‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 21 sur 67 · LBS UN3 SUB LE9 AUTRES · texte numérisé non relu

LBS UN3 SUB LE9 AUTRES

D'ailleurs, en sol fertile et sous un climat doux, la v^g^ tation des arbres est plus luxuriante, les limbes des feuilles

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Tig. 30. — Ilaut perchis de pins eylvcalres foniianL niassir clair, canton des Rappes. (artl de Bertrichamps (McurLhe-ct- Moselle. (Pholographie de M. llng^nieur GuirouU.)

8ont plus d^velopp^s, par suite le couverl est plus dense, plus noiV, que dans les sols mddiocres et sous les climats nides.

£tages de T^gfitation. — Jusqu'alors nous avons consid^r^

110 LE8 PBUPLEMENTS.

le peuplement k T^tat simple^ c'est-k-dire, form^ par un seul ^tage de v^g^tation, fourni par des arbres semblables les uns aux autres, dont les cimes s'6talent parallelement au sol dans une meme zone de hauteur. Mais, souvent, on rencontre sur un m6me point plusieurs de ces stages ; il est rare, cependant, que ces peuplemenis composis en pr^sentent plus de deux. On appelle, alors, etage dominant^ celui qui est fonn6 par la masse des cimes les plus 61ev^es, dont lesrameaux s'^panouissent en pleine lumiere ; tous les sujets dont les cimes, subordonnees aux pr6c6dentes, vegetent ou languissent en dessous d'elles, constituent Vdiage domine ou sous-eiage,

Entre Tetage dominant et I'etage doming, il s'etablit une relation n^cessaire quant a la density ; le^second, en effet, ne vit que de la lumiere tamisee h travers le feuillage de Tetage sup6rieur ; done, plus celui-ci sera l^ger, plus la vegetation basse pourra se developper.

On constate que les peuplements de meme lige, quelles que soient leur origine et les essences qui les composent, ont toujours une tendance k se constituer en un 6tage unique, audessous duquel les longues tiges nues se profilent dans des espaces vides de feuillages. Gette tendance k Tuniformite est d'autant plus marquee que la station est plus fertile. Au contraire, plus les conditions sont mauvaises, moins les arbres affames supportent Tetat serr6 ; au fur et k mesure que le massif s'^claircit, le sol se couvre de generations nouvelles et Tuniformite originelle disparait. C'est une indication dont il est utile de se souvenir, quand il s'agit de choisir le mode de traitement applicable k une foret donnee. Quoiqu'il en soit, cette egalite absolue, qui, pendant longtemps, a ete consider^e comme le type ideal vers lequel devaient tendre tous les efforts des forestiers, doitautant que possible etre pre venue et evitee. Car, sous son couvert insuffisant et qui'va sans cesse en s'eclaircissant avec I'age, le sol se tasse, se desseche, les vents balayent les feuilles mortes et avec elles disparaissent les elements qui le fecondent.

La presence de sous-etages, ne fussent-ils representes que par les plus humbles sous-bois^ previent ces accidents. Aussi rhygiene de la foret commande-t-elle de conserver scrupuleu-

ACTION DBS AttBHES LB6 UNS SUB LBS AUTRES. HI

sement cette vdg^lation interm^diaire ou buissonnante, et, lorequ'elle a disparu sous I'iniluence de pratiques mauvaises,' telles que paturage ou nettbiements inutiles, d'en provoquer la reconstitution par les moyens naturels, ou meme artiliclels. Telle est Timportance altribuee k ces sous-stages, que nous h'h^eitona pas k considSrer les sous-bois eux-m^mes i

Fig. 31. — Essence d'ombre (sapin), se conslituanl i elle-mime un ■ous-^tage (toril des Elieux, Meurthe-et-Moselte). (Photographie de M. A. Fron.)

faisant partie intSgrante du peuplement, k la density duquel ils concourent.

11 est Evident que les essences k couvert ^pais peuvent mieux se passerdeces sous-plages bienfaisants queles esp^ces k couvert leger, et que le LempSrament des essences d'ombre leur permet d'accepter le r6Ie de sous-bois [fig. 31), quand cette faculty est refusee aux especes de lumicre, qui p^rissent infailliblement dcsqu'elles sont simplement surcimSes.

Tpusles avanlages et les inconvSnients qui accompagnent

1V2 LES PEUPLBMENTS,

la presence ou rabsence des sous-stages ne sont plus & considSrer quand il s*agit de peuplements d*figes multiples, qui prSsentent una masse de feuillage continue depuis le sol jusqu'aux plus hautes cimes et dans la verdure desquels Toeil ne perpoit aucun Stage distinct.

Composition des peuplements. — Un peuplement pent 6tre compose d'une seule essence ou de plusieurs espSces diversement associSes. Dans le premier cas, on dit qu'il est jDur, dans le second qu'il est melange,

Dans la nature, la diffidence des temperaments des espices facilite la dispersion des Individus, augmente la zone des aires d'habitation, et favorise les melanges. Cest un facteur nouveau, qui a'lgcMite k la rapidity de la vegetation. pouccr^ejr les.for^ts m^lang^s. Si toutes les esp&ces exigeaient ^galement la lumi^re, ou supportaient aussi mal rombrage, I'espace appartiendrait k celle qui v^geterait le plus vite dans sa jeunessc (1).

Les peuplements pur^ ne seraient done qu'une rare exception, si Thomme n*etait intervenu pour propager, k Texclusion des autres, respe9e qui semble le niieux rSpondre aux besoins du moment. Des chenaies, des sapii^i^res, des taillis h Scorce, sont ainsi entretenus a I'Stat pur, pqur obtenir en plus grande, quantite les produits speciaux qu'on leur demande. Mais, en dehors de ces causes voulues, des erreurs oudesfautes provoquent desemblables accidents : c*est ainsi, par exemple, qu'apres des coupes k blanc, dans des futaies de chene ou de hetre, le sol peut se trouver envahi par des semis de charme pur ; — que le bouleau ou des essences secondaires se substituent seules aux bonnes especes dans un sol appauvri par des abus de jouissance, etc.

Des raisons culturales de premier ordre doivent, en toutes circonstances, faire preferer les peuplements melanges aux peuplements purs. Les premiers, surtout lorsqu'ils sont composes d'espece a assiette et k temperament difTerents, resistent mieux k la violence des vents, au poids de la neige et du givre, aux degllts des organismes nuisibles, insectes ou cham-r pignons. Les feuilles qui tombent sur le sol, ayant des consistances diverses, se decomposent plus facilement, la couche

(1) Yagener, Das Verhalien der B&nme im Kuif^pfe um*$ Da em.

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