II. — Les climats de plalne
Caract6res gto^rauz. — Un climat de plaine comprend, en g^n^ral, celui des pays de collines et de coteaux. 11 est caracteris6 par des altitudes variables entre et 600 metres et des reliefs, qui, bien que parfois assez accuses, ne pr^sentent nulle part les allures abruptes et tourmentees des pays franchement montagneux.
Dans chaque station la temperature est aussi chaude que leur latitude le comporte ; les saisons sont bien marquees par les quatre grandes phases du mouvement de la terre qui les produisent. Le printemps, Fete, I'automne, et Thiver se succedent avec les variations annuelles qui leur sont propres : le printemps, plus ou moins r^gulier, avec ses alternatives de chaleur et de froid, qui activent ou suspendent la vegetation, au point de la d^Lruire quand surviennent les gelees dites printanieres; — Tete, plus ou moins chaud; — Tautomne, plus ou moins sec; — Thiver plus ou moins froid. La suspension de la v^gdlation par les froids de Thiver dure quatre h. cinq mois et la periode d'activite se prolonge pendant sept ou huit. Mais, si la vegetation est, en moyenne, plus rapide, la production annuelle est aussi plus variable; pendant telle annee, un concours de circonstances atmospheriques favorables fait que la production ligneuse se trouve deux fois plus forte que pendant telle autre, oil ces memes influences auront ete mauvaises. II en r^sulte que les bois formes dans les plaines presentent une assez grande irregularite dans I'epaisseur de leurs couches annuelles et, par suite, peu d'homog^ndit^ dans leur structure.
Division en zones. — En France, etant donnees la grande
folia, Thymus vulcfaris, Genista scorpius, etc. M. Flahault, Professeur A rUniversite de Montpcllier, a entrepris le travail considerable, mais d'un haul interct, qui consiste a etablir des cartes forestiferes analogues, comnie cchelle et conime facture, aux feuilles de la carte g^ologique (Ch. Flahault, Projet de carte botanique, forestiere et agricole de la France^ Paris, Librairies-imprimeries r^unies, 1895. -»- Au sujet de la carte botaniquey agj-icole et forestiere de France, Annates de Geographies 1896).
LBS CLIHATS DB PLA1NB.
a quantiU
^tendue relative des regions dites de la plaine < variable de lumi^re, de cha)eur et d'humidit^ qu'on y rencontre, il est necessaire de les partager en un certain nombre de subdivisions. C'est encore la question d'humidil^ ou de repartition des pluies qui permet de distinguer les trois zones suivantes : 1° zone du nord et de Test ou pari-
I I 2<w?c Pttrisjenne Wl^Zane Oiroti3iae ^^ Z4ne RvveBfale
Fig. 3". -
Carte des cliniats forestiei^.
sienne; '2° zone oc^anique ou girondine ; 3° zone m^dilerran^enne ou proven^ale (fig, 37).
Zone parisienne. — Cette zone est la plus d^velopp^e detoutes, elle embrasse plus de !a moiti^ de la France, c'est- ^-dire, toules les contrees qui, k Texception du Morvan, du Jura et des Vosges, g'6lendent au nord d'une ligne oHent^e de I'Est k rOuest, de Valence k I'embouchure de la Gironde. Les forets y sont, en totality, peupl^es d'es$ences feuillues;
156 LKS FORtTS.
Jura meridional notamment. Lk existent dea Uillis, qui Bont d'un rapport plus que modeste. U n'est que deux moyens d'en tirer parti — y culliver le buis : expedient mbins paradoxal qu'on peut le supposer, — ou leur substituer des peuplements dc rdsineux.
Dana le Haut Jura, comme dans les Hautes Vosgea, au-dessus de la foret (lig. 43) sYtend une zone de paturages, s'^ards
des massiTs inferieurs, tant6t par une lisiere boisee, vi^ritable foret de protection, tantot par cette culture mixte qui donnc naissance aux pres-bois,
Alpes. — Le grand massif des Alpes, qui s"Stend du lac dc Geneve k la Mediterrann^e, presente, ^lagees les unes audcssus des autres, toutes les zones de la viSg^tation foreslicrc frangaise de la cote a la limite sup6rieure de la v6g^tation des esgeces ligneuses.
La basse niontagne et la chaines des Alpines, jusqu'a 600 a 650 metres d'altitude, bien qu'appartenant au massif par leur relief, jouissent encore des benefices du climat de la plainc provenpale. On y trouve le cbene blanc, le chene yeuse, le chMaignier, et toutes les especes qui caractiriscnt cette station, — souvent aussi le pin sylvestre.
Plus haut, apparaissent les essences de montagne ; d'abord.
LB CLIMAT DB MONTAGNE, l"
de vieilleB connaisaancea : le piii sylvesl"!, le hfitre, le sapin, r^picea, puis troia nouveaux veno" • 'e pin de montagne, le m^l^ze et le pin cembro.
A Texception du pin cembro, qui s'avance sous forme de sentinelle perdue, aur les confina dea paluragea alpealres, loutes leg aulres especes peuvenl fournir de bons massifa, lambeaux plus ou moina ^tendus de la foret continue qui
1^8 LES FORItS.
couvrait les Alpes avant Tarriv^e de riiomme. On peut citer encore : les h^tres du Vtroors, les 6pic^as de la Tarentaise, les pins de montagne de TEmbi «nois, les sapins de toutes les valines fraiches, meme dans le Var bv les Alpes maritimes, et enfin les m616ze8 du Briangonnais, du Oueyras et du Comt6 de Nice.
Ce dernier fait la richesse forestiere des Alpes. Tantot, ux, sont des massifs purs ; tant6t, en melange avec T^pic^a ou le pin de montagne, il s^accroche aux ilancs les plus escarp6s, domine les crates les plus dlev^esets'avance jusqu'auxeZ^ou/ij et aux clappes^ ou il a tout a soufTrir des avalanches de neige et de pierres et surtout de la dent des chevres.
Dans la partie fran^aise des Alpes, on peut distinguer deux regions forestieres :
l** Les Alpes septentrionales, — les Alpes vertes, — du Mont Blanc au Pelvoux, dont les valines fraiches, s'ouvrant au Nord, sont livr^es k la culture pastorale et produisent assez pour nourrir leurs habitants, ou la for^t preserve encore la montagne contre les ravages des torrents. Le hetre, le sapin, r^picea forment les principaux massifs de cette Suisse frangaise; les melezes y sont rares.
2*^ Les Alpes m^ridionales, du Pelvoux k la M^diterran^e, oil la direction Nord-Sud de la chaine oriente les pentes du Dauphine et de la Provence vers les expositions chaudes de TOuest et du Sud. Au point de vue de la repartition des pluies, le climat devient excessif ; a de violents orages, trop sou vent meles degr^le, succedent des secheresses prolong^es ; le sol, calcine par lesofeildu midi, est facilement entrain^par les paquets d'eau qui le delayent et le ravinent ; ailleurs, des terres afTouillables, que les assises rocheuses ne soutiennent pas, glissent, entrainant avec elles des pans de montagnes tout entiers. C*est la terre classique des torrents. Sans doute aux grandes altitudes, \k ou la roche donne de la solidity au terrain, il y a encore de belles et bonnes for^ts (fig. 44). Sans doute, sur les versants Nord ou Nord-Est, sur les ubach^ comme on les d^signe dans certaines vallees, le sapin etl'^pic^a forment des massifs pleins, ombreux et frais k quelques dizaines de kilometres de la cote Ni^oise ; mais, souvent aussi, la for^t