CHAPITRE I. — APPLICATIONS AUX SCIENCES UBDICALBS. ig
Les plis, rides et sillons sont très accentués; et le fond des plis, d'aspect blanchitre, s'ulcère quelquefois. Il se produit alors quelque chose d'analogue aux crevasses survenant sous l'influence du froid.
L'épiderme s'écaille et s'enlève par places. La face 'palmaire, chez l'un de nos sujets, présente le même aspect de sécheresse, de dureté et de plis hIanchStres.
Les poils de la face dorsale de la main, et des doigts ont complètement disparu, et leur place est marquée d'un point noir correspondant au bulbe
Fig- 98.
ErythÈme des mains.
pileux. Sur un de nos sujets, l'annulaire muni d'une grosse bague en or a conservé à ce niveau, à l'endroit circulaire recouvert par le bijou, l'aspect normal de la face. A la face dorsale existe encore une petite touiïe de poils,' les seuls qui persistent sur toute la main.
Les ongles n'ont pas subi une altération moins profonde. Ils sont aplatis, amincis, friables, striés comme plissés longitudinalement et douloureux i la pression. On est en droit de se demander si, comme les poils, ils ne finiraient pas à la longue par disparaître.
Les mouvements des doigts et de la main, dans leur ensemble, sont gênés par la raideur de la peau. On observe un léger degré de tremblement, La force musculaire n'a pas paru diminuée et il n'y a pas d'émaciation.
Il n'existe pas de douleur, à proprement parler, mais une sensation de gène et, par instants, à l'extrémité des doigts, une sensation de serrement analogue à celle produite par des gants trop étroits.
IqS seconde partie. — APPLICATIONS DE LA RADIOGRAPHIE.
£n même temps, le sens du toucher est légèrement obscurci. Par contre, chez Tun de nos sujets, le plus gravement atteint, il se serait développé une sensibilité spéciale. Il prétend, en effet, qu'il peut reconnaître la présence et rintensité des rayons X à une sensation de chaleur spéciale sur sa main, sensation qu'il dit ne pas confondre avec les picotements des effluves électriques.
La marche lentement mais nettement progressive de raffection nous a conduits à donner à nos deux sujets le conseil d^interrompre, tout au moins momentanément, leurs travaux dans la crainte que ce qui n^est maintenant qu'une gène et une incommodité ne devienne, en s'aggravant, une afTection sérieuse, d'une guérison difficile^ et peut-être incertaine.
Dans l'observation relatée plus haut et dans d'autres on indique fréquemment la chute des poils; c'est là encore un accident qu'il faut signaler.
Première observation, publiée par M, Daniel. — Radiographie du crâne d'un enfant pour la recherche d'une balle. Distance de l'ampoule i*™. Pose une heure. Les cheveux tombèrent sur un diamètre de 6*^™ au bout de vingt et un jours, la peau resttint saine : pas de douleurs.
Deuxième observation, publiée par le D^ Foveau de Courmelles (*). — L'homme momie, ce sclérodermique si curieux qui a visité toutes les cliniques et toutes les Facultés de l'Europe, est radiographié en son entier par M. Radiguet. Deux poses de quarante minutes sont faites. Tout le côté de la tête exposé est abso-^ lument dénudé {fig- 99). Un mois après les cheveux repoussent.
On cite également des modifications de la substance des ongles, ceux-ci pouvant même tomber (-). Nous donnons la reproduction d'un cas de ce genre très complet, il s'agit des mains d'un opérateur radiographe qui présentent à la fois l'érythème et l'altération des ongles {fig> 100).
(*) Traité de Radiographie médicale et scientifique, Paris, Doin; 1897. (*) Observation publiée par le journal anglais Nature et rapportée daos'Ia Technique des rayons X àw D' Henri van Heurck.