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CHAPITRE II. — TECHNIQUE RADIOGRAPHIQUE. I

constitué par une grille métallique percée d'ouvertures égales : il est bien plus facile ainsi de rendre visible le phénomène étudié par la raison très simple qu'il va dénaturer les images des ouvertures par lesquelles la lumière est admise. En examinant en effet la^^, 58, nous voyons que toutes les ouvertures de la grille sont nettes et de mêmes dimensions dans les bandes 6, 5, 4 et 2, c'est-à-dire aux endroits où la plaque était à nu ou bien sous les écrans non renforçateurs. Au contraire, sous les bandes 3 et 1 les images des ouvertures sont considérablement agrandies et plus encore sous l'écran n® 1 qui a l'action renforçatrice la plus grande. Le trouble des images ne provient donc pas d'un grain, mais d'un étalement de l'image assez semblable au halo photographique. La réduction empiète, en effet, des parties les plus éclairées sur les parties les plus sombres, de telle sorte que l'intervalle qui sépare les ouvertures diminue très notablement. Si l'on avait à reproduire une grille très fine, les intervalles disparaîtraient. complètement.

Ce phénomène n'est pas dû à une réflexion sur la face postérieure du verre, comme le halo photographique, car on l'obtient sur des plaques anti-halo, sur des pellicules, sur du papier sensible. Il s'agit d'un halo par diffusion, qui se produit toutes les fois qu'une source de lumière très intense agit à la limite d'une plage sombre. Cette variété de halo est proportionnelle à la durée d'exposition, ainsi que nous l'avons vérifié dans une autre expérience, où la plaque recevait des poses régulièrement croissantes. Il est dû uniquement à l'action des rayons fluorescents excités par les ravonsX et non pas à ces derniers. En effet, l'augmentation de la pose ne permet pas de produire le phénomène, avec la plaque à nu ou les écrans non renforçateurs; d'autre part, il suffit d'arrêter les rayons fluorescents pour voir disparaître de suite et l'effet renforçateur et les troubles qui l'accompagnent : une simple feuille de papier noir interposée entre l'écran et la plaque permet de faire cette démonstration; partout où elle se trouve, les rayons fluorescents sont arrêtés et les images des ouvertures reprennent leurs dimensions et leur netteté normales : l'intensité redevient identique à celle obtenue sur la plaque à nu.

Comme conclusions pratiques, il nous parait difficile d'employer les écrans renforçateurs si l'on désire obtenir de grandes finesses,

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mais pour de grosses choses, fractures, recherches de projectiles, où la question de détail peut être négligée, ils rendront de réels services. Les bons écrans renforçateurs permettent, en effet, de réduire la durée d'exposition d'une façon très notable. C'est ain^i que maintenant nous effectuons les recherches de projectiles dans le crâne en moins d'une minute. Il sera d'ailleurs toujours recommandé d'opérer rapidement, les causes de trouble augmentant avec la durée d*exposition.

Des inconvénients des plaques.

Le seul inconvénient des plaques, que nous ne pouvons passer sous silence, c'est leur fragilité qui constitue un défaut sérieux lorsque l'on se sert de grands formats pour la reproduction de sujets lourds et peu faciles à remuer. Dans ce cas, le bris de la plaque, soit au moment de l'installation, soit pendant la pose, est toujours à craindre. On atténuera, dans une certaine mesure, les chances d'accident en faisant usage des châssis spéciaux présentant un fond rigide et bien dressé pour donner à la plaque une base d'appui complète. Cependant, comme les plaques du commerce sont rarement planes, un malheur sera toujours possible. D'autre part, les plaques de grand format coûtent très cher et il serait certainement avantageux d'employer un support autre que le verre.

Dans cet ordre d'idées, il est tout indiqué d'employer les pellicules qui, à l'heure actuelle, sont bien mieux fabriquées qu'autrefois. Avec elles on sera complètement à l'abri de l'insuccès que nous avons signalé; mais ce qui en interdit jusqu'à présent l'usage général, c'est leur prix de revient bien plus élevé que celui des plaques.

Au lieu de pellicules, on peut encore faire usage des papiers rapides au gélatinobromure d'argent, d'un emploi si courant aujourd'hui pour le tirage des négatifs à la lumière artificielle et pour les agrandissements. On devra chercher de préférence les papiers lisses et sans grain. Des nombreux essais que nous avons faits, il ressort que la plupart des papiers du commerce ont une tendance à donner des radiographies grises et sans contrastes suffisants, alors

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même que dans l'usage normal ils ne présentent pas ces inconvénients (*). Nous sommes encore là certainement en présence de phénomènes de diffusion des rayons X, phénomènes qui se produisent avec plus d'intensité que dans les plaques dont le support de verre constitue, dans une certaine mesure; un écran prolecteur.

Emploi simultané de plusieurs couches seusibles.

L'usage de préparations dont le support est complètement transparent pour les radiations actives, comme le. celluloïd, la gélatine ou le papier, permet d'impressionner en même temps un certain nombre de couches et d'obtenir d'un seul coup plusieurs clichés radiographiques. En pratique, cette manière de procéder pourra être avantageuse pour éviter des tirages subséquents : elle permettra de disposer de suite d'une ou plusieurs radiographies que Ton pourra examiner sans retard. C'est ainsi qu'à la Salpêtrièrc nous exposons généralement un papier et une plaque, le premier mis de suite à la disposition du médecin et la seconde conservée pour les usages ultérieurs qui pourront être nécessaires, publication, projection, etc.

Développement des négatifs radiograpliiques.

Il ne saurait entrer dans le cadre de cet Ouvrage de donner tous les détails de l'opération du développement; nous renvoyons le lecteur au Traité spécial que nous avons publié sur ce sujet ('-).

Il est cependant une question générale que soulève la Radiographie et qu'il faut aborder. Doit-on faire usage de révélateurs énergiques ou faibles; le développement rapide est-il préférable au développement lent? Nous devons avouer que les opinions des auteurs sont absolument partagées. Si l'on considère que, très

(') La maison Guilleminot, Houx et C'* fabrique un papier radiograpliique qui nous a donne de bons résullats. La maison Monckhoven nous a soumis dernièrement un papier spécial qui convient aussi paiTailemcnt pour ce genre de travail.

(-) LoNDE (A.), Traité pratique du développement, 3* édition. In-i8 jcsus, avec figures; 1898 (Paris, Gauthier-Villars cl fils).

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généralement, surtout lorsqu'il s^agit de modèles de grandes dimensions, d'épaisseur notable et reproduits à grande distance de l'ampoule, l'impression sera presque toujours faible, le cliché* radiographique correspond au cliché manquant de pose, et, dans ce cas, le traiter comme un cliché instantané par un bain énergique et rapide nous paraît un excellent procédé. C'est ainsi, du reste, que nous opérons pour les négatifs les plus délicats à obtenir, crânes, thorax, bassins, cuisses, etc.

Nous utilisons, dans ce cas, le développement combiné au métol et à l'hydroquinone que nous considérons comme le plus pratique en l'espèce.

On prépare le bain suivant :

Eau distillée looo"

Sulfite de soude anhydre i5o8''

Hydroquinone 7S''»5

Carbonate de potasse ^oi'

Métol 58"^

Ce bain est préparé à chaud dans une capsule de porcelaine ou un récipient de tôle émaillée; on introduit successivement les divers produits dans l'ordre ci-dessus et en attendant chaque fois que le dernier soit complètement dissous. Lorsque l'on ajoute finalement le métol, il faut agiter le bain avec une baguette de verre pour faciliter la dissolution de cette substance qui, grâce à sa légèreté spécifique, a tendance à flotter à la surface. Ce bain est filtré et conservé pour l'usage. Il devra être employé dans cet état, et même chauffé légèrement pendant la saison froide ou lorsque l'on veut une action plus rapide et plus énergique. Après l'usage, il est reversé dans un récipient spécial qui constituera une réserve de bain mi-vieux, lequel sera utilisé dans tous les cas où l'on ne se trouvera pas en présence d'une sous-exposition. ■ Le développement doit être fait en agitant constamment le bain, afin de renouveler les parties du liquide en contact avec la plaque, et d'éviter la production des stries réticulées ou des marbrures qui se forment dans la couche lorsque la plaque reste en repos dans le bain; il doit être poussé à fond, c'est-à-dire que l'on ne doit craindre aucunement de prolonger l'action du révélateur au

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delà des limites ordinaires. Il est bon d'examiner la plaque par le dos et de s'assurer si la couche est bien réduite dans toute son épaisseur : ce contrôle n'est que relatif, les diiFérentes marques de plaques n'aj^ant pas la même épaisseur de gélatinobromure, les plus minces seront traversées plus facilement et les plus épaisses plus difficilement. Il faudra donc déterminer par Texpérience, avec chaque marque de plaque, le point où il sera préférable de s'arrêter.

En ce qui nous concerne, nous poussons nos clichés jusqu*à ce qu'il nous soit impossible de ne plus rien voir de l'image.

Le révélateur à l'acide p^^rogallique, employé tel que nous l'indiquons pour le développement des clichés instantanés (voir Traité pratique du développement, p. i48), donnera les mêmes résultats, mais il a l'inconvénient de tacher les doigts de l'opérateur et, pour cette raison, nous préférons le développement au métol et à l'hydroquinone.

Certains opérateurs, partisans en Photographie ordinaire du développement lent pour les clichés instantanés, appliqueront le même procédé en Radiographie; pour notre part, nous n'avons jamais trouvé à cette manière de faire d'avantages suffisants pour nous engager à modifier notre conduite habituelle; cette méthode peut, a priori, conserver un peu mieux les contrastes, mais, comme il s'agit en l'espèce de négatifs sous-exposés, il est à craindre que l'intensité finale et la quantité de détails obtenus soient inférieures à ce que l'on peut obtenir par le développement rapide.

Dans toutes les hypothèses où la durée d'exposition est suffisante, on pourra employer les révélateurs peu énergiques, soit le bain de métol mi-vieux que nous conservons à cet effets soit un révélateur quelconque manié d*une façon rationnelle comme pour le développement d'un négatif ordinaire ayant pleine pose.

Renforçage des négatifs^ — Fréquemment, et malgré toutes les ressources du développement, on obtiendra des négatifs manquant de vigueur, ou ne présentant pas de contrastes suffisants. Il sera donc tout indiqué de pratiquer l'opération du renforcement. Le négatif une fois fixé et bien lavé, pour le débarrasser de toutes L, 8

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traces d'hyposuIGte de soude, est plongé dans le bain de bichlorure de mercure ainsi compose :

Eau ordinaire looo^^

Bichlorure de mercure 25 s''

Ce bain peut servir plusieurs fois tant qu'il n*a pas pris une teinte laiteuse. Le négatif blanchit rapidement, et il faut prolonger Timmersion d'autant plus que l'on recherche un renforcement énergique. On lave abondamment et l'on passe quelques instants dans l'eau ammoniacale :

Eau loooc'^

Ammoniaque Sof

Il faut agiter constamment la cuvette pour obtenir une action égale. Le négatif noircit de suite et, après quelques minutes de séjour, on peut le retirer. On termine par un bon lavage et l'on met sécher dans un local sec et à l'abri de la poussière.

Si Ton est pressé d'effectuer le tirage, on met le négatif bien lavé dans de Talcool rectifié; au bout d'un quart d*heure, on essore et l'on peut mettre sécher à une douce chaleur.

Pour toutçs ces opérations, qui sont delà pure technique photographique, nous engageons le lecteur à consulter les Traités spéciaux. ^

Lecture des négatifs radiographiques.

Avant d'aborder la question du tirage des négatifs, il s'agit d'étudier un point important : c'est celui de la lecture des négatifs radiographiques, les conclusions de cet examen devant nous indiquer, dans chaque cas, les procédés de reproduction qui devront être employés.

Nous donnerons notre opinion personnelle, tout en indiquant celle d'autres opérateurs qui ne sont pas d'accord avec nous. Le lecteur appréciera et adoptera la solution qui lui paraîtra la plus logique.

Examinons tout d'abord si une radiographie doit être négative ou positive. En Photographie ordinaire, le négatif (c'est du reste

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