COUCHE SENSIBLE
Généralement, on use de couches sensibles au collodion, de préférence à celles qui sont formées d'émulsion à la gélatine. Avec le collodion, c'est l'avis de tous les photograveurs, on obtient des images plus pures, des traits ou points doués d'une acuité plus grande, et c'est d'une très sérieuse importance quand il s'agit de reproduire, surtout à l'état de réduction, des sujets gravés au burin, formés de lignes déjà très fines dans l'original et que la réduction diminue souvent dans une grande proportion.
Pourtant, nous pensons que, pour de certains travaux, des glaces à la gélatine pourraient suffire, mais il faudrait qu'elles fussent préparées ad hoc j1). La proportion de gélatine par rapport
(1) En Angleterre, parait-il, les maisons Mawson et Swan, d'une part, et England de l'autre {Rapid chloride Plates) préparent des plaques propres aux clichés pour la Photolithographie et la Photogravure.
au bromure d'argent doit être beaucoup moindre et, de plus, il faut que l'épaisseur de la couche soit plus mince que celle des plaques ordinaires.
Les formules de collodion sensible propre à l'obtention des clichés pour Photogravure sont très nombreuses. Nous en indiquerons quelquesunes.
Formules de collodion sensible. — La nature même du collodion employé a moins d'importance que le développement. La plupart des formules usitées pour la composition du collodion sont donc bonnes, et c'est lors du développement qu'on devra veiller à l'emploi d'un procédé susceptible de donner des noirs bien opaques tout en laissant aux parties claires toute leur limpidité.
Voici une formule très normale de collodion sensible (4) :
Éther 500"
Alcool à 40° 500
Pyroxyline 10 ^
Iodure d'ammonium 5
Bromure d'ammonium 4
Iodure de cadmium 5
On doit conserver ce collodion un mois ou deux avant de s'en servir.
( 1 ) Monckhoven ( Dr van ), Traité général de Photographie ( 7e édition), suivi d'un Chapitre spécial sur legélatinobromure d'argent.
Autre formule donnant une couche plus épaisse :
Éther 500"
Alcool à 40° 500
Pyroxyline 20«r
Iodure d'ammonium. 10
Bromure d'ammonium 4
Eau 50"
Ce collodion peut être employé dès le lendemain de sa préparation.
M. l'abbé J. Ferret indique, comme lui ayant le mieux réussi, la formule suivante (<) :
Éther 500"
Alcool 500
Coton azotique 10**
Iodure d'ammonium 8
Iodure de cadmium 5
Bromure d'ammonium 1,5
Bromure de cadmium 1,5
M. Roux ( 2 ) recommande la formule que voici, pour
(1) Ferret (l'Abbé), La Photogravure facile et à bon marché. In-18 jésus; 1889 (Paris, Gauthier- Villars et fils). .
(3) Roux(V.), Traité pratique de gravure héliographique en taille-douce, sur cuivre, bronze, zinc, acier, et de galvanoplastie In-18 jésus; 1886 (Paris, Gauthier-Villars).
la reproduction des dessins au trait, gravure, etc. :
Alcool à 409 400"
Éther à 62°.. 600
Coton azotique 1*2 sr
Iodure d'ammonium 5
Iodure de cadmium 4
Iode en paillettes 0, 50
Lecollodion pour le trait indiqué par M. G. Bonnet (*) est composé comme suit :
Iodure de potassium 35'
Iodure d'ammonium 3
Iodure de cadmium 4
Bromure de cadmium 3
Bromure d'ammonium. 3
Coton azotique 10
Eau 20 fc
Alcool 400
Éther 600
M. Max Jaiïé (2) recommande le. collodion sensible suivant :
Collodion normal à 2 pour 100 900 &r
Alcool 100
Chlorure de calcium 1,6
Bromure de cadmium 1 7, 8
Iodure d'ammonium 4, 7
(1) Bonnet (G.), Manuel de Phototypie. In-l8 jésus, avec figures et une planche phototypique; 1889 (Paris, Gauthier- Villars et fils).
\2) Photoqraphic news, année 1888.
M. Davanne, dans son Traité théorique et pratique (*), publie la formule ci-après, qui lui a été communiquée par M. Roger, chef des travaux photographiques du Comité central d'Artillerie.
Dans
Gollodion normal 1000"
ajouter
Iodure d'ammonium 5Cc
Iodure de calcium 4
Bromure de cadmium 2
Bromure d'ammonium 1
Cette préparation n'est bonne qu'autant qu'elle est faite plusieurs semaines à l'avance; lorsqu'elle est trop récente, on lui donne les qualités de dureté d'un vieux collodion en y ajoutant plus ou moins d'un collodion composé de
Gollodion normal 1000"
Iodure dammonium 12
En très peu de temps ce mélange prend les mauvaises qualités d'un vieux collodion ; en l'ajoutant au précédent en quantités plus ou moins grandes, on obtient le résultat cherché.
(1) Davanne, La Photographie, Traité théorique et pratique. 2 beaux volumes grand in-8, avec 234 figures et 4 planches spécimens; 1886-1888 (Paris, Gauthier- Villars et fils).
D'une façon générale, un vieux collodion ioduré quelconque suffit, car il convient d'arriver à des images aussi heurtées que possible, c'est-à-dire dans lesquelles le contraste entre le blanc et le noir soit complet.
M. Wilkinson («) entre dans d'assez longs détails au sujet du procédé d'impression des négatifs sur collodion humide.
Son collodion est formé de
A Alcool 375"
Éther 500
Coton azotique 1 à 2 p. 100
B Bromure de zinc 4s*
Iodure de zinc 10
Alcool 125-
Quand les sels sont dissous, on filtre et Ton ajoute BàA. Ce collodion produit un dépôt; il faut le décanter et il est prêt pour l'usage au bout d'une semaine.
SENSIBILISATION.
Le bain d'argent qui sert à sensibiliser le collodion iodobromuré est généralement additionné d'acide acétique.
(1 j Dans son Ouvrage intitulé : Photo-engruving, ELchïng and lithography.
Il est ainsi composé (V. Roux) :
Eau distillée 1000"
Nitrate d'argent cristallisé 70 çr
Acide acétique 50 cc
ou encore (Van Monckhoven) :
Eau distillée 1000-
Nitrate d'argent cristallisé 80sr
Iodure de potassium 0,5
Acide nitrique pur 2 gouttes.
Il est surtout nécessaire, pour éviter le voile, que le bain d'argent soit franchement acide.
DÉVELOPPEMENT, FIXAGE ET RENFORÇAGE.
Ces opérations ont une très grande importance en vue de l'obtention de l'opacité la plus complète des noirs. Nous allons donner plusieurs formules et méthodes conduisant à ce résultat.
Max Jaffé opère ainsi qu'il suit (*} : Il développe avec la solution de sulfate de fer composée de
Sulfate de fer 30 sr
Sulfate de cuivre 15
Acide acétique cristallisé 30
Eau 1000"
(') Photographie news, 1882.
Après avoir fixé au cyanure de potassium, il renforce l'image à l'aide de la solution suivante, mélangée, au moment de s'en servir, avec 1,6 pour 100 d'une solution d'acide pyrogallique dans de l'eau :
Nitrate d'argent 33 «r, 5
On y ajoute :
Acide nitrique 67 5F
Eau 500"
Quand le cliché a été renforcé, on le lave bien et on le traite par une solution saturée de bichlorure de mercure dans de l'eau jusqu'à ce qu'il soit devenu entièrement blanc; une fois qu'il a été de nouveau bien lavé, on le noircit en l'immergeant dans le bain ci-après d'hyposulfite de soude et d'or :
ïïyposulfîte de soude 37?p
Eau 1000"
A ce bain on ajoute, au fur et à mesure du besoin, quelques gouttes de la solution de
Chlorure double d'or et de sodium.. 12§r,5 Eau 1000"
Après le moment du mélange, cette solution devra attendre une ou deux heures avant de servir, et elle pourra d'ailleurs être conservée longtemps pourvu qu'on la tienne dans l'obscurité.
Van Monckhoven, pour développer les clichés propres à la Photogravure, recommande la formule :
D'après lui, tout renforçage ultérieur serait inutile, les noirs arrivant à être très intenses et les blancs, ou parties transparentes du cliché, restant absolument exempts de voile.
Le fixage au cyanure de potassium est celui qui vaut le mieux; on l'emploie à la dose de 20gr par litre d'eau.
Dans beaucoup d'ateliers, on renforce le cliché avec du sulfhydrate d'ammoniaque. L'odeur de ce produit est des plus désagréables; il convient donc de faire l'opération à l'air autant que possible.
Après ]e développement au bain de fer acétique, en général composé de :
Eau ordinaire 1000"
Sulfate de fer 50
Acide acétique 50 cc
on fixe à l'hyposulfite de soude ou au cyanure de potassium, puis, après un lavage très complet, on traite, ainsi qu'il a été dit plus haut, par une solution saturée de bichlorure de mercure. On lave
Eau
Sulfate de fer . .
Acide tartrique
de nouveau après que le cliché a pris dans ce bain une teinte laiteuse.
On lave encore, puis on verse à la surface du négatif du sulfhydrate d'ammoniaque étendu d'eau. Le noircissement du négatif se produit immédiatement. Il n'y a plus qu'à laver et à laisser sécher.
M. V. Roux indique la formule du révélateur que voici :
L'acide pyroligneux tient lieu à la fois d'alcool et d'acide acétique.
Suivant ce dernier auteur, le fixage au cyanure de potassium est aussi celui qui convient le mieux, parce qu'il donne des traits plus transparents et plus secs.
Le renforcement est obtenu encore au bichlorure de mercure :
Eau ordinaire 910"
Bichlorure de mercure 1365 «r
Acide chlorhydrique 90 ee
et au sulfhydrate d'ammoniaque.
Au cas où un léger voile subsisterait, on pourrait
Eau ordinaire
Sulfate de fer pur.
Acide pyroligneux
le faire disparaître en passant à la surface du cliché un liquide composé de
Laver rapidement dès que le voile a disparu pour éviter de porter atteinte à la pureté de l'image.
Laisser sécher spontanément.
M. Husnik est d'avis que la solution de bichlorure de mercure dans l'iodure de potassium est ce qu'il y a de mieux pour renforcer les clichés destinés à reproduire les dessins au trait.
Si l'image, après développement, est suffisamment vigoureuse, on lave et l'on fixe à l'hyposulûte de soude; si l'exposition a été trop courte, il faudra renforcer à l'acide pyrogallique avant le fixage. Quelquefois la solution simple de bichlorure de mercure suffit pour obtenir l'intensité voulue; mais, si la vigueur laisse encore à désirer, on devra faire usage de la solution de bichlorure de mercure dans l'iodure de potassium, qui s'obtient en versant une solution d'iodure de potassium dans le bichlorure jusqu'à ce qu'on ait redissous le précipité rouge formé ( 1 ).
M. Roger a combattu cette méthode, n'ayant jamais pu, dit-il, obtenir de bons résultats psfr
Eau ordinaire.
Acide nitrique
335 cc 665 cc
) Bulletin de la Société française de Photographie, 1879.
l'emploi du bichlorure de mercure additionné d'iodure de potassium.
Ce procédé est pourtant recommandé par d'autres expérimentateurs. M. Jaffé, que nous avons déjà cité, a publié (*) les formules ci-après.
Révélateur :
Eau 975"
Acide sulfurique 12 gouttes.
Sulfate de fer 40gr
Alcool à 40° 25 cc
Après le fixage et un lavage copieux, on intensifie avec les solutions :
A Solution saturée à froid de bichlorure de mercure. B Solution saturée à froid d'iodure de potassium.
La solution B est peu à peu ajoutée, en remuant, àlasolutionAjusqu'à dissolution du précipité rouge qui s'est formé; la liqueur redevient claire et limpide et est légèrement jaunâtre. On y plonge la plaque en suivant les progrès de l'intensification.
Pour noircir davantage les parties noires du négatif, on peut, après un complet lavage, le plonger dans de l'eau additionnée d'ammoniaque, et enfin, s'il fallait encore plus d'opacité, on pourrait recourir à l'action d'un mélange d'eau et de sulfhydrate d'ammoniaque. 1 partie de ce dernier composé pour 4 parties d'eau.
(1 ) Photographie news, 1888.
La solution de sulfhydrate d'ammoniaque doit être conservée dans des flacons bien bouchés, et elle est bonne à l'usage tant qu'elle n'a qu'une couleur légèrement jaune.
Après le traitement par le sufhydrate d'ammoniaque, le cliché est recouvert d'un fort voile vert que l'on fait disparaître avec de l'eau acidulée d'acide chlorhydrique, quelques gouttes de cet acide dans 100cc d'eau.
Au cas où l'intensité laisserait encore à désirer, on recommence le môme traitement. Le cliché est enfin lavé à fond, puis on le recouvre d'une solution de gomme arabique à 12 pour 100.
Il est inutile de vernir. D'ailleurs, le vernis aurait pour effet de redonner de la transparence aux noirs, ce qui détruirait en partie le résultat du ren forçage.
Si pourtant on tenait à vernir la couche, on éviterait l'effet de translucidité donné par le vernis en recouvrant préalablement le cliché d'une solution de gélatine à 10 pour 100 au lieu de gomme .
Il est préférable, quand on veut répéter l'opération de l'intensification, de ne pas laisser le cliché se sécher; la pénétration des liquides se ferait moins bien et moins également et, au cas où le temps ferait défaut pour faire immédiatement l'opération, le mieux serait de placer la plaque dans une cuvette pleine d'eau jusqu'au moment
où il serait possible de s'en occuper et de terminer le travail.
Il se peut qu'on soit gagné par un renforcement trop accentué et tel que les parties claires se trouvent en parties bouchées; il est alors possible de remédier à cet excès en faisant usage d'une forte solution de cyanure de potassium.
On peut encore user de la solution suivante : quelques paillettes d'iode sont introduites dans un flacon contenant très peu d'eau ; des cristaux d'iodure de potassium sont ensuite ajoutés en quantité suffisante pour amener la dissolution de l'iode. Cette solution est ensuite étendue d'eau jusqu'à ce qu'elle ressemble à du porter. On passe cette liqueur sur le cliché à plusieurs reprises et on le fixe de nouveau après l'avoir bien lavé.
On recommence cette opération si la première n'a pas produit un résultat suffisant.
On peut aussi employer, pour le renforçage, une solution composée de :
Eau 1000tc
Prussiate rouge de potasse 38 er
Nitrate de plomb pur 50 sr
Il importe que les lavages qui précèdent et suivent cette immersion soient bien abondants.
On plonge ensuite la plaque dans une dissolution de chromate jaune de potasse à 8 pour 100, additionné d'un tiers d'ammoniaque ordinaire. On lave enfin avec soin.
Ce traitement a pour effet de transformer l'argent du cliché en chromate d'argent, sel rouge très antiactinique.
On obtient par ce moyen des clichés d'une opacité parfaite.
M. Wilkinson indique une méthode qui a beaucoup d'analogie avec la précédente :
Dissoudre et filtrer.
Dès que la couche a blanchi, mouiller le cliché sous un robinet en veillant à ce que la surface entière soit bien lavée ; on la recouvre ensuite avec une suffisante quantité de :
Acide nitrique 13gr,5
Eau 1000 cc
On laisse l'action durer quelques secondes, puis on lave et l'on recouvre d'une quantité suffisante de :
Sulfhydrate d'ammoniaque 165 rc
Eau 835
Le cliché tournera rapidement au noir intense; on lave de nouveau et Ton recouvre d'une solution d'acide nitrique pour enlever toute trace de voile,
Prussiate rouge de potasse
Nitrate de plomb
puis on procède à un dernier lavage et l'on met sécher.
Le procédé qui précède a été aussi recommandé par MM. Eder et Toth.
M. le colonel Waterhouse, directeur du Génie de l'armée des Indes, à Calcutta, a publié les formules employées sous sa direction. Le révélateur est formé de :
L'addition d'une petite quantité de gélatine, dans le rapport de ^ de partie pour 1000, a été reconnue très utile pour donner de l'intensité et en môme temps pour garantir la pureté des lignes. La gélatine est conservée à l'état de dissolution avec de l'acide acétique.
Un autre très bon révélateur pour les clichés au trait est le suivant :
Sulfate de fer 60 §r
Acide acétique , 60
Alcool 30 cc
Eau 970
Sulfate de fer
Acide acétique cristallisable
Alcool
Eau
À 1200gr de cette liqueur on ajoute 240gr d'une solution de glycérine préparée en dissolvant 5gr de
gélatine dans 30gr d'acide sulfurique, neutralisant avec de l'ammoniaque et ajoutant ensuite 14gr d'acide acétique, 33gr de sulfate de fer et une quantité d'eau suffisante pour produire en tout 750cc.
Dans les bureaux du Génie de Southampton, le révélateur se compose de :
Sulfate de fer 50 *T
Acide acétique cristallisable 20
Alcool 20 cc
Eau distillée 980
A l'Institut géographique militaire de Vienne, voici celui dont on se sert; mais il semble valoir moins que le précédent :
Sulfate de fer 30 **
Sulfate de cuivre 15
Acide acétique cristallisable 30
Eau 1000-
et aussi
A. Solution de sulfate de fer à 10 pour 100 500 cc Acide acétique cristallisable 100 5F
B. Nitrate de plomb 30 *T
Eau 500 cc
On mélange A et B, on filtre et Ton dilue dans
500ccà 1000cc d'eau. Ce révélateur est moins énergique que le précédent et il exige une plus longue pose; mais on assure qu'il conserve les traits les plus fins bien ouverts et qu'il évite tout voile.
Le fixage se fait au cyanure de potassium et, après le fixage, l'image est renforcée par l'emploi du mélange des solutions ci-après :
Nitrate d'argent 33*'
Eau 500"
On y ajoute :
Acide nitrique 66 sr
Eau 500 "
Cette liqueur est, au moment d'en user, additionnée d'une solution d'acide pyrogallique dans de l'eau à 1, 6 pour 100.
Après renforcement, la plaque est lavée et traitée avec une solution saturée de chlorure de mercure dans de l'eau, jusqu'à ce qu'elle ait blanchi également; on lave de nouveau et Ton noircit par immersion clans un bain d'hyposulfite de soude et d'or dont voici la formule :
Hyposulfîte de soude 37*r,5
Eau 1000"
On y ajoute, suivant qu'il est besoin, une petite quantité de la liqueur suivante :
Chlorure double d'or et de sodium. 12 -r, 5 Eau , 1000"
Après le mélange, on attendra de une à deux heures avant de faire usage du bain, et il faut l'abriter contre la lumière si l'on veut le conserver longtemps. La couche étant sèche est exposée à la lumière, après quoi elle est immergée dans de l'eau froide pendant un quart d'heure, puis dans de l'eau tiède jusqu'à ce qu'un léger relief apparaisse.
On n'a plus qu'à la sécher et vernir.
Le capitaine Abney accorde la préférence à un révélateur faible. Voici celui qu'il indique :
Acide acétique cristallisable 30 gouttes.
Alcool, quantité suffisante.
Sulfate de fer i*r
Eau 90"
En développant les négatifs de sujets au trait, on doit arrêter Faction du révélateur avant d'apercevoir la moindre trace de coloration dans les lignes; les négatifs doivent d'ailleurs être sousexposés.
Généralement, il vaut mieux fixer immédiatement après le développement et avant de renforcer; mais, quand on a à reproduire des cartes ou sujets d'une grande dimension, avec une longue distance focale, M. le colonel Waterliouse a trouvé utile de bien laver la plaque après le développement, puis de la recouvrir d'une solution à 1 { pour 100 de nitrate d'argent suivie d'une seconde
application du révélateur au sulfate de fer, dans le but de gagner en intensité en vue du renforcement définitif au bichlorure de mercure.
Au cas où les lignes apparaissent un peu troubles, l'auteur précité recommande le procédé indiqué par M. Osborne, pour donner de la limpidité; on doit y recourir avant le renforcement.
La plaque est couverte avec une solution de :
Iode 2ep,2
lodure de potassium 5§r
Eau 1000"
On la laisse agir pendant une minute environ et on lave : une très faible solution de cyanure de potassium est ensuite appliquée et débarrasse les traits de toutes traces de coloration. Au cas où ce résultat ne serait pas obtenu, il vaudrait mieux recommencer l'opération.
Une des méthodes les plus simples pour obtenir l'intensité nécessaire, tout en conservant des traits parfaitement translucides, est celle qui consiste à immerger le cliché déjà fixé et bien lavé dans une solution de :
Iode
Iodure de potassium Eau ,
5sr 1000cc
jusqu'à ce que la couche prenne une coloration jaune. On lave bien alors et Ton redéveloppe en pleine lumière avec les solutions ordinaires d'acide pyrogallique et de nitrate d'argent additionnées d'acide citrique. On peut de la sorte atteindre à tous les degrés d'intensité, tout en étant libre d'arrêter l'action au degré convenable.
Il vaut mieux, généralement, procéder à un léger redéveloppement et obtenir l'opacité nécessaire par un changement de couleur du dépôt plutôt que par l'accroissement de son épaisseur.
Au cas où l'on ne voudrait pas faire usage de bichlorure de mercure, il est encore une méthode, indiquée par M. Garey Lea, qui peut remplacer les autres. On fait alors usage d'une solution saturée à froid de :
Bichromate de potasse 60 sr
Acide chlorhydrique 20 cc
Eau 980
Après redéveloppementj la plaque est plongée dans une cuvette contenant cette solution; dans très peu de temps, la couche se colore en jaunecitron; la plaque est alors enlevée, puis lavée et traitée avec du sulfhydrate d'ammoniaque qui modifie cette coloration en un brun-chocolat très foncé. Une solution de sulfo-antimoniate de soude
(sel de Schlippe) peut remplacer le sulfhydrate d'ammoniaque et, en ce cas, la couleur du fond tire moins vers le rouge.
Une autre méthode de renforcement, très appréciée par quelques auteurs des plus compétents, est celle qu'ont proposée MM. Eder et Tolh (l).
Le négatif fixé et bien lavé, d'abord dans de l'eau ordinaire, puis dans de l'eau distillée, est plongé dans la solution suivante bien filtrée :
Nitrate de plomb 40gr
Ferricyanure de potassium (prussiate
rouge) 60
Eau distillée 1000cc
On l'y laisse séjourner jusqu'à ce que la coloration devienne bien opaque, on lave ensuite jusqu'à ce que la couche devienne bien blanche, et l'on traite enfin par une solution de :
Eau 850cc
Sulfhydrate d'ammoniaque 150
Le noircissement est immédiat et, dès que la pénétration à travers la couche est complet, on rince bien à l'eau ordinaire.
Si un négatif n'est pas encore suffisamment intense, môme après le traitement au nitrate de
(1) Photographie news, t. XX.
plomb, on peut le traiter avec une solution à 10 pour 100 de sulfate de cadmium ; le sulfhydrate d'ammoniaque est ensuite appliqué comme précédemment.
Le plus grand soin doit être apporté au lavage quand on fait usage de ce renforçateur.
Au lieu de sulfhydrate d'ammoniaque, on peut employer une solution de sel de Schlippe :
Sulfo-antimoniate de soude 95 °r
Eau 950cc
Ammoniaque caustique 50
Une solution de bichromate de potasse peut aussi être employée, ainsi qu'il a été dit déjà; elle donnera un négatif d'un jaune très intense. MM. Eder et Toth recommandent une solution à 10 pour 100 de chromate jaune de potasse comme donnant des clichés d'un jaune encore plus intense que le bichromate.
Il y a encore un moyen très satisfaisant d'obtenii de l'intensité après le bain de sel de plomb. Ce moyeu consiste dans le traitement du cliché, d'abord par une solution d'iodure de fer, obtenue en faisant digérer 10 parties de limaille de fer dans 5 parties d'iode avec un peu d'eau. Quand l'iode est dissous, on ajoute de l'eau jusqu'à l'obtention d'un volume égal à 300 parties.
La plaque, bien lavée, est couverte d'une solution
de permanganate de potasse qui noircit la couche.
On peut encore faire usage d'une solution de permanganate de potasse sans l'application préalable de Tiodure de fer; mais, en ce cas, la solution doit être plus forte, à 5 pour 100, et la couleur de la couche sera plus brune.
Abney a indiqué la formule suivante :
Bichlorure de mercure 1 sr , 1
Eau 1000 cc
ajouter une solution d'iodure de potassium (dans le rapport de 1 gr, 1 pour 54cc d'eau) jusqu'à ce que le précipité rouge, produit par cette addition, soit sur le point de devenir permanent.
A llnstitut impérial géographique de Vienne, on emploie la solution de renforcement suivante, après le traitement avec la solution de bichlorure de mercure :
Chlorure double d'or et de sodium... 12^,5 Eau 1000"
additionnée goutte à goutte, en remuant continuellement, d'une solution de :
Hyposulfite de soude 35ër
Eau 1000 cc
On laisse reposer une heure environ, jusqu'à complète décoloration , et Ton peut s'en servir maintes fois si Ton a soin de la conserver dans un lieu obscur.
Le colonel Waterhouse n'a jamais bien réussi avec ce procédé. On se sert encore, dans le même Institut, d'un renforçateur contenant de l'uranium :
A. Nitrate d'uranium 25 sr
Sucre blanc 25
Eau distillée 1000cc
B. Prussiate rouge de potasse 25 *P
Sucre blanc 25
Eau distillée 1000 cc
Le traitement avec cette liqueur doit avoir lieu après le fixage en appliquant d'abord A, puis B, et lavant ensuite à fond.
Dans ce même établissement, les négatifs d'après des originaux se trouvant dans des conditions défectueuses, et où les traits sont susceptibles de se boucher, sont séchés après le premier renforcement au fer, ou à l'acide pyrogallique et argent, et traités spécialement de façon à éviter que les traits ne soient voilés après le renforcement au mercure.
Une solution de
Gomme arabique 475 sr
Sucre blanc 475
Bichromate de potasse 157
Glycérine 50 cc
Eau 950
additionnée d'un peu d'ammoniaque, est versée
sur le négatif. Puis, quand il est sec, la plaque est exposée à la lumière, du côté du verre, pendant quelques minutes, puis immergée durant un quart d'heure dans de l'eau froide, et ensuite tiède, jusqu'à ce que les reliefs apparaissent. La plaque est alors séchée, et elle peut être renforcée avec du mercure et de l'or jusqu'à ce que le fond devienne entièrement opaque. Les reliefs transparents, formés par la gomme dans les traits, les empêchent de se voiler.
Renforcement au bromure de cuivre. — Faire blanchir le négatif dans un bain composé de
Eau 1000 cc
Bromure de potassium 30 gr
Sulfate de cuivre 60
On lave avec soin la couche formée de bromure d'argent et de bromure de cuivre, puis on la fait noircir en l'immergeant dans une solution de
Nitrate d'argent 50 gr
Eau 1000-
On obtient par ce procédé des négatifs d'un noir intense.
Parmi tous ces divers procédés, l'opérateur pourra faire un choix, suivant la nature des travaux à exécuter et aussi suivant les circonstances et conditions dans lesquelles il se trouvera (*).
(1)Les procédés de réduction sont rarement applicables au cas
ÉMULSION AU GOLLODION.
Au lieu du collodion ioduré qu'il faut sensibiliser ultérieurement, rien ne s'oppose à ce que Ton fasse usage d'une émulsion au collodion, telle, par exemple , que celle qui a été indiquée par M. A. Chardon ( 1 ) , ou autres que Ton trouve à acheter toutes prêtes.
Le développement, en ce cas, se fait avec le révélateur suivant :
Eau 1000"
Oxalate neutre de potasse 300 gr
Sulfate de fer 175
Bromure de potassium 1,1
Les méthodes de renforcement ci-dessus indiquées s'appliquent également aux clichés obtenus avec r émulsion au collodion.
Nous avons dit plus haut qu'on pourrait peutêtre, à la condition de faire une émulsion ad hoc>
qui nous occupe; pourtant, si besoin était, on aurait recours à l'immersion dans un bain formé de
Cette solution peut être étendue d'eau jusqu'au double de son volume, si l'on veut une action moins énergique. Bien laver après, pour enlever toute trace d'hyposulfite de soude.
(1) Chardon {A.), Photographie par émulsion sensible, au bromure d'argent et à la gélatine. Grand in-8, avec figures; 1880 ( Paris, Gauthier-Villars).