‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 51 sur 67 · FACULTES · texte numérisé non relu

FACULTES

■xp.

•KIITITIOU.

Cniaes MsaiKes

idid.

id.

id.

4»<ai.,54O/0,M

Cniies i^uil^ei.

id.

id.

id.

id.

Cniies aiWti.

On remarque que les graines des essences qui vivent dans les stations elevees (meleze, pin cembro) n'ont qu'une tres faible facuUe germinative et la qgp-' Mvent moins longtemps

.que celles des especes poussant dans les stations chaudes (pin maritime, pin d'Alep). M. Pierret attribue ce fait a une maturation insufRsanie. N^anmoins le pinde montagne ferait exception. /

II semblerait aussi r^sulter d^experiences r^centes, entreprises dans les p6pinieres par M. de Vilmorin, c)ue la maceration dans la pepsine donne un regaiii de vitalite aux vieilles graines.

Pour preserver les graines de toutes essences contre la voracity des animaux rongeurs et des oiseaux, aussi bien dans les reserves que lors de la mise en terre, il est bbn de les enduire de minium rouge. A cet efTet, on saupoudre les tas avec une quantity suffisante de minium, et le melange intime s*obtient par les brassages successifs destines a pr^venir la fermentation.

Preparation du sol. — Quand le boisement par semis direct est justifie, il est necessaire, le plus souvent, de faire subir une certaine preparation au sol ; car les jeunes plants naissants risquent d'etre etouffds par la vegetation sauvage qui les environne,etdontcerlaines especes se propa gent avec une telle rapidite, qu'elles ont vite raison des semis les mieux reussis. En terrain calcaire, ces especes nuisiblcs sont tres nombreuses; en sol siliceux, pour 6tre moins varices, elles h*en sont pas moins dangereuses, et Tune d*elles, la fetuque bleue [Molinia ccerulea)^ constitue, en certaines regions, un des principaux obstacles a vaincre pour les travaux de reboi« sement. 11 faut done des conditions tout a fait sp^ciales pour justifier le semis en terrain naturel.

La maniere de preparer le sol differe avec son etat superficiel, les conditions de couvert et la composition min^ralogique; mais la regie est par lout, et toujours, de debarrasser les parties k semer de la vegetation herbacee genante, et d*accompagnier cette operation indispensable d*une culture, d'une fagon^ qui revient k defoncer le terrain sur une profondeur variable. Ce defoncement est surtout utile quand le climat est sec, quand le sol, par sa nature et son exposition, est Bujet k se dessecher. La culture, en effet, a les resultats 9uivant8 ;

LBS PEUPLEMBNTS ARTinaBLS.

P elle augmente les faculi^s d'imbibition du sol k regard des eaux atmosph^riques ;

2** la couche superficielle ameublie joue, par rapport aux regions plus profondes du terrain, avec lesquelles ses liens sont rompus, le r6le d'une couverture morte : elle diminue r^vaporation ;

3^ elle permet aux jeunes plants de developper rapidemeiit leur appareil radicellaire, qui p6netre ainsi dans des regions ou la s6cheresse ne se fait plus trop sentir ;

4^ la destruction de la v^g^tation herbac6e, dont elle est le coroUaire, entraine la disparition de tout un monde de plantes qui feraient aux jeunes semis une trop rude concurrence dans la lutte pour Teau.

Par contre, dans les stations ou les accidents de gel et de d^gel sont k craindre, la culture augmente les chances du d6« chaussement.

En toutes circonstances, il faudra veiller k ce que la graine se trouve en contact avec la partie de la terre la plus riche en terreau, parce qu'elle est, en mSme temps, la plus hygrom6triqueet la plus permeable; on ^vitera done le brassage complet de la terre, en ay ant soin de laisser en place la couche superficielle, sans ramener a la surface la terre min^rale pauvre des parties plus profondes ; le contraire a lieu quand il s'agit de plantations. Pour profiter de Thumidit^ si n^cessaire k la germination, il est bon de ne faire cette culture qu^au moment de repandre la graine.

Lea dittirents modes de semis. — Dans Texecution des semis, on distingue plusieurs m^thodes, dont les principales sont les suivantes : semis en plein, — par places^ — par bandes allernes continues ou brisees^ — par potets^ — sur terrain non prepare, — et semis expeditifs.

Semis en plein ou k la vol^e. — Le semis en plein consiste k ensemencer r^gulierement le terrain apres en avoir nettoy6 avec soin toute la superficie. II se justifie quand le sol a d^ja subi une preparation en vue d'une culture agricole, ou lorsque le travail ne coiite rien (extjo^tion de souches ou de bruyeres ; d'aill'" ,. ^^ploi de la^ ^ith ^^^^ f[ui, au

point de vue ^

eux, permet,

en rnSme temps qu'on fait le semis de graines forestieres, d*obtenir une r^colie de c^rdales. Le semis en plain n^est applicable que dans les terrains en plateau ou en pente l^gere ; en montagne, la terre ne saurait dtre ameublie en plein, sans dangers de ravinements. II faut aussi que la graine soit k trds bas prix ; car, sous cette forme, le semis en absorbe une grande quantity.

Semis par places. Ce n'est autre chose qu*un semis en plein localise sur de petits espaces de forme et de contenance variables, sur des places, en un mot, choisies k cet effet, Cette m^lhode Economise les soins et le travail; mais Tensemble reste parfois irr^gulier, surtout si quelques places voisines Tune de Tautre viennent h manquer ; de plus Tenvahissement par les herbes est toujours k craindre.

Elle trouve son application dans les trois cas suivants :

1* en foret, pour completer une r^g^n^ration naturelle insuffisante ;

2* en foret, encore, pour cr^er des placeaux d*une essence pr^cieuse au milieu des especes spontan6es ;

3^ enfin dans les terrains niis ou la roche formant sous sol, est k une profondeur notable sur cerlains points, tandis qu'elle affleure tout k c6i^. On ensemence alors les bons endroits : les autres se regarniront dans la suite par voie naturelle ou par plantation, quand les tlots de verdure obtenus leur auront assur^ un peu d*ombre et de fraicheur.

Dans de pareilles conditions, Temploi de la charrue est impossible, etc*est lapioche ou la beche quiprdparent le terrain.

Semis par bandes continues ou brisies. — On divise la surface k reboiser en bandes paralleles, plus ou moins larges et plus ou moins ^loign^es entre elles, dont les unes sont cultiv^es et ensemenc6es, quand les autres restent en friche. Ces semis exigent moins de graines que les pr^c^dents, ils donnent aussi plus de facility pour soigner les jeunes plants ; ils joignent a cela Tavantage de permettre le maintien, dans les intervallcs incultes, de la v^g^tation naturelle, doni Tabri sera d*un grand secours contre les elTcts du soleil, des vents el des eaux pluviales et dont la presence active la condensation des ros^es.

^36 LBS PEUPLEMENTS ARTinCIBLS.

^- La largeur des bandes cultivees est comprise entre O'^fdO ei 1 mdtre ; plus le sol a de tendances k s'enherber, plus les -bandes doivent etre larges; on les diminue, au contraire, k mesure que la pente augmente. L'espace inculte varie de 1 & 3 metres, suivant les essences employees, en tenant compte de 06 fait que plus les bandes cultivees sont 6cart^es, plus tard aussi se forme le fourr^.

Chaque fois que cela sera possible, les bandes seront ouvertes k la charrue ; mais, quand le sol est pierreux, peu profond, encombre de racines, ou si les pentes sont accusees, cette preparation se fait k bras d'homme. Si la charrue est recommandable k tons ^gards dans les terres abandonn^es par la culture, le versoir pr^sente, dans les friches, Tinconv^nient de ramener k la surface la terre sauvage ; alors^ nous pr^f^rons la houe.

. Quand le terrain est plat ou peu incline, il faut toujours ouvrir les bandes dans la direction Est-Ouest ; la vegetation des parties incultes, aussi bien que le bourrelet forme par les terres provenant des cultures, servent d'ecran du cot^ du Midi. Des que les pentes atteighcnt 7 ou 8 p. 100, il faut n^cessairement tracer des bandes horizontales , c*est-^-dire suivant la direction perpendiculaire k la ligne de plus grande pente ; le fond cultive en est regie et nivele avec un l^ger divers du c6te d'ainont. Jamais elles ne sont ouvertes dans le sens des pentes, car il se produit alors des ravinements et les eaux ruisselantes entrainent les graines.

En montagne, il est impossible d'obtenir une horizontalit6 parfaite, k moins de frais supplementaires et tr^s superflus; d'autre part, s'il existe la moindre pente, les eaux s'amassent dans les parties basses et provoquent un commencement de ravinement. Dans ces conditions, il est preferable de briser les bandes, c*est-k-dire de ne les ouvrir que par tron- ^ons de 5 k 6 metres de longueur, s^par^s entre eux, dans le sens de leur direction, par des intervalles incultes de 1™,50 k 3 metres ; ceux-ci sont disposes de telle sorte que le milieu de la partie cultivee, dans la ligne superieure, corresponde avec le milieu de Tespace inculte dans la ligne inferieure. ^

Semis par Irons ou p(4^' -* Ce genre de semis se fait

en plagant les semences une a une, ou en faible quantite, dans des trous plus ou moins pro fond s prepares a cet efTet et sym^triquement disposes. Le proc6d6 est economique ; mais il expose k des insucces nombreux ; car, si les jeunes semis courent peu de risgues de la part des animaux fouisseurs, et sur{but des vers blancs qui eprouvent de la difficulte k forer leurs galeries d'un potetk Tautre, ils ont, parcontre, k souffrir des herbes qui les envahissent par quatre c6t^s k la fois.

Semis sur terrain non pr6par6. — Pour que cette m6thode offre des chances r^elles de succes, ilfaut tout k la fois:

1° que le sol soit naturellement meuble ;

2® que la graine coute tres bon raarch^ ;

3* que les semis de rcssence employee aienlune vegetation rapide qui leur permette de lutter conlre les plantes sauvages.

Ces trois conditions se trouvent r^alis^es dans la dune blanche des c6tes de TOc^an, oil \e pin maritime^ semd k la vol^e sur le sable nu, fait merveille, sous reserve de couverturesqui emp^chent le decapage par le vent; mais, si le sable est envahi par une vegetation basse qui lui donne de la cohesion, la pioche doit intervenir.

Parfois, dans les landes montagneuses du Plateau central, afin d'^viter les frais d'arrachage de la bruyere, les semeurs rdpandent les graines de pin sylveslre sans aucun travail pr^alable, et se font suivre par un troupeau de moutons ; ceux-ci secouent la bruyere et font tomber les graines sur le sol ou leur pietiqement Jes recouvre suflisamment. Mais il faut constater que les mecomptes sont aussi frequents que les resuUats accept ables.

Ce genre de semis est plus justifie dans les terrains rocailleuxde la haute monlagne, au pied des escarpements, sur les c6nes d'eboulis designes dans les Alpes sous le nom de clappea^ oil toute culture est impossible; la, d'ailleurs, si le sol n'est pas precisement meuble, da moins est-il ton jours fraiSf el la graine trouvc des abris dans les interstices des pierres; d'aulre part, si la vegetation des jeunes semis est tres lente, du moins n*a-t-elle pas de c()ncurrenl> m rieu\ dans les toullVs de {*azon, les mousses et les lichens qui ont BoppB et JoLYUT. 22

338 LBS PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.

assez k faire de 1 utter contre la rigueur du climat. On seme aiors soit sur la neige, soit sur terrain nu, sans aucun travail prealable.

Le semis sur terrain nu se fait toujours en plein. Dans les pentes rocheuses, clappes ou autres, il faut avoir soin de lancer fortement la semence par un mouvement de bas en haut^ de fa^on que les graines, p^n^trant sous les pierres aussi avant et en aussi grand nombre que possible, soient preserv^es contre la s^cheresse et Tentrainement par les eaux.

Le semis sur la neige se pratique en repandant la graine, k la volee et en notable quantity, quand la surface est encore recouverte de n6ves assez resistants pour que le parcours n'en soit pas trop penible. On choisit un temps calme, par une belle journee de prin temps, afin que les graines repandues dans U matinee puissent pen^trer de quelques millimetres dans la neige fOndue par les rayons du soleil ; cela suffit pour qu'elles ne soient plus balayees par le vent. Pour qu'on puisse compter sur un succes, il est indispensable que le terrain convert de neige soit susceptible d*etre rebois^ par semis direct, c'est-i-dire qu*il ne soit pas expos^ au soulevement apres la fonte des neiges. II est evident que, partout oil le dechaussement est k craindre, le semis ne reussira pas mieux sur la neige que sur le meme sol niu ; c*est certainement pour ne pas s'etre rendu compte de ce fait que bien des insucces ont et^ reproches, k tort, a ce proced6 qui pent rendre de trds utiles services, car il permet, en meme temps, d'op6rer k une epoque ou tout autre travail est impossible, et d'utiliser tous les instants d*une saison de vegetation tres courte: les graines ainsi repandues arrivent, eneffet, sur le sol dans des conditions de maceration eminemment favo rabies a leur prompte germination.

Semis ezp^ditifs. — Ces methodes varient suivant la nature du terrain, les outils dont on dispose, et la j^rosseur des semences, lesquelles ne sont pas repandues a la volee sur un sol non prepare ; mais le travail Ires sonim aire, consiste k obtenir, en un tour de main, tout a la fois renfouissemeut d'une pinc6e ^'^ a-i*oin*>«; de dis* "Stance, k la profondeur

voulue, — etuneleg^re fagon, ioute locale, donib^n^ficierale jeune semis.

Ainsi, pour repiquer des glands ou des faines, il suffit de soulever une motte de gazon avec le tranchant d'une houe ; on jette deuxou trois semences dans cette ouverture, et, avec le pied, on presse legeremenl la lerre.

Quand il s*agit de graines 16geres, on pent, d'un seul coup de pioche, rompre la couvei:lure vivante; puis, sur la terrQ ^mieii^e, on r^pand une pinc^e de semences qu'on recouvre legeremenl k la main de fa^on h les cacher k la vue. Souvent encore, avec un sarcloir, avec une petite herse sp^ciale, ou meme, simplement, avec le fer d'un piolet ou rextr^mii6 d*un bliton ferre, on gratte la surface du sol pour faire un placeau ou Ton jette la graine.

Ces modes de semis, economiques avant tout, se recommandent pour completer les regen<^rations naturelles dans les terrains bois^s. lis trouvent encore leur application dans les frichcs, lorsque T^tat d'ameublissement du sol et rhumidit6 constante du climat les rapprochent des conditions pr6c6dentes ; ainsi, dans les grandes altitudes, ou dans une region froide quelconque, quand le sol n'est convert que d'un gazon court et qui reste vert toute Tannic. lis s*imposent mSme dans les terres mobiles, croulanlcs, en partie d^pourvues de v6g6tation, ou toute culture quelque peu etendue serait dangereuse; on cherche alors, pour les ensemencer, les points les plus stables, soutenus par une loufTe d'herbe ou abrit^s par un bloc, et on melange avec la graine forestiere la semence d'une plante herbacee rustique, k v6g6tation rapide, qui consolide temporairemeiit Ic terrain.

Parmi les dilT^rents outils en usage, nous devons une mention sp^ciale aux semoirs de M. Tlnspecteur Prouv^, qui consistent en un tube de metal de la longueur d*un manche de b^che, du diametre d*une piece de cinq francs, dont Textr^mile inferieure est terminee par une houlette permettant de creuser le sol ou d*en anieublir la surface. Le tube du semoir conduit naturcllement dans cette sorte dc potet les deux ou trois glands qu on y laisse glisser sans avoir la peine de se baisser; parfois meme, it constitue un veritable reservoir

340 LES PEUPLEMBNTS ARTIFICIELS.

contenant une provision de menues graines, dont un declanchemeni Ir^s simple fait tomber, k la volont^ de Touvrier^ la quantity suffisante.

H4tons-nous d*ajouter que Temploi d*un outil, quelque perfectionn6 qu*il soit, ne rem place jamais une bonne preparation du sol.

R^pandage de la semence. — On n'a aucun int^rSt a se servir des semoif^s mecaniques : la main suffit. Dans le semis en plein, on jette la graine k la vol6e, apres Tavoir intimement m^lang^e, s^il y a lieu, avee une demi-semence de c^reales ; dans les semis par bandes ou par potets, on repand la graine en ayant soin de la laisser tomber assez pres de la terre pour qu'elle ne soit pas emport^e par le vent dans les parties incultes. Partout, on facilite la repartition des graines l^geres en les melangeantau pr^alable avee plusieurs fois leur volume de sable bien sec. Pour bien regler le r^pandage, il est prudent, dds le debut, de repartir la semence et le terrain en une m6me quantity de fractions egales.

Quantity de semences k employer. — La quantite de semences k employer varie avee le sol, avee la pente et le climat local ; elle augmente avee les dangers qui menacent les jeunes plants pendant les premieres annees : s^cheresses, gel6es, ravages des animaux, etc.. ; elle depend, enfin, de la grosseur de la semence, du mode de culture douae au sol, de la quality mSme de cette graine et de la saison des semis.

Nous r^sumons ci-apres un' tableau public par V Agenda du Foresiier (1), et dresse d'apres les travaux de MM. Bouquet de la Grye, Caquet, Mathieu, Fliche, Pierret et autres : '

(1) Agenda, du. Foresiier^ ann^e 1900. £dit^ par Paul Jacquin, k Besanpon, sous les auspices de la Society foresti^re de Franche-Gomtd et Belfort.

Aune

Bouleau

Charme

ChAtaignier

Chines rouvre

et pddonc

Epicda

Erable symoc . .

Frdne

HAtre..

M6\bze

Orme (ail^)

Pin sylvestrc...

Pin & crochet. . .

Pinlaricio(Cone).

Pin noir d'Au-

triche

Pin maritime. . .

Pin Alep

Pin Cembro... .

Robinier,f. acac.

Sapin (ai\6)

Tifieul

Page 1