‹ Traité pratique de sylviculture: Les forêtsChapitre 55 sur 67 · de scories de ddphosphoration 100 — de sang dcssechd · texte numérisé non relu

de scories de ddphosphoration 100 — de sang dcssechd

50 — - de sulfate d'ammoniaque 150 — de carnallite (2).

Ces quantites suffiront pour une et, au plus, pour deux r^coltes ; il est facile, d*ailleurs, d'apprecier Tepoque du renouvellement par Taspect des .cultures.

Pumiers et composts nourris sont, en g<5n6ral, employes dans la proportion de 8 a 10 metres cubes a Thectare. ' Enfin, comme source gratuite d'azote, on peut semer dans les jacheres du lupin ou toute autre plante legumineuse. Nous nous sommes tres bien trouv^s de ces cultures derobees, qui, en m^me temps qu'elles sont utilis^es comme engrais verts, dtouITent les mauvaises herbes et dispensent des sarclages.

En ce qui concerne I'emploi du fumier, on remarquc que les racines des jeunes plants, mises en contact imm^diat avec des matieres fraiches, sont exposdes k la moisissure. Pour eviter cet inconvenient, il est bon de faire prec^der le semis d'une culture de plantes sarcl^es, ou mieux, de stratifier les fumiers pendant une annee dans des fosses abrit^es contre les pluies et le soleil et oil ils seront nourris.

Le terreau. — Quant au terreau utilis6 en couverture, lors de Texecution des semis, on peut le preparer dconomiquement de la maniere suivante :

En dehors de la pepiniere, mais aussi pres que possible et en donnant la preference aux endroits bien abrites, on creuse

(1) L. Grandeau, La fumure des champs et des jardins, 6« Edition, p. 126, Paris, Librairie agricole, 1897.

(2) Schwappach, Ueber Miner aldnngung in Forstg&rien [Zeitschrift fiir Forst-und-Jagdwesen, t. VII, juillet 1891).

LB BOISEMBNT PAR t^LANTATIONS. 35d

une tranch6e de 60 & 80 cenlimetres de profondeur et d*une largeur de 3 & 4 metres ; on en r^gle le fond avec une inclinai^ son convenable vers des fosses d*^coulement, de telle sorte que

I Teau n*y sdjourne jamais. Dans ce pourrissoir, on accumule

des feuilles seches ramass^es a Tautomne, au moment de leur chute nalurelle et, de pr^f^rence, par un temps humide; on les

^ tasse d'ailleurs convenablement ; on y ajoute tous les debris

de la p^piniere : ce sont, des herbes, des brindilles non ligniii^es, des mousses, des pailles, des gazons, des cendres (1); mais il faut avoir le plus grand soin^ et cela est d'une importance capitale^ de ne jamais jeter au pourrissoir que des plantes qui n'ont pas fleuri. Dds qu'une mauvaise herbe est mont^e en graine, elle doit elre brdlee, autrement on la resume avec les composts.

Pour activersa decomposition, la masse doit etre remani^e deux fois par an, le plus son vent en mai et en septembre, 6poques oil Touvrage ne presse pas dans les p^pini^res; on profite de ces moments pour faire les additions convenables d'engrais chimiques. 11 faut, en moyenne, trois ans pour obtenir r^tat de terreau.

' La longueur k donner k la fosse sera proportionn^e k la quantit(^ de terreau qu*on veut produire annuellement, en tenant comptcde ces faits, que cette fosse doit toujoui's presenter : i° une place vide pour recevoir la provision de feuilles k ramasser k Tenlrt^e de I'hiver; 2* un premier tas de feuilles stratifii^es depuis un an; 3° un second de celles de deux ans; 4° le terreau de trois ans pret k 6tre employ^. li faut, de plus, avoir soin que ces d6p6ts soient separ^s entre eux d*un espace suffisant pour qu*on puissc les remuer en les d^pla^ant par un simple jet de pelle.

Par les temps sees, il sera bon d'arroser le pourrissoir de temps k autre. (les arrosagcs seront rendus plus efficaces quand ils seront additionncs de purin, des eaux de vi* dange, de Icssive, de savon ou de cuisine, ou enfin de guano dissous. Tous les terreaux, quelle que soit leur provenance, doivent ^tre passers k la claie avanl leur empioi.

(t En for^l, on peul tt*en procurer de ^randcs quantiUfs, el A tr^s bon compte, en les ramassant dans les baraques des bCicheront.

vilalild persisle plusieurs annees sous ierrc. Dans la rotation ainsi (^tablie, il sera bon de faire alterner les semis de feuillus avec les semis de r6sineux, de fapon k ne pas demander au m6me terrain deux r6coUes cons^cutives de la m^me essence.

£tendue de la pipiniire. — Comme les plants de deux ans ne s'obtiennent qu*& raison d'une rdcolte sur trois carreaux, il faut multiplier par trois la surface occup6e par les plants bons k Hre mis en place.

En general, on peut compter sur une production moyenne dc 400 plants par metre carre : soit 40 000 plants par are de semis de deux ans, et un tiers, ou 13333, par are de p^pinidre. En tenant compte des d^chets, des accidents et des non valeurs, ce chilTre doit 6tre abaiss6 k 10000; il justifie done la donn^e empirique g(^n^ralement adoptee pour les p^pinieres qui appro visionnent les chan tiers des boisements obligatoires, laquelle consiste k fixer pour Tensemble des p^pinicres une dtendue representee, en ares, par le chiffre des surfaces k reboiser annuellement, exprim6 en hectares. Si Ton veut employer des plants repiquds, il faudra tripler, quinlupler meme les surfaces cultivdes, et la d^pense sera augmentee dans la meme proportion.

Les OUtils. — Les outils a employer dans les p^pinieres n*ont rien de special ; ce sont ceux dont se sert g^n^ralement la culture maraichere dans la region oil Ton se trouve. D'ailleurs, en ce qui concerne Texecution des semis, Timportant n'est pas d aller vite, mais de bien faire. II faut done se mdHer des outils soi-disant perfectionnds dans le seul but d'activer le travail. Le semis est toujours une operation minutieuse, el le temps que Ton croit gagner dans une execution plus rapide se paie souvent fort cher par une r^ussite incomplete.

Les cIAtures. — Toutes les p^pinicres pcrmanentes ou volantes doivent etrc defendues par une cloture contre les deg&ts des animaux domesliques ou sauvages et contre les maraudeurs. Suivant los cas, cette cloture sera form^e de murs, de haics vives, de palissades ou de treillages.

Pour les pi'pinicres volantes, on choisit do preference un mode economiquc de cloture mobile : treiliage k largcs

362 LCS PCUPLEMBSfTS ABTIFIdELS.

inailles, fils de fer, cordon simple on double de ronce artificielle, piquets et longrines provenant d'exploilations quel* camques, etc....

y^ Les dangers k combatire. — Outre les accidento pro- ▼enant des causes atmospheriques et donl on iroovera plus loin des moyens de prevenir les facheux effets, les p^pinieres sont ezposees a de nombreux dangers de la part des aniniaux : sangliers, lapins, taupes, mulols, oiseaux, larres de hannetons, courtilieres, etc. Elles sont aussi attaquees par des organismes inferieurs de la classe des champignons.

On se preserve contre les sangliers qui viennent de vaster les semis de glands ou de faines, soil avec de solides clotures, soil en piquant dans les carreaux ensemences des baguettes ^ Textremiie sup^rieure desquelles sont suspendus des chiffons imbibes de petrole qu'on renouvelle quand il est evapore. — Contre lievres et lapins les entreillagements sont necessaires, bien qu'on ne doive pas toujours compter sur leur efficacite. — Les taupes se prennent aux pieges. — Quand les mulots sont tres abondants, il est fort difficile pour ne pas dire impossible de s'en d^barrasser, meme avec le poison, dont Temploi, toujours dangereux, n'est pas a recommander.

Malgre la protection que nous reclamons en faveur des petits oiseaux, nous nc pouvons qu*engager ici a se defendre energi^ue^^nt contre ccux d'entre eux qui se montrent tres friands 4^ certaines graines et surtout des scmences resineuses ; le danger existe de leur cote depuis le moment oil la graine est mise en terre jusqu'au moment ou la jeune tigelle est d^barrass^e de Tenveloppe ou chapeau qu'elle pousse hors de terreNPour les eloigner, on fait circular autour des carres un enfant muni d'un fouet, ou un garde arme d'un pistolet qu'il tire a blanc de temps en temps. Quand on peut se procurer a bon march6 de vieux filets de chasse ou de peche, on les utilise en les ^tendant k 30 ou 40 centimetres au-dessus des planches, mais en ayant soin de les tenir bien fix^s contre terre sur tout leur pourtour et de fermer soigneusement tous les trous. Ces difTerentes precautions sont les seules efficaces.

car, en general, les dpouvantails produisent peu d'effet. On dit cependant qu*il y en a de bons (1) et il n'en coi^te gudre de les essayer ; on fera bien, dans ce cas, d*en changer souvent la forme ei Templacement.

Parmi les insectes, la larve du hanneton, connue sous le nom de mans ou ver blanc^ est un des plus redoutables, surtout dans les terrains meubles. Un moyen pratique, sinon pour la detruire, du moins pour attdnuer ses d^g^ts, est de la chercher en terre, soit k la main, soit avec un outil, partout oil le d^p^rissement rapide des plants signale sa presence. On facilite d*ailleurs ces destructions en plantant, comme le font les jardiniers, des bordures-pidges formdes de plantes dont ces larves sont (res friandes, tels que des fraisiers et des laitues ; les recherches sont alors localisdes sur ces bordures ou les d^gats sont aises k constaler ou k ' suivre. Dans une ^tude, publiee dans la Revue des e&ux et forets (2), M. Tlnspectcur Croizette-Desnoyers recommande, comme tres efficace, Temploi de benzine r^pandue dans le sol, k raison de 30 kilogrammes par hectare, au moyen du pal-injecteur Gonin.

La chenille d'un l^pidoptdre, Agrolis segelum^ connue sous le nom de ver gris^ comme t des d^gats en tout semblables a ceux de la larve du hanneton, notamment sur les jcunes semis de chene, dont le chevelu et le pivot sont complctement rong^s ; on la d^truit par des proc^des ana» logues. N .\^

Les cdurtHieres^ k tous les dges, rongent les racines des jeunes semis; quand elles sont nombreuses, elles ravagent en peu de temps des carreaux entiers, dont elles parcourent toutes les rigoles. Les procdd^s les plus usuels pour les combattre sont les suivants :

1** on fait la perquisition des nids renfermant les oeufs et on les d^truit. Les courtilidres fr^quentent de pr^f^rence les

{V. Citons les pclils miroirs de la grosseur d*une piicc de 5 francs que Ton suspend par de lonfrues flcelles A cot<5 des planches de semis : les rayons lumincux qu^iU lancent de c6l^s et d*aulres inquiitent les oiseaux.

(2) Ao6t 18KK.

364 LES PEUPLEMENTS ARTIFICIBLS.

lieux humides, les abords des fosses d 'irrigation ; c*est \k qu*on trouve leur trace sur les points ou gisent les debris des plantes d^vordes ; ces nids, parfois assez profond^ment enfonces dans le sol, se prdsentent sous la forme d'une boule de terre de la grosseur du poing, dans laquelle les osufs sont renferm^s. La recherche des nids doit se faire en mai et en juin ;

2° on prend des pots k fleurs de 20 centimetres de diametre environ, on bouche avec un liege Touverture inf6rieure et on les enfonce aux endroils des plates-bandes ou de petits sillons annoncent le travail de Tinsecte; le rebord sup^rieur du vase doit etre k quelques centimetres au-dessous du niveau du sol : la courtiliere, en suivant son sentier habituel, tombe dans le vase d'ou elle ne pent sortir. Le mieux est d'entourer les planches attaqu6es, ou cell'es qu'on veut preserver, avec des voliges fix^es verticalement et faisant saillie de 10 & 15 centimetres sur le sol ; les pots sont disposes, comme il vient d'etre dit, k Tinl^rieur et k Ve\i6rieur et tout centre ces planches, qui guident Tinsecte vers les pieges lorsqu'il veut entrer dans Tenceinle ou en sortir ;

S'* on recommande de' preparer, en sepiembre, dans les pepinieres contamin6es, des tas de fumier de cheval mesurant del k2 metres cubes. En d^cembre ou en Janvier, si on rompt ces tas, on y trouvera en quantity les courtilieres engourdies (1). Le fumier doit ^tre frais;

4° au printcmps, on ^tend sur le sol nouvellement arros^, des paillassons,sous lesquels les courtilieres viennent s'abriter contre la chaleur du jour ;

5° on pent aussi leur faire la chasse en introduisant, par Touverture des galeries, des huiles grasses ou minerales, qui font imm6diatement sortir les insectes ou les tuent dans leurs reduits.

Mais tons ces precedes ne sont que des palliatifs ; ils attenuent le mal, sans le supprimer, surtout quand on a eu la mauvaise fortune d'installer une p6piniere dans un milieu favorable a la multiplication de ces botes dangereux.

(1) Seance de la Soci^t^ pomologique, avril 1880.

Un remede enOn contre les limaces, qui d^truisent les feuilles cotyl6donaires des semis de hetre aussi bien en p^pini^re qu'en foret : on enduit de graisse ou de beurre, — qui peut dire ranee, — des petites planchettes qu'on dispose dans les semiSfla face grasse tourn^e vers le sol; en visitant ces pieges de bonne heure le matin, on d^truit quantitt^ de cette gluante vermine.

Les champignons engendrent sur les plantes tout un cortege de maladies. Tous les jours on en decouvre de nouveaux, et il n'est pas surprenant que les cultures artificielles, qui leur fournissent en grande masse la nourriture pr^fdr^e, soient plus exposees encore k leur ravage que les peuplements spontands. Ne pouvant enlrer ici dans tous les details que comporte la question^ nous ne citerons que les maladies les plus connues et les plus graves.

11 est rare, par exemple, que dans une p^piniere d6]k ancienne, les semis de pins sylvestre, comme ceux de toutes les races de laricios ne soient pas atteints par le Rouge ^ maladie provoqu^e par le mycelium de Lepiostroma pinaslri. Pour le combattre, M. Tlnspecleur Bartet (1) a eu Tid^e d'user de bassinages k la bouillie bordelaise dans les conditions employees contre le mildew de la vigne (2) ; a la p^piniere de Bellefontaine, dans les bandes ainsi traitdes, le plus grand nombre des plants ont 6i6 sauvc^s, tandis que, dans les bandes t^moins, intercal6es au milieu des autres et laissees sans Iraitement, tout diait perdu. Le proc6dd peut done Ure recommand6 ; il est meme probable qu*il trouverait son application dans d'autres circon stances.

Phytophtora fagi^ est commun k toutes les essences et plus particulicrement au helre, chez lequel il provoque la maladie de I'embryon. Des la germination, les plants sont atteints et, si le temps est humide, la pourriture s^^tend bientdt de proche en proche : les taches contamimSes semblent roussies par le feu. La sdcheresse arrete le mal. Rosellinia quercinia attaque les jeunes semis de ch^ne en

(1) Ilartel <*t Vtiillemin, Ao/e prdtenUe k VAcad4mie des scieneeSy 8(^ance du 27 fcKTier 1KH8.

(2) SocidUS poinolo(?iquc, loc. cit.

366 LES PEUPLEMENTS ARTIFIGIELS.

p^pini^re lorsqu'ils sonl ag6s de un a trois ans. Le mycelium se propage sur les racines et tue les plants.

Les moyens pratiques pour combattre ces germes infectieux sont k peu pres les memes pour toules les esp^ces ; et nous resumons ceux que recommande le savant Professeur Robert Hartig dans son traite sur les maladies des arbres forestiers (I) :

ne pas installer les p^pinieres de r^sineux au milieu des for^ls de pins ; les placer, autant que possible, sur le perimetre Quest, de fa^on que les vents dominants qui viennent de cette direction aieni pass6 sur des champs plutot que sur des peuplements forestiers, d*ou ils arrivent charges de germes morbid^s ;

orienter les bandes de semis dans la direction Nord-Sud en elevant k TOuest un petit bourrelet de terre qui arretera ces m6mes germes ;

ne semer ni pin, ni hStre dans les planches ou des maladies se seraient manifestoes sur des especes similaires depuis moins de quatre ans ; on pent cependant, en ce qui concerne le hetre, y repiquer des jeunes plants de deux ou trois ans, les champignons k craindre ne s'attaquant qti'aux sujets naissants ;

eviter tout ce qui pent entretenir ThumiditO, c*est-a-dire les abris, les couvertures, les paillis ; en un mot aerer, et activer TOvaporation des que le mal apparait ;

extraire avec soin tons les plants malades, et* les placer de suite dans un recipient ferm6 d'oii ils ne sortiront que pour etre brules ;

evitier de passer dans les planches saines en sortant des planches malades, car les spores s*attachent anx vetements, aux chaussures, et on les transporte avec soi. C*est d'aiN leurs h cause de la propagation par les hommes et par les animaux qu'on voit surtout le mal se d6velopper le long des chemins et sentiers ;

quand il s'agit de maladies souterraines qui s^attaqnent

(1) R. Hartig, Wichtige Krankheiten der Waldbaumef Berlin 1874. Traduction de MM. Gerschel et Henry, Nancy, Berger-LevrauU

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aux racines, creuser des fosses profonds autour des parties contaminees, de fa^on k arreter la marche du mycelium dans le sol.

Ajoulons qu'une excellente mesure consisle, des qu'un compartiment de p6piniere est attaque par un champignon, a isoler les parties indemnes des points contamin^s par un rideau de branches hautes de 2 metres environ et feuill^es jusqu'au has: ce n*est \k sans doute qu'un palliatif, mais il suffit k rendre les progres de la maladie assez lents pour qu'on ait le temps de prendre des mesures plus ^nergiques. Enfin, quand au cours d'une saison de vdg^tation, on a constats sur les semis d^especes k feiiilles caduques les signes d'une invasion cryplogamique, la prudence commande de ramasser et de bruler, des les premiers jours de Tautomne, les feuilles qui se d^tachent, car, bien souvent, c*est dans les feuilles morles trainant sur le sol, que les spores du champignon arrivent k maturity.' celte derniere remarque concerne sp^cialement le m^ldzc.

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