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LE PIN DB MONTAGNB OU PIN A CROCHETS

II croit sur to us les sols, qu'ils soieni sees, humides, mar^ijageux ou tourbeux. Outre les qualit6s de son bois, cette propn6i6 de v6g6ier dans les conditions ou aucune autre essence ne pourrait se maintenir, le rend pr6cieux pour assurer la permanence de I'^tat boise dans les regions alpestres.

Tempdrament. — Dans les hautes stations ou il est cantonn^, son jeune plant ne demande aucun abri ; n^anmoins le pin de montagne r6siste mieux que le pin sylvestre k Taction du convert, sa cime reste beaucoup plus longue, et il pent reprendre une belle v^g^tation une fois qu'il a et^ d^gag^. Le feuillage de Tarbre est assez ^pais.

Enracinement, fructification. — L'enracinement est compost de plusieurs mattresses racines tra^antes ; on n'y remarque pas de pivot principal.

La fructification se produit de bonne heure, vers dix ans, et se maintient abondante et continue.

Croissance, longdvite. — La croissance du pin de montagne est lente, jamais il n'atteint les dimensions d'arbre de premiere grandeur; cependant, les belles formes de sa iige et la regularity de ses anneaux ligneux en font une espece int^ressante k tons ^gards. Sa long^vit^ pent d^passer deux cents ans.

Bois et ses usages. — Le pin de montagne est estimd pour la charpente et le sciage et, k Texception du m^leze, on le pr^fere, dans les Alpes, aux autres essences r^sineuses. Le grain de son bois est tres fin ^t tres ^gal ; aussi se fend-il et se travaille-t-il tres bien. Comme chauffage^ il est aussi plus appr^ci^ que les autres coniferes.

Allures foresti^res. — Le pin de montagne ofTre la plus grande analogic avec Fdpic^a; cependant. on ne rencontre presque jamais ces deux especes assocides ; au contraire, le pin de montagne semble se substituer completementa T^pic^a, des que le climat devient trop sec pour ce dernier. Quoi qu'il en soit, Tun et Tautre peuvent etre trait^s d'une fa^on identique, soit k T^tat pur, soit en melange avec le sapin ou le m^l^ze.

Vosges, et dans les tourbieres du Jura. Mais son importance foretti^re y est 4 peu pr&s nulle.

Dans les hauls couloirs, il maintient T^tat bois^, gr^ce k sa forme en cand^labre et a ses branches flexibles, qui se courbent sous la neige. II y faut abandonner ces massifs a leur role de for^ts de protection.

Le pin maritime.

Aire et station. — Le pin maritime a son maximum d'expansion dans les Landes et sur les c6tes de TOcean jusqu'a Bayonne. II existele longdes Pyrenees, et se retrouve abondant surle littoral mediterraneen, dans les Maures et TEsterel, et en Corse ou il atteint raltitude de 1 000 metres. II est rare en Alg^rie. La culture Ta repandu dans tout Touest de la France, et m6me dans le centre (Sologne). Cette essence calcifuge accepte tous les sols, meme l&<Lplus mediocres, pourvu qu'ils soient siliceux. .

Temperament. — Arbre de pleine lumiere,k convert leger, le pin maritime resistetres bien k la chaleuret a la secheresse. II supporte mal des froids prolonges et depassant — 15°.

Enracinement, fructification. — Les racines sont developp6es, pivotantes et tra^antes k la fois. Cette disposition, jointe a une croissance tres rapide dans la jeunesse et au peu d'exigence de Tespece k I'egard de la fertilite du sol, a fait choisir avec succes le pin maritime pour fixer les sables mouvants des dunes et pour boiser ceux des Landes.

La fructification est prdcoce ; dans les sables des dunes, elle apparait quelquefois a quinze ans, mais alors les graines sont souvent vaines. Elle devient tres abondante et presque continue vers quarante ou cinquante ans.

Croissance, longevite. -r Le pin maritime est un arbre de grande taille et de vegetation rapide, longtemps soutenue, qui pent, k cent ans, atteindre plus de 3 metres de circonference ; il parvient a de plus grandes dimensions encore a la faveur de sa longevite plusieurs fois seculaire et arrive a 30 metres de haut sur 4 k 5 metres, et meme plus, de tour.

Bois et ses usages. — Le bois du pin maritime est k grain grossier; ses accroissements sont epais et tres ap parents. Purg^ de son aubier, il donne des bois de construction et

i PIN MARITIME.

de sciage de quality moyenne. Le gemmage diminue consid^rablement le d^veloppement des arbres et enl^ve toute homog^n^it^ au bois dans la region des carres ', il faut n^an-

Fig. 2H, — Vieux pins maritimes gemm^a. — Pots, syslfeme Hugues, recueillant la r£Bine]qui d^coule'des carres ; — par Urre : un barconi, reservoir i r^sine, recouvert d'un abri,en planches. (D'aprds une photographic acheUe au commerce.)

moins reconnaltre que cette operation, en ratentissant la croisaance, donne, dane lee portions rest^es intacteq, un bois plus lopr4i plus r^sineux, beaucoyp plus r^ai^iant ^t plf)^

BOPPE et JOLVBT. I

v^M.^Mx^ rv^i un combustible tres recherch6 par la boulan- ^»^Mo. vtu^* l«^!* foyers ouverts, il a rinconv^nient d'^clater et \U' ^'»sMv'(^i' MU loin des ^tincelles.

I^U^UuUlk AOCOSSOires. — Surtout exploits au point de vue xU> U ^vhuno (tig. 28), le pin maritime fournit en r^sine un ^v'V>nm qui pout varier de 25 k 40 francs par hectare.

i^Uuil^d foresti^res. — Dans ce cas, le pin maritime est

joUMMM i^ uii Iraitement special; en toute autre cirdonstance,

d \W\{ tMro conduit comme le pin sylvestre, peut-etre meme

v»u \uaMMif plus clair. II se r^g^nere tres facilement, k cause de

4^ IvM'tiliti^ precoce et abondante, aussi bien que par sa faculte \^U^ n'iuiituller sur les sols nus.

Le pin d'Alep.

Alr6 et station. — Essence mediterraneenne au premier {\\w(^ tres sensible aux gelees d'hiver, le pin d'Alep reste, en Krunce, confine sur les terrains calcaires des regions chaudes do la Provence. 11 prospere sur les versants rocheux les plus dt^pourvus de terre vegelale, les plus brules par le soleil.

Temperament. — Son jeune plant est tres robuste, son couvert tres l^ger ; sa resistance considerable a la secheresse on fait un arbre des plus utiles.

Enrapinement, fructification. — L'enracinementest pivotant et, en m^me temps, largement ddveloppe ; il reste parfois BUperficiel, au detriment de la bonne vegetation de Tarbre. La fructification est precoce et abondante ; Tarbre est caracterise par la persislance des c6nes ouverts, qui restent ind^finiment attaches aux rameaux.

Croissance, longevity. — Le pin d'Alep a une croissance assez rapide ; cependant, il ne depasse pas les dimensions de seconde grandeur ; vers vingt ans, il forme un arbre de tige grele, llexueuse, dont la vegetation se ralentit; k un kge avance, la cime s'etale largement et prend la forme en parasol, analogue k celle du pin pinier.

Bois et ses usages. — Son bois, d'assez mediocre qualite,

sort neanmoins dans la menue charpente, et fournit une

-"de quantite de sciage, employe a la confection de caisses

LPS PINS LARIGIOS. 99

d'emballage ou de tonneaux pour le transport des matieres seches. G'est un combustible flambant bien et recherche dans certaines usines.

Allures foresti^res. — Le pin d'Alep se rencontre peu en massif pur. Le plus sou vent, il constilue des forets livr^es au paturage, en melange avec le ch6ne yeuse et d'autres esp^ces feuillues. On exploite ces dernieres en taillis, et on reserve les pins pour les rdaliser d^s qu'ils ont atteint des dimensions convenables. Dans ces conditions, le pin d'Alep se reg^n^re tres bien ; il m^riterait cependant, a cause de sa rusticity et des produits qu'il donne, un traitementplus rationnel.

Le8 pins larlcios.

Le pin laricio a donn^ naissance k des races diverses, comme le laricio de Corse, le laricio des C^venncs, celui des Pyr^n6es, spontan^s dans ces trois localit^s ; — comme le pin de Calabre et le pin noir d'Autriche, artificiellement introduits en France.

Le pin laricio de Corse, que nous prendrons pour type, ne se rencontre que dans cette ile ; il habite les regions montagneuses, oil sa station commence vers 1 000 metres, c'est-kdire au-dessus de celle du pin maritime et s'^l^ve j usque vers 1 700 metres. II recherche les sols graveleux qui proviennent de la decomposition des granits.

Le temperament du pin laricio est loin d'etre aussi robuste que celui du pin sylvestre ; son convert est assez epais et, dans les hautes altitudes qu*il habite, le semis naturel s'installe et r^siste sous le convert des grands arbres. 11 supporte assez bien le froid, meme dans les regions* septentrionales de la France. Cependant, Thiver de 1879-1880 a fait p^rir, en grand nombre, ceux qu'on y avait introduits.

L'enracinement est g^n^ralement faible et pivotant dans Torigine ; il n'est represents, plus tard, que par quelques racines tragantes, peu allong^es com para tivement aux dimensions de Tarbre.

La fructification se produit dans des conditions analogues k celles du pin sylvestre qui se trouverait dans les mSmes stations.

Le pin laricio de Corse est un arbre de premiere grandeur, qui parvient quelquefois k une hauteur de 45 metres et k une circonf^rence de 5"* k 6"*. La tige, bien plui6t cylindrique que conique, se d^pouille rapidement de ses branches inferieures, et reste compldtement nue jusqu'au-dessous de la cime, qui, d^s quatre-vingts ou cent ans, est courte, aplatie, peu d^velopp^e et form^e de quelques grosses branches irr^guli^rement ramiii^es. L'accroissement en diametre est peu rapide; vers cent cinquante ans, il se ralentit encore et devient tres faible ; sa long6vit^ d^passe cinq cents ans.

Le pin laricio de Corse, caract^ris^ par T^paisseur de son aubier, possede un bois parfait, dont las qualit^s toutes sp^ciales le font rechercher pour la construction, malgr^ son poids exag^r^.

Bien que ce pin soit assez riche en resine, il ne pent pas etre gemm^ avantageusement.

Le laricio des C4vennes est tortueux el sans ^16vation sur les sols peu profonds du calcaire corallien ou du gres houiller de I'H^rault, du Gard et de I'Ardeche, oil il est, en outre, fatigu^ par la violence des vents de la vallee du Rhone, mais il s'^lance des que le terrain devient frais et profond. M. rinspecteur- Adjoint Calas I'a trouv6 aux environs de Confolens (Pyr^n^es-Orientales), seule station fran^aise de laricio dans les Pyrenees fran^aises. II ne semble pas, dds lors, qu'il y ait lieu de faire une race distincte du laricio des^ Pyrenees, connu sur le versant Espagnol de la chaine.

Le pin laricio d'Autriche^ ou pin noir^ est frequemment, employ^, pour sa rusticite, dans les boisements des terrains calcaires; il donne des detritus abondants, qui am^liorent le sol. Son introduction et sa culture en France, de date relativement r6cente, ne permettent pas de juger comment se comporteront des massifs ages, en 6tat de donner du bois de, service. En Autriche, notamment dans le Wienerwald, ses produits sont pr^f^r^s, pour tons usages, k ceux du pin sylvestre croissant dans les m6mes conditions. II y est de plus soumis au gemmage.

II existe dans le domaine des Barres-Vilmorin (Loiret) des massifs de laricio de Calabre^ aussi remarquables par leur

LE PIN CEMBRO. 101

rusticite que par la beauts de leur port, FexiguU^ et la r^gularite de leurs branches, la forme 6troite, allong^e et aiguS de leur cime. Ce serait une race int^ressante k propager.

Allures forestidres. — Le pin laricio de Corse, n'a pas pas encore ^t^ soumis depuis assez longtemps k un traitement m^thodique, pour qu'on soit bien fix^ sur la maniere de le conduire. Neanmoins, toutes les races de pins laricios affectent plut6t les allures de I'^pic^a que celles du pin sylvestre. lis semblent done pouvoir ^tre traites sans inconv^nients a la fa^on de la premiere de ces essences ; c*est d*ailleurs ainsi qu'on procede, pour le pin noir, dans son pays d'origine.

Le pin cembro.

Aire et station. — Le pin cembro est peu r^pandu en France, il croit uniquement dans les Alpes, en melange avec le meleze, le pin de montagne et T^pic^a ; c'est le dernier des arbres resineux de la montagne : au-dessus de lui, la v^g^tation arborescente n'est plus representee que par un petit nombre d'esp^ces feuillues, dont la plus interessante est Taune vert. II s'accommode de tons les terrains, pourvu qu'ils soient assez profonds et frais.

Temperament. — Le jeune plant craint surtout la secheresse, Tarbre constitue a le convert assez dpais, mais les branches restent, en general, courtes, et la projection de la cime surle sol est reduile a tr^s peu de chose.

Enracinement, fractification. — L*enracinement est largement developpe ; il se fait, dans la jeunesse, par un pivot et de fortes racines lat^rales ; vers quinze ou vingt ans, le premier s*atrophie et les secondes seules continuent k s*accroitre avec vigueur, en tra^ant au loin.

La fructiiication commence vers cinquante ans et n'est abondante que tous les quatre a six ans.

Croissance, longdvitA. — La croissance du pin cembro est extrdmement lente ; neanmoins, par sa tr^s grande long^vit^, cet arbre parvient k d'assez fortes dimensions en grosseur, mais sa hauteur d^passe rarement quinze ou vingt metres.

104 l-E^ PBUPLBMBNTS.

•uomout oil Von quitte les vergers ou autres terrains plani^s d ubrcA^ pour poaetrer sous les ombrages forestiers, cr^e un ,'lrc i p^ii't, ua orgaiiisme complexe, dont rindividualit^ s'aftii'uic <.Uius ses fonctions, comme dans son Evolution.

tc'rf foncUon^ du peuplemeni se rapportent aux effels qu'il uiWuit : dune part 9ur les arbres qui le composent, d'autre BOit sur te ^i>t yui le nourrit; c'est apres avoir ^tudi^ cette v.U>ublc aciioU) que nous parlerons de V Evolution.

ARTICLE II

4CnOM RtCIPROQUE DES ARBRES LES UNS SUR LES AUTRES

tc» )H'U|>ieinent8 dans la for^t sauvage. ^ Perturbations apportees par r&utervention de Fhomme. — Ori^ne des peuplements. — Leur tVu'iuo. — Leur consistance . — Leur constitution en Stages de v6ge> UUou. — Leur composition ; avantages des peuplements m^lang^s. ^ Melanges rationnels. — Le hetre. — Conduite des peuplements Uiclangt^s. — £tat de v^g^tation des peuplements.

Les peuplements dans la forSt sauvage. — Dans la for6t

primitive, dans la foret vierge, les arbres atteignentle dernier terme de leur longevity ; ils ne tombent que par vetust6 et ^nrichissent le sol de leurs debris. Partout se trouvent des ^ujets fertiles, dont les graines se disseminent k profusion sur une terre toujours prete k les recevoir. En sorte que, sur chaque point d^couvert par les hasards du destin, Tindividu doue de la plus grande energie vitale parvient, k son tour et k son heure, k se rendre maitre de la place qu'il occupera jusqu'k la fin de son existence. Naturellement, suivant les climats et, sous chaque climat, suivant les stations, telles ou telles essences seront predominantes. Mais il y aura place pour toutes les especes de la region, qu'elles soient d'ombre ou de lumi^re. De Ik, cette variete sans fin dans Taspect de la for6t sauvage, ces eternels changements de situation et de groupement dans une liste plus ou moins longue d*espdces spontances, changements qui prendraient bien d'autres proportions encore si, au lieu de limiter nos observations k des espaces de temps assez courts pour etre compares k ^'^ vie humaine,on voulait tenir compte des modifications plus

ACTION DES ARBRBS LBS UNS SUR LBS AUTRBS. 105

profondes qui ont accompagn^ les Evolutions g^ologiques du globe.

Perturbations apporties par rinterventionderhomme.

— Mais, des que Thomme est intervenu, variiant ses proced^s d'exploitation de fa^on k approprier les produits de la foret k la diversit6 de ses besoins, il a modifi6 les actions naturelles. Le traitement appliquE k chaque foret varie avec les essences cultivEes et avec la nature des marchandises que Ton se propose d'en tirer : bois k bruler, bois de travail, ecorces, resines, etc. . . II s'Etablit, d^s lors, entre le traitement et la mani^re d'etre da peuplement, une relation n^cessaire et constante.

Ges effets du traitement se manifestent sur Vorigine, la forme, la consistance, la composition et Vetat de visitation du peuplement et lui donnent le type dans lequel il se maintiendra.

Origins des peuplements. — L*origine d'un peuplement peut hive naiurelle ou artificielle : naturelle, quand la regeneration est obtenue sous Tinfluence des seules actions de la nature, — artificielle, lorsqu'elle provient de plantations ou de semis executes de main d'homme.

En France, le principe de la regeneration naturelle est genEralement. applique; aussi, Torigine de la grande majorite des peuplements se rattache-t-elle k Tune des causes suivanles : soit la dissemination naturelle des graines, qui donne naissance a des peuplements formes de brinsde semence; — soit la reproduction par les axes, qui rajeunit les peuplements au moyen des rejets de souches ou des drageons.

Quel que soit Ykge des peuplements, on est convenu de les appeler des futaies[\) dans le premier cas ; des taillis simples dans le second. On a donne k chacun de ces groupes fondamentaux le nom de rdgime, qui est synonyme de : mode de reginiration. On dit : le regime de lafutaie, le regime du taillis simple »

(1) Autrefois, en France, on appelait futaies tons les gros arbres, tous ceux dont la tige mesurait k hauteur d'homme trois pieds de tour, quelle que fCit leur origine. La d^Qnition actuelle date de la publication du magistral traite de MM. Lorentz et Parade : la Culture des hois.

106 • LES PBUPLEMBNTS.

Lorsqu'on cherche a r^unir sur une m^me surface les avantages du regime de la fuiaie k ceux du regime du taillis simr pie, on obtient des peuplements mixtes, qui, dans la pratique, acquidrent une importance suffisante pour qu'on ait cru devoir en faire un troisieme regime, celui du taillis soas fataie^ dit aussi regime du t&illis compost.

Forme des peuplements. — Dans chacun de ces regimes, suivant qu'on fait porter les exploitations sur des surfaces continues ou sur des tiges consid6r6es individuellement, ou bien que Ton adopte toute autre combinaison pour r^colter les produits, on applique des modes de traitements diflFerents. On appelle forme d*un peuplement le fades qu'il rev^t sous rinfluence du traitement qu*on lui applique.

A ce point de vue, les peuplements se divisent en deux classes principales : ceux qui sont composes de tiges ayant sensiblement meme kge et,par suite, memes dimensions — et ceux qui sont formes de tiges de diff^rents kges et consequemment de hauteurs et de grosseurs diffl^rentes. Les premiers sont les peuplements d*un seul kge ou uni formes', les seconds sont dits d'Ages multiples ou inegaux; on les appelle encore m^ldSf en ce sens que les plus jeunes sujets et les plus §g6s sont confusement agences sur des espaces restreints.

Quandune ^eVi'e (l)defutaie est compos^e d'une suite non interrompue de peuplements ayant m^me&ge chacun, on dit qu'elle est trait^e en fuiaie reguliere ou fuiaie pleine ; de meme pour la s6rie de taillis, qui sera trait^e en taillis simple regulier. — Quand la s^rie de futaie est composee de groupes de peuplements d'liges m^l6s, on dit qu'elle est yarcfinee; dans les mdmes conditions un taillis simple est furel4. Le jardinage et le furetage sont les modes de traitement qui donnent naissance k ces formes. Le regime du taillis compose ne comporte n^cessairement que des peuplements m616s.

Quand, pour des causes d'un ordre cultural ou ^conomique,

. (i) On appelle serie d' exploitation ou simplement serie, toute for^t ou portion de forSt, dispos^e de fagon k fournir, durant la revolution, une s^rie de coupes successives et annuelles (Lorentz et Parade, Culture des bats). La notion de la s6rie, conception toute fran^aise, doit ^tre attribute & ces auteurs.

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