II. - LE TRANSFORMATEUR
On utilise d'une manière presque générale la bobine d'induction qui a été inventée, comme on le sait, parRuhmkorff. Mais le modèle classique qui servait dans les cours de Physique et les laboratoires scientifiques a dû subir certaines modifications nécessitées par le travail continu que l'on exige maintenant de cet appareil pour les applications de la Radiographie.
Nous rappellerons en queUjucs mots le principe de la bobine et insisterons |)his particulièrement sur les récents perfectionnements qui y ont élc introduits. La bobine d'induction se compose d'un noyau de fil de fer doux, autour duquel se trouvent enroulées deu\ bobines concentriques isolées électriquement, l'une qui est formée
CIIAP. 1. — DU MATÉBIEL POLK LA RADIOGRAPHIE ET LA RADI0aC01>lE. I7
(l'un fîl de cuivre gros et courl, l'aulre d'un fil fin et très long i^fig. 7). La première se nomme bobine inductrice ou primaire, ou encore inducteur; la seconde, bobine induite ou secondaire,
Fig. ,.
Coupe de la bobine, d'apris le modèle de l'ingénieur Chevallier.
ou plus simplement induit. Si l'on fait passer un courant intense dans le circuit primaire, il se développera un champ magnétique puissant en même temps que le nojau de fer s'aimantera éuergiquement: aussitôt un courant d'induction se produira dans le circuit secondaire; si l'on vient alors à rompre brusquement le courant, un courant induit instantané de très haute tension se formera et provoquera la formation d'une étincelle aux extrémités libres du circuit secondaire.
Si l'on multiplie le nombre des passages du courant dans le |inmaire, et c'est là le rôle de l'interrupteur que nous allons décrire dans un instant, on obtiendra une succession ininterrompue d'étincelles. Bien qne la bobine de Ruhnikorir donne par le fait naissance à des courants alternatifs, on ne recueille cependant aux bornes du secondaire que des courants de même sens; ceci tient à ce que les deux courants induits et inverses ont une tension absolument inégale. Lorsque l'on fait jaillir l'étincelle dans l'air ou dans un milieu raréfié tel que l'ampoule radiographique, seul le courant de haute tension qui correspond à la rupture du circuit primaire peut franchir l'obstacle.
La bobine de Rubmkorlf est donc un véritable transformateur qui transforme un courant à faible tension mais à grande intensité en un courant à grande tension mais à faible intensité. On trans-
l8 PRKMIlillE PARTIE. — MATÉRIEL ET TGCHNIQIE.
forme de la sorte un courani de lo Volts et lo ampères en un courant de 40000 volts, mais l'intensité est l'éduite à o""'*",ooa5.
Les eflets obtenus au moyen de la Iiobiae d'iaduction varieront donc d'après la manière de produire tes interruptions : suivant leur fréqucace, le régime du circuit primaire variera; or dans ce dernier, le courant ne prend pas tout de suite sa valeur, il possède ce que l'on nomme en Électricité de la self-induction, c'est-à-dire qu'il crée tin champ magnétique qui a pour effet de produire un courant électrique opposé à celui que l'on envoie : cette réaction est comparable à celle du bélier hvdraulique ou d'un ressort. Ainsi une bobine munie d'un trembleur très rapide et qui demandera ■io volts pour donner la longueur normale d'étincelle pourra fonctionner avec 8 ou 10 volts setilemenl si l'on fait usage d'un tremblcur à faible fréquence, tel que le Foucault et malgré ce voltage inférieur, les étincelles seront plus longues et plus nourries que les précédentes.
Dans le modèle classique de Ruhmltorff, l'interrupteur était
constitué par un petit marteau vertical fixé à l'extrémité d'un bras de levier et susceptible d'effectuer un mouvement de bas en haut {fig- 8). A l'extrémité inférieure de sa course, il reposait sur une
CHAP. I. — DG UATlinlKL PUUB L\ RADIOGRAPHIE BT I.
pclile pièce d'acier nommée enclume. Lie courant arrivant par celle pièce ic trouvait fermé après avoir traversé le marteau et son levier mis en relation avec le primaire. Le no^au de fer doux, muni extérieurement d'un disque d'acier, s'aimantait et le marteau se trouvait attire. Par suite de ce déplacement le courant était ouvert et, l'airoantation cessant, le marteau retombait. Le même pbénomèiie se reproduisant indéfiniment tant que le cou- . rant était envoyé dans la bobine, la marclie de celle-ci était assurée d'une façon régulière.
Ce premier t^pe d'interrupteur, d'un fonctionnement simple et relativement lent, a été remplacé d'une manière générale par l'intciTupteur à ressort qui existe sur la plupart des bobines; il n'est du reste qu'une variante du premier, mais grâce à la présence d'une lame élastique, une rapidité plus grande de fonctionnement
Fie. '..
est obtenue (^ff. 9 et to). Un disque de fer doux est monté sur une lame métallique élastique de manière qu'il se trouve en face et à courte distance de l'extrémité du noyau de la bobine. Par derrière se dresse une colonne métallique qui est munie d'une vis
V(> PREMIÉBB PARTIE. — MATÉHIEL ET TECHNIQUE.
(le réglage dool rextrémilé est au contact de la lame élastique. Le courant arrivant comme précédemment passe par la colonne, la vis et la lame métallique : aussitôt le noyau s^aimanle, le disque
Fi g. 10.
Détail de Tinterrupteur de Neef.
de fer doux est attiré et le courant coupé. Grâce à Télasticitédc la lame, celle-ci revient rapidement au contact de la vis de réglage, et ainsi de suite.
L'extrémité de la vis de réglage est garnie d'une lige de platine; la partie de la lame qui vient en contact reçoit également un petit disque de platine. La nécessité de cette disposition provient de ce qu'à chaque rupture du courant il se produit entre les pièces en contact une étincelle très chaude, c'est VétincellecT extra-courant. Elle est due à la self- induction de l'inducteur et est très gênante, car elle détériore rapidement les contacts, même ceux de platine, (le plus elle allonge la durée des périodes de rupture du courant, ce qui est un inconvénient grave, la rupture devant être aussi brusque que possible.
Dans le but d'atténuer l'étincelle d'exlra-courant, on munit la bobine d'un condensateur formé de feuilles d'élain séparées j>ar des feuilles de papier laqué ou paraffiné. Le condensateur, placé on général dans le socle de la bobine, est monté en dérivation sur le trembleur. A chaque étincelle d'extra-courant il se charge au potentiel d'extra-courant, puis lors du contact il est mis en courtcircuit et se trouve ainsi prêt à servir de nouveau. Avec ce dispositif on atténue notablement l'étincelle d'extra-courant, mais sans la supprimer du reste complètement.
La capacité du condensateur doit être proportionnée à la bo-
>UR l-K RADIOGKAPHIE ET LA RADIOSCOPIE.
bine et à l'inlensité du courant inducteur : l'expérience montre qu'il existe pour une longueur déterminée d'éiïncelle une capacité oplima du condensateur. On comprend donc qu'il soit très avantageux d'avoir des condeosaleurs dont on puisse faire varier la capacité au moyen de dispositifs spéciaux. M. Radiguet a adopté cette solution dans son grand modèle de bobine.
Pour éviter l'étincelle d'cxira-courant, on peut encore brancher une grande résistance en dérivation sur le trcmbicur; on prendra par exemple deux vieilles lampes à incandescence de i lo volls que l'on disposera en tension, puis l'ensemble sera mis en dérivation, un (il au bouton du trembleur et l'autre à la lame vibrante. Pour
parer aux inconvénients qui peuvent résulter du collage du trembleur et empécbcr que la bobine ne reçoive un courant d'une intensité supérieure à celle qu elle peut normalement supporter, on intercale dans le circuit nu plomb fusible qui est destiné à couper automaliqucment le courant. Il existe de nombreux modèles de plombs fusibles, nous préférons pour la Radiographie ceux qui permettent le plus facilement le changement du fil, de manière à ne pas interrompre l'opération pendant un temps appréciable. La fig. 1 1 représente un dispositif très pratique. Une double équerre métallique intercalée dans le circuit reçoit une réglette de bois sur
aa PHEmÉRB partie. — HATÉBIBL et TSCBMgiE.
laqnelie est fixé le fîl de plomb qui établit ainsi la communication entre les deux équerres. Celte disposition est répétée deux fois, de telle sorte que si l'un des plombs vient à fondre, il en reste un second ; du a donc tout le temps de faire le remplacement.
Conoaissant l'intensité du courant qui doit passer normalement dans la bobine, il est facile d'en déduire le diamètre des (ils de plomb à employer en se basant sur la Table suivante :
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