I. INSTALLATION d'uNE P^PINI&RE CENTRALE
Capital d'exploitation. — Choix de remplacement. — Division du terrain. — Preparation du sol. — Les engrais. — Le terreau. — Am^nagement de la pepini^re. — Son dtendue. — Les outils. — Les cl6tures. — Les dangers k combattre.
Capital d'exploitation. — Une p^piniere centrale est une veritable exploitation horticole. Son installation demande une forte d^pense de premier etablissement ; il faut, en outre, un fondsde roulement assez important. Aussi, en dehors du commerce, un proprietaire nc doit-il se resoudre a une pareille cntreprise que s*il veut boiser des terrains d'une dlendue considerable.
Choix de remplacement. — L*emplacement d'une p^pi-
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niere permanente doit repondre aux conditions suivantes (1) :
1® se trouver dans une position aussi centrale que possible par rapport aux diiT6rents cantons k reboiser et qu'elle devra approvisionner, en tout ou en partie ;
2^ olTrir un acc^s facile pour le transport des plants ainsi que des engrais et des amendements k y employer ;
3*^ Mre k la port6e de la residence de la personne charg^e d'en diriger Texploitation, ou mieux, Hre attenante a une maison ou le chef de culture sera \og6 ;
4^ presenter une surface aussi homogene et un perimetre aussi r6gulier que possible, permettant une bonne division et facilitant les cldtures ;
5^ ne pas occuper des fonds bas et humides oii les gel^es et le d^chaussement sont le plus k redouter, mais, au contraire, des versants en pentes tres douces, exposes, de preference, a TEst et au Nord-Est, afin d'^viter une trop grande pr^cocite, au prin temps, et un trop grand prolongement de la vegetation, en automne ;
6° 6tre susceptible d'irrigation k Teau courante, surtout dans les regions k climat sec ;
7" poss6der un sol d'une fertilite moyenne ou meilleure encore, car elle doit produire des plants vigoureux et bien 6quilibres, tres aptes a une reprise certaine et prompte.
Quand on connaitra d'une fagon bien precise la destination k donner aux plants, on choisira un terrain qui, par sa constitution et sa base min^ralogique, presente une certaine analogie avec les cantons a boiser; car les plants d'une meme espece se constituent un enracinement variable suivant la nature du sol dans lequel ils vegetent ; les racines produites en sol humide ne conviennent pas pour une plantation k faire en sol sec, toutes n'y fonctionneraient pas ; de mdme, des plants n^s en terrain siliceux, l^ger, seraient mauvais pour boiser des sols argileux ou compacts. Sous ces reserves, on constate que les terrains siliceux, meubles, sont les plus avantageux pour Tinstallation d'une pepiniere permanente : les travaux de culture y sont moins couteux qu*en
(J) Landolt, La foret; manUre de la rajeunir et de la soigner^ 3e edition. Traduction par X. Amuat, Porrentruy, 1880.
terrain argileux ; ceux de sarclage plus faciles qu'en terrain calcaire ; les jeunes plants s'y forment, d'ailleurs, un chevelu tres abondant; le d^chaussement y est aussi moins k craindre; enHn, un terrain neutre est toujours preferable, en ce sens qu*aucune espece n*en est exclue : il suffit, pour les unes ou pour les autrea, d*ajouter, sous forme d*engrais ou d'amendement, les d<fmenls nutritifs qui, k un moment donned, pourraient faire ddfaut; on cr^e de la sorte des slations artiHcielles pour T^ducation d'especes ^trangeres k la flore locale. D'ailleurs, si les terres l^g^res conviennent mieux ' pour la r^ussite des semis, une terre un peu forte sera pr^fdrable pour Tdducation des plants repiques k dlever en moyennes ou hautes tiges.
Gontrairement k ce pr^jug^ que, pour 6tablir une p6pini6re, il faut 6viler les terres trop ferliles, on doit fitre assur^ qu*un terrain de tr^s bonne quality formera des plants plus vigoureux, mieux pourvus de racines et d*une reprise plus certainc que celle des sujets ch^tifs et mal nourris, dlev6s en un sol trop maigre ; il en est de ceux-ci comme des plants sauvages.
Si, dans les espaces dont on dispose, il ne se rencontre aucune parcelle presentant les conditions convenables, il vaudra done mif ux s^abstenir, ou se resoudre k chercher ailleurs un terrain favorable, qui sera loue, ou mieux, acheld.
Division du terrain. — L'emplacement determine, on calcule r^tendue k donner k la pepiniere, en s'appuyant sur les donn^es qui seront indiqudes plus loin.
Le premier travail consiste a delimiter un certain nombre de grandcs divisions par des chemins de 2™, 50 k 3 metres de largeur, permeltant aux charrettes de circuler en tous sens. On partage chacune de ces sections en carries ou en rectangles, d'une surface de 10 & 15 ares, sc^parc^s entre eux par des petits chemins de 1 metre de largeur et accessibles k la cir* culation des brouetles.
On procdde, ensuite, au nivellement des chemins grands et petits et on les combine de fa^on a rendre, d*une part, inoffensif r^coulement des eaux pluvialesel k pcrmettre, d'autra part, rirrigalion des carrds. A ce point de vue, il est avan-
DoPri! Ct JOUYUT, 23
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lageux, ctiaque fois que la chose est possible sans (rop grands frais, de donner une horizontalite parfaile u chacune de ces turfaces : lea eauxdepluie ou d'arrosage pdnetrent plus r6- ^illlei«ment dans Ic sol et tout danger de ravinement est ^cart^. Un usage general consisle ^ disposer la superlicie des carr^sen saillie de 15 ii 20 ccnLimetres au-dessua du niveau des cbemins; dans les terrains meubles et filtrants, dans les climats chauds el sees, une disposition inverse serailcerLainement preferable : les cbemins traces en relief au lieu de ' drainer le sol serviraient de barrage pour empecher la perte des eaux quelle qu'en soil la provenance; mais, pour que celte disposition puisse Stre utilentent adoplee, il est n^cessaire que la surface du carreau soit parfaitement borizbntale. .
On fera bien, en quelque endroit retire de la p^piniere, lout en pri^parant les fosses a fumier et les pourrissoirs, de ■^server, sur les points les plus bumides, I'emplacement n^ceasa ire pour rinstallation d'une oseraie. Les meilleurea especes de saules h choisir pour eel usage sent les suivantes : Salix fragilis, S. viminalis, S. penlandra, S. Lamberliana. De meme, il est utile de planter autour des bassins d'irrigation quelques louITes de jonc (Juncus glaucas) deslin^es k fournir des liens; dans les endroits sees des climats m^ridionaux, celle espece pent etre remplac^e par le sparte {Ligeam iparlum).
. Pr^paratiOQ du sol. — En tout ^tat de choses, les caries seront defonc^s k une profondeur d'environ 40 centimetres (2 fers de beche), Cefle operation est indispensable, et dfe sa bonne execution, depend I'avenir de la p^piniere. Le d^foncement a pour but d'ameublir la terre, de la rendre plus permeable aux racines, k I'eir, aux pluies, — plus
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