CHAPITRE 11. — TECHNIQUE RADIOGRAPHIQUB
viennent s'appliquer, d'une part, sous le menton et sur le front, el, de l'autre, derrière Tocciput et à la base du crâne. Ces tiges peuvent glisser sur leurs axes de façon à prendre toutes les positions voulues.
Pour plus de sûreté, et si Ton craint que le malade ne cherche à sortir de cet appareil, une simple bande de mousseline placée en iravers l'immobilisera complètement sans laisser de traces sur la radiographie.
Si l'on veut photographier la léte d'avant en arrière, elle sera maintenue dans cette position par les quatre supports, le malade étant couché sur le dos. Les tiges de contention des supports devront être en bois et garnies à leurs extrémités de tampons d'étoffe pour établir un contact doux avec la tête du patient. Ces tampons seront fixés avec du (il et non cloués, car les clous seraient reproduits et généraient pour l'examen. En raison de leur transparence, les tiges, les tampons et les ligatures ne laissent pas d'image appréciable sur le négatif.
Mise en marche des ampoales.
Maintenant que nous avons décrit tout le matériel nécessaire pour la Radiographie, il est nécessaire d'en étudier la mise en marche et le fonctionnement. Nous estimons que le lecteur est suffisamment éclairé par ce que nous avons dit des divers types d'ampoules et qu'il a choisi le modèle convenant le mieux aux travaux qu'il doit exécuter. La première chose qu'il devra faire, c'est d'essayer l'ampoule adoptée, de vérifier si elle fonctionne bien, de se rendre compte de son intensité et de la netteté qu'elle peut permettre d'obtenir.
Dans un môme type d'ampoules il peut y avoir d'assez grandes différences en ce qui concerne l'intensité; ceci proviendra du moment où l'on aura effectué la séparation d'avec la pompe à mercure. On dit que l'ampoule est peu vidée lorsqu'elle est à la limite ù laquelle la production des radiations actives devient suffisante; par le fonctionnement et par réchauffement qui résulte du passage du courant, les molécules d'air sont absorbées petit à petit e^ la puissance de l'ampoule augmente; elle atteint alors un maximum où elle donne les résultats les plus rapides, puis elle devient trop ré-
^ PREMIÈRE PARTIE. — MATÉRIEL ET tECHNIQUE.
sislante, elle s^éclaire moins bien, les étincelles tendent à jaillir extérieurement et la somme de radiations actives diminue dans de grandes proportions. II faudra Tabandonner ou essayer de la régénérer par un des procédés que nous indiquerons par la suite. En un mot, la marche de Tampoule est essentiellement variable, la production des radiations actives suivant une courbe rapidement ascendante pour décroître ensuite une fois le maximum atteint. Moins une ampoule sera vidée, plus ses services pourront être longs, maison n'atteindra le maximum de puissance que progressivement; si, au contraire, elle est vidée davantage, elle pourra donner de suite le maximum d'eiTet, mais sa durée sera plus courte, car, une fois le maximum atteint, la chute se produit à bref délai. En général, les industriels livrent des tubes peu vidés qu'il faudra amener soi-même à leur maximum de puissance dans les cas où cela sera nécessaire.
En pratique donc, une ampoule neuve s'améliorera au fur et à mesure de son fonctionnement, jusqu'à une certaine limite à partir de laquelle l'effet inverse se produira; la résistance de l'ampoule neuve étant plus faible, on pourra commencer avec un courant moins énergique et augmenter la puissance de celui-ci au fur et à mesure que la résistance croîtra. Cette observation montre bien l'avantage qu'il y a en pratique à faire usage d'un rhéostat pour modifier l'intensité du courant primaire.
On observera qu'il est nécessaire de faire fonctionner les ampoules dans un local sec. Elles devront être essuyées avec soin pour les débarrasser des poussières qu'elles attirent facilement et de toutes traces d'humidité.
On se rendra compte de l'intensité produite par l'examen à l'écran fluorescent; en interposant la main on constatera si l'ampoule est pénétrante, les os devront bien se détacher en foncé sur le fond de la chair à peine visible. Pour apprécier plus exactement celte intensité, on emploiera l'une des méthodes que nous avons indiquées précédemment.
On pourra utiliser également avec avantage l'électroscope spécial de M. Hurmuzescu(yî^. 55) construit par M. Chabaud. Cet appareil se compose d'une boîte rectangulaire en métal renfermant deux feuilles d'or suspendues à une tige isolée qui dépasse entièrement
CHAPITSE 11. — TSCHNrOttB RADIOGRAPHIOITK. S5
à la partie supérieure. Deux parois opposées garnies de verres permellent de suivre les mouvemenls des feuilles. Si, pour rendre le phénomène plus visible, on désire projeter sur un écran l'image do celles-ci, on remplacera le verre extérieur par un verre jaune foncé qui a la propriété, comme l'a montré M. Branly, d'empêcher l'instrument de se décharger sous l'action des rayons violets. Une des autres parois latérales est munie d'une coulisse à ressort qui permet
Fig. 55.
Kleclroîcapc de M. Hurmmescu.
de fixer des lames métalliques diverses et d'elTectuer l'étude de la décharge de l'instrument au travers de parois de nature difTérente.
Pour se servir de cet éteclroscope, on met dans la paroi à coulisse une feuille d'aluminium de o"", i à o'""',2 d'épaisseur, et l'on place en face de celle-ci, et à la distance de i" par exemple, l'ampoule à essayer. On procède alors à la charge de l'électroscopc à t'aide d'un corps diélectrique (' ) frotté sur de la laine, les lames d'or s'écartenl; on fait alors fonctionner l'ampoule et l'on note combien il faut de secondes pour que la chute soit complète. La
{' ) M. Buguct a indiqué un autre procédé pluaexpédilif poureflectuerla charge. II saffitde diriger l'ua des conducteurs de la bobine vers la boule de l'électroscopc et de produire i la main un certain nombre d'ioterruptioos du courant jusqu'à ce que l'on ait obtenu le même écartemtnl des feuilles d'or.
(Jurée de chute donnera des renseignements assez précis sur ]a puissance de Tampoule.
Aspect de l'ampoule en fonction. — La coloration des ampoules en état de marche est d^un beau vert tendant sur le jaune; dans les modèles /octt5 ou dérivés du/ocus, on constate une zone beaucoup moins éclairée dans toute la partie supérieure de Tarnpoule en arrière d'un plan passant par l'anode. Cette partie très peu riche en radiations actives correspond en quelque sorte à une zone d'obscurité; quelquefois elle présente à son sommet et dans le voisinage de l'entrée de l'anode une légère coloration bleutée. Ce phénomène se produit principalement dans les ampoules peu vidées; il s'atténue et finit par disparaître au fur et à mesure que le tube fonctionne.
Après un long usage ou lorsque l'on emploie des courants très énergiques, on voit apparaître dans la même région une légère coloration rosée. Cette coloration, dans nos expériences, nous a toujours indiqué la fin prochaine de l'ampoule; celle-ci se produit bientôt après par la disparition totale de la coloration vert jaune et l'apparition d'une belle coloration rosée. En cet état Tampoule est hors d'usage et ne produit plus de radiations actives. Cet effet est dû vraisemblablement à une rentrée d'air.
Les phénomènes qui se passent sur l'anode par suite de la concentration des rayons émanés de la cathode sont des plus importants et d'ailleurs fort variables comme effets, suivant le type d'ampoule. Ce qui est indiscutable, c'est qu'il y a une élévation considérable de température qui peut amener l'anode à l'incandescence. Suivant la construction de l'ampoule, la plaque métallique qui termine Tanode rougit soit partiellement, soit complètement; d'autres ne présentent pas cet échauffemcnt d'une façon apparente.
Doit-on donner la préférence aux. ampoules qui concentrent les radiations en un point très étroit, ce qui a priori semblerait indiquer une concentration plus rigoureuse, ou à celles dans lesquelles Tanode rougit entièrement, ou encore à celles qui ne rougissent pas? Nous avouons que nous ne pouvons trancher la question. Les unes et les autres nous ont donné de bons résultats comme