‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 30 sur 67 · LE CLIMAT DB MONTAGNB · texte numérisé non relu

LE CLIMAT DB MONTAGNB

change d'aspect, elle est plus clairi6r6e et sa composition se modiQe : Tepic^a se fait plus rare, il cede fr^quemment la place au pin de montagne ou au pin sylvestre, suivant Taltitude ; mais surtout, — et on ne pent que s'en louer — le m^leze acquiert une importance prepond^rante. Comme feuillus, citons le h^tre, compagnon habituel des r^sineux, quand on ne Ta pasd^truit syst^matiquement (1), — k litre de curiosity, le tremble, qui existe parfois en beaux exemplaires, en melange avec les pins sylvestres, — enfin le ch^taignier, dont les massifs egayent le bas des versants et dont on ne saurait trop favoriser la propagation.

Mais dans Tune et I'autre de ces regions, faute de routes, ces arbres ne se vendent encore que des prix d^risoires. Souhaitons que Tinitiative privde du commerce des bois introduise bient6t dans les valines les mieux bois^es des systemes de transport perfectionnes, plans inclines ou cables aerien8(2). II est regrettable en outre que, dans ce pays, si bien dou^ par la nature pour la production du bois d'excellente qualit6, les forets aient en grande partie disparu par suite de Tabus du p^turage. L'administration forestiere a re^u Timportante mission de reboiser les Alpes ; mais c'est dans le but de consolider le sol que ces travaux sont entrepris, et il faudra que les forets nouvellcment crepes aient accompli pendant bien longtemps ce r61e protecteur, pour qu'on puisse les considerer comme une veritable source de produits ligneux. En tout cas, jamais elles ne remplaceront les forets de la plaine que certains dconomistes en chambre voudraient sacrifier a une ocuvre toute de restauration et d*entrelien.

Plateau central. — Comme celles des Alpes, les forets du Plateau central sont loin d'occuper la place qui leur serait assignee par Texploitation rationnelle du sol; car, ^ous ceclimat franchement montagneux, les bois sont susceptibles d'acqu^rir toutes les qualitcs desirables. La pauvret^ actuellc des forets r^sulte de la situation qui leur a ^t^ faile dans les temps passes, alors que, dans ce grand massif arrondi, les

(1) Sur quelqucs points, le hStre fait naturcllcmcnt d^faut.

(2) E. Thi^py, Les transports pav cAbles aeriens. (Bull. Society dVaeouragement pour Vindustrie nationale, Nancy, A. Nicolle, 1896.)

voies de penetration etaient trop rares pour attirer le commerce des bois. Faute de debouches pour les produits ligneux, les habitants n'ont estim^ la valeur productive des for^ts que sous forme de paturage, et la dent des bestiaux a fait son oeuvre de destruction. L'ouverture des grandes voies ferries qui le traversent a sensiblement modifie la situation ^conomique du pays; et surces terrains solides, oil il suffit d'ensemencer le sol sans qu*il soit besoin de le soutenir, Toeuvre de reboisement, entreprise au milieu du siecle, marche rapidement avec plein succes. On y trouve d^jk de beaux cantons en pleine production.

A ce groupe, peuvent se rattacher les montagnes du Morvan, oil domine le hStre, dont le bois de moule descend a Paris par les canaux et les rivieres, — et celles des C^vennes connues par la forme de pin laricio qui porte son nom.

Pyrenees. — Au point de vue forestier, le massif des Pyrenees doit 6tre s^par^ en deux regions distinctes; mais, ici, ce n'est plus comme dans les Alpes une simple affaire d'exposition, puisque dans tout son ddveloppement I'axe de la chaine orients Est-Ouest, donne naissance k des valines ouvertes du Sud au Nord ; c*est une question d'influence cJimaterique plus complexe.

En effet, le climat et la flore des Pyrenees Orientales participent du climat proven^al, tandis que le climat et la flore des Pyrenees Centrales et Occidentales sont influences par le voisinage de TAtlantique. La frontiere entre ces deux stations pent etre etablie vers la ligne de separation des eaux entre le bassin de I'Aude et celui de I'Ariege.

Dans la premiere, le climat se rapproche de celui des Alpes Maritimes, moins sec cependant. Les pluies torrentielks accompagnees de greley sontd'ailleurs moins frequentes et moms redoutables.; enfin le sol est plus solide. Aussi, bien que les inondations soient encore graves et dangereuses, ne prennent-elles pas le caractere ddsastreux des torrents des Alpes.

Les essences qui peuplent les forets sont le sapin, le hetre et le pin de montagne, qui prend le nom de pin a crocheis, Les sapins forment dans le departement de I'Aude, sur

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