‹ Traité pratique de pied-bot [electronic resource]Chapitre 6 sur 24 · DE LA STRÉPH0CAT0P0D1E · texte numérisé non relu

DE LA STRÉPH0CAT0P0D1E

sur sa face plantaire et son bord interne.

Si, au lieu de s'en prendre aux tibiaux, la contracture saisissait les péroniers , il est clair que l'enroulement se ferait sur le bord externe , alors on aurait un pied équin - valgus , et non un équin-varus. Toutefois l'enroulement en dedans est de beaucoup le plus fréquent, à cause de la raison déjà] indiquée , la prédominance des tibiaux sur les péroniers ; nous avons à peine rencontré, dans l'espèce, douze cas d'enroulement en dehors. Ainsi affectés, les enfants sont fort long-temps sans pouvoir marcher ni se tenir de bout , et quand ils y parviennent c'est en présentant au sol la face dorsale des orteils et des articulations métatarso-phalangiennes. Si un prompt remède n'était point apporté à cette direction ' xtra-vicieusc , la difformité se changerait bientôt

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en celle que nous appelons déviation du pied en dessous, strèphypopodie ; mais de simples brodequins très solides suffisent pour la maintenir à l'état de pied équin-varus ou équin-valgus.

Nous allons maintenant parler des changements qui ont lieu dans les rapports des parties composai! t le pied difforme.

Dans la stréphocatopodie , la cavité tibio-péronienne cesse de recouvrir entièrement la poulie articulaire de l'astragale. Si le cas est léger, cette dernière partie de l'astragale est recouverte par la moitié ou les deux tiers de la mortaise tibio-péronienne ; si la difformité est très-forte , la cavité ne pose plus que sur la partie postérieure de la poulie , elle applique le reste de sa surface à la partie supérieure et postérieure du calcanéum. Selon le degré de la difformité, les sept os du tarse sont plus ou moins écartés les uns des autres à leur face supérieure, et cet écartement détermine la convexité faible ou forte du coude-pied , la concavité faible ou forte de la plante. Les articulations larso-métatarsiennes, présentent un écartement analogue. La difformité dans ce genre de déviation , semble déterminée par la pression de la cavité tibio-péronienne sur la partie postérieure de l'astragale qu'elle oblige de saillir en avant , et la jambe subit presque toujours un mouvement de torsion en dedans ou en dehors, selon que le pied est dirigé dans l'un ou dans Tanin' sens. La tête articulaire de l'astragale fait souvent une saillie

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au-dessus de la face supérieure du scaphoïde. Les os de la deuxième rangée du tarse éprouvent aussi des changements dans leurs rapports : leur face postérieure devient supérieure, et la supérieure antérieure. Au développement plus grand de la face dorsale des os du tarse se joint presque toujours une torsion de ces os sur leur petit axe, soit en dedans, soit en dehors. Les os du tarse éprouvant des changements de rapports et de direction , il est tout simple que ceux du métatarse en éprouvent aussi. En effet, les deux derniers métatarsiens et les orteils avec lesquels ils s'articulent se trouvent souvent sur la même ligne et paraissent aussi longs que les trois premiers, à cause du prolongement du cuboïde en avant. Ainsi que nous l'avons fait remarquer, le sujet atteint de stréphocatopodie prend son point d'appui sur la face inférieure des articulations métatarso-phalangiennes et sur les orteils. Ces articulations chargées d'un poids énorme, s'écartent entr'elles et augmentent de volume, conséquences naturelles de l'irritation répétée à laquelle elles sont soumises pendant la station et surtout pendant la marche. Lorsque la difformité est très développée , les premières phalanges des orteils semblent s'articuler avec la partie supérieure des extrémités antérieures des os du métatarse , et il résulte de cette disposition , quand le malade appuie le pied sur le sol, que le métatarse et les orteils décrivent un angle plus ou moins droit. Nous croyons en avoir assez dit pour faire

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comprendre que dans la strëphocatopodie les ligamens de la face supérieure du pied sont allongés et relâchés, tandis que ceux de la face inférieure ou plantaire sont raccourcis et tendus : si concurremment avec sa déviation en bas, le pied se trouve enroulé en dedans , les ligamens sont contractés vers ce côté et relâchés vers l'autre , et vice versa. Les muscles de tout le membre difforme , et particulièrement ceux de la jambe sont amaigris ; cette diminution de volume des muscles est partagée par les os, par les vaisseaux, par les nerfs (1) et est toujours en raison de l'ancienneté de la déviation, de son degré, enfin de l'engourdissement plus ou moins prononcé du membre : voilà du moins ce que l'on observe dans la très grande majorité des cas de cette espèce. La partie charnue des muscles du mollet, très chétive alors, semble déplacée et située en haut de la jambe, près du jarret. Les muscles de la partie antérieure de la jambe et ceux de la partie supérieure du pied sont allongés, relâchés; à la partie postérieure, au contraire, on remarque le même raccourcissement , la même contracture que dans la face plantaire. Le centre de gravité, quand le malade est debout et se porte sur son pied difforme , répond le plus ordinairement au tiers an- Ci) Nom avons cependant vu quelquefois en disséquant de pieds-bols écpiins, provenant d'adultes, que les nerfs n'avaient pas perdu leur volume en proportion des antres parties , des muscles, des vaisseaux, etc.

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térieur de l'organe dévié, vers les articulations raétatarso-phalangiennes, tandis que dans l'état sain il répond au tiers postérieur. La progression est excessivement gênée, le malade marche comme s'il avait le pied ankylosé avec la jambe ; il pose presque toujours le pied difforme devant le pied sain, etc.

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