Î 4,uo
r, ampères.
Interrupteur inverseur. — Les bobines sont complétées par un accessoire qui a pour but de lancer ou d'arrêter le courant en temps voulu. Généralement, cet organe est disposé de façon à
Fig. 1
permettre également de changer le sens du courant dans la bobine
inductrice; il porte alors le nom d'interrupteur inverseur. Il est
■ de grande utilité en Radiographie, comme nous le verrons par la
suite. S* description détaillée ne nous parait guère utile dans cet
CHAP. I. — DU UATÉBIEL POUR LA HADIOfiRAPHlB BT U BADIOSCOPIE. a3
Ouvrage, ce n'est qu'âne affaire de disposilion de ùh et de contacts peu facile du reste à décrire sans figures. Conlenlons-nous de mettre sous les yeux du lecteur deux des modèles les plus répan-
Fis. .3.
dus. Le premier est connu sons le nom d'iolerru pleur Berlîtt (/ig. 12), le second est l'inlemipleur à levier {^g- iSV
Ce qui estimportant, c'est de bien noter le sens du courant dans l'une ou l'autre position afin de ne pas faire d'erreurs.
Excitatenr. — L'excitateur se compose de deux tiges métalliques que l'on adapte aux bornes de la bobine et qui servent à mesurei' la longnenr des étincelles par l'intervalle qui les sépare. Les extrémités des deux liges seront garnies de boules métalliques cl non de pointes.
Si l'excitateur est indépendant de la bobine, les tiges sont supportées par des colonnes de verre de façon à obtenir un isolement complet.
La connaissance de la longueur d'étincelle donnera des indications sufGsammcnt approchées sur la marche de la bobine et pourra servir de mesure au potentiel du courant induit direct.
On chois dD tranalormatïiir.
Après les considérations générales que nous venons d'exposer sur le principe de la bobine d'induction, il nous paraît nécessaire d'entrer dans certains détails que le lecteur ne doit pas ignorer et qui lui permettront de faire son choix en connaissance de cause; il
ai PREMIÈRE PARTIE. — MATÉRIEL ET TECHNIQUE.
nous faut signaler également les divers perfcclionneinents qui ont été réalisés depuis la découverte de Rœntgen et qui ont amené la modification de certaines parties du transformateur.
Le noyau de la bobine, constitué d*un faisceau de fils minces de fer doux, est recouvert d'une matière isolante, papier ou étoffe paraffinée. L'inducteur, composé de fil de cuivre rouge de gros diamètre et parfaitement isolé, fait deux tours autour de ce noyau. On recouvre l'inducteur d'une enveloppe isolante de verre, d'ébonite, de caoutchouc ou de paraffine, puis on enroule l'induit qu^ consiste en un fil de cuivre mince, également isolé et de grande longueur. Son diamètre varie, suivant les appareils, de | à jîj de millimètre. Sa longueur est considérable et atteint dans les grands modèles plusieurs milliers de mètres.
Parmi les plus grandes bobines qui ont été construites, 'on peut citer la bobine de Tlnstilut Polytechnique de Londres. Elle a 3'" de longueur, le noyau de fils de fer pèse 4^**, le circuit inducteur a une longueur de 345o"* et le circuit induit 241'*"'; le diamètre du fil de l'induit est de ■— de millimètre. Avec 4^ éléments Bunsen cette bobine donne 'j'{^"* d'étincelle.
Une autre bobine, également fameuse, est celle de M. Spotliswoode, construite par M. Apps. Elle est moins longue que la pivcédente, i™,22 seulement, mais beaucoup plus grosse : le circuit induit a 43o'*'". Avec 3o éléments Grovc la longueur des étincelles dépasse 1"*.
Une des difficultés principales de la construction des bobines consiste dans l'isolement de l'induit, la moindre solution de continuité dans celui-ci amenant des décharges internes qui finissent à la longue par brûler le fil secondaire et mettent l'appareil hors d'usage. Dans les bobines bien faites on emploie des fils recouverts de soie ou enduits de paraffine, en ayant soin en outre de metlie une légère couche d'isolant entre chaque spire. Néanmoins, comme il est à peu près impossible de vérifier d'une manière certaine l'isolement d'un fil sur une aussi grande longueur, on adopte dans les grands modèles de bobines le dispositif proposé par Poggendoi ff et qui consiste à diviser le circuit secondaire en plusieurs parties séparées par des disques isolants. On forme donc autour de l'inducteur une série de galettes juxtaposées et réunies en tension.
J HUTBRtHI. POIB L* HADIOGHAPHIB ET Ll mmOSCOPIE,
L'isolement e^l licaiicoiip meilleur et ea cas d'accident la répar. lioQ est plus facile. Ces bobines sont dites cloisonnées.
La nécessité de l'isolement absolu se fait sentir même dans I
yi6 pnEMiEiiB PAiiTiB. — MATEnieL bt techmoue.
parties de la bnbine qui sont à la partie extérieure; dans l'obscurité on voit des aigrettes lumineuses apparaître de toutes parts sur l'enveloppe externe de l'induit : ce sont autant de perles qu'il faut arrêter. On arrive à ce résultat en nojrant complètement la bobine dans la paraffine ou la gomme laque, les bornes de l'induit émergeant seulement.
C'est M. Radiguet qui, crojons-nous, a le premier proposé un modèle de bobine no^ée â moitié dans la paraTHne {Jlg. i4). Mais pourquoi s'être arrêté dans celle voie? C'est loule la masse de la bobine qui doit êlre isolée. Actuellement, MM. Clément et Gil-
Fig. .5.
Robinc Clémeni el Uilmer.
meT(/îg. i5), Ducretet livrent des bobines complètement enveloppées dans un isolant solide.
En ce qui concerne le condensateur, on n'a pas apporté de modifications au dispositif primitif, on a seulement reconnu la nécessité d'en faire varier la capacité dans certains cas.
Dans le grand modèle de Radiguet le condensateur comprend 90 feuilles d'étain et il représente une surface de 8"^, 5. Les feuilles sont assemblées par séries de 3d, de façon à pouvoir utiliser un tiers, deux tiers ou la totalité du condensateur.
CllAP. I. — DV MATÉRIBL POUR LA RADIOGRAPHIA ET LA RADIOSCOPIE. 27
Procédés pour reconnaître les sens du courant induit dans la bobine de Ruhnikorff, — Le sens du coiiranl induit est très important à reconnaître en Radiographie, certaines ampoules s'altérant très rapidement si le courant est inversé. Le pôle négatif de la bobine doit toiijours être mis en relation avec la cathode, le pôle positif à l'anode.
Pour reconnaître le pôle négatif on fait jaillir l'éliocelle entre deux petits fils de fer fin (diamètre "nr à -j^ de millimètre), fixés aux bornes de la bobine. Suivant la puissance de la bobine, on laisse entre les deux extrémités une distance de i*^™ à 3*". Aussitôt que Pétincelle jaillit, le fil qui correspond au pôle positif rougit très légèrement, tandis que celui qui correspond au pôle négatif rougit fortement et son extrémité fond tout en formant une petite boule qui semble fuir devant l'extrémité du fil opposé.
On peut encore remplacer les fils de fer par d^x morceaux de braise de boulanger, placés à 2**" l'un de l'autre et entre lesquels jaillit l'étincelle. Le morceau placé au pôle négatif présente à l'endroit ou vient frapper l'étincelle un point très brillant qui se déplace sans cesse. Au pôle positif il se produit un échauflement très considérable avec formation de cendres, ce qui n'existe pas de l'autre côté.
Avec l'un ou l'aulre de ces procédés on peut déterminer, une fois pour toutes, le sens du courant induit.
Avec une ampoule, le sens se reconnaît immédiatement à la fluorescence verte de celle-ci, fluorescence qui est absolument régulière dans toute la partie inférieure au plan de l'anode; en cas d'inversion, l'ampoule présente un éclairage tout diflerent; des stratifications, des cercles lumineux, des taches apparaissent et l'aspect est tel qu'il n'y a pas d'erreur possible.
Des divers types d'interrupteurs.
Mais c'est principalement dans la disposition de l'interrupteur que nous allons voir des modifications considérables ; le fonctionnement de cet organe ayant une importance capitale sur la valeur des résultats, il est nécessaire de nous y arrêter davantage.
38 PRKUIERE rAKTIi;. — MATERtl L ET TECHMQUR.
Nous avoDS signalé précéJeiDinent les inconvénients qui sont occasionnés dans l'interrupteur à lame élastique, ordinairement nommé Irembleur, par l'étincelle d'extra-couranl : usure rapide des contacts en platine et diminution du rendement. Ces inconvénients deviennent d'autant plus graves que le courant primaire est plus élevé, le trembleur craclic et réchaufTemenl des contacts est tel qu'ils peuvent se souder; dans ce cas la bobine s'écbauiTe il, si l'on n'arréie pas immédiatement le courant, l'isolant est fondu et l'appareil mis hors d'état d'une façon irrémédiable.
Interrupteur Gaiffe. — Pour éviter de tels inconvénients, M. GaifTe, sur les indications de M. d'Arsonval, a combiné un a[i'
pareil rotalif {fig- i(>) qui fait que les contacts successifs ne sVlfecluent jamais sur le même endroit d'une des électrodes. A cet effet, un petit moteur électrique actionné par le courant primaire donne un mquvement de rotation à un axe qui porte à son extrémité un disque de platine. Le contact, monté sur l'armature de
CHtP. I. — DU UATEBIEL POUR LA HADIOGRAPUIB ET LA
l'inlerniptcur, se trouve en rcgsrd non pas du centre du disque de platine, mais du bord de sa circoaTérence : par suite du mouvement de ce dernier, les contacts ne se feront donc jamais deux fois de suite au même endroit, réchaulTement en un point détermiaé ne pourra se produire. Ce dispositif, emploj'é déjà par l'auteur pour les appareils destinés aux applications médicales, convient parfaitement pour la Kadiographîe.
interrupteur Foucault. — Dans le mâinc but et pour actionner des bobines de grande puissance, M. Foucault a indiqué ud interrupteur à mercure {fîg. 17 et 18) ipii est employé d'une façon
Fif[. .7.
Interrupteur FoucbjEi a
{;énérale au-dessus d'une certaine longueur d'éliiicclle. Le principe de cet appareil consiste à élaLlIr le courant au muven d'une tige métallique qui plonge dans un godet rempli de mercure. Pour assurer une rupture plus brusque, éviter la formalioQ de l'étincelle d'cxlracourant dans l'air et la production de vapeurs mercuriellGS, oiiiccouvre le mercure d'une couche d'un mélange deau et d'alcool.
3i> PHElllliBE PAITIE. — lUTiaiBL ET TECHNIQUE.
Pour les bobines moyennes, la lige de l'interrupteur est attirée directement par le noyau central ; pour les bobines plus puissantes, l'interrupteur est indépendant de la bobine et il fonctionne au niojen d'un électro-aimant annexe, grâce au courant d'une source d'électricité spéciale. On fait varier le régime en déplaçant sur la
Fif. iS.
Interrupteu
FFE. levkroscllInlKi — T,
[tge oscillante de l'interrupteur une masse métallique. Pour régler la plongée du conlact dans le mercure, le godet qui renferme celui-ci peut se déplacer venicalcmenl. Ce tvpe d'interrupteur ne peut se prêter à une cadence rapide, à cause de la masse des pièces à mouvoir, mais il a un avantage marqué sur le trembleur à marteau ou à ressort, c'est de provoquer une rupture plus brusque du courant, de réduire l'étincelle d'extra-courant qui n'éclate plus â l'air libre, et enfin de supprimer toute possibilité de collage.
CHAP. I. — DU MATÉRIEL POl'R LA RADIOGRAPHIB ET LA RADIOSCOPIE. 3l
Tel élait Télat de ]a question lorsque la Radiographie vint à Tordre du jour et les divers constructeurs furent conduits les uns et les autres à imaginer des dispositifs variés pour mieux approprier rinterrupteur au râle quMl doit remplir.
PhonO'trembleur de M. Radiguet. — Le trembleur ordinaire à marteau, dont les dimensions et la position sont réglées d^unc façon invariable, convient parfaitement pour une valeur déter-
Fig. »9-
, Coupe du Phooo -trembleur de M. Radiguet.
D, marteau ; — E, ris de rëftlige ; — a, 6, e, <f, cadre otclllant; — H, molette permettant
de faire varier la position du cadre oscillant.
rainée de Tintensité du courant; il n*en est plus de même s^il se produit des modifications de régime qui proviennent de Télat de fonctionnement variable deTampoule. Aussi a-t-on reconnu Tavantage qu'il y a, en pratique, à faire varier la distance de Tarmaturc au nojau de Tinducteur. A cet effet, le marteau et la vis de butée sont portés par une même pièce rigide que Ton peut approcher ou éloigner du nojau central au moyen d'une vis de réglage. On peut également, au moyen d'une autre vis, modifier la tension de la lame vibrante. Grâce à ces deux modifications, l'interrupteur peut fonctionner avec des intensités très variables et le bruit est atténué dans une grande mesure.
C'est sur ce principe qu'est construit le phono-trembleur de JVf. Radiguet {fig- 19). On peut également dans cet appareil modifier le régime,. en employant pour marteau des pièces métalliques de poids différents. Le marteau le plus lourd sera utilisé quand on ne désire pas une cadence trop rapide; le plus léger, lorsque l'on
cherche au contraire un nombre de vibrations considérable dans Tuoilé de temps.
M. Ducretet emploie également sur ses bobines un interrupteur du même genre; il a la même souplesse et est particulièrement silencieux.
Cependant, c'est principalement dans les perfectionnements de rinterrupteur Foucault que nous allons trouver des solutions intéressantes du problème; cVst une question qui nous a occupé dès le début de nos études radiographiques et qui nous a conduit à préconiser Temploi des fréquences rapides du courant primaire, avec régime spécial de fermeture et d'ouverture. La pratique ayant démontré la vérité de ce principe, il a élé de suite appliqué par les divers constructeurs.
Interrupteur à grande vitesse A, Londe. — L'interrupteur classique de Foucault ne peut dépasser une certaine cadence par seconde, cadence relativement faible, de telle sorte que cet appareil est obligatoirement classé dans la catégorie des interrupteurs lents, dont il est le plus parfait d'ailleurs. En raison de son principe même, l'attraction de la masse de fer doux se faisant à Tinslant de la plongée de la tige dans le mercure et cessant au moment même où celle-ci en est sortie, on obtient en somme une cadence dans laquelle les périodes de fermeture et d'ouverture du courant sont sensiblement égales ('). Or l'expérience nous a montré qu'il v avait grand intérêt, au point de vue du rendement Hnal, à augmenter la durée de la période de fermeture par rapport à celle d'ouverture, c'est-à-dire à avoir un établissement prolongé du courant primaire et à rompre ensuite celui-ci brusquement et pendantun temps très court. Nous avons trouvé qu'il y avait aussi un avan-
(') Cette obserralion est rigoureusement exacte dans le trembicur Foucaulti actionné directement par ie courant de la bobine. Lorsqu'il fonctionne au moyen d'une pile annexe, comme dans le grand modèle à double godet, on peut augmenter le rendcnient en déplaçant la tige de façon qu'elle plonge dans le mercure avant que celte qui sert pour le passage du courant de la pile auxiliaire ne soit au contact dans le second godet. Néanmoins, si avec cette disposition on peut augmenter le rendement, la masse des organes est telle qu'on ne peut obtenir une cadence assez rapide.
CHAP. I. — DD HAT^BIEL POUK U BADIOGSAPB[S ET LA HADIOSCOPIB. 33
tage indéniable à augmenter le nombre des passages de courant dans l'unité de temps; cette fréquence assure la marche continue de l'ampoule et une réduction considérable de la durée d'exposition ( ' ).
Pour réaliser ces conditions, nous employons un moteur mécanique ou électrique susceptible de faire effectuer à un arbre un grand nombre de rotations par seconde. Sur cet arbre nous montons une came métallique dont la forme a été étudiée de manière à donner ^ de la période pour la fermeture du circuit et \ pour l'ouverture. Cette came a pour mission de soulever un bras de levier dont l'extrémité porte la tige de métal plongeant dans le mercure.
Nous donnons ci-dessous (Jtg. ao) le dessin de notre premier
Interrupteur i came A. Londe.
interrupteur; depuis nous avons remplacé le moteur à aimants par une petite dynamo (/î^. 2 r ). Nous avons également augmenté la capacité du godet à mercure, qui doit être de grandes dimensions, c'est là une condition indispensable : avec un petit godet, la masse d'eau et d'alcool recouvrant le mercure étant très faible, les projections de liquide sont à peu près impossibles à éviter, le niveau de celui-ci baisse rapidement et il faut le remplacer fréquemment pour éviter que l'étincelle d'exlra-conrant ne se pro-
(') La Nature, 6 fétrier 1897, p. i55.
3i rSEMIÛK rABTIe. — ■AIÛIKL KT TBfXXIQCB.
duise an cooUct de l'air. Il se forme d'anlre part et très promptement uoe boae épaisse, grisâtre, fonnée de mercure Gaement divisé et qui rend le contact moins régalier; il faut doue procéder à des nettoyages fréquents. Avec un grand godet, d'un diamètre de 6"°
Fis. "■
rupteur rotatif A. Lnnde.
à 8"", contenant une hauteur de a"" à 3"" de mercure et une couche de 5""à(>^" du mi5lange d'eau et d'alcool, ces inconvénients ne se produisent plus, ainsi que l'expérience le montre.
Si le godet est en verre, le fond doit être méiallique pour assurer l'arrivée du courant au mercure; avec ce dispositif les fuites sont quelquefois à craindre par le masticage du verre et du fond, aussi csl-il préférable d'employer des godets tout en verre ou en métal. Avec les premiers, une lige spéciale recourbée viendra amener le courant au mercure en passant à travers le couvercle de bois ou de liège dont on coiffe l'ouverture du godet. Ce couvercle est percé au centre d'une fenle rccliligne destinée à permettre les libres mouvements de la tige plongeante. Si l'on adopte le godet entièrement en métal, on prendra un métal inattaquable par le mercure, le fer par exemple, ou encore le cuivre nickelé. Le cuivre brut s'amalgamanl avec le mercure doit être rejeté.
Dans l'interrupteur Foucault, la lige plongeante est garnie de
CHAP. I. — DU lÉATBRIEL POUR LÀ RADIOGRAPHIE ET LA RADIOSCOPIE. 35
platine à soa extrémité; cette dispositioa est la meilleure mais la plus coûteuse; en pratique, les tiges de cuivre rouge ou de fer donnent de très bons rcsullats.
Il est essentiel de pouvoir régler facilement la plongée de la tige dans le mercure; à cet effet, le godet est monté sur une platine que l'on peut élever et abaisser au moyen d'une crémaillère commandée par un bouton moUeté. Cette disposition est excellente, à condition que l'on puisse, une fois le réglage effectué, serrer la tige de la platine de façon que l'immobilité absolue soit obtenue. En effet, si l'on ne prenait celte précaution et par suite de l'usure inévitable des dents de la crémaillère, le godet tendrait à descendre peu à peu sous les chocs répétés de la tige dans le mercure.
Pour éviter cet inconvénient, M. Rlchard-Ch. Heller monte le godet à l'extrémité d'un levier basculant. L'autre bras du levier comporte une vis de réglage qui permet de régler l'appareil facilement sans qu'il puisse se déranger.
Aussitôt après la publication de notre interrupteur, divers constructeurs appliquant le même principe ont réalisé des appareils qui répondent au même but, mais, au lieu d'employer le système de la came qui nous est personnel, ils ont résolu le problème d'une autre façon. L'axe du moteur donne un mouvement alternatif à la tige plongeant dans le mercure : en réglant la hauteur du godet par rapport à la pénétration de la lige dans le mercure, ce qui s'obtient facilement par un des deux dispositifs que nous venons de décrire, on peut obtenir à volonté des durées soit égales, soit inégales des périodes de fermeture et d'ouverture. Si la lige plonge de la moitié de sa course, les périodes sont égales; si elle plonge des trois quarts, on aura une période de fermeture trois fois plus longue que celle d'ouverture.
Interrupteur Ducretet {Jig^ 22). — Cet appareil comporte, sur un socle isolant, une colonne qui porte la dynamo actionnant la tige plongeante, un large godet à mercure à mouvements verticaux, un interrupteur, un plomb fusible et un commutateur inverseur. La transformation du mouvement rotatif de la dynamo en mouvement recliligne alternatif est obtenu au moyen d'un excentrique coulissant dans une pièce à rainures montée sur la
raBHlàBB PfcRTIB. — KATRBIEL ET TBCHNIQUE.
tige plongeante. Ce système est du reste analogue à celui qui est employé dans les machines à coudre. Cet appareil est admîrable-
Fif. M.
^iir
mont consiruîl, comme tons cens qui sont signés du nom de M. DucreloI, maïs son prix (5lové ne le met pas à la portée de tons.
aUP. 1. — DU MATâRISI. POim U aADIOCnAI>BIK Kl LA. EADIOSCOPIB. 3^
Interrupteur Seguy {fig. a3), — Cel ioterrupteur est actionné également par une petite dynamo et donne un mouvement alternatif à une tige qui plonge dans un godet de verre renfermant le mercure. Ce godet présente une ouverture étroite, surmontée d'un col évasé, en forme d'entonnoir; de cette manière, toutes les
Fig. a3.
Inierru pleur Seguj.
parties du liquide qui auraient pu être projetées se trouvent recueillies. Une tubului'e latérale sert à l'introduction dans le mercure d'un lîl conducteur. Ce godet est monté sur une plateforme ayant un mouvement vertical, ce qui permet de la monter et de l'abaisser à volonté. On règle la cadence de l'interrupteur au moyen d'un rhéostat intercalé dans le circuit.
Interrupteurs sans mercure. — Plusieurs constructeurs ont cherché à établir des interrupteurs fonctionnant sans mercure. M. Radiguet s'est particulièrement occupé de celte question et a imaginé un modèle qui fonctionne bien : il a d'ailleurs l'avantage
38 raniÉRB PkITIE. — VATCBIKI. KT TECHTIIOEK.
d'être actionoé par le courant même de la bobine, ce qui évite l'emploi d'un motear annexe et d'uoe batterie spéciale pour mettre celui-ci en marche. Une tige de cuivre rouge, terminée par une armature de fer doux et munie d'un ressort antagoniste, est placée
Fig. )i.
sous un fort électro-aimanl intercalé dans le cii'cuU de la bobine. A chat|ue passage du courant la tige sera soulevée, aussiiût après ('Ile redescendra sous l'action du ressort antagoniste, elleclTectuera donc un mouvement alternatif vertical qui sera utilisé pour produire les interruptions du courant primaire. A cet effet, la ti^c appuie à l'état de repos sur une platine métallique mise en relulion avec tm des pôles de la source d'électricité, le courant s'éla-
CHAP. 1. — DU MATÉaiBL POUR LA RADIOGRAPHIE ET LA RADI08C0PJE. .Sq
blit ; mais aussitôt rélectro-aîmant soulève la tige, le courant est coupé, la tige retombe et ainsi de suite. Pour éviter l'usure des pièces par Tétincelle d'extra-courant, le contact se fait dans un récipient de verre contenant de Thuile lourde de péfrolc (').
La tige de plongée n'est pas continue, mais elle est coupée par un double ressort intercalé, qui a pour eflet de donner un certain rendement en augmentant la durée du contact. Sans cette disposition très ingénieuse, le rappel de la tige ayant lieu aussitôt que le courant passe, il serait à craindre que celui-ci n'ait pas le temps de s'établir suffisamment. C'est du reste là l'inconvénient de tous les interrupteurs qui sont actionnés par le courant même de la bobine.
Nous avons étudié également cette question, mais en cherchant à établir un appareil dans lequel, pour chaque période, le rendement serait déterminé d'une façon mécanique, le rôle de Topérateur se réduisant uniquement à augmenter ou à diminuer le nombre de périodes dans Funité de temps; c'est du reste le principe que nous avons posé dans notre premier modèle d'interrupteur. Nous avons bien reconnu que l'on pouvait atteindre le même résultat en se servant du godet à mercure à mouvement vertical, mais le réglage ne sera jamais que momentané, le mercure se divisant à l'excès et étant projeté le long des parois et souvent même en dehors. Il faudra donc de temps en temps remonter le godet. Avec un interrupteur à rendement mécanique, celui-ci étant défini une fois pour toutes, aucun déréglage n'est possible. L'interrupteur que nous avons combiné avec M. Lucien Leroy est actionné par une petite dynamo, et comporte une tige montée sur un excentrique et plongeant dans un godet métallique fermé contenant de Teau glycérinée ou de l'huile lourde de pétrole. La particularité de cet appareil est que la tige comprend un piston rentrant qui assure le passage du courant pendant les -^ de la période. De cette ma-
(') Ce type d'interrupteur n'est en somme que le trembleur classique avec celte différence que les pièces de contact sont placées dans un liquide : par suite Tétincelle d'extra-courant ne se produit plus à l'air libre. L'usure est moins grande incontestablement; mais elle se produit toujours; dans son dernier modèle, M. Radiguet a pré?u un déplacement latéral de la platine, permettant d'user celle-ci régulièrement.
40 PREMIÉIB PARTIR. — UATBHIEL KT TECHNIQDE.
nîère le rendement est maximum, aiosi qu'il résulte d'expériences Dombreuses que nous avons faites avec un appareil spécial de démonstration, qui nous permettait de faire varier la durée de passage du couranl'depuis la moitié de la période jusqu'aux trois quarts «t aux neuf dixièmes. Avec ce dispositif on voyait très nettement l'intensité de l'ampoule augmenter progressivement.
Nous avons cependant renoncé à ce dernier tjpe qui avait l'inconvénient d'être par trop bruyant et l'avons remplacé par une autre disposition qui remplit le même but et n'a pas le même défaut.
Interrupteur rotatif à rendement 'A. Londe et L. Leroy. — Un godet vertical est traversé par un axe qui reçoit un mouvement de rotation d'une petite dynamo [fig- 25). Cet axe porte à la partie
Fig. 35.
laterrupleur rotatif A. I/Onde et L. Leroj.
A, OodMi — B, taaUl 1 — D, d|rnsmsi — R, rbiixUt > — C. C. boin») nMtet 1> U boblnt.
inférieure un balai de contact qui décrit ainsi une circonférence et sert à établir le passage du courant avec le fond du godet. Ce dernier est en métal et porte des secteurs isolants de telle manière que le courant passe ou est interrompu suivant la position occupée par le balai. Les dimensions respectives des secteurs métalliques el des secteurs isolants déterminent, pour chaque rotation, les durées des périodes de fermeture et d'ouverture du courant. Le rendement
CHAP. I. — DD HAT^IIBL POUR LA RADIOCKAPHIB ET LA RADtOSCOPIB. 4<
est ainsi fixé d'une façon purement mécanique sans qu'aucun dér^ glage puisse se produire, comme cela arrive fatalement daas les interrupteurs à contact de mercure. Le godet est rempli d'un liquide tel que alcool glycérine, eau glycérinée, ou huile lourde de pétrole ; de celte manière l'étincelle d'extra-couranl ne se produit plus à l'air libre.
Au moyen d'un rhéostat intercalé dans le circuit, on fait varier facilement la vitesse du moteur et par suite le nombre de périodes à la seconde : le rendement étant déterminé, comme nous venons de l'expliquer, d'une façon purement mécanique, la manœuvre de cet interrupteur consistera uniquement à régler sa vitesse de manière à illuminer convenablement l'ampoule.
La pratique nous a montré qu'il est indispensable de pouvoir régler par tâtonnements pour chaque bobine et pour chaque am-
Fig. 16.
P«tit rbéosUt i c
poule Je nombre d'interruptions, de façon à obtenir le maximum d'effet. Non pas que l'on puisse indéfiniment augmenter la vitesse de l'interrupteur, c'est à l'opérateur, dans chaque cas particulier et suivant la marche d'ailleurs fort variable de l'ampoule, à régler
j3 niElllÉBB PAHTIE. — MATÉRIBl. ET TECHNIQUE.
la durée du passage du courant {i moins que celle-ci ne soil réglée d'une façon 6se comme dans le dernier modèle d'interrupteur ci-dessus décrit) et le nombre d'interruptions dans l'unité de temps.
Avec un moteur électrique on obtient un réglage très précis de la vitesse, par l'iotercalation dans le circuit d'une résistance avec curseur métallique {^ff. 26).
Interrupteur métronome {fig. 27). — En terminant celte élude des divers tvpes d'interrupteurs, nous serions incomplet si nous ne citions un modèle spécial qui a pour but de produire dans
Fig. .7.
Iplerrupteur métronome Cbabaud.
l'ampoule des périodes d'activité et de repos alternées d'une façon régulière. Dans certaines ampoules l'anode miroir s'échauETe rapidement, et elles seraient bientôt mises bors d'usage si l'on ne coupait le courant; on a eu alors l'idée de n'envoyer celui-ci que par intervalles espacés, de façon à ne jamais atteindre cette période d'échauffemenl qu'il faut éviter. Cette manière d'opérer est surtout très utile avec l'ampouie Colardeau, dont les faibles dimensions permettent récHauffeaient rapide.
On utilise, pour réaliser les conditions que nous venons d'expo-
CHAP. I. -r- DU MATÉRIEL POUR LA RADIOGRAPHIE ET LA RADIOSCOPIE. 43
ser, un métronome dont les tiges plongent dans des godets contenant du mercure et de Teau alcoolisée. On réglera la vitesse de fonctionnement par le déplacement de la masse qui glisse sur la tige du métronome, puis la durée des contacts en levant plus ou moins les godets de mercure. Enfin, en garnissant les deux godets ou un seul, on aura une ou deux interruptions par oscillation du métronome. M. V. Chabaud a construit un excellent modèle de ce genre. M. GaifiTe en a exécuté un analogue sur les indications de MM. Brogomé et Huet. Il diflTère du précédent par quelques détails de construction et par l'application d'un commutateur spécial, faisant fonction d'interrupteur et d* inverseur de courant.
Rhéostat.
Dans une installation bien comprise, et surtout lorsque Ton fait usage de bobines puissantes, il est nécessaire d'intercaler une résistance dans le circuit actionnant le transformateur; cette résistance porte le nom de rhéostat. Elle a pour but de réduire l'intensité du couraht inducteur, de manière à ne pas dépasser dans le courant induit la limite qui est compatible avec la bonne marche de la bobine. Suivant l'état de charge des accumulateurs ou l'énergie du courant primaire produit par des piles ou une dynamo, suivant la résistance de l'ampoule qui est essentiellement variable, l'introduction d'une résistance plus ou moins élevée est indispensable.
Les rhéostats sont formés de fils de fer ou mieux de ferro-nickel dont on choisit le diamètre d'après Fintensité du courant qui doit les traverser, et de telle façon qu'ils ne s'échaufient pas sensiblement. On les dispose en boudins ou en spirales sur un support * isolant, de manière à ce que l'air extérieur puisse les refroidir largement. Un curseur mobile le long des spires permet d'augmenter ou de diminuer la résistance intercalée, par le nombre plus ou moins élevé des spires mises en circuit {fig* 28).
Il est recommandé au début du travail d'introduire toute la résistance (les accumulateurs en particulier donnent toujours un coup de fouet initial), puis de la retirer progressivement jusqu'à ce que Fampoule donne le maximum d*efiet.
a MnnÈu rAMTU. — MATÉanL bt tbcbhiqcb.
Pour choisir le diamètre et la longaenr des Gis qaî doivent composer la résisUnce, il faut se baser sur les r^es suivantes :
L'd 61 de maillechort de i" de diamètre et de lo" de loogoeor
rig. lit.
Grand rhéostat Radiguel pour (oi
a UDe résistance de 2°^"', 5. Pour calculer la lésistancc que doit présenter le rhéostat dans tel ou tel cas, on applique la formule
Soit par exemple une batterie de 8 accumulateurs donnant environ 16 volts et dont on ne veut utiliser que la moitié, soit 8 volts, avec un débit de 3 ampères. On aura donc, e élanl égal à 8 volts et I à 3 ampères,
Le rhéostat devra donc avoir une résistance comprise entre
CHAP. I. — DU MATÉRIEL POVB LA BADIOGRAPHIS ET LA BADI08G0PIB. 45
a et 3 ohms; il suffira donc de prendre lo™ de fil de maillechort de I™" de diamètre qui ont une résistance de 2®**™% 6.
Pour actionner une bobine de 4o^™ directement sur le secteur à 1 10 volts et réduire le voltage à 20 volts environ, il faudra environ 100™ de fil de 1™™ de diamètre.
La disposition précédente est bonne, quoique un peu encombrante : le seul défaut de l'emploi direct du courant à iio volts est de donner à l'interrupteur des étincelles considérables. Si l'on emploie l'interrupteur à marteau, les collages peuvent se produire, on aiira donc avantage, en général, à se servir d'un interrupteur spécial.
D'après M. Buguet, la self-induction des rhéostats employés pour réduire le potentiel contribuerait encore et pour la majeure partie à la grandeur des étincelles d'extra-courant. Pour atténuer la selfinduction du rhéostat, on peut, comme l'indique M. Chappuis, disposer le fil en spires assez éloignées sur une simple planche. M. Buguet obtient les mêmes résultats en disposant le fil en zigzag sur une planche.
Au lieu de rhéostat métallique on peut employer des lampes à incandescence groupées en dérivation et en nombre suffisant. Le filament des lampes à incandescence constitue le meilleur des rhéostats sans self-induction. Il peut être fort pratique dé disposer des commutateurs permettant de modifier rapidement le nombre de lampes en travail, afin de faire varier dans de larges limites l'intensité du courant inducteur.
Un autre rhéostat, très pratique et facile à construire soi-même, consiste à employer deux lames de plomb plongeant dans un liquide '(eau contenant de iS^^ à 20*^ de carbonate de soude par litre). £n éloignant ou en rapprochant plus ou moins les lames on augmente ou l'on diminue la résistance. Avec un récipient contenant seulement 2^'' à 3'^' de liquide, on peut absorber facilement 80 à 90 volts. Ce rhéostat, ourre son économie, a l'avantage de ne pas présenter de self-induction.
Dans le laboratoire, un dispositif très pratique consiste à employer un tube en U dans lequel on peut faire varier facilement l'intensité du courant en enfonçant plus ou moins les lames de plomb.
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Appareils d« aesur*.
L'iosUllatioD normale sera complétée par Temploi d'un ampèremètre destiné à mesurer l'intensité du courant et d'un voltmètre ayant pour but d'indiquer la force éleclromotrice. On doit choisir de préférence les modèles qui sont apériodiques; ce sont ceux dans lesquels l'aiguille oscille le moins lors du passage du courant. Les lectures se font par suite immédiatement.
L'ampèremètre est placé à poste fixe dans le circuit de Tinducteur et il permet de suivre d'une façon contînoe la marche de la bobine : à cause des variations incessantes du courant, Faiguille est toujours en mouvement; les oscillations de celle-ci seront d^aatant plus faibles que l'instrument sera mieux apériodique. L'ampèremètre devra être gradué jusqu'à 25 ou même 5o ampères, suivant l'intensité du courant primaire utilisé (*).
Le voltmètre, qui doit indiquer la force électromotrice ou, autrement dit, la différence de potentiel qui existe aux bornes de la bobine, ne peut rester sans danger en circuit. On le branche en rlérivation sur les bornes de la bobine et grâce à un interrupteur (bouton de sonnerie, par exemple) in^rcalé dans son propre circuit, on ne l'actionne que le temps nécessaire pour faire la lecture.
Conducteurs.
Il nous reste à parler des conducteurs destinés à établir les connexions entre les divers appareils : il est indispensable d'employer des fils bons conducteurs en cuivre rouge, souples* et parfaitement isolés. Ceux qui sont destinés à amener le courant à la bobine doivent être de diamètre suffisant pour laisser passer sans s'échaufTcr les forts courants employés.
(') 11 est plus prudent, à notre avis, de ne pas laisser constamment Fampèremùtre en circuit et d'installer un interrupteur à manette qui permet de le mettre en court-circuit.
Les renseignements donnés par rampércmèlre, dans le cas particulier qui nous occupe, sont loin d'être exacts, et ne donnent aucunement la mesure de l'inten* site du courant moyen employé. Si l'on désire plus de précision, il serait préférable d'employer un ampèremètre thermique.