VOLUTION DU PEUPLEMENT
Evolution du peuplement uni forme. — ^tats de ddveloppements successifs des futaies r^guli^res; — du taillis simple r^gulier. — Evolution des peuplements jardin^s et furetds.
£voIution du peuplement uniforme. — Suivant son origine et sa forme, chaque peuplement ^volue k sa mani^re et, k ce point de vue, il faut etablir une difference fondamentale entre le peuplement uniforme et le peuplement d*iges meles.
Dans tout peuplement uniforme, les tiges d'avenir, celles que leur vitality plus grande maintient dans T^tage dominant ou rien n*arrlte leur essor, s'^l^vent en bloc, chaque ann^e, d*une quantity k peu pr^s ^gale pour toutes,jusqu*au moment ou elles ont atteint leur maximum de hauteur. Aussi, k tous les &ges^ le profil du massif est-il limits par une ligne r^guliere et parallele au sol.
£tat8 de diveloppements successifs de la futaie rigulidre; — da taillis simple rigulier. — Danscette suite non interrompue d'accroissement en hauteur, Tobservation de ph^nomenes qui se reproduisent d'une maniere constante a permis de distinguer certaines phases, certains etats particuliers, qui, pour la futaie r^guliere, ont 6 te appel^s, dansTordre ou ils se produisent : semisy fonrres^ gaulis^ baset haul per" chisy haute futaie et vieille futaie,
Chacun deces etats de developpemenl peut elre caraclerise
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dans les termes suivanis, que nous empruntons a M . le Professeur Broilliard (1) :
... Tant que les jeunes semis se trouvent isoles Tun de Tautre sur le terrain d^couvcrt entr'eux, la v6p6tation reste faible, etFavenir de la forSt naissante est encore incertain ; mais, quand le fourre s*est g^-^ n^ralement constitue, s'^levant plus ou moins suivant les points, et alors m^me qu'il y reste quelques places vides, ia for6t a pris possession du sol et se d^veloppe rapidement.
Les fourr^s naturels ofTrent gdn^ralement des tiges de hauteurs rreguli^res, et faisant un melange confus de jeunes sujets de bonnes essences avec des esp6ces secondaires et des morts-bois, dont la presence h&te la formation du fourr^ et lui donne la density desirable.
Le gaulis est form6 de baguettes, ou gaules flexibles, ayant perdu les branches basses.... Le sol s'am^liore rapidement par TefTet du convert bas et complet et des detritus v^getaux qui s'accumulent. Le nombre des petites cimes qui luttent entre elles en s'^levant pour prendre la place au soleil, diminue d'ann^e en ann^e, pour ainsi dire & vue d'cEil.
Une futaie se trouve k Tetat de perchis^ quand elle est principalement constituee par des perches, tiges de 1 decimetre de diam&tre au moins... Dans les bas perchis, la production annuelle en bois arrive & son maximum ; T^lagage naturel des branches basses s'op&re encore avec rapidity et le nombre des tiges diminue de mSme.
On appelle haut-perchis ou demi-futaie le massif dont les ftits ont d^j^ pris unc gi^ande hauteur : hauteur qui correspond souvent & un diam^tre minimum de 2 decimetres, 4 1 m. 30 du soL Les cimes, dont les branches principales sont d^ji fortes, occupent chacune une place assez large, les plus faibles resistent longtemps avant de perir sous r^treinte de leurs voisines...
Quand les f(its sont enti^rement constitu^s, le massif prend le nom de « futaie proprement dite » ou de « haute-futaie ». Les cimes ^lev^es ont de fortes branches, qui persisteront k peu pr^s indeflniment, ou ne disparattront k la longue qu'en laissant au tronc des tares amenant la degradation lente des arbres les plus faibles. Les troupes qui viennent k se produire se comblent dhs lors difficilenient, et, au-dessous d'elles, des semis se montrent en permanence sur le sol. La production ligneuse du massif est un peu plus faible que dans les perchis.
Ghacun de ces 6 tats persiste un temps plus long que celui qui Ta prdc^de, le bas perchis plus longtemps que le gaulis, mais moins longtemps que le haut perchis et celui-ci moins encore que la haute fUtaie. Celle-ci prend le nomde Vieille/'u fate quand les arbres, devenus gros, approchent de la maturite. Les vieilles futaies ne sont pas ioujours en massif uniforme par Ykge et la grosseur des tiges.
En resume, dans revolution du peuplement uniforme, comme dans celle de tout etre organise, on peut distinguer trois grandes phases :
;ij Broilliard, Le traiiement desboisen France^ p. 238.
Evolution du peuplembnt. 127
1° Naissance et constitution du fourre ;
2® Jeunesse et croissance en hauteur, pendant les ^tats de gaulis, has et haut perchis.
3° Enfin Age mury pendant lequel les arbres adultes s*accroissent surtout en grosseur et fructifient abondamment.
Le taillis simple r^gulier ne se comporte pas lout a fait de meme. Les rejets, a leur naissance, Emergent de souches toujours plus ou moins ^loign^es les unes des autres, de sorte qu'il se passe un temps variable, mais toujours assez long, avant que les branches basses se rejoignent et s'entrelacent pour former le fourr6. Pendant ce temps, les tiges principales d^passent les dimensions de gaulis et le peuplement devient un bas perchis, sans prendre Taspect de gaulis. A partir de ce moment, il ^volue comme la futaie pleine, dont il se difT^rencie n^anmoins par certaines tares qu*il doit k son origine : les tiges sont, en effet, plus ou moins devices k la base, et leur section faite dans cette meme region, au lieu d'etre circulaire, est d^prim^e du c6t^ de la souche dont elles sortent. Aussi, pour les dislinguer de la futaie vraie, ajoute-t-on les mots sur souches^ aux expressions qui caracterisent leur etat de d^veloppement et Ton dit : bas et haut perchis sur souches^ haute futaie sur souches,
£volution des peuplements jardinis et fureUs • Bien diff^rentes sont les allures des peuplements qu'un traitement syst^matique entretient dans les formes jardin6es et furet^es. Ici, les sujets miirissent individuellement, et, sur chacun des points d^nud6s par la coupe qui les enl^ve, il en naitra d'autres pour occuper leur place. Les bois de lous &ges se d^veloppent irr^gulierement dans les espaces variables que leur m6nagent les hasards des exploitations, leur croissance ^tant tantdt acliv^e, tant6tralentie par la plus ou moins grande quantity de lumi^re qu'ils regoivent k un instantdonn6. Pas plus que dans la masse de leur frondaison on ne distingue d*^tages, on ne pent constater dans la duree de leur Evolution aucune phase, aucua 6tat particulier de d^veloppement. Si bien que ces peuplements, qui n'ont pour ainsi dire point d'&ge, se perp^tuent toujours semblables k eux-m^mes.
Pour mieux faire comprendre la situation, pour mieux faire
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ressortir la difference qui s^pare ces deux types de peuplement, nous comparerons leur Evolution k celle des pares d'agrement, suivant quails sont cr^es et entretenus d'apres une des m^thodes : fran^aise ou anglaise. Dans les pares frangais, les arbres, souvent de meme essenee, sont disposes, k la meme 6poque, en longues bordures aQ 6n avenues r^guli^res, ou,toujours solidaires les uns des autres, ils grandissent et vieillissent ensemble. Ils ferment un tout homogene, et sous peine d*en rompre le caractere grandiose et Tharmonie, il est impossible de les rajeunir autrement que par un remplacement en masse. C'est Tanalogue du peuplement uniforme .
Au eontraire, dans le pare anglais, tons les elements sont ind^pendants les uns des autres. Les arbres, plantes un peu au hasard, tout en suivant eertaines regies de I'esthetique, peuvent 6tre remplaces individuellement au fur et k mesurede la maturite dechacun, sans nuireau caractere de Tensemble. Gomme les peuplements jardines ou furetes, ces pares conservent toujours le m6me aspect. En deux mots, revolution de Tun se fait k temps ^ tandis que celle de Tautre se prolonge k perpetuite,
A propos des traitements qui engendrent des formes aussi dissemblables, nous pouvons, d^s maintenant, deduire les consequences suivantes :
1° Chacune des unites de surface couverte par un peuplement d'ciges multiples forme un tout eomplet qui, au point de vue du but final, ^volue ind^pendamment des surfaces voisines. La vie de relation y existe k peine; c'est, en quelque sorte, la cellule unique des etres inferieurs.
Comme Torganisme, le traitement restera simple. 2° Dans les peuplements uniformes, chaeun des elements . est solidaire des autres, avee lesquels il marche d'ensemble vers le but commun. Pour assurer I'harmonie dans ce concert, un instrument nouveau est indispensable, dont le role n'est pas sans presenter une eertaine analogic avee celui du systeme , nerveux chez les ^tres superieurs. Le traitement de la foret sera complique d'aulant.