BXPLOITATION DE LA PKPINIERB
Execution de» aemis : en plein ; — en rigoles; — en cofTres ; — procid6s sp^ciaux ; — quantit<5 de graine A employer; — saison des semis. — Soins k donner aux iemis : pralinage des graincs ; — abris contre la secheresse ; — abi is d^hivcr ; — abris centre les gelces prinUim6i*e8 ; ~ abris permanent^ ; — arrosages et irrigations ; — sarclages; — binages. — TravMux divers : repiquage des plants; — leur extraction ; — leur taille ct leur rhabillage ; — transport et emballage.
Exicution des semis. — Pour les semis de toutes essences, on prt^pare le sol en planches paralleles, ayant une largeur de l",'iO et sopar^es entreellespar de petilssentiers. S'ila6te possible d'orienter les colds des grands carreaux dans led directions, les uns Nord-Sud, les autres Est- Guest, on tracera les planches parallelement a ces derniers ; on verra plus loin que cette disposition est avantageusc lorsqu*il s*agit de placer les abris.
Semis en plein. — Dans chaque planche, on peut semer en plein J comme cela se fait pour les carottes dans un jardin ;
LBS PEUPLEMENTS ARTinCIELS.
mais ce mode, qui distribue inegalement la graine sur iouie la surface, en exagere la quantii6 ; de plus, les sarclages et les binages k Taide d'outils sont impossibles, tout doit se faire k la main, ce qui est bien plus coikleux; les maladies cryptogamiques s*y propagent aussi plus rapidement; enfin Textraction des plants y est rendue difficile par Tenchevelrement g^n^ral des racines : un grand nombre de brins, plus ou moins meurtris, doivent etre rebut^s. Aussi ce mode n'esi-il k recommander que lorsqu'on destine les plants k Stre extraits en gazons pour les plantations a faire en mottes.
Semis en rigoles. — II est pr^f^rable de g^n^raliser le systeme des rigoles ou sillons^ dirig^s, soit longitudinalement, soit transversalement et espaces enlre eux de 10 k 30 centimetres, suivant Vkge auquel on se propose de conduire les plants. Pour les resineux non repiques, qu*on planle a demeure k deux ans, Tespacement de 15 & 18 centimetres est le plus convenable, en ce sens qu*il permet le passage du fer des outils a sarcler, a biner et k rechausser.
On peut tracer les rigoles a la binette^ k la laite, ou k la planche bavaroise, Dans les deux premiers cas, ces rigoles sont ouvertes suivant le sens de la longueur, dans le dernier, suivant le sens de la largeur des planches.
Quand on opere a la binette, on tend un cordeau dans toute la longueur de la planche et a 10 centimetres de Tun des bords ; avec la pointe de Toutil, on trace, le long du cordeau, un sillon de 2 ou 3 centimetres de profondeur; on seme k la main et on recouvre la graine en nivelftnt le sol au rateau, puis on replace le cordeau k la distance convenable, et on ouvre un nouveau sillon ; ainsi de suite pour toute la planche.
A la latte, on fait de meme, en employant des lattes de 3 k 4 metres de longueur, qu'on dispose le long du cordeau et qu'on frappe k la masse, de fa^on k tracer dans le sol un sillon de profondeur egale k leur ^paisseur, c'est-i-dire 2 centimetres environ. Les lattes pourvues d*une double gorge semblable k celle de la planche bavaroise pr^sentent un s^rieux avantagc sur la latte simple.
La planche bavaroise se compose d*un madrier en bois dur
(chSne, ormeou frSne) de 3 centimetres d^dpaisseur, d*une Ion-, gueu r legale k la largeur dcsbandes (fig. 78et81, ib.),soUl"f20 et large de deux fois Tespacement adopts entre les rigoles. Sur la face inferieure de cette planche sont dispos6es deux paires de baguettes triangulaires espacces entre ellesde la largeur entre les sillons, soit 18 centimetres, et
distantes des bords de la planche J
de moitie de cette largeur ; cha- „. *^* "I " ". .
, , ... * , Fig. 78. — Coupe de la planche
cune des baguettes juxtaposees bavaroise.
a 3 centimetres de base sur 2 centimetres 1/2 de hauteur. En appuyant la planche ainsi dispos6e sur un sol meuble et en la damant, on imprime deux doubles sillons bien espac6s et d'une profondeur uniforme ; la graine, qui tombe sur la crete de la double gorge, glisse a droite et k gauche et se r^partit en deux rangs espac^s dc 3 centimetres.
Chaque chantier est muni de trois ou quatre planches semblables que Ton juxtapose successivement, et une a une, suivant toute la longueur de la bande. Ces petits appareils, qui n^cessitent une terre meuble et saine, facilitent la besogne, economisent beaucoup de temps et donnent d'excellents rdsultats.
Quel que soit le mode employd, au fur et k mesure que Ton trace les sillons, on y ri^pand la semence, aussi uniform^ment que possible, en faisant varier la quantity suivant la grosseur et les cspeces. Pour les rcsineux k petiles graines, comme : le pin sylvestrc, le pin de montagne, T^pic^a, le sapin, le mc^lezc, il suflit qu'il y ait, au fond de chaque rigole double du systdme bavarois, une seulc s^ric de semences se touchant dans leur travers.
Four asHurer une bonne repartition de la graine et se meltrc k Tabri des ncrvosites toujours possibles dans les doigts du semeur, on a imaging des instruments regies k Tavance pour repandre automutiqucment les quantites voulues. Cerlaines de ces machines sont bien compliqu^es et ne fonclionnent bien qu*a la condition d*etre parfaitement entretenues ; mais nous recommandons tout
BOPPR et JOLYBT. 24
Fig. 7B. -
370 LES PEUPLEMENTS ABTIFiaELS.
particuliferementlaresr'eaemoi'rimagin^e par I'lnspecleur Cardot et qui a fait ses preuves dans les pifpini^res communales derarrondissemenlde Pontarlier. Cetoutil tr^s simple, etque tout le monde peut fabriquer, consisLc en une regie de la lon- ( gueur de la plsnche bavaroise
dont elle eslen quelquc sorle I'annexe. La section (ransversale a en est dispos^e comme I'indique la figure 79, c'est-^-dire que sa face Bup^rieure estcreua^ed'une gorge dont laprofondeur est calcul^e de telle eorie qu'elle renfemie, pour chaque unite de longueur, la quantite de graine a semer. II suffit de remplir la gorge de semence et de faire circulcr la r^glette mobile b le long de Tarrttc c pour faire tomberle tropplein ; puis, posant la regie charg^elelong de la rigole, d'y verBerson contenu.llva aans dire qu'on assorlit tout un jeu de regies aux dilT^rentes sentences et aux diff^rents 6latsdcdensil^s quel'on cherche k obtenir pour le semis d'une meme essence.
Quand on veul produire des plants r6sineux et bons k etre mis en place, nonrepiqu^<4 kl'^ededeux ans il suffit de3ii5 kilos de pin sylvestre pin d \utriche fipiceaetmilezepar are, — si d'ailleurs les semences sont de bonne quality It faudrait semer plus dru, ai les graines 6taicntde quality moindre ou SI 1 on ne voulai^ faire que des plants d'un an.
Dernerc le semeur, marche imm^diatemenl un autre ouvrier, qui, munid une sortedecoffre enbois ouen t61e(fig.80), rcmplit les siltons d'un compost form6 de raoiti^ terreau etde moili6 sable oueneoie desciuredebois. Les experiences poursuivies depuis quelques anniies a la p^piniere de
Bellefontainc ont permis de constaterque Teniploi de la sciure pure, provenant de bois de toutes essences, sans excepier le chene, donne d*excellents r^sultats ; la levee s'est meme montr^e plus complete ei plus hative que dans le compost de terreau ; la seule condition esscntielle a remplir, c'est que la sciure soit bien saturee d*eau lors de Temploi.
II suffit de rabattre la substance employee en couverture jusqu'au niveau du sol, au moyen du revers d'une pelle, pour que Topi^ration soit terminee. D'ailleurs, la profondeur des sillons indique la quantity de terre qui doit recouvrir les semenccs ; cettc quantity reste fixee a 2 ou 3 centimetres pour toutes les graines de r^sineux les plus usuelles de petite et moyen ne gros^ur.
Semis en coffres. — Comme le terrain d*une p^piniere coAtc toujours cher d'achat ou de mise en valeur et d'entretien, il faut que chaque unil6 de surface produise son maximum de rendement en plants forestiers. Aussi ne saurait-on donner trop de soin h chaque operation. En ce qui concerne le semis, nous recommandons d'entourer les plates-bandes d'un cadre de planches brutes dressdes en la forme du coffre employ^ par tous les horticulleurs ou maraichers. Cette disposition pr6sente une foule d*avantages : elle permet de renouveler sans grands frais la terre epuisde par la culture, ou d'y doser plus facilement les amendements et engrais, sans risque de ddchets dans les zones d*entourage ; — de cr6er les milieux artificiels pour cultures sp6ciales; — enfin elle facilite singulierement la mise en place des dilTerents appareils destines k prot(^ger les semis contre tous les dangers auxquels ils sont exposes.
Le semis dans les colTrcs se fait d'ailleurs par les proc6d6s ci-dessus drtaillds; il convient, surtout, pour les plants destines a etrc ropiques h uii an, qu'on pcut semer tres dru sans crainte de dcchets, ct pour (3conomiser les graines dont le prix est eleve.
Procidis spiciaux. — Pour les semis de (jronses g mines y qui demandent h etre plus profonddmenl enterrees que les pr^c^dentes, on trace, h la binette, des raies de I a 6 centimetres de profondeur et de largeur asscz grande pour que
Quelques praticiens font germer les glands et en caasent le pivot avant de faire le Bemis. Une telle mutilation a pour eflet principal de ralcntir la veg<5tation ; il n'est pas aurprenanl, des
Pig. Bl. — Quelques outils.
0, Wche coupe-pivot; b, planche bavaroiac; c,c, rigle i repiquer; d,d, rinla 4 seiner ; e, btclie Prouvi k ilrier pour eitroction d'un ■emis de ch6ne.
lore, que dea sujets chetifs aient un pivot moins d^velopp^ que celuides brins provenant des aemences intactes.
On a beaucoup parl^ ausai de la bScbe coupe-pivot (%. 8 1 a) import^e d'AUemagne, donl le fer, en biseau, bien tranchant,
pulation, est de ne pas donner aux germes le temps de se fl^trir : les faines m^lang^es de sable passeni, direclement et immidi&temeniy du germoir k la planche de semis.
Contrairement k la pratique consacr^e par Tusage, Tinventeur du proc6de recommande tout particulierement de ne pas rechausser les tigelles des plants ; car cette operation conduit & trop recouvrir les graines qui ne sont pas levees, ce qui retarde encore leur d^veloppement. On constate, en effet, que la germination des fatnes, comme celle des glands, n'ayant jamais lieu en meme temps sur un meme point, il s*^coule souvent 15 jours ou trois semaines entre Tapparition des premiers plants et la lev^e complete ; ces retards font que les derniers lev^s n*ont pas un enracinement assez profond lorsque surviennent les s^cheresses deT^te et quails pdrissenten grand nombre dans les terrains qu*on n*irrigue pas. A partir de la levde, des sarclages et des binages r^p^t^s entretiendront les surfaces toujours meubles et bien propres.
Get excellent proc^d^ est applicable aux chenes dans les m^mes conditions.
II existe, pour le semis de hetre,bon nombre d'autres recettes, accompagn^es de tour de main^ dans le detail desquels nous ne pouvons entrer.
On recouvre toutes ces graines lourdes de 3 & 6 centimetres de terreau, la couche etant d'autant plus ^paisse que la terre est plus Idgere.
Les semis de semences leg^res, aune et boulcau, se font en plein, et la graine n*a pourainsi dire pas besoin d'etre enterr^e; il suffit de r^pandre k la surface une mince couche de terreau et de tasser Ic^gerement avec un revers de pelle. L*aune doit lire placd dans des conditions telles qu*il puisse etre constamment irrigud; les bords humides d*un foss6 conviennent tres bien k ce genre de semis.
La graine de boulcau germe difficilement dans les terres dont la surface n*est pas parfaitement ameublie. A ddfaut de terrain graveleux, on pent semer cctte essence sur les anciennes places k chnrbon. Le proc^d6 suivant est t^gale* ment k rccommander pour le rdpandage de la semence, quand il est possible de disposer de porte -graines dans les forets