‹ Traite pratique de photolithographieChapitre 17 sur 35 · PROCÉDÉS DIVERS · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DIVERS

Procédé Eder et Pizzighelli. — Nous trouvons dans le British Journal of Photography (année 1881 , p. 507), la description d'un procédé de Photocollo- . graphie, imaginé par MM. Eder et Pizzighelli, lequel procédé consiste essentiellement à sensibiliser un négatif à la gélatine dans un bain de bichromate de potasse et, après dessiccation, à imprimer à la lumière à travers l'épaisseur de la glace jusqu'à ce que l'image devienne légèrement visible sur un morceau de papier sensible au chlorure d'argent. On lave alors et l'on intensifie avec de l'acide pyrogallique ordinaire, ainsi que cela a lieu dans le procédé négatif à l'humide.

Mais, en faisant agir la lumière par derrière le négatif jusqu'à ce que l'image apparaisse légèrement sur le papier sensible à l'argent, les parties transparentes du négatif deviennent dures et l'eau n'a plus d'action sur elles, pas plus que les liquides renforçateurs, tandis que les parties opaques en contact immédiat avec la glace sont devenues

insolubles tout en conservant la propriété de se gonfler et, par suite, d'être susceptibles d'intensification. Le cliché négatif, traité de cette façon, a les mômes propriétés qu'une plaque photocollographique. L'idée d'en faire usage pour des impressions à l'encre grasse se présente d'elle-même.

Voici les conditions reconnues nécessaires au succès de la mise en pratique de ce procédé et la façon d'y satisfaire :

1° L'adhérence de la gélatine au support doit être assurée par V emploi d'un substratum.

La solution employée pour les plaques collographiques consistant en

Bière 1000ee

Silicate de potasse 80 à 100

convient très bien ; les deux liquides sont mélangés dans un flacon ; après qu'on les a bien agités, on les abandonne au repos pendant une demi-heure environ, puis on filtre au papier dans un verre.

Une quantité suffisante de la solution est versée sur une plaque placée horizontalement, de façon à la recouvrir entièrement, puis on rejette rapidement l'excès du liquide dans un autre récipient.

On recommence une deuxième fois en faisant circuler le liquide d'un coin à l'autre, et l'on met la plaque à sécher dans une position verticale.

En été, la dessiccation a lieu spontanément, mais, en hiver, il est bon de mettre les plaques à sécher

PHOTOLITHOGRAPHIE DIRECTE.

dans une étuve chauffée à 50° C. Dès qu'elles sont sèches, on les lave sous un robinet d'eau pendant une à deux minutes, puis on laisse sécher de nouveau.

On émulsionne comme d'habitude.

2° Une granulation doit être obtenue à la surface du négatif, de façon à retenir V encre grasse, ainsi que cela a lieu sur les planches collo graphiques.

Après divers essais, l'idée est venue à M. Pizzighelli de ne pas fixer le négatif développé et de l'immerger directement dans la solution de bichromate de potasse, puis de le traiter par la méthode de renforcement indiquée plus haut, et de terminer ces opérations par celle du fixage.

Voici par quelles considérations il a été conduit à agir de la sorte : il a remarqué que, quand on fixe, après avoir enlevé le bromure d'argent non décomposé contenu dans la couche de gélatine et correspondant aux parties non impressionnées par la lumière, il se produit une grande diminution dans le volume de la couche, laquelle décroissance, puisque la couche adhère fortement à la plaque, peut seulement se manifester par une contraction dans un sens perpendiculaire à la surface de la plaque.

Mais si les parties que n'a pas actionnées la lumière, lors de la pose, contiennent encore le bromure d'argent non décomposé (dans le négatif non fixé), perdent leur élasticité en totalité ou partielle-

ment au cours du traitement à l'acide pyrogallique ci-dessus indiqué, elles ne peuvent se contracter également une fois fixées : elles sont alors plus ou moins remplies de fissures suivant le degré d'impression que la couche peut avoir reçu.

Ce relief est d'une importance égale à celui du grain dans les plaques collographiques et il doit avoir les mômes propriétés. Les expériences faites dans cette voie ont pleinement confirmé cette supposition.

Le degré de concentration pour la solution de bichromate de potasse a paru devoir être de 900 parties d'eau pour 30 parties de bichromate. Dans cette solution, qu'on doit conserver aussi fraîche que possible (même en y ajoutant de la glace), on plonge le négatif bien lavé après avoir été développé, soit humide encore, soit sec, et on l'y laisse environ quinze minutes ; on le sort de ce bain ensuite pour le mettre à égoutter, puis on enlève l'excès de liquide avec un linge propre et doux.

Il suffit de quelques heures pour sécher les plaques dans une pièce bien aérée à la température ordinaire.

Pour faire agir la lumière, on place le négatif dans un châssis-presse, comme pour une impression ordinaire, sur une feuille de papier sensible à l'argent, et on laisse durer l'exposition jusqu'à ce que l'image apparaisse sur le papier sensible, ce qui dure assez longtemps à cause de

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la couleur jaune du sel de chrome et de la présence du bromure d'argent, — quelquefois une journée entière. Après l'exposition, on lave et, quand la coloration jaune a disparu, on fixe comme d'habitude.

3° La couleur noire du négatif résultant de l'argent réduit doit être détruite xtvant d'employer le négatif à l'impression collo graphique.

Pour atteindre ce résultat, il est fait usage de la méthode publiée par le Dr Eder et le capitaine Toth, pour la transformation des images sur plaques à la gélatine contenant du bromure d'argent en images au chlorure d'argent.

Le négatif, traité comme il a été dit plus haut, est immergé dans un bain de :

Bichromate de potasse 10§r

Acide chlorhydrique 30cc

Eau 1000

jusqu'à la disparition de la couleur noire, c'està-dire jusqu'à ce que l'argent se soit transformé en chlorure d'argent.

Le négatif est alors lavé et fixé de nouveau, ce qui a pour effet de dissoudre le chlorure d'argent et, finalement, il ne reste plus d'argent dans la couche, mais seulement de la gélatine pure et transparente sur laquelle l'image encrée est visible comme dans le procédé habituel de Photocollographie.

La plaque peut, après avoir été lavée et séchée, servir comme les plaques du procédé normal.

Au lieu d'être lavés, les négatifs peuvent être plongés dans la solution blanchissante aussitôt après l'impression lumineuse, ce qui évite de faire une double opération de fixage.

Ce procédé convient surtout aux sujets à lignes très fines, qu'on peut obtenir ainsi avec bien plus de perfection que par aucun procédé de transfert.

Il n'est pas sans intérêt de lire les divers autres procédés ci-après de Photocollographie ; chacun d'eux contenant des indications de détail dont un praticien peut tirer bon parti.

Procédé Obernetter. — La première couche est formée d'albumine et de silicate de soude ; on fait sécher cette couche à l'étuve à 65° C. La couche sèche en une demi-heure et est très adhérente. Cette première couche étant sèche, on porte la température de l'étuve à 82° C. Les plaques sont placées bien de niveau et l'on verse au milieu de la couche de gélatine juste ce qu'il faut pour aller jusqu'aux bords, rien de plus ; on ajoute à la gélatine un tiers en poids de colle de poisson.

Les plaques gélatinées sont sèches au bout de vingt à trente minutes et sont prêtes à être impressionnées une fois refroidies.

On durcit la couche à l'alun (5 pour 1000), on lave et on laisse sécher spontanément; on les

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met pendant une heure dans un bain formé de :

Lorsque la plaque est trop impressionnée, on la réduit en la lavant avec une solution de :

Pour durcir certaines parties de la couche, on les enduit au pinceau d'une solution d'alcool et de chlorure de zinc, puis on imprime.

La gélatine est sensibilisée au bichromate d'ammoniaque et, pour la conserver, on y ajoute 2 pour 100 d'acide salicylique.

La première couche est composée de :

Albumine de soude 175 sr

Silicate 375

Eau 1Û00CC

Quand cette couche est sèche, on la lave en la rinçant à l'eau pendant cinq minutes, on la laisse sécher, puis on la place dans l'étuve comme il est dit plus haut.

La deuxième couche est formée de :

Gélatine 50 *r

Colle de poisson 50

Bichromate d'ammoniaque 15

Eau 1000 cc

Glycérine

Ammoniaque

Nitrate de chaux Eau

435 cc 130e*

Ammoniaque

Glycérine

Térébenthine de Venise

500 cc

On filtre cette liqueur pendant qu'elle est chaude.

Procédé Cannevel (1). — Nettoyer d'abord avec soin deux glaces polies d'une planité parfaite, puis préparer les deux solutions suivantes :

A. Gélatine 65 sr

Eau distillée 935ec

Bichromate d'ammoniaque 13 gr

Bichromate de potasse 20

Filtrer sur une mousseline.

( à saturation.

B. Caoutchouc naturel...

Benzine cristallisable.

Filtrer avec soin.

Les deux glaces étant posées de niveau sur des pieds à vis calantes , on verse sur l'une une couche Lien unie de vernis au caoutchouc, on la met de côté à F abri de la lumière. L'autre est recouverte de fiel de bœuf, séchée à une douce chaleur dans une étuve et, dès que le fiel est sec, ce qui n'est pas long, on verse dessus la solution gélatineuse qui doit être séchée à une température de 30° à 40°.

Quand la couche de gélatine est sèche, on l'entaille avec un canif à lcm environ du bord, et la pellicule abandonne le verre avec facilité.

I1) Bulletin de la. Société française de Photographie, année 1880, page 16.

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Le côté ayant adhéré au verre est d'un brillant d'émail; c'est ce côté qui doit être en contact avec le cliché lors cle l'impression au châssis-presse.

L'impression ayant eu lieu, la pellicule de gélatine est posée, le côté brillant en dessus, sur la glace recouverte de caoutchouc.

Au moyen d'un rouleau de bois ou de verre recouvert de caoutchouc, on fait adhérer, on chauffe ensuite la glace afin de fondre le caoutchouc qui y retient fortement la gélatine, et si fortement qu'il est impossible de se servir de nouveau des glaces.

Le tout est plongé dans une bassine d'eau froide que Ton renouvelle souvent, puis on procède à l'encrage et à l'impression par les moyens ordinaires.

Pour retourner les clichés à la gélatine, M. Cannevel préconise le moyen suivant, qui lui a toujours réussi.

Après le lavage du cliché, il le passe dans de l'alcool, le laisse sécher et il l'entaille avec un canif à 5mm des bords. Un coin est soulevé et la pellicule est enlevée sans déformation, puisqu'il n'y a eu aucun mouillage.

Il faut opérer avec assez de précautions.

Héliotypie Edwards — Ce procédé photocol-

H Moniteur de la Photographie, 1871, page 116.

lographique, qui date déjà de vingt ans, mérite un rappel, maintenant que des efforts sont faits en vue de la collographie pelliculaire applicable à des impressions typographiques. En voici le résumé.

Pour former les lames de gélatine bichromatée, on emploie la formule suivante :

Eau 6G5CC

Gélatine blanche 335 &r

Bichromate de potasse 270

Filtrer, après dissolution, à travers une mousseline.

Sur une glace épaisse, dépolie, enduite d'un peu de cire, étendre la solution ci-dessus à l'épaisseur d'environ 5 mm ; mettre à sécher dans une pièce chauffée à l'air chaud. La couche sèche devra avoir lmm environ.

La plaque enlevée est exposée au châssis-presse, puis appliquée contre une feuille de zinc de 2nmi d'épaisseur, planée et grenée. La feuille de gélatine, plongée dans l'eau, est appliquée, côté impressionné en dessus, contre le zinc. On chasse avec la racle l'eau et l'air interposés; il y a adhérence par l'effet du vide.

L'image se développe en la plongeant dans l'eau aune température de 30° à 40° environ; les parties de la couche protégées par l'opacité du cliché restent plus ou moins solubles dans leur épais-

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seur, tandis que les parties insolées sont devenues insolubles en proportion delà quantité de lumière dont elles ont été frappées; c'est cette insolubilité qui constitue le dessin en relief. Enfin, l'image est lavée à l'eau froide et mise h sécher.

Pour fixer, on plonge^l'image dans une cuvette remplie d'eau alunée à saturation et on l'y laisse pendant cinq à six heures au moins; on lave de nouveau et on laisse sécher en évitant les poussières.

Cette plaque peut être fixée sur la presse typographique, on mouille la surface imprimante et Ton encre. La pression se donne comme d'habitude en recouvrant le dos du papier destiné au tirage d'un feutre épais.

Comme on le voit, ce procédé conduit à la formation de blocs typographiques en gélatine, résistants et d'un tirage facile; il peut constituer aussi une sorte de Photolithographie d'images au trait ou au pointillé.

Pour des demi-teintes continues, ce procédé ne saurait donner de bons résultats ; il est d'une application suffisamment pratique pour que son emploi puisse rendre des services avec les clichés à trames.

Photocollographie pelliculaire (4). — Nous rap-

(') Moniteur de la Pliotogvixpliiey 1883, page 34. r

pelons ici, en le résumant, le procédé publié par nous en 1883 pour produire des planches imprimantes collographiques à l'état pelliculaire, planches susceptibles d'être montées sur des blocs typographiques ou sur tel support convenable.

Sur une glace de Saint-Gobain, on tend, en repliant les bords, une feuille de papier enduit de gomme laque d'un seul côté et satiné tel que celui qui sert à la Photoglyptie ; on a soin, pour que la tension soit très complète, de faire adhérer le papier sur tous les points de sa surface inférieure à un vernis de caoutchouc à la benzine préalablement étendu sur la glace; cela fait, on collodionne la surface du papier avec du collodion normal à 1 \ de coton-poudre dans un mélange en égales parties d'éther et d'alcool ; on laisse bien sécher pendant au moins une demi-journée.

On passe alors sur le collodion une couche d'albumine bichromatée, la même qui sert dans le procédé de Photocollographie ordinaire, puis on expose à la lumière après dessiccation et à travers l'épaisseur de la plaque, de façon à insoler plus complètement la partie inférieure de la couche d'albumine. On met ensuite la couche sensible de gélatine bichromatée comme dans la collographie courante et l'on fait séchera l'étuveàune chaleur modérée; 30° à 35° C. suffisent.

Pour insoler la feuille gélatinée, on la laisse

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sur son support, on l'immerge dans l'eau après insolation et, après le lavage et la complète dessiccation, on coupe le papier tout autour avec un canif et on le sépare de la glace. On peut faire alors adhérer la feuille à un support quelconque, bois, cuivre, zinc. On verse sur ce support de la gélatine bichromatée à ' 5 pour 100, on y pose la feuille collographique , puis on la recouvre d'un drap épais, d'une plaque de verre dépoli bien dressée sur laquelle on met un poids assez fort.

Des blocs typographiques peuvent être préparés de la sorte ; la couche imprimante adhère bien au papier laqué, lequel de son côté tient absolument au support, grâce à la coagulation spontanée de la gélatine bichromatée, coagulation qui peut d'ailleurs être activée par l'action de la lumière à travers le papier.

Autre procédé de Photocollographie — La première chose à faire consiste dans le choix de bonnes glaces, bien planes, que l'on doucit avec de l'émeri. Cette opération est des plus simples : on prend deux glaces et l'on met entre elles un peu d'émeri avec de l'eau, puis on les frotte Tune contre l'autre jusqu'à ce que Ton ait obtenu un grain aussi fin et aussi régulier que possible; on

(\j Photographie news.

les lave bien, puis on les passe à l'alcool et à l'ammoniaque. Elles sont alors prêtes à recevoir le premier enduit composé de :

Ce mélange est filtré avec soin ; on en verse sur la plaque une petite quantité que l'on étale partout avec la paume de la main, on la pose ensuite sur un égouttoir ou sur du papier buvard. Aucune chaleur n'est nécessaire. On fait cette opération la veille pour le lendemain; puis, après un bon lavage sous un robinet, tandis qu'on frotte la surface avec une éponge, la plaque est mise à sécher de nouveau et se trouve prête à recevoir une deuxième couche qui est faite ainsi qu'il suit :

Gélatine de Goignet 55 "r

Gélatine en feuille de Nelson 22

On met à tremper dans 885 cc d'eau; on fait dissoudre et l'on ajoute :

Bichromate d'ammoniaque 22 «T

Les plaques ayant reçu la première préparation sont nivelées avec soin dans l'étuve, et la température poussée à environ 100°; on les enduit alors de la deuxième préparation et on les sèche à la

Aie ou porter

Silicate de soude (liquide)

910 cc

Eau ■

Ammoniaque

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température de 150°. On supprime la source de chaleur et on les laisse se refroidir graduellement. On ne doit s'en servir que le lendemain et elles se conservent bien pendant une semaine environ. Après ce temps, elles deviennent insolubles.

L'opération suivante consiste dans l'exposition à travers un négatif redressé. On fait usage d'un photomètre et l'on fait agir la lumière à peu près le même temps qu'il faudrait avec ce même négatif pour une épreuve à l'argent.

Après une pose suffisante, on retourne la plaque et on l'expose par le dos à la lumière pendant cinq à dix minutes, suivant la nature du sujet. Cela aide à souder mieux la couche à la glace et à modérer la hauteur du relief. On met ensuite la plaque dans l'eau jusqu'à entier lavage du bichromate non décomposé, on lave une dernière fois sous un robinet, on nettoie le dos de la plaque et on laisse sécher spontanément.

On ne doit pas se servir tout de suite de ces glaces, mais bien laisser la couche devenir très dure. La plaque, après avoir été mouillée sous un robinet et asséchée avec un linge fin, est mouillée de nouveau, pendant cinq minutes environ, avec un mélange de

Glycérine 850cc

Salpêtre 43sp

Ammoniaque liquide. 150cc

puis asséchée encore avec un linge; elle est alors prête pour l'impression à la machine mue soit à la main, soit au moteur.

C'est là un des procédés mis en pratique chaque jour par un des plus grands établissements.

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