PHOTO COLLOGRAPHIE SUR SUPPORTS FLEXIBLES
Jusqu'ici les essais faits dans cette voie sont de deux sortes.
Procédé Raymond. — H y a d'abord, ainsi qu'il vient d'être dit plus haut, le procédé collographique sur l'Autocopiste, procédé essayé et indiquépar nous dans le Moniteur de la Photographie en juillet 1882, p. 107. Nous disions alors, à propos d'une présentation de l'Autocopiste de M. Otto Lelm, l'inventeur de cet instrument, et d'une idée émise par M. Fourier visant une application photographique :
Puisqu'on parle d'application de la Photographie à ce procédé d'Autocopie, nous conseillerions plutôt de sensi-
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biliser au bichromate de minces couches de gélatine étendues sur du papier parcheminé, comme le prépare M. Otto Lelm, et d'insoler à travers un négatif pour avoir l'image imprimante sans recourir à une presse pour le tirage.
Des essais faits par nous dans cette voie ont parfaitement réussi.
M. Raymond, acquéreur de l' Autocopiste, s'étant inspiré de ces conseils, se mit résolumentà l'œuvre et, sans se laisser rebuter par les difficultés d'une mise en pratique courante, par les tâtonnements par lesquels il faut toujours passer quand on veut réaliser une idée nouvelle, il parvint à montrer dès 1887 des épreuves tirées sur l' Autocopiste à l'aide de la pression d'une simple presse à copier les lettres. Actuellement ce procédé, qui, jusqu'ici, n'a cessé de se perfectionner entre ses mains, donne des résultats remarquables, et ce qu'il y a dans cela de plus intéressant, c'est que l'outillage se trouve réduit à la plus simple expression : l'Autocopiste à proprement parler, du papier parcheminé recouvert ad hoc d'une couche de gélatine et une presse à copier les lettres.
La feuille de parchemin artificiel recouverte de gélatine est coupée en fragments de la dimension convenable; puis on sensibilise ces feuilles dans un bain de bichromate de potasse à 3 pour 100, on laisse sécher après avoir étendu la feuille, gélatine én dessous, contre une glace talquée bien propre. Après dessiccation, on procède comme dans la
Photocollographie ordinaire, décrite plus haut.
Quand la feuille bichromatée est sèche , on l'isole de la glace et on l'expose au châssis-presse sous le négatif, on lave ensuite à l'eau et, finalement, après avoir enlevé tout le bichromate libre, on tend sur l' Autocopiste et Ton encre au rouleau; puis on tire l'épreuve à la presse à copier.
Ce procédé, décrit d'ailleurs dans une Notice spéciale qui est livrée avec l'outillage nécessaire, mérite l'attention. Il est d'une mise en œuvre facile et il permet aussi bien des tirages directs, en nombre considérable, que des impressions propres au décalque sur pierre ou zinc.
C'est donc un procédé mixte constituant à la fois de la Photolithographie directe et de la Photolithographie par transfert, grâce à la flexibilité du support.
Nous n'en dirons pas davantage, mais il était utile, indispensable même, d'appeler l'attention sur cet -ingénieux procédé.
Procède Balagny. — Il nous reste, avant d'avoir épuisé les procédés de Photocollographie, à parler du procédé, sur support flexible, actuellement étudié par M. Balagny et expérimenté déjà par lui avec un succès qui permet d'espérer que, dans un avenir prochain, le procédé collographique pelliculaire pourra remplacer les impressions de cette sorte pratiquées sur n'importe quel support rigide.
PHOTOLITHOGRAPHIE DIRECTE.
M. Balagny fait usage, ainsi qu'il a été dit plus haut, d'une pellicule de son invention, dite plaque souple, recouverte d'émulsion au gélatinobromure d'argent, absolument comme les jjlaques souples propres à l'exécution des négatifs à la chambre noire, mais avec certaines préparations spéciales ayant pour objet de rendre la couche de gélatine plus adhérente à la pellicule.
Sans cette précaution, la couche de gélatine serait entraînée, séparée de son support par le rouleau chargé d'encre ou de vernis gras très adhérent, et dont l'effet attractif serait, lors du tirage, une cause d'accidents fréquents.
La pellicule an gélatinobromure d'argent est sensibilisée dans un bain de bichromate de potasse à 3 pour 100, séchée et exposée dans le châssis-presse sous un négatif de trait ou à demiteintes. La présence du bromure d'argent rend, paraît-il, l'impression plus rapide; elle exalte la sensibilité du composé organique bichromaté, à ce point, que la durée d'exposition à la lumière serait moindre de moitié environ. On lave jusqu'à ce que tout le bichromate libre ait été supprimé et l'on procède au tirage immédiatement.
Ce qui caractérise cette méthode ingénieuse, c'est surtout la rapidité des opérations.
La pellicule étant bien lavée, est posée par le verso contre un papier parchemin, tel que celui qui sert pour l'Autocopiste, recouvert de gélatine à
sa surface. La gélatine se gonfle au détriment de Peau entraînée mécaniquement par la pellicule, le vide se produit et la pression atmosphérique produisant son effet, il en résulte une adhérence parfaite entre les deux surfaces.
Rien de plus simple, de plus facile et de plus rapide.
On mouille, et l'on encre comme à l'ordinaire. La mise en train de l'image s'effectue sans aucune difficulté, et le nombre que l'on peut tirer d'une même planche est assez considérable, surtout si la couche de gélatine adhère solidement à son support.
Nous nous trouvons là en présence d'un procédé nouveau, qui n'a encore été décrit nulle part, et dont il y a lieu d'attendre beaucoup.
C'est une combinaison de TAutocopisteavec une pellicule imprimante indépendante de cet instrument et de son papier parcheminé, ce dernier n'intervenant plus que comme auxiliaire.
On pourrait, quand on n'a pas à sa disposition une presse à tirage telle que celles de MM. Poirier, Voirin ou Alauzet, etc., recourir à la simple presse à copier les lettres, recommandée par M. Raymond, et, en ce cas, l' Autocopiste lui-même peut servir de support, car il maintient dans un état de tension convenable le papier parcheminé qui devient à son tour le tendeur de la plaque souple devenue planche photocollographique.
PHOTOLITHOGRAPHIE DIRECTE.
Le perfectionnement apporté par M. Balagny à la collographie pelliculaire est de nature à vulgariser davantage l'emploi de ce procédé appelé, en matière de Photolithographie surtout, à remplacer la plupart des autres procédés de transfert moins complets quant aux résultats définitifs.