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Ces chiffres peuvent etre doubles, triples meme, si le» conditions sont particulierement mauvaises. C'est ainsi, par exemple, qu'il n'est pas exag^r^ d'employer jusqu'k 40 kilogramines de graine d^sailee de m^leze, d*6pic^a ou de pin de montagne pour les semis a la vol6e sur la neige.
Saison favorable pour faire les semis. -^ Le temps le
plus propice pour faire les semis serait celui 011 la graine milire se disseminc naturellemcnt. Mais Top^ration n*est pas toujours possible h cette ^poque pour les motifs suivants : la preparation de la graine r^colt^e, surtout quand il s'agii de c6nes r^sineux, exige un certain temps; — k cause des variations dans les prix demain-d*u;uvre, c'est une question d^^conomie qui fera pr^f^rer le printemps ou Tautomne; — enfin
342 LES PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.
la mise en ^tat du sol rend souveni desirable rajournement des semis.
En g^n^ral, pour les semences qui murisscnt vers la fin do V6i6^ en automne et en hiver, le mieux est de les conserver jusqu'au printemps ei de les semer alors seulement. Employees en automne, la plupart des graines sont exposees a la voracity des animaux et les jeunes plants, qui apparaissent de bonne heure au printemps sur une surface manquant d'abri, sont souvent atteints par les gelees tardives.
On pent admettre le semis d'automne pour les graines qui se gardent difficilement, celles du sapin pec tine et des pins k grosses amandes, les glands et les faines; cependant, si on a de bons moyens de les conserver, le semis de printemps sera preferable ; cette derniere saison devra etre adoptee pour toutes les autres essences. En un mot, la saison des semis doit etre choisie de telle sorte que la germination s'opere le plus vite possible, afin que la graine, puis les jeunes plants, traversent rapidement la phase oil de nombreux dangers les menacent ; c^est-a-dire assez t6t pour qu*ils profitent de rhumidite du sol au sortir de Thiver, pas trop t6t cependant avant les premieres chaleurs du printemps.
Application auz essences sociales. — Les resultats du boisenient par semis direct se font longtemps attendre, car la vegetation des plants forestiers est souvent tres lente dans les premieres annees. II faut s'armer de patience et se garder de toute comparaison avec les regenerations naturelles en foret; autrement, les semis faits de main d'homme paraitront toujours trop rares. Des qu'on est assure de la reussite d'un plant par metre carre, on a lieu d'etre satisfait; en vouloir davantage, serait exagerer inutilement la depense. Ce resultat obtenu, on doit savoir oublier les boisements, — ^enlessurveillant, — et, quelques annees plus tard, on sera fort surpris de trouver le fourre forme, la oil Ton croyait ne rencontrer que' des brins trop espaces.
Les semis des essences disseminees, qui ne comportent pas retat de massif pur, ne se font generalement qu'en pepiniere. On ne considerera done ici que ceux des especes sociales. Le chine ^ essence de lumiere, pent etre seme en plein de-
couvert ; le semis est alors pv6Ur6 k la plantation k cause de la longueur de pivot qui rend cette derniere operation on6reuse et difficile. Dans les terres sufRsamment profondes, Temploi de la charrue est tout indiqu^ ; apres un premier labour en plein, qui ameublit le sol et que Ton pent faire k Tautomne, on dispose les glands dans des sillonsparallelesque le versoir de Tinstrument recouvre k un second passage; tant6t, on laisse inculte les espaces de l'°',50& 2 metres qui s^parent deux lignes de glands ; — tant6t on donne une culture complete au terrain sur lequel on fait une demi-emblavure de cereales; — tant6t, ce qui vautmieux encore, on occupe lea interlignes avec des pommes de terre plant^es aussi k la charrue, et qui, plus que Tavoine, le seigle ou le bl^, et j usque dans les premiers jours de septembre, entretiennent le sol dans un ^tat-de proprete et de fraicheur don t profi tent les chenes ; — tantdt on abrite les rigoles par des plantations de bouleaux ou des boutures desaule marceau. Dans les friches, on pcut proceder par bandes ou par potets. Pour les glands surtout, le semis de printemps est preferable k celui d'automne, k cause des d^gats auxquels iis sont exposes en hiver. Les glands devant 6tre reconverts de 4 ^ 6 centimetres de terre seulement, le fer de la charrue sera r^gl^ en consequence. Le semis expeditif , en forme de repiquage, est le plus ^conomique et donne de bons resultats avec une d^pepse paj: hectare de 3 ^ 4 hectolitres de glands et 4 ^ 5 francs de main d'ojuvre.
En pays de plaines, de collines ou de. basses montagnes, le semis de h^tre ne doit etre tent6 qu'en foret. On repique alors les faines k la houe, comme les glands, Ces fain.es, qui se conservent difBcilement, peuvent 6tre semeesen automne. Quand ona su les garder jusqu'au printemps,il est extrSmement important de les mettre en place loutes fratches et aussildi apris la sortie des reserves ou ellcs sont stratiOees; car, si les semences ont de]k germ^, il suffit, en cet 6tat, qu'elles soient exposees k Tair quelques instants, pour ^tre perdues ; c'est seulement pour les semis k faire en p^pini^re, lorsque la distance enlre les reserves et les bandes est assez faible pour que le transport se fasse k la minute, qu*on peut avoir
344 LES PEUPLEMBNTS ARTIFICIELS.
int^ret k les faire germer avant la mise en place. Sur les sols granitiques et schisteux des G^vennes, aux altitudes de 1,200 k 1 ,500 metres, on est parvenu k installer, en terrain nu et par voie de semis, de jeunes massifs du meilleur aspect sur des points ou la violence du vent ^'opposait k la bonne venue des especes r^sineuses les plus rustiques ; on precede de la maniere suivante : on ouvre une rigole orient^e, si la pente le permet, suivant la direction Est-Ouest, et k laquelle on donne 15 centimetres de profondeur et 10 centimetres de largeur; on forme avec le deblai une sorte de butte sur le bord Sud ,
de cette rigole ; apres avoir bien ameubli la terre du fond, on y seme les faines^ k raison de un litre par 5 metres courants, et on les recou vre de 8 centimetres de terre. D^s la lev6e, on comble progressivement la rigole avec la terre de deblai ^
jusqu'ci la hauteur des feuilles cotyledonaires * d*abord, des ^n feuilles vraies ensuite, et cela jusqu*a epuisement de la terre ^ ^ en reserve. On entretient aihsi toujours fraiche la zone oil sp i # '^ trouvent les racines des jeunes plants, qui peuvent, des lors, y- . ^< r^sister a la s^cheresse du premier 6ie. Le meme proc^de pent ^ ^^s 6tre employe dans les pepinieres, en r^duisant Tespacement ^ ^^i entre les bandes k la place strictement necessaire pour ins- jn-- ^^* taller leri)uttes, c'est d'ailleurs celui qui estindiqu6 par Cotta l ^^ n et rappele par MM. Lorentz et Parade. [Conrs de culture des ^ ^^ss bois^ § 720). Mais la reussite ne tient pas, comme le croyaient ^i *^'ss les auteurs, k une sensibilite extreme de la tigelle aux rayons r\ " ^h^ lumineux, mais k ce fait que la terre rapportee protege les ^. ^^te^ racines centre le dessechement superficiel. — Les semis artifi-^ ^^^^ c ciels de cette espece semblent plus exposes que les r^genera-./^^ -'e j tions naturelles aux degats d'un champignon : Peronospora^^ . ^ P- v..-^ infestans, . ^'■^n^.^
Le semis de charme peut se faire k la vol6e, en foret, dani- ^^- ^ les sols frais et sous Tabri interrompu d'une coupe secondaira ^ pj^ En plein decouvert et dans les sols exposes k se dess^cher^ ^ ^^ -~ ^^ cette essence aurait peu de chances de rdussir k cause de V^ ^--'^ *, faiblesse de son enracinement; un peu de fraicher ou Tabri cl ^^ r - . quelques broussailles sont necessaires ; il est d'ailleurs indl ^-- -** ~ ♦ pensable, dans ces sols nus, toujours tasses, d'enfouir la a. "■-*^*' - ^ mence de charme k 1 ou 2 centimetres de profondeur. . ^ -^ ^^
Le semis de sapin pectin^ ne r^ussit bien qu'en fordt, k Tabri d'un peuplement d6jk form^ ; alors, il peut se faire par bandes ou par places. Un moyen 6conomique de Tinstaller consisie k racier la surface du sol, sur des placeaux de 25 centimetres de c6t^, en donnant un I6ger ameublissement superficiel^, dans chacun de ces placeaux, on desarticule un c6ne frais Cueilli. II faut k la graine de sapin un sol ricHe en ter-. reau et un recouvrement d'un demi centimetre de terre. On sait qu^, pour elle, le semis d'automne est pr6f^rable k celui du printemps«
Les semis d'^picea se font au prin temps, par bandes ou par potets ; ils demandent un sol bien pr6par6 et surtout d^barrass^ des mauvaises herbes. On recouvre la graine 16gerement de manidre que, par une pluie, meme assez forte, elle ne puisse pas etre mise au jour ; on obtient ce resultat en remuant la graine r^pandue sur le sol avec un r&teau k dents courtes, ou en passant, en forme de hersage, un fagot d'epines sur les parlies ensemenc^es. Les jeunes plants faiblement enracines, dont la croissance est lente, sont exposes k 6tre soulev^s par la gel^e d'hiver ; par contre, les gel^es printani^res ne leur font que peu ou point de mal^H^ans les stations basses, les ^pic^as demandent un ombrage mod6r6 ; ils r^ussissent n^anmoins en plein d^couvert, si le climat n'est ni trop chaud, ni trop sec.
De toutes les essences feuillues ou r^sineuses, le pin syU veslre est, avec le chene et les pins m^ridionaux, celle qui s'installe le mieux par semis direct. En toutes stations, il accepte le plein decouvert ; il pr^fere les terrains siliceux, mais r6ussit g^n^ralement dans tons les sols, pourvu quails soient graveleux. Tous les modes de semis lui sont applicables : le semis en plein avec une demi semence de c^r^ales, tout aussi bien que le semis par bandes ou par potets. C'est avec le pin sylvestre seul qu'ont parfois r6ussi les semis sur bruy^res, en terrain non pr^par^. Ac6t^ de ces avantages, il est regrettable que, dans leur premiere jeunesse, les semis de pin sylvestre soient sujets k la maladie cryptogamique dite du rouge ^ connue en AUemagne sous le nom de schuUCy et dont les d^gAts prennent la proportion d'un veritable fl^au. Si, k la
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rigueur, un traitement convenable peut att6nuer le mal dans les p^pini^res,il n*ya aucun remdde pratique k recommander pour les semis en place ; la plantation de sujets sains et asseiz kg6s pour avoir d6pass^ T^poque de la crise sera la seule bonne solution. Les semis naturels dchappent heureusement en grande partie a ce danger.
En sol calcaire, le pin noir (TAuiriche se comporte mieux que le pin sylvestre: il est d'ailleurs aussi rustique, et peut 6tre employ^ de la mSme maniere ; toutefois, comme sa graine est toujours d'un prix assez elev^, il vaut mieux, en g6n6ral, proc^der par plantation .
A cause de la rapidity de sa croissance, de la valeur des produits divers qu*on en retire et surlout de son extreme frugality, le pin maritime est Tessence la plus pr^cieuse pour boiser les terrains siliceux, pauvres, des climats maritimes ; il est tout indique pour la mise en valeur des landes et la fixation des dunes du littoral. C'est sous forme de semis direct qu'il est le plus employ^, et les procedcs sp^ciaux qui servent k I'installer seront indiques plus loin.
Dans les regions calcaires de la Provence, \epin d'Alep se pr^sente avec les precieuses qualites qu'on vient de constater chez le pin maritime. Mieux que ce dernier encore, il acceple les conditions de sol les plus mauvaises et les chaleurs les plus excessives ; on le voit s'installer naturellement entre les' fissures des rochers st^riles ou la terre vegetale fait presque entierement d^faut. On le seme par potets; le semis d'automne serait preferable a celui de printemps, si de nombreux ennemis ne venaient pas, en hiver, detruire soit les graines, soit les jeunes plants naissanis; en general, on opere dans les deux saisons, en completant, au printemps, les semis d'auiomne insuffisants. Telle est la resistance du pin d'Alep a la s^cheresse, qu'on est parvenu, gr^ce k son aide, k boiser le rocher nu du mont Faron, oil, sur bien des points, il a fallu ouvrir a la barre k mine des trous qu'on remplissait ensuite de terre rapportee.
Le semis direct du meleze ne se pratique guere hors de sa station, sur les hautes montagnes. On Ty seme comme r^picea, en prenant toutefois la precaution de faire macererla
graine dans Teau, pendant 15 ou 20 jours, avant de Temployer; elle doit 6tre mise en terre, humide et sans qu'on lui laisse le temps de se ressuyer. On pent semer le m^leze sur la neige, c*est meme k Taide de ce proc6d6 qu'on a obtenu les meilleurs r^suUats, sur les gazons continus comme sur les eboulis rocheux.
Les renseignements qui precedent s'appliquent ^galement aux semis d'essences m^langdes; quand les graines ont m6mes exigences et meme grosseur, il sufBt de preparer le melange en proportions voulues avant le r^pandage ; si elles sont de grosseurs dilT^rentes, il faudra d'abord semer les graines lourdes, qui demandent k Stre plus profond^ment enfonc^es, et, seulement ensuite, les graines l^geres.
Soins k donner auz semis. — Les semences forestieres de bonne quality, sem^es avec soin et en bonne saison, germent presque toujours ; il est assez rare, en elTet, qu^elles restent inertes dans le sol, et qu'elles y fondent, suivant le terme employ^ en horticulture. Mais il faut tenir compte des d6g4ts trop frequents des animaux ; nous renvoyons k Particle in (p^pini^res) pour tout ce qui conccrne les moyens de lutter centre ces d6pr6dateurs pelits et grands.
G*est done surtout apres la levee que surviennent les v6ritables dangers auxquels les semis directs sont exposes. La s6cheresse du premier 6ie et le d^chaussement k la fin du premier hiver sont k craindre lout d*abord et, quelles que soient les precautions prises, il y a toujours de ce c6i6 certaines chances d^favorables k courir. Malgr^ tout, quand les circonstances de sol et de climat autorisent le boisement par par semis direct, un premier ^chec ne doit pas d^courager et, en cas d*insucces marqu6, il faut recommencer le travail, en comptantsur des temps meilleurs.
Quand la r^ussite, sufQsante en gdn^ral, est incomplete sur des laches diss^min^es, on regarnit les vides par de nouveaux semis en potets, ou, mieux encore, par des plantations de jeunes sujets extraits dans le semis m6me, sur les points ou lis se rencontrent trop serr6s.
Pour les semis en plein, avec ou sans preparation du sol, il est k peu prds impossible de decider, d^s la iin de la premiere
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ann^e, si la r^ussite est bonne : il faut attendre deux et m^me irois ans avant de pouvoir se prononcer. Au contraire, quand les semis sont fails par bandes ou par potets, rinventaire des plants d*avenir est relativement facile ; c^est une raison de plus pour donner la pr^f^rence k ces derniers modes.
Lorsque le jeune semis a r^sist^ aux epreuves de la premiere ann6e, il n*a plus que rarement k souffrir des accidents m^t^oriques, mais il risque d'etre etouffe par les plantes sauvages qui Tenvahissent. II est toujours utile, et parfois meme indispensable, de proceder k leur enlevement, soit k la main, soit k la faucille ; ces travaux s*executent vers la fin du printemps, en tout cas, avant la floraison des v^g^taux nuisibles ; ils doivent Mre repet^s annuellement jusqu'a ce que les jeunes plants soient assez forts pour n'avoir plus rien k redouter de ce c6t6.
Enfin, quand les semis d'essences de lumiere, notamment ceux de pin sylvestre et de m61dze, naissent trop serres, il faut proceder k leur ddpressage. En effet, les jeunes brins s*affament mutuellement, s'entravent dans la poussee de leurs branches lat^rales et forment des paquets ou la lumiere ne peut p^netrer : les plus ch^tifs sont exposes les premiers a Tinvasion des insectes et des champignons ; les autres seront ensuite attaqu6s, car, on le sait, les champignons recherchent les endroits abrit^s centre le vent, et un jeune peuplement tr^s serr6 leur cr6e ce milieu favorable ; il semblerait, des lors, que la nature ait charg^ ces organismes de maintenir k r^tat clair les especes qui, par temperament, demandent semblable situation; mais, si on les laisse seuls faire la besogne, le plus souvent ils depasseront le but. Aussi faut-il, d^s que les semis ont atteint Tage de quatre k cinq ans, proceder soi-m6me k reparation, qui sera d'aulant plus facile qu'on la commencera plus tot. On opere par section, au ciseau ou au secateur, plut6t que par Tarrachage qui ^branle, en meme temps, les racines des sujets d'avenir. Plus tard, quand les semis non d^pressds sont devenus des gaules trop longues pour leur faible diametre, ce sont les d^gMs de la neige qui les menacent, comme dans les plantations, et nous Savons qu'il faut les ^claircir.
ARTICLE III
Les plants.
Quality des plants. — Leur origine. — Leur kge et leur dimension.
Quality des plants. — De mSme que la r^ussite des semis demande Temploi de bonnes graines, de mSme, pour assurer Tavenir d'une plantation, il faut avoir h sa disposition de bons plants.
Au moment de leur mise en terre, les plants, quelle que soil leur force, doivent presenter, dans la mesure du possible :
1<^ des racines completes, toufTues, r^gulieres et surtout un chevelu d6velopp6 ;
2^ une tige droite, reguliere, une cime bien ramifi6e et annon^ant la vigueur ; des branches lat^rales proportionndes k Tage du plant;
3^ le feuillage ou les bourgeons complets et bien constituds ;
4*^ un aspect sain ; la tige et les racines sans blessure aucune, ni cicatrices suspectes. ^
Mais toutes ces qualit^s, fussent-elles developp^es autant qu'on pourrait le d^sirer, deviennent inefficaces si le plant n'est pas frais^ c'est-&-dire s*il n'est pas bien vivant dans son ensemble, et ^i len parties les plus greles, les plus delicates du chevelu sont resides trop long temps exposies a V action dessechante du vent et du soleil,
Origine des plants. — H y a deux moyens de se procurer les plants forestiers. On pent les prendre directement en for^t parmi des semis nalurels, ou les elever en pepinidre.
Les plants exlraits des peuplcments naturels, ayant v^cu au milieu d*un massif, sur un sol non ameubli, ont le ddfaut de manquerde chevelu, d'oiTrir destiges greles, sans ramifications suffisantes. On nc saurait trop reagir contre cette opinion erronn^e qu*ils sont pr^f^rables aux sujets Aleves en p^pini6re,trop bien soign^s,dit-on,dans leur jeunesse pour accep-
350 LES PEUPLEMENTS ABTIFIGIELS.
ier des conditions d*existence m^diocres ou mauvaises. C'est tout le contraire : n^s sous Tombrage, lis souffrent, lorsqu'ils sont exposes subitement k toutes les influences atmosph^riques ; d*ailleurs la transplantation est une arise ^ et chez les arbres, comme chez les hommes, un individu chetif et mal nourri ne r^siste pas aussi bien que si les conditions inverses 6taient remplies. Enfin, les sujets arrach^s en foret sont extraits sans soin, et la n6cessite de les ramasser un k un empeche de les trailer convenablement ; exceptons cependant : les bouleaux que Ton trouve parfois en veritable gazon, sur des terrains meubles^ — les hetres et les sapins, quand on a Toccasion de les enlever en mottes.
En r6sum6, il faut des circonstances exceptionnelles pour justifier Tutilisation des plants sauvages,
Les sujets elev^s en pt^piniere sont de beaucoup les meilleurs ; la culture et les soins constants dont ils sont Tobjet permettent de leur donner toutes les qualites requises ; I'extraction en est facile, et pent se faire sans qu'il soit besoin de briser ou de d^chirer leurs racines.
Age et dimension des plants. — On distingue les plants en : basses tiges^ demi-tiges et hautes tiges.hes premiers sont des sujets toujours tres jeunes, ayant en hauteur depuis quelques centimetres jusqu'^ 1 metre ; les demi-tiges ont de 1 h2 metres, et les hautes tiges depassent 2 metres.
Les plantations r^ussissent d*autant mieux qu'elles sont faites avec des plants plus jeunes, le fait est bien reconnu aujourd'hui. Aussi, les demi-tiges, ^t k plus forte raison les hautes tiges, ne sont-elles utilisces que dans des cas speciaux, pour boiser, par exemple, des terrains couverts de grandes herbes ou livres au parcours du betail. L'emploi de ces sujets sur de grandes etendues couterait d'ailleurs trop cher : ce sont de veritables plantations de luxe, qui demandent des precautions dont les details ne peuvent trouver leur place que dans un traite d'arboriculture.
11 est done, en general, convenable de planter des basses tiges etmeme de tresjeunes sujets sans descendre, toutefois, au-dessous d'une limite raisonnable, car les plants trop exigus sont d'une nianutention d^icate ; leur enracinement ne
d^passe pas les couches les plus superficielles du sol qui se dessechent infailliblement en M\ enfin, pour eux, le ph6nomene du d^chaussement est plus a redouter. Une hauteur de 15 a 20 cenlimetres k partir du collet de la racine est une bonne moyenne.
Quanta r&ge, il variesuivant les conditions dans lesquelles on opere, suivant aussi la rapidity avec laquelleles semis des dilT^rentes especes forestieres developpent leur appareil a^rien et surtout radicellaire. Les pins des climats chauds (pin maritime, pin d'Alep, pin pinier) se plantent k un an, deux ans au plus; le pin sylvestre, le pin d*Autriche, le m6leze k deux ou trois ans,repic6aa trois ou quatre ans,le sapin k qualre ou cinq ans. Les feuillus (chene, h^tre, Arable, bouleau, Mne, charme), peuvent se planter a deux ou trois ans ; les robiniers et les aunes k un ou deux ans.
Si, comme nous le dirons plus loin, on pent souvent 6viter Top^ration coiiteuse du repiquage pour les sujets de deux et meme trois ans que Ton eleve soi-meme en p6piniere, du moins ne faut-il pas, si Ton achate les plants donton a besoin, reculer devant un supplement de prix de quelques francs par mille pour se les procurer repiques : leur reprise est toujours beaucoup plus certaine.
Les p^plnl^res.