‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 54 sur 67 · On no · texte numérisé non relu

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a la pioche; quand cela est possible, Temploi de la charrue sous-sol est plus ^conomique. L'ouvrier qui travaille k la houe ou k la beche ouvre d'abord une jauge de 1 metre de largeur sur la profondeur voulue, et, pour « se donner du champ », il conserve toujours cet espace libre entre la ligne de d^frichement et le jet des terres ; celles-ci sont disposdes, par couches, en talus a 45 degrds : les mottes sont ainsi mieux divis6es, et celles qui dchappent tombent au fond de la jauge, ou il est facile de les briser. On r^pand ensuite les engrais bien ^galement sur tout le talus des surfaces remani^es, en ayant soin de ne pas en laisser tomber dans le fond de la jauge, oil ils seraient enterr^s k une trop grande profondeur, el Ton continue, de proche en proche, par tranches de "20 a 25 centimetres de largeur, jusqu'^ Textr^mite du carr6 que Ton nivelle avec la terre provenant de la premiere jauge (1). Les couches superficielles 6tant ainsi m^Iang^es avec les plus profondes, la masse prdsente une compacit^ et une fertility moyennes, en nieme temps qu'une egale richesse en engrais.

Tout en proc^dant au d^foncement, on d^barrasse le sol des plus grosses pierres ou pierrailles (tous les fragments qui d^passent la grosseur d'une noix devront etre enlev^s). Ces mat6riaux serviront pour assainir et empicrrer les chemins et senticrs.

II est n^cessaire de laisser a la terre le temps de se tasser avant de lui confier les graincs ; pour cela, on termine le travail k la fin de Tautomne dans les terrains 2i ensemencer au printcmps suivant, et k la fin du printcmps pour ceux qui recevront les semis d*automne. II suffira de donner un I6ger labour quand le moment sera venu de semerou de repiquer.

Les engrais. — La question des engrais est tout a fait capitale quand il s*agit de pepinieres permanentes. Car, si une p^pinierc qu*on installe dans un sol forestier nouvellement d^frich^ pent, k la rigueur, fournir deux ou trois r6* coltes, sans engrais, elle se refusera le plus sou vent, a en produire une quatrieme; le sol des pepinieres est, en effet,

(1) Gressent, Le potager modernef 4« Edition, p. 209, Paris, Goin,

356 LBS PBUPLBMBNTS ARTIFICIELS.

expos^ sans protection aux influences atmosph^riques ; de plus, aucune matiere fertilisante ne vient Fentretenir comme celui des massifs forestiers. « Quelles que soient leur nature min^ralogique et leur fertility premiere, dit M. Grandeau (1), les terrains consacres pendant de longues ann^es k des semis feuillus ou r^sineux, qu'on exploite tons les deux ou trois ans (tiges et racines), s'epuisent comme les sols livres a la culture agricole: les jeunes plants d'arbres necessiteront des quantit^s de matieres minerales bien superieures annuellement k celle que les arbres eux-memes reclament plus tard. » Ainsi, de loute n^cessite^ il faut famer les pepinieres k la fagon des terres arables.

D'autre part, les analyses de terreaux de feuilles ont permis de constater que ces engrais, d'ailleurs sufBsamment riches en potasse, sont tres pauvres en azote (ils en renferment k peine 0,40 p. 1000) et en acide phosphorique. Terreau ou humus forestier, employes purs et tels qu'il est possible de se les procurer gratuitement dans la foret, sont done insuffisants.

Le fumier de ferme, par sa porosite, entretient I'etat meuble et Ta^ration dans une terre qui, couverte de la meme r^colle pendant 2 ou 3 anndes consecutives, nere^oit pendant cet intervalle que des fagons superficielles et insignifiantes. Toutefois, il pr^sente Tinconvenient d'etre de composition mal titr^e ; aussi, tout en lui donnant la preference chaque fois qu'il sera possible de se procurer a bon compte du fumier de quality moyenne, tel qu*il est mis en oeuvre par des cultivateurs serieux, on devra s*assurer de sa teneur en matieres fertilisantes et Tadditionner d'engrais chimiques, de fagon k le transformer en engrais complet, eu egard k I'etat du sol et a la nature des recoltes qu'on veut obtenir. En general, le fumier de cheval convient mieuxdans les terres froides etcompactes, celui de vache dans les terres meubles et seches^ qu'elles soient siliceuses ou calcaires^ — sous ceLte reserve que le fumier de vache expose plus que celui de cheval a la propagation des larves dangereuses.

(1) Grandeau, Annales de la station agronomique de VEst^ tome I, p. 400.

A defaut de fumier de ferme^ pour rendre au sol la maiiere organique dont il ne peut se passer, on a recours k des composts fails de dechets de jardin, de feuilles ramassees en foret, d'herbes, de pourrissoirs, d*ajoncs, de genets, etc... prepares dans les conditions qui seront indiqu^es plus loin. Nous venons de constater la pauvret6 de ces composts en sels nutrilifs; aussi, pour r^tablir Tequiiibre rationnel en ire I'importation et Texportation, est-ii toujours indispensable de leur m^langer des engrais organiques ou mineraux; ceux-ci sont incorpor^s dans la masse des composts au moment de leur preparation, et dans des proportions variables suivant la quality du sol naturel et son degr^ d*^puisement en telle ou telle substance.

II existe dans Ic commerce toutes sortes de poudres ou melanges dont les vendeurs disent merveille pour leur emploi en p^piniere. 11 y a toujours lieu de se m^fier des falsifications, el le plus sage sera de se procurer des engrais litres en s'adressant aux syndicats et aux stations agronomiques. En toutes circonstances, et pour ^viter des analyses longues et coiiteuses, on peut, sans crainte, choisir entre Tune des formules ci-aprcs, qui se recommandent par la notori^t6 de leurs auteurs :

« Pour les vergers, dit M. Grandeau, on se trouve bien, k rhectare, des fumures suivantes :

2000 kilog. de scories de d^phosphorution ; ou 600 — de kamite; ou 200 — dc chlorure de potassium*

« On peut aussi employer le melange indiqu6 par P. Wagner, savoir :

200 kilos superphosphate double; ou 500 — de superphosphate k 16 p. 100 et 160 — de chlorure de potassium; ou 230 ~ dc phoHphalc de potasse ct 40 — dc chlorure de potassium.

» Ces fumures de tele doivent etre incorporces dans les « fumicrs composts avcc lesqucls ils sont repandus avant la <( fa^on; apres le labour et I'^pandage des graines au prin-

358 LES PEUPLBMENTS ARTIFICIBLS.

(( temps, on s^me, k la volee, 200 kilos de nitrate de sonde k « rhectare (1). »

Les p^pinieres de TEcole forestiere d'Eberswalde (Prusse) en sol siliceux tres pauvre, ont ^t^ entretenues dans un parfait ^tat de rendement par Temploi, k Thectare, sous forme de melange dans les composts, de :

50 kilos de poudre d'os azot^e

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