposé de réaliser par les procédés suivants :
On mélange intimement 6 parties de plâtre avec 1 partie de chaux grasse, récemment éteinte et finement tamisée. On emploie ce mélange comme le plâtre ordinaire pour confectionner un objet quelconque et, une fois sec, on imbibe l'objet avec une solution d'un sulfate à base précipitable par la chaux et à précipité insoluble. Il se forme du sulfate de chaux et de l'oxyde, tous deux insolubles,
qui remplissent les pores de l'objet et le rendent dur et tenace.
Le sulfate de zinc et le sulfate de fer sont ceux qui conviennent le mieux. Avec le premier, l'objet reste blanc; avec le second, l'objet, d'abord verdâtre, prend en peu de temps la teinte du sesquioxyde de fer.
Nettoyage des anciennes gravures pour les rendre propres à être reproduites par la Photographie.
Le D' Diamond a indiqué le procédé suivant :
La gravure est placée, Tirnage en bas, dans un grand vase plat et l'on verse dessus deTeau bouillante, en ayant soin de ne pas laisser tomber l'eau directement sur la gravure. On verse l'eau d'une bouilloire pendant qu'elle est en pleine ébuUition, au moyen d'une cuiller de bois qui la fait tomber très doucement sur l'envers du papier.
On laisse la gravure tremper ainsi pendant deux heures, ou même un peu plus longtemps, puis on l'enlève avec un grand soin et on la place sur une feuille épaisse de bon papier blanc.
Dans certains cas un second lavage de cette espèce est nécessaire pour enlever complètement toutes les impuretés et rendre à Tancienne gravure sa propreté originelle.
Pour la sécher, on place la gravure sur une feuille épaisse de papier buvard blanc, bien à
plat, et quand elle est sèche on la presse entre deux feuilles de papier neuf et propre, mais sans employer le fer chaud.
Transformation rapide d'une plaque de zinc au bitume de Judée en une plaque gravée, indestructible et pouvant fournir un nombre Illimité d'épreuves, par M. le capitaine Blny (1882).
Cette transformation se fait très simplement de la manière suivante :
On prend une plaque zincographique ordinaire, encrée ou non, mais mieux encrée déjà sur son bitume et même gommée; on la passe rapidement dans une solution étendue d'acide nitrique, en la frottant avec une brosse douce pour la décaper; puis on lave à grande eau et on la plonge encore humide dans un bain de cuivrage au trempé très facile à composer.
On l'y laisse de cinq à dix minutes seulement. Le zinc se couvre de cuivre adhérent sur toutes les parties qui ne sont pas protégées par le bitume du dessin. Les parties trop lourdes de l'image se resserrent même et s'épurent sous l'action du bain de cuivrage. Quand toute la surface du zinc, primitivement à nu, présente un bel aspect rouge sanguin, on retire la plaque et on la lave à grande eau. On l'essuie, puis on la place dans une cuvette contenant un peu de benzine pure. A Taide d'un pinceau et en frottant le bitume on le fait disparaître entièrement de dessus la plaque et le dessin se montre blanc luisant sur un fond de cuivre rouge sombre. Lorsque le zinc est bien dégagé de tout vernis sur l'image, on projette à sa surface un jet d'eau vigoureux pour chasser toute trace de benzine et on la frotte ensuite avec un chiffon ou une éponge dans un baquet d'eau. Cela fait, et sans l'essuyer, on le place dans
Je même bain d'acide nitrique très étendu qui a servi au décapage, et Ton s'aperçoit alors que seul le zinc découvert de l'image est rongé, tandis que toute la surface cuivrée résiste à l'action de l'acide. Au bout de cinquante à soixante secondes, on a une belle planche de Photogravure dont on obtient la mise en train et l'encrage comme l'a indiqué M. le commandant de la Noë dans le numéro de juin 1880 du Bulletin de la Société française de Photographie. On n'a donc pas eu besoin d'un dessin ou d'un cliché positif pour la produire.
Une morsure plus prolongée, exigeant d'ailleurs à la surface du zinc une couche de cuivre plus épaisse, au besoin renforcée à la pile, conduit de même à des planches pouvant se tirer en taille-douce.
Dans ce cas, pour que les diverses parties de l'image héliographique au bitume conservent bien toute leur valeur sans diminution, il est nécessaire de les encrer vigoureusement au rouleau, avant le cuivrage sur zinc resté nu. Le cuivre résistant bien à l'acide, lors de la gravure, on n'a pas à craindre ensuite les petits affouillements qui peuvent se produire intérieurement dans le zinc, de part et d'autre des tailles.
Ce procédé est donc très bon pour fournir des planches gravées, en zinc épais et cuivré, à bien meilleur compte que les planches tout en cuivre.
En se servant de clichés positifs ou de dessins bien noirs sur papier translucide et d'un cuivrage bien entendu de plaques de zinc, données par ces types, toujours avec le bitume de Judée, on peut encore arriver, par des manipulations analogues à celles qui ont été indiquées plus haut, à des planches typographiques dans lesquelles les reliefs sont cuivrés superficiellement et les creux à vif dans le zinc (*).
(^) Moniteur de la PhotograpJiie.
Photogravure par gonflement de la gélatine.
On recouvre d'une mixture de gélatine soit une glace bien propre, soit une plaque de zinc bien polie.
1 partie de la gélatine est mise à tremper pendant une heure dans 4 parties d'eau chaude, puis la solution est versée dans un récipient en fer et chauffée jusqu'à 50° ; on y ajoute alors un mélange de glycérine, d'ammoniaque et de sucre, puis on y introduit le bichromate de potasse.
Voici la formule de la mixtion :
Gélatine Goignet de bonne qualité... 120»' Eau 200 "
On laisse tremper jusqu'à complet gonflement, après quoi on fait chauffer et l'on maintient la température à' 40** ou 50** C. pendant quarante-huit heures, en agitant fréquemment.
Durant cet état, la gélatine se décompose, en émettant une odeur désagréable.
On agite souvent pour éviter qu'il ne se forme de l'écume à la surface de la solution et aussi pour empocher la gélatine de se prendre sur les parois du récipient.
Quand la décomposition est complète, on ajoute
Sucre blanc 13«'
Glycérine 5
Ammoniaque — 75 gouttes
On colore le liquide avec un peu d'encre de Chine. Enfin, on mêle intimement du bichromate de potasse dissous dans la moindre quantité d'eau 'possible. Le tout est filtré plusieurs fois à travers de la mousseline et on le met dans une étuve chauffée à 60** pendant quinze à vingt minutes.
Ce mélange est alors transporté dans l'atelier obscur et filtré dans un pot de terre préalablement chauffé.
On en recouvre les plaques, alors que la solution est encore chaude. On place ces dernières sur une plaque calée bien de niveau, après quoi, lorsque la gélatine a fait prise, on les met à sécher dans une boîte à chlorure de calcium.
Après une complète dessiccation, on procède à l'impression. Le sens du négatif ne doit pas être modifié. L'exposition à la lumière a lieu comme d'habitude, en ayant soin de comprimer fortement le cliché contre la plaque, de façon à obtenir le contact le plus immédiat. Des châssis-presses spéciaux, munis de leviers et d'écrous, conviennent mieux pour ce travail que les châssis ordinaires.
Une insolation de vingt minutes en plein soleil est suffisante. On met, après l'exposition, la plaque dans une cuvette contenant juste assez d'eau pour la recouvrir complètement.
L'eau est changée plusieurs fois pour bien enlever le sel de chrome des parties non impressionnées. Durant cette opération la gélatine absorbe beaucoup d'eau; elle se gonfle et il se forme un relief.
Le temps durant lequel on doit laisser la plaque dans l'eau importe beaucoup au succès de l'opé-' ration, car c'est de la durée de l'immersion que résulte la nature du trait.
Si l'immersion *est trop longue, le sommet des traits sera arrondi de telle sorte que, la gravure terminée, on n'obtiendrait à l'impression que la ligne donnée par le sommet de la courbe.
Une immersion insuffisante donne un relief bas et les traits sont terminés par une courbe surbaissée en forme de coupe.
Une durée d'immersion convenable donne des traits dont la surface supérieure est plate.
Avec un peu de pratique on arrive aisément à apprécier la durée de l'immersion nécessaire.
Après que la plaque s*est gonflée, on la lave de nouveau, puis on la met à durcir dans une solution de
Eau 15 parties
Alun de chrome 1 partie
Lavée de nouveau, elle est posée sur une pierre bien polie enduite d'huile très régulièrement. On place autour de la plaque des règles de fer de la
hauteur exacte des caractères et enduites d'huile pour empêcher le plâtre d'y adhérer.
Prenez du bon plâtre à mouler que vous mêlez avec de l'eau de façon à en faire une pâte épaisse ; ajoutez-y une pincée de borax en poudre, puis coulez le plâtre sur le moule et enlevez l'excès débordant des règles. On laisse le plâtre se sécher, puis les règles sont enlevées et l'on sépare le moule de la plaque gélatinée. Le résultat est une épreuve en creux du relief en gélatine.
On peut aussi obtenir le conlre-moulage en paraffine, cire, ou bien avec un mélange de ces deux substances, mais il est préférable de faire usage de plâtre à cause de sa plus grande consistance.
Dès que le plâtre est complètement sec, on enlève les règles de fer et, à l'aide d'une lame de couteau que l'on intercale entre les deux surfaces, on en provoque la séparation. 11 faut procéder avec assez deprécaiition pour éviter de briser le moulage.
11 n'y a plus alors (ju'à couler du métal de stéréotype sur le moule en plâtre, ainsi qu'on le fait d'habitude.
La gélatine gonflée ne donne pas aux traits une grande profondeur; aussi faut-il creuser à la main dans le métal les grandes lumières. On monte la plaque de métal sur un bloc de bois pour la rendre propre à l'impression (' ).
(') Photographie Times.
Grayontsrpe. Procédé d'obtention d'un nouveau grain, par M. A.-T. Eggis (1888).
L'auteur a désigné ce procédé sous le nom de crayontype, parce que les images qu'il produit ont beaucoup d'analogie avec celles qu'on obtient à l'aide d'un crayon à la mine de plomb.
Je produis, dit-il, un positif sur gélatine à la surface d'une plaque (glace), image obtenue par la méthode bien connue qui donne des reliefs.
Le point le plus élevé de la surface, après dessiccation, ne doit pas excéder la hauteur de l"-.
Les autres accessoires nécessaires sont :
!• Un papier ligné de même sorte que celui* qui sert aux artistes exécutant des dessins en vue de la gravure;
2» Quelques feuilles de papier à calquer enduit d'une matière colorante grasse;
3" Une petite presse.
Muni de ces objets, je fais ma gélatine positive que je' pose sur une pierre lithographique ou sur le marbre d'une presse, la face préparée tournée en dessus.
Sur le relief, je place une feuille de papier à transfert, le côté préparé en dessus; puis, par-dessus cette feuille, je pose le papier autographique rayé ou graine.
Par-dessus cet ensemble, je place une plaque d'acier bien polie et parfaitement plane.
Le tout est mis sous la presse et le levier est tourné doucement de façon à produire une pression douce et graduelle.
On sépare ensuite les divers éléments et Ton trouve sur le papier graine une bonne épreuve parfaitement modelée de l'image en gélatine.
Cette reproduction étant formée d'une substance grasse, on peut la transférer directement sur pierre pour en
tirer des épreuves lithographiques, ou sur métal pour la graver de la façon habituelle.
On comprend ce qui se passe : Suivant que les reliefs sont plus ou moins accusés, la pénétration dans l'épaisseur du papier graine est plus ou moins grande; aux parties les plus élevées correspondent des noirs plus intenses et les blancs se maintiennent là où le relief est nul.
On obtient ainsi des résultats fort satisfaisants.
Procédé de Phototypogravure TVoodbury
Ce procédé remonte aux premiers temps des essais de gravure des reliefs pour demi-teintes.
Dans la spécification de son brevet (1873) Woodbury s'exprime ainsi :
Je prépare des feuilles de gélatine bichromatée semblables à celles que Ton emploie dans mon procédé de woodburytypie et je les expose sur un positif à l'action de la lumière en interposant entre elle et la couche de gélatine un réseau de mousseline, tulle ou autre réseau analogue, lequel a pour effet de briser le relief en une multitude de points ou lignes.
La feuille de gélatine, bien lavée après l'impression lumineuse, donnera un relief sur lequel l'épreuve positive se trouvera représentée par un grand nombre de lignes au lieu des demi-teintes continues de l'original.
Une impression de cette épreuve est obtenue à l'aide de la compression contre une surface métallique molle et l'on a ainsi des blocs dont on peut tirer des impressions typographiques s'il s'agit d'un petit nombre d'épreuves; s'il en faut un grand nombre, on en fait un moulage électrotypique.
Woodbury a indiqué une autre méthode :
Je prends, dit-il, un négatif du réseau par lumière transmise et je l'imprime en même temps que le négatif à reproduire, produisant ainsi un positif portant le réseau et dont je me sers pour faire le relief et les blocs typographiques.
Voir p. 61, l'impression ainsi obtenue.
Procédé de Phototypog^ravure de M. Ives (1883).
Ce qui suit est un extrait des parties essentielles du deuxième brevet de M. Frederick Ives concernant son procédé dePhototypogravure. Il est daté de 1883.
Mon invention est relative à certains perfectionnements apportés à la façon d'exécuter des impressions lignées (ou réseaux) d'après les négatifs photographiques dont il est question dans mon brevet de 1881.
Les caractères essentiels de mon invention consistent dans la production d'une impression en lignes d'après une photographie sur nature ou d'après les œuvres artistiques en exécutant d'abord un négatif de l'objet à reproduire, puis en produisant, d'après ce négatif, un plâtre en relief sur lequel les différentes intensités lumineuses sont représentées par des hauteurs différentes du relief, et enfin en obtenant une impression à l'encre d'imprimerie en imprimant le plâtre en relief contre une surface de lignes ou de points en relief.
Le perfectionnement actuel a pour objet de gagner de la rapidité et de l'économie. Je procède de la façon que voici :
Je commence par produire une plaque en relief d'après un négatif photographique ordinaire de Pobjet à copier; ce relief présentant une surface blanche, je préfère me servir d'un moulage en plâtre d'après un relief en gélatine gonflée, parce que l'on peut faire ainsi un relief convenable beaucoup plus vite et plus économiquement par ce moyen que par aucun autre.
Au lieu de me servir d'une surface de papier portant des lignes en relief ayant la forme d'un V, ainsi que je l'ai décrit dans mon premier brevet, j'emploie la composition des rouleaux d'imprimerie ou toute autre substance élastique équivalente, les lignes en relief ou points étant moulés ou formés de toute autre façon sur cette composition d'une manière convenable.
Un des avantages de l'emploi de cette composition ou . de toute autre similaire est qu'une seule surface de cette matière peut servir à la production d'impressions d'un très grand nombre de variétés de lignes ou de points.
Un autre avantage est que cette surface est moins sujette à détériorer le relief en plâtre lors de la transmission de l'impression.
La troisième revendication de mon invention est celle relative à la production des lignes à l'encre d'imprimerie par l'impression des reliefs en plâtre contre celte surface.
J'y arrive en encrant les lignes ou points avec de l'encre d'imprimerie, puis en pressant cette surface encrée contre le relief photographique blanc.
Il en résulte qu'une impression lignée se produit sur la surface blanche du relief. L'épaisseur des lignes ou la dimension des points dépendent du degré de pression des lignes en forme de V, de la surface élastique, contre la surface du relief.
D'après l'impression lignée ainsi obtenue, on peut obtenir une photogravure par toute méthode usuelle.
Modification au procédé de Phototypogravure à demi-teinte, par Ives (1888).
La méthode Ives fut perfectionnée en 1883.
Je ne reproduis plus à la chambre noire, dit-il, l'impression sur le plâtre en relief. J'ai simplifié cette méthode en la remplaçant par une opération plus parfaite et plus régulière.
Après avoir obtenu Timpression sur le plâtre en relief, je la recouvre de collodion normal qui pénètre l'encre sans la dissoudre.
Après dessiccation, je l'enduis avec une solution de gélatine dans de l'eau acidulée, je l'enlève et j'en fais un négatif par contact sur une plaque ordinaire au gélatinobromure.
Les négatifs sont ainsi obtenus plus vite et plus parfaitement par ce moyen, et en renversant l'image pellicularisée j'évite la nécessité de faire un négatif redressé.
On peut conserver la pellicule dans un livre, de façon à pouvoir en user pour d'autres plaques si c'est nécessaire.
Les plâtres en relief que j'obtiens d'après la gélatine gonflée ne se conservent pas plus d'une semaine ou deux, leur surface tendant à se glacer après un certain nombre d'expositions à une atmosphère humide.
Le procédé Ives, d'après son brevet de 1878, peut se résumer comme il suit :
1^ A l'aide d'un négatif photographique ordinaire, on exécute un relief en gélatine semblable à ceux dont on fait usage dans le procédé Woodbury, mais plutôt moins élevé comme relief.
2° Ce relief est encré avec soin et régulièrement
avec de la bonne encre d'imprimerie et pressé entre deux surfaces plates (ou entre deux rouleaux) contre un papier ou toute autre surface sur lesquels est estompé un grain très fin ou tout autre réseau convenable.
Le relief encré, se trouvant plus élevé dans les surfaces noires, comprime le grain du papier dans les surfaces correspondantes, et l'encre qui s'attache au papier dans ces parties produit une impression noire, tandis que, sur les parties où le relief en gélatine est plus bas, la surface grainée est pressée moins fortement et Tencre retenue par les points dont la dimension dépend du grain du papier et de la force de la pression. Il en résulte un effet semblable à celui que l'on obtient en travaillant au crayon sur des surfaces rugueuses.
Méthode de Photogravure de M. Sawyer (1885) (M.
La méthode décrite par M. Sawyer consiste surtout dans l'emploi d'une mixtion au sein de laquelle se trouve incorporé le grain.
Il faut, dit-il, produire une image en gélatine colorée ayant le relief convenable et portant dans sa masse un grain approprié à la nature et à la dimension des sujets et, en plus, bon conducteur de l'électricité.
(*) Cette méthode est un résumé de celle indiquée page 335.
Pour atteindre à ce résultat, il a inventé une nouvelle mixtion contenant du graphite amorphe en grains de diverses dimensions et en quantité de cette matière dans un rapport tel avec la mixtion, qu'elle puisse donner le relief voulu pour produire de bons effets avec les négatifs usuels.
La dimension du grain dans ces mixtions est indiquée comme il suit : celle qui porte le n° est la plus fine, le n° 1 la grosseur moyenne, et le n<» 2 a le grain le plus gros.
Ainsi la reproduction d'un petit portrait ou d'un paysage, ou la copie d'un sujet au trait ou d'un dessin devra être exécutée avec la mixtion du grain le plus fin.
Les plaques de plus grand format, par exemple de 30'™ à 40''", comporteront l'emploi d'une mixtion n° 1 , et pour des sujets de^rande dimension, offrant des modelés d'une certaine étendue, un grain relativement plus gros conviendra mieux et Ton pourra faire usage de la mixtion n'* 2.
Par l'emploi du graphite, M. Saw^yer obtient non seulement la hauteur du relief et le grain désirés, mais encore cette substance présente l'avantage d'être un des meilleurs conducteurs de l'électricité. Et comme il se trouve dans l'image en quantité relativement considérable, la plus grande partie de la gélatine ayant été enlevée par le fait du développement, il forme un conducteur très convenable pour obtenir le dépôt de cuivre sur la sur-
face en relief, avec Taide d'un courant électrique. Dans les anciennes méthodes de formation du grain d'impression, on a toujours trouvé que la granulation était insuffisante dans les ombres les plus intenses. Cela tenait probablement à ce que le grain était extérieur à la couche. Mais en l'introduisant au sein même de la mixtion, il se trouve en quantité plus grande dans les ombres et donne ainsi des impressions plus riches et plus variées dans les demi-teintes.
Plaques de zinc pour impression partiellement amalgamées (1887).
Quand du mercure est déposé sur une plaque de métal, l'encre lithographique ne prend pas sur cette surface et elle n'adhère que dans les parties exemptes de ce dépôt.
Si une plaque de zinc est recouverte d'un dessin mercuriel, on peut la graver en creux sans l'enduire au préalable d'une réserve.
Le bain de morsure est formé de 100 parties d'eau et de 2 parties au moins d'acide nitrique.
L'action de l'acide est très rapide pendant un assez long temps, les seules parties recouvertes de mercure sont attaquées.
Quand le creux est suffisant, on peut se servir de la plaque pour une impression lithographique.
Si, au lieu d'acide nitrique, on se sert d'acide
chlorhydrique, il se produit un effet contraire.
Le zinc non amalgamé est énergiquement attaqué et les parties couvertes de mercure forment les reliefs sur lesquels a lieu l'impression typographique ordinaire.
Si l'opérateur ne veut pas dessiner sur le zinc, il peut obtenir une image à sa surface à l'aide d'un dessin tracé sur papier avec un sel de mercure. La feuille de papier est ensuite appliquée pendant deux heures contre la plaque de zinc et le dessin s'y trouve nettement reproduit en lignes blanches, en amalgame, sur la surface grise du métal, exactement comme si on Ty avait dessiné directement.
On obtient le même résultat si le dessin se trouve formé sur du papier avec un liquide poisseux (encre contenant de la gomme ou du sucre), puis saupoudré avec un sel de mercure finement pulvérisé.
On époussète l'excès de poudre, puis, en appliquant la feuille ainsi traitée contre la surface métallique, on obtient le même résultat que cidessus.
Un effet semblable est également obtenu si Ton saupoudre une impression faite à l'encre grasse avec de la poudre d'un sel mercuriel, pourvu que l'encre soit encore moite. Tous les traits ainsi reproduits sont gravés chimiquement ainsi qu'il a été indiqué plus haut.
On parvient encore à un résultat analogue en poudrant avec de la poussière d'un sel de mercure une épreuve au charbon contenant une substance gommeuse, et l'on arrive même à réaliser ainsi des demi-teintes.
Le biiodure de mercure est le sel le plus propre à cette application (*).
Procédé Sutton pour produire des clichés typosraphiqnes (1891).
Faire un négatif de trait qu'on lave à fond et qu'on passe au buvard pour enlever Teau en excès, puis le mettre dans une cuvette en métal à une certaine distance au-dessus d'un bec Bunsen, en agitant la cuvette de façon à régulariser l'action de la chaleur.
L'effet sur la plaque est presque immédiat, elle commence à émettre des vapeurs et les parties exposées se gonflent en formant de hauts reliefs.
Quand le maximum de l'effet s'est produit, la plaque est laissée dans la cuvette que l'on place sur l'anneau d'un porte-entonnoir à 35*^™ audessus du brûleur et elle est complètement sèche au bout de douze minutes environ.
Le relief reste encore apparent, mais il se trouve réduit de plus de moitié.
C) American Lithographer and Printer.
Il y a alors à recouvrir de cuivre la surface de gélatine par voie électrotypique.
Ce procédé, dont nous résumons ci-dessus les principales phases, n'apporte rien de bien neuf ni de bien spécial; il est simplement indiqué pour mémoire.
Phototypographie. Procédé Lenoir (1880).
Voici comment M. Lenoir décrit cette méthode :
Jusqu'à maintenant, pour obtenir ces négatifs, on tirait une épreuve à l'encre grasse par le procédé Poitevin. Une impression en était obtenue sur une feuille de papier transfert que Ton plaçait sur une plaque métallique; après l'avoir soumise à Taction de l'acide, on l'encrait à plusieurs reprises sous l'eau, ce qui était difficile et incertain.
J'ai trouvé un moyen d'opérer directement sur plaque sans encrage. Voici comment ;
J'enduis légèrement d'albumine additionnée de bichromate et de carmin une plaque métallique. Le carmin intervient non seulement comme matière colorante, mais il aide à l'enlèvement de la pellicule, à cause de sa solubilité dans l'ammoniaque.
Diverses résines conduisent presque aussi bien au même résultat.
Quand la couche a été arrachée, il reste une image formée d'albumine, image qui, par elle-même, ne saurait résister à l'action des acides. On doit donc la rendre insoluble.
On y arrive par deux moyens : Le premier consiste dans l'absorption par Talbumine d'une solution de gomme laque dissoute dans de l'eau chaude avec du borax.
L'autre moyen est celui qui me semble préférable : je plonge la plaque, après arrachage, dans une solution de bichromate de potasse, puis je la sèche à une température
de 50* C. L'albumine acquiert ainsi la résistance voulue à l'action des acides.
La plaque doit maintenant être gravée pour lui donner un grain proportionné à la quantité d'encre qu'elle devra prendre.
On verse sur la plaque rendue imperméable une couche consistant en une solution de bitume de Judée et de térébenthine mélangée avec du carbonate de chaux.
Quand on la plonge dans de l'acide, l'acide carbonique est mis en liberté; il se forme des canaux étroits à travers lesquels l'acide attaque le métal plus ou moins rapidement suivant l'épaisseur de l'albumine.
Mais si l'on fait usage d'un acide trop fort, les petits canaux seront bien vite détruits; c'est pourquoi j'use d'un liquide acide composé d'eau acidulée avec de l'acide nitrique, de l'acide oxalique et de l'alun; il se forme alors un oxalate du métal sur les bords des canaux, ce qui les fait adhérer à la plaque. La granulation de la gravure est plus ou moins fine suivant le temps plus ou moins long pendant lequel l'albumine absorbe l'acide.
Il se produit de petites élévations semblables à des pyramides microscopiques. Dans cet état, le travail est terminé, il n'y a plus qu'à sécher la plaque et elle est prête à être imniédiateiuent imprimée; aucune autre préparation préliminaire n'est nécessaire et l'opération entière peut s'eiîectuer dans un laps de temps d'environ trois heures (^).
Méthode de M. Zuccato
pour transformer une photographie en un cliché
typographique (1884).
M. Zuccato a indiqué plusieurs méthodes de cette sorte. La première consiste dans l'emploi
(M Plwtographic News.
d'une plaque de métal à caractères ou d'une matière analogue, d'une faible résistance, que l'on rend tout à fait plane et dont la surface est couverte d'une série de lignes affectant la forme d'un V, très rapprochées les unes des autres ; cette plaque est encrée au rouleau ou au tampon.
Une feuille de papier à transfert mince est ensuite posée sur la plaque encrée, et sur cette feuille est appliqué le relief que l'on y comprime avec une presse hydraulique.
Dans ce cas, les rayures encrées s'écrasent plus ou moins suivant la profondeur relative des diverses parties du relief, et l'empreinte des lignes plus ou moins aplaties est obtenue sur papier avec une netteté remarquable.
On obtient ainsi une impression avec de l'encre à transfert, que l'on peut transporter directement sur une plaque métallique que l'on grave de façon à avoir des lignes en relief.
On produit ainsi un bloc typographique présentant bien des caractères d'une gravure sur bois, les traits, bien que de largeur variable, étant continus, sauf dans les blancs et dans les parties où se trouve un noir complet; mais ce qu'il y a de plus intéressant dans cette méthode, c'est que la clarté et la netteté des lignes donnent aux blocs d'excellentes qualités d'impression.
Dans d'autres cas, M. Zuccato encre une pièce
de soie ou un réseau d'autre sorte et il l'interpose entre une plaque de zinc et le relief, une feuille de papier étant posée, si c'est nécessaire, de l'autre côté du tissu encré.
La nature du grain résulte, dans ce cas, de la distance des fils formant le réseau, et l'on obtient une image à lignes croisées.
La troisième méthode de M. Zuccato consiste dans l'impression du relief contre une plaque de métal sur laquelle a été imprimé un réseau. L'enlèvement inégal de l'encre détermine la production de l'image.
La première de ces trois méthodes semble la meilleure, à cause do l'exceptionnelle clarté du résultat obtenu, mais elle rappelle absolument celle que Charles-Guillaume Petit a fait breveter en novembre 1879.
Gravure photographique par le procédé de transfert d'Asser, d'Amsterdam (1883).
Une feuille de papier, par exemple du buvard blanc, est posée sur une glace et enduite avec une éponge souple de pâte d'amidon, de façon à bien garnir seulement les pores du papier.
Cette feuille est ensuite séchée, après quoi on la sensibilise en la faisant flotter pendant cinq minutes, le côté amidonné en dessus, sur une solution de bichromate de potasse à 5 pour 100;
on la fait sécher ensuite dans une pièce modérément chauffée.
Quand elle est sèche, on Texpose sous un négatif ordinaire pendant les deux tiers environ du temps nécessaire pour obtenir une impression à Targent ; l'épreuve est alors lavée à l'eau jusqu'à l'entière disparition de toutes traces du bichromate non impressionné.
On éponge dans du buvard l'épreuve mouillée, on l'expose à l'air jusqu'à complète dessiccation, puis on l'intercale entre deux feuilles de papier blanc ordinaire.
On la repasse alors avec un fer chauffé à la température de 150° G., ce qui a pour objet de durcir l'encollage qui, après cette opération, devient bien plus apte à retenir l'encre grasse.
La feuille est ensuite mouillée, posée sur une feuille de papier buvard humide et encrée avec un rouleau de velours chargé d'encre lithographique à transfert plutôt légère.
L'encre adhère aux parties impressionnées qui n'ont pas absorbé d'eau, et il se forme comme un dépôt granulé laissant les parties du papier complètement humides, claires et blanches.
L'image granulée ainsi obtenue est alors appMquée contre une plaque de zinc et gravée en relief.
Procédé de grayore sur verre & Tacide fluorhydrlqne 1888).
M. Dachochois a indiqué deux procédés de photogravure sur verre :
Premier procédé, — Battez, jusqu'à formation d'une mousse épaisse, les blancs de trois œufs avec 90 gouttes d'ammoniaque et S»"" de bichromate de potasse finement pulvérisé. Laissez au repos pendant quelques heures et décantez le liquide clair en le filtrant à travers une flanelle. Cette solution se conserve bien dans Tobscurité pendant trois ou quatre semaines.
Pour enduire la plaque, fixez-la solidement sur un support pneumatique, mouillez sa surface sous un robinet, puis, après écoulement, versez-y la liqueur en y revenant à plusieurs fois et dans des directions opposées en recueillant l'excès dans un flacon.
Cela fait, ramenez la plaque sur elle-même de façon à distribuer à sa surface le liquide accumulé sur les bords, puis posez-la sur une tournette pour obtenir une couche d'albumine mince et très régulière. Laissez ensuite sécher spontanément dans l'obscurité.
Les plaques doivent être préparées le jour même de leur emploi, parce que Tinsolubilité de la
couche sensible se produirait rapidement en dépit de robscurité.
La plaque à impressionner est placée dans un châssis-presse sous un dessin au trait et exposée pendant une minute environ en plein soleil et dix à quinze minutes à l'ombre, et même plus longtemps suivant l'intensité de la lumière, car les parties impressionnées doivent être insolubilisées dans toute leur épaisseur, sans quoi Talbumine se dissoudrait lors des opérations suivantes.
Après l'action lumineuse, on passe un rouleau chargé d'encre grasse sur la couche d'albumine (on peut, si l'on n'a pas un rouleau sous la main, passer l'encre, diluée dans de l'essence de térébenthine, avec un pinceau) de façon à la recouvrir d'une couche mince d'encre très diluée.
On l'immerge ensuite dans de l'eau froide où l'albumine, au bout d'un certain temps, se dissout dans les parties non impressionnées, emportant l'encre avec elle.
Quelquefois, quand l'encre est un peu trop épaisse, il est nécessaire de faciliter le développement en frottant la couche avec un tampon doux sous l'eau jusqu'à ce que les traits restent parfaitement clairs.
Après avoir lavé et laissé sécher la plaque, on peut la graver en versant sur sa surface de l'acide fluorhydrique dilué, mais il est préférable de passer encore au préalable le rouleau chargé
d'encre plus dure cette fois, afin de protéger mieux le réseau contre l'action de l'acide.
Dans ce but, la plaque doit être légèrement mouillée avec une éponge imbibée d'eau gommée pour empêcher l'encre d'adhérer aux espaces clairs.
Second procédé, — Développer une épreuve au charbon à la surface de la plaque de verre, immerger l'épreuve pendant une minute dans une solution de bichromate de potasse à 2 pour 100, laisser sécher, exposer successivement les deux côtés de la plaque en plein soleil, laver pour dissoudre le bichromate non décomposé, et quand la couche est sèche, l'encrer ainsi qu'il a été dit ci-dessus.
Litho-héliogravure, par Charles Eckstein (1890).
Ce procédé constitue une sorte de lithographie sur laquelle est basé un procédé de litho-héliogravure donnant des épreuves à demi-teintes, soit à l'état monochrome, soit en couleur, d'après des photographies originales.
Une pierre soigneusement lignée sert de point de départ à l'application de ce procédé.
On commence par polir avec de l'acide oxalique et de l'eau une pierre lithographique de première
qualité, puis on l'enduit d'une couche régulière d'une solution de bitume composée de 5 parties de bitume, 6 d'eau et 6 d'acide stéarique; on y ajoute, au moment de l'ébullilion, 2 parties d'une solution sodique.
Ce composé, à l'état de pâte suffisamment consistante, est dissous dans de l'essence de térébenthine, filtré et conservé dans des flacons bien bouchés.
En versant une quantité suffisante de cette solution au milieu de la pierre et en la distribuant régulièrement sur toute sa surface à l'aide d'un rouleau lithographique, on obtient une couche très mince d'une couleur légèrement brune. Avec une machine à régler et une pointe de diamant très fine on trace sur cette couche des lignes parallèles tellement rapprochées les unes des autres que la surface entière de la pierre présente l'aspect d'une demi-teinte uniforme.
Huit de ces lignes occupent l'espace d'un millimètre. On pose alors une bordure de cire d'un demi-centimètre de hauteur tout autour des bords de la pierre ainsi prête à être gravée.
Pour celte opération, la pierre est posée sur un plateau à vis calantes d'une dimension suffisante, amené à Tétat horizontal à l'aide d'un niveau à bulle d'air.
La première solution mordante, préalablement préparée, consiste en 10 parties d'acide nitrique
chimiquement pur, 6 parties d'alcool à 36° et 35 parties d'eau distillée.
Cette solution est appliquée sur la pierre avec un pinceau et on la laisse agir pendant une minute exactement; après quoi la pierre est lavée rapidement, séchée, huilée et le bitume est enlevé avec de l'essence de térébenthine.
La pierre, encrée au rouleau, est alors prête à fournir des transferts et forme ce que l'on appelle la pierre mère.
Les transferts peuvent maintenant être exécutés suivant le caractère spécial à la reproduction photographique originale, soit en lignes droites parallèles telles que celles de la pierre mère, ou bien en recourant à des transferts se croisant entre eux deux ou plusieurs fois; ces derniers produisent par leur croisement un grain alfectant la forme d'une étoile et parfaitement adapté à la lithohéliogravure.
Pour transporter Tépreuve des traits, on prépare une pierre, bien polie, avec une solution de bitume et l'on continue l'opération comme il suit :
D'abord une épreuve de la pierre mère est tirée sur papier à transfert qui, après avoir été légèrement mouillé à l'envers, est appliqué avec la racle contre la surface de la pierre polie et, quand il est parfaitement sec, soumis à l'action de Teau chaude; le papier se détache alors, en abandonnant le transfert des lignes sur la pierre.
Après lavage complet à Teau, on peut faire un deuxième transfert dont les lignes croisent le premier à angle droit, formant de la sorte des hachures de traits croisés; cette opération peut être répétée, chaque nouveau transfert croisant les précédents sous des angles plus ou moins aigus.
Enfin le transfert total est saupoudré de fine poudre de résine dont l'excès est enlevé avec un blaireau, puis cette poudre est fondue sur le transfert avec de Téther.
La phase suivante de l'opération consiste dans l'obtention sur papier au charbon d'un diapositif tiré d'un négatif net et à contrastes bien accusés.
L'exposition à la lumière de ce papier sensibilisé au bichromate de potasse doit durer de dix à trente minutes. L'impression positive est légèrement imprégnée d'eau froide et appliquée, le côté de l'épreuve en dessous, contre la pierre lignée, puis traitée à l'eau chaude dans une cuvette ; le degré de Teau doit être de 40° à 45° G. Après quelques moments, le papier peut être enlevé ; en agitant la cuvette continuellement et en faisant couler de l'eau chaude à la surface de la pierre, l'épreuve au charbon se développe et devient claire et brillante. C'est un négatif.
La pierre est alors abandonnée à une dessiccation spontanée, ce qui demande de cinq à six heures, après quoi elle est prête à être gravée.
Le liquide graveur est du chlorure de fer à divers états de concentration, 40°, 37°, 33° et 30° Baume.
La gravure est commencée avec la liqueur à 40°. Le chlorure de fer attaque d'abord les surfaces minces de la couche de pigment qui reste encore, elle les dissout et, pénétrant jusqu'à la pierre, crée la voie aux sections ouvertes entre les lignes, produisant ainsi les parties les plus intenses de la gravure.
L'action sur les surfaces les plus épaisses de la couche de pigment est plus lente, mais elle se produit et la gravure va se continuant avec moins de force et de rapidité.
Avec un peu d'expérience dans la pratique, on parvient, en examinant la planche, à déterminer le moment où doivent être employés successivement les mordants d'intensités diverses. La solution à 30° est naturellement employée en dernier lieu, et l'on peut, avec un lavage à grande eau, dissoudre toute la couche pigmentaire restant encore sur la pierre.
Dès que la profondeur de gravure a été obtenue et que l'on a atteint au caractère désiré, la pierre est fortement lavée sous un jet d'eau. Sa surface est ensuite recouverte d'essence de térébenthine pour dissoudre le bitume, lavée à l'eau à plusieurs reprises et enfin séchée, soit au soleil, soit à la température normale de l'atelier.
Les lignes se trouvent ainsi profondément gravées sur la pierre.
La planche est alors huilée, encrée et traitée à tous égards ainsi qu'il est d'usage dans les méthodes de lithogravure.
Aciérage des plaques de Photogravure (1890).
Après avoir vérifié la valeur de la plaque, on peut procéder à l'aciérage. A cet effet, on la nettoie bien avec des chiffons garnis de blanc mélangé à de la térébenthine et de l'essence minérale ; une petite partie de la surface du dos est bien avivée et l'on y soude un morceau de fil de cuivre.
La solution aciérante est mise dans une cuve en bois, les pôles positif et négatif de la pile (Leclanché) étant munis de fils de cuivre.
La solution est composée de :
Eau chaude 640"
Chlorure d'ammonium lOQs'
Sulfate de fer et d'ammoniaque... 128
Filtrer après dissolution et laisser reposer vingtquatre heures dans la cuve avant d'en faire usage.
Au moment de faire Topération, la plaque de cuivre est reliée au fil communiquant avec le pôle négatif de la pile, le pôle positif communiquant avec l'anode (une plaque de pur acier) qui doit être de la môme dimension que la plaque de cuivre.
Les deux plaques étant disposées, le courant est établi, et au bout de trois à cinq minutes, Topération est complète, la plaque de cuivre se trouvant recouverte d'une mince couche d'acier. La plaque une fois aciérée est complètement lavée et séchée, puis passée au blanc. Le fil de cuivre soudé au dos est dessoudé et la partie de cette soudure grattée.
Si la pile ne doit pas servir de quelque temps, Tanode est enlevée, séchée, et la cuve est recouverte soigneusement (*).
Formules propres & remploi de quelques plaques
sensibles au g^élatinobromure, pouvant servir
dans les travaux photomécaniques.
Ces formules ont été indiquées dans V Anthony s Bulletin de 1889 par M. W.-T. Wilkinson.
Plusieurs sortes de plaques sèches sont indiquées par l'auteur, celles notamment des maisons Mawson et Swaii, England, etc., qui, dit-il, sont convenables pour les travaux de photolithographie, de photozincographie au trait ou à réseau, et avec lesquelles on peut obtenir des négatifs égaux en valeur à ceux que donne le procédé humide, et ce avec beaucoup plus de certitude et bien moins de peine.
C) Photographie News.
Ces plaques peuvent être développées soit à l'acide pyrogallique, soit à Thydroquinone, ce dernier révélateur étant peut-être le meilleur.
Voici les formules que l'auteur recommande :
Acide pyrogallique et ammoniaque :
SOLUTION MÈRE d'aCIDE PYROGALLIQUE.
Métabisulfite de potasse 32»'
Bromure de potassium 42
Eau 256'^
Après dissolution, ajouter 32«'' d'acide pyrogallique et compléter jusqu'à 320*^'^ d'eau.