LES ESSENCES EXOTIQUES
Gdncralites. — Le choix k faire. — Les essences les plus connues. —
Conclusions.
GenSralitis. — La flore forestiere de France peut certes suffire k tons les besoins, sans qu*il soit indispensable d'avoir recours aux especes exotiques. Telle etait, du moins, Topinion de notre savant maitre M. Mathieu (1).
Avec de semblables richesses en mains, dit-il, il n'est d'autre difficult^ que celle de choisir, et le choix peut-^tre fait siirement, sans rien laisser au hasard, puisquMl s'agit de v^gdtaux spontands, bien connus, dont les exigences se traduisent par les fails de Tassociation la plus simple : sol, exposition, altitude.
Negliger d'aussi vieux amis, dont les services sont certains, pour des nconnus, des v^g<5taux exotiques, serait peu sage assurement, et per-
(1) A. Mathieu, Le reboisement et le regazonnement des Alpes, p. 35. Paris, Imprimerie Nationale, 1875.
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Sonne n'y songe» sans doute. II pent n'^tre pas hors de propos, nean» moins, d*ezaminer en quelques mots ce que Ton peut attendre des essais de naturalisation et d'acclimatation en mati&re forestiire. Ce sera la justification de la reserve avec laquelle cette voie doit hire suivie dans les travaux de reboisement.
Pour qu'un v^g^tal mdrite d*6tre plac^ au rang des essences foresti^res, il faut qu'il soit compl6tement naturalist, c*est-&-dire qu'il pr^sente « les earact&res des plantes spontan^es indigenes, croissant et se multipliant sans le secours de Thomme, ayant traverse des series d*anndes pendant lesquelles le climat a ofTert des circonstances ezceptionnelles. » (De Candolle, G4off, bot,^ p. 608). Mais, ce n^est pas tout, il doit encore pouvoir atteindre les dimensions, les qualit^s qui ont engag<^ & en tenter Tintroduction, en un mot, conserver dans sa nouvelle patrie la marche de v^dtation, la long^vit6 qui lui ^taient propres dans la contr^e dont il est originaire ; enfin, il est indispensable qu*il soit social, propre 4 croltre en massif, aptitude reAis^e k beaucoup d^arbres, qui recherchent Tisolement et T^tat de dissemination. Cest seuleraent alors que le v^g^tal aura subi ces longues ^preuves, r^alisd toutes ces conditions, que le probl&me sera r^solu, qu'on sera fond6 k en proclamer la coaqu6te.
Alors que M. Mathieu ^crivait ces lignes remarquables, il 6tait appel6 k donner son avis^ avec toute Tautorit^ attach^e k son nom, sur une oeuvre gigantesque d'un caractdre social, oil il n'y avait aucune faute k commettre. La sagesse, comme la raison, imposaient k celui aux lumidres de qui T^tat avait recours, de signaler tous les dangers, de pr^venir toutes les aventures.
Nous partageons les id6es de notre Maitre v^n^r^, dans c^ qu'elles ont de local et de particulier; mais Tetude des essences exotiques a fait des progr^s depuis vingt-cinq ans, et Temploi judicieux de certaines d'entre elles, dans les situations moins graves qu*un reboisemeiit obligatoire, peut rendre des services, ne f(^t-ce que pour multiplier dans tous les milieux la s^rie des expt^riences en dehors desquelles on n'alteindrait jamais la pertitude.
La question d'ailleurs a d^jk donn6 lieu k bien des controverses.
« Les opinions moyenn«s, fait remarquer M'. Hickel (1), sont « rares : les uns repousseni, presque avec horreur, toute ad- « dition k notre flore ligneuse indigene; les autres, moins
(1) Hickel, Vn mm <r«ccluiufolioii cfesMncef 9XoUqueM i Veinheim, Orl^ns, G. Michau et C*«.
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« nombreux he reyent qu'exoiiques, et peupleraient volon— « tiers nos foreis d'essences aussi bizarrement choisies que « varices ». II y a done une mesure k garder.
La prlncipale objection, que Ton puisse faire k leur emploi est celle-ci : moins bien adapt^es a notre climat que les especes indigenes, elles seront ^limin^es par ces dernieres. Mais la chose n'est pas cerlaine, et Ton manque d*observations pour decider de ce qui se passera,
' En effet, comme Ta etabli M. le Professeur Fliche (1), les donn^es paleontologiques, de plus en plusabondantes, attestent d'une fa^on indubitable que beaucoup des ef^eces que Ton cfaerche k reinstaller dans notre pays y etaient spontanees k une epoque parfois peu lointaine de Thistoire g^ologique de notre globe.
Citons, au hasard, les genres Salisburya et Taxodium ; s^ils ont disparu, c'est que les milieux se sont modifies dans un sens qui leurfut defavorable. Mais, k c6t6deces formes qu'on pourrait appeler archaiques^ dont certaines n'existent meme plus nulle part a I'etat sauvage, il y a des especes appartenant k des genres modernes; elles ont meme, le plus souvent, des similaires dans notre pays, similaires qui, vivant sous un autre climat, n'ont pas evolu6 d'une fa^on absolumeht identique. Qui sait, si, parmi elles, quelques unes ne se irouveraient pas, par hasard, appropriees a notre rigion? qui sait meme si, ayant vecu sous un ciel plus rude, elles ne seraient pas plus resistantes aux intemp6ries? 11 est certain, par exemple, que le Ch^ne rouge d'Aanerique s'est mieux comports en France que notre rouvre pendant Thiver nefaste de 1879-80. D'ailleurs, m6me en admettant qu'abandonnSes a leurs seuls moyens de defense elles risquent d'etre Sliminees de nospeuplements, n'arriverait-on pas a les y maintenira Taide de sacrifices moindres que ceux qu'entraine la protection du rouvre ou du pedonculS contrellenvahissement du.hetre?
Plus grave est la crainte de voir'une espece d6paysSe disparattre chez nous, victime d*une maladie jusqu'alors.inconnue ou peu dangereuse dans son pays d*origine! ' ' ' "^
(1) Fliche, Communication faite k la reunion bidlc%ique de Nancy, d^cembre^l897. - • - ^ .
Toutes ces questions, ditM. rinspecteur-adjoint Pard6 (1), appelleni rexperience. Ni nos lois successoriales, ni nos moeurs frariQaises ne favorisent la transmission h^reditaire de grands domaines pendant plusieurs generations, et Toeuvre d'experim^ntation forestiere chez les particuliers sera forcement rarie ; les personnes' memes qui pensent, en principe, que rinitiative privee doit s'exercer partout oil la logique ne lui impose pas deslimites, recdnnaitront que, dans cet ordre d'idees, I'Etat, en France, peut et doit faire beaucoup plus que les particuliers. M. Pard^ conclut en emettant le voeu que les r^s.ultatsi'.iK)d)tenus, aussi bien les mauvais que les bons, soietit port^s a la connaissance du public et que les Societes forestieres de tous les pays veuillent bien leur re server une place.de choix dans leurs bulletins. ....
,:Nous nous rallions' pleinement au voeu de M. Pard6; mais, en attendant, nous pensons qu'il sera prudent, d'ici longtemps encore, de confiner les essences exotiques dans un role accessoire, accidentel, en les employant toujours sous forme de melanges. Dans ces limites, voyons les ressources qu'elles nous otfrent actuellement, et quelle peut etre leur utility. ' '
Le choix a faire. — Des que Ton compare la flore ligneuse etrahgere a celle de la France, on constate combien cette derniere, mplgre sa richesse apparente, est relativement pauvre. On sait, en:effet," que les vegetaux, comme les animaux et les hommes, ont leurs mouvements de migration, leurs marches d' invasion, Dans notre vieux monde la loi des transports a tpuj0urs trace les routes d'exode de I'Est a TOuest, — d'Asie. en , Europe. Mais, au fur et a mesure qu'une famille, qu'un genre s*etendait dans ce sens, il laissait en route des retardataires : les membres de cette famille, de ce genre, sont done moins nombreux k la derniere etape qu'a la premiere ; la France e^st precisemenl cette derniere etape, dont le point d'arret est fixe par le littoral de TAtlantique. Pour reconstituer la liste des retardataires, il nous faudrait remonter le courant vers ses sources, — vers I'Asie centrale, — oil nous
(1) Parde, Communication au Congr&s international de sylviculture, juin 1900. -^ Rapport de M.' Maurice de Vilmorin.
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trouverions cette flore curieuse que les d^couvertes r^cenies des explorateurs et les remarquables travaux de M. Franchei commencaieni a nous faire connaitre. Ce serait, sans douie, la mine k exploiter pour en faire bdn^ficier nos fordts.
Dans la pratique et jusqu'& ces temps derniers, on s'est adress6 surtout au Continent am^ricain plus accessible dans toutes ses parties. Sa flore forestiere, mieux 6tudi^e, nous pr^sente, rien que pour TAmdrique du Nord, dit M. Hickel, plus de 30 esp^ces de pins, tandis que TEurope n'en compte que 8 ; — 50 especes de chdnes habitant les regions temp^r^es, tandis que nous n*en avons pas plus de 8../ Quels mobiles determinants nous feront-ils adopter telle de ces especes plut6t que telle autre ?
Apres la question de rusticity qui domine toutes les situations, se pr^sente celle de Toriginalite. L'esp^ce adoptee doit, en effet, poss^der des qualit^s speciales qui ne se retrouvent dans aucune des especes indigenes. A quoi bon cultiver le hetre ferrugineux d'Ameriqne, s'il faut la loupe du botaniste pour distinguer les caractdres scientifiques qui le s^parent du hetre commun ? A quoi bon, si ce n*esi pour le snobisme du catalogue, cultiver le Sapin de Fraser^ le Sapin banmier ou la Sapinetie blanche^ qui ne son! que des monies r6duits du sapin pectin^ ou de T^pic^a, dont ils n'ont ni les dimensions, ni les qualit^s, mdme dans Icur pays d'origine ?
Au contraire, on aurait tout profit a multiplier : le Hinoki des Japonais, dont le bois sating fait de si belle menuiserie, — Abies grandis^ Abies nobilis^ Abies cilicica, Pseudotsuga Donglasii, qui atteignent des dimensions inconnues chez nos sapins, — Abies Nordmanniana, Fraxinus alba^ que leur vegetation tardive meltent k I'abri des gel^es printanidres, — et d'autres encore... Car nous ne pouvons passer en revue toutes les formes actuellement k T^tude. Nous recommandons aux sylviculteurs que la question int^resse, la lecture des envisages et articles publics k ce sujet (1).
(1) Michaux, Histoire des arbres forestiers de VAmirique septen-' trionale, Paris, 1810-1812; — Sargent, The silva of North America. Boston et New- York, 1893 et suiv. ; — J. Houba, Les chSnes de VAm4rique septentrionale en Belgique, Hasselt, 1887; — De Kirwan, Les
Les espices les plus connues. — Toutefois, a ceux qui seraient eiTray^s par le nombre et Timportance de ces documents, nous pouvons, k litre de simple indication, ciler les esp^ces les mieux connues, celles qui sont d'une utilisation assez ancienne et assez courante pour qu*on puisse, sans grand danger, les admettre dans nos cultures.
Les plus rustiques sont, parmi les feuillus :
Le Ch6ne rouge d'Amerique {Quercus rubra) ^ trds employ6 en Belgique et dans bon nombre de forets fran^aises, oil il se r^gdnere naturellement et montre meme des tendances envahissantes. II se recommande par sa croissance plus rapide que celle du rouvre, sa forme plus r^guliere, sa plus grandc resistance au froid, sa fructification plus fr^quente et plus abondante, son convert plus ^pais ; on dit que, dans son pays d'origine, son bois grossier est beaucoup moins estim^ que celui de nos chdnes. Chez nous, dans la plaine des Vosges du moins, il ne semble pas inf^rieur k ces demiers ; cela tient, sans doute, k ce que, jouissant, en France, d*un temps de v6g6tation plus long que dans son pays d*origine, il fabrique plus de bois d'^t^ et, par suite, acquiertplus de duret6 et de density. II a contribud, dans une large mesure, au boisement du sol ingrat des Campines beiges. II a toutefois les allures d'une plante calcifuge et nous ne le conseillons pas en dehors des terrains siliceux.
Dans la Campine encore, on utilise avec succes le Cerisier tardif {Prunus seroiina)^ esp^ce am^ricaine trds voisine de notre Cerisier k grappes, tr6s peu exigeante au point
for^ls du Japon. Bruxclles, 1887; — L. Ussile, A triwers le Japofif Paris, 1891 ; E. Dupont, Lu essencea forettiiret du Japan, Paris, Berber- Levraull. IKNO. — Meyr, Monographie der Abietineen des j&panUchen Reiches, Munich, 1890; — Uickel, Les jardins hotaniques des bordsdu Rhin. Feuilledesjeunes naturalistcs^ Janvier 1900; — Dr. Schwappach, Denkschrift heireffend die Ergebnisse der in den Jahren 18^1-1890 in den Preussischen SUatsforsten ausgefdhrien Anbauversuche mil fremdVkn' duchen Holzarien^ Zeitschrifl fUr Forst und Sagdwesen^ 1801 ; — Catalogue des vigitaux ligneux indigenes et exotiques^ existantsurledomaine des Bar res. Paris, imprinierie Nationale, 1878; — De Kirwan, Les coni^ fires indigenes et exoliques. Paris, 1867-1868 ; — Cannon, Le propriitaire planteur, Orli^ans, 1887. — De nombreux articles dans le BulUtindela SoeiM centrale forestiire de Belgique et dans la Revue des Eanx et ForHs^ etc...
de vue de la ferLilit^ du sol, el donl ha dimensions soat suffisantes pour fournir du bois d'6benisterie. Ce cerieier ne parall pas craindre le calcaire et, comme sa transplenlation eat des plus faciles, i! semblerait tout di^sign^ pour accompagDer le pin Noir dans toutes les terras pauvres des formations oolilhiques. Malbeureusement, leg plants en sent assez rares en France, oti les pepini^ristes le confondent avec le Ceriaier de Virginie, de forme bien diff^rente et de quality beaucoup moindre ; il est cependant facile de lee distinguer : le cerisier tardif a les feuilles aussi vertes sur la face inf^rieure que sur la face sup6rieure, le calice de la fleur persiste meme apres la chute des fruits (I).
Le robinier faux acacia que tout le mondc connait el que nous aurions pu comprendre dans la monograpbie de nos essences, tant est grande son expansion sur lous les points de notre territoire. Happelons seulement que c'est une espece assez exigeante et qui n'atteint loutes ses qualit^s
On en pourrait dire autant des platanes, dont le bois analogue h celui du hetre, a sur celui-ci I'avantage de presenter, quelqu'en soit le debit, de tres belles maillures qui justifienl son emploi en menuiserie apparente.
Parmi les Coniferes, on pent admettre, aux mSmes litres que les pr^c^dents :
Le pin du Lord ou pin Weymouth {Ptnus slroBus), d'un usage couranl dans les reboisements en AUemagne. II y est aussi appreci^ qu'on I'eslime peu en France, oil sa mauvaise reputation tient, sans doute, h ce fait que, grSce a sa croissance tr^s rapide, on le coupe Ires jeune, alors que son bois est encore k I'etal d'aubier dans toute son ^paisseur. Mais, si on Ic laisse vieillir, il fabrique un bois de cceur de teinte ros^e et donl les qualil^s sonl au moins ^gales sinon sup^rieures, k celles des bois d'^pic^a ou de sapin dont les aiineaiix ligneux auraienl mSme largear que lea stens; les voliges.
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et, k I'usage, elles ne s'arrachent pas en esquilles comme celles du sapin. Le pin Weymouth accepte tousles sols, m6nie ceux qui sont mouilleux ; il est done tout indiqu6, pour niettre en valeur les terrains de cette nature.
Le Sapin de Douglas [Pseudolsuga DouglasiiV couvre d6jk de grandes surfaces en Allemagne et en Ecosse. II forme des massifs d'une density extreme et dont Tobscurit^ d^passe celle de nos sous bois les plus noirs ; il atteint des dimensions superbes et son bois de coeur, rouge et d'excellente quality, se pr6te aux meilleurs emplois. II est de reprise facile, ne boude pas comme T^picea, mais s'^lance rapidement k la fapon du m^l^zc. Sans Stre exclusif, il pr6f6re les sols siliceux. Par centre, son aubier est toujours tr^s ^pais, comme chez les laricios, etunennemi ddjk tr^s connu, du genre Botrytis, engage k ne pas Tutiliser k T^tat pur.
Bien que moins dtudi^s, en for6t surtout, semblent recommandables encore :
le noyer noir [Juglans nigra) ^ qui r^siste mieux au froid que notre noyer commun («/. regia) et dont le bois est tr^s recherche ; de m^me les Carya alba^ C, porcina, C. amara;
le tulipier {Liriodendron talipifera), dont le bois tres l^ger, serrd et tendre r^pond k des besoins sp^ciaux; il est recherche par I'industrie du tranchage ;
le c^dr^le, Cedrela sinensis y rustique, croissance assez rapide, bois dense, ^lastique, resistant;
les plandres, Zelkoxoa crenata, rustique, & croissance rapide, dont le bois vaut au moins celui de Torme, et Zelkowa acuminata^ ^galement rustique, k bois tr^s souple se rapprochant de celui du frSne
Dans les carrefours, sur les points que Ton voudrait garnir de plantes ornementales et un peu partout, i^i titic d*exp^rience, on peut placer avcc des chances sdrieuses de r^ussitc les belles espdccs suivantes :
Un sapin : Abies concolor\ — deux cupressinees am^ricaines : le cypres do Lawson {Capressus Lawsoniana) et le Thuia ^6ani {Thuia AoA/jiV ) et deux japonaises : le Hinoki {Chamcecyparis ohfusa)^ tros rustique sous nos climats, dont nous avons di^jh pnrh*, et \o beau Thuiop.sis dglabraia.
432 I.ES PEUPLEMENTS AllTIFIGIELS.
resoudre pr^sentent un certain degt6 d^incertitude, en ce sens que, si Ton peut se rendre un compte assez exact de la valeur du fonds, des frais occasionn^s par le boisement et de la dur^e probable de Tengagement du capital avant d'en tirer profit, du moins ignore-t-on quelle sera la valeur de la marchandise au terme de cette echeance. Neanmoins, on est a peu pres certain de faire une entreprise avantageuse chaque fois que, s'adressant a des terres d*une faible valeur v^nale, on procede avec une connaissance suffisante des faits pour reussir sans engager dans Top^ration mat^rielle du boisement un capital sup6rieur k 100 francs par hectare, y compris Tachat des graines ou des plants.
Les boisements facultatifs se rattachent k Tune des categories suivantes :
a. les ameliorations en f Orel ;
b. la mise en valeur des terres arables abandonnees par V agriculture ;
c. celle des terres vagues et incultes en pays de plaines ei de coteaux ;
d. celle des terres stables en montagne,
Les boisements obligatoires. — Chaque fois que Vint^ret public commande la constitution de F^tat bois^ comme unique moyen de defense contre Taction destructive des Elements, le boisement est obligatoire.
II en est ainsi principalement lorsqu'il s'agit :
a. de la restauration des montagnes ;
b. de la fixation des dunes.
En semblables conditions. TEtat, investi par la loi des pouvoirs necessaires (1), a la mission de poursuivre Tentreprise pour la terminer avec succes.
Regie commune k tons deux. — Des qu'un terrain est destin^ a etre bois6, il importe, avant toutes choses, d'interdire Tintroduction du gros et du menu betiail de la fa^on la
(1^ Loi du 28 juillet 1860 sur le reboisement des montagnes ; — > Lbi du 8 juin 1864 sur le gazonnement des montagnes ; — D^cret du 10 novembre 1864 pour I'ex^cution de ces deux lois; — Loi du 4 avril 1882, relative k la restauration et k la conservation des. terrains en montagne ; — Decret du 11 juillet 1882 pour Texccution de cette loi- • .
plus scrupuleuse. II y a incompalibilile absolue entre la jouissance pastorale el la foret naissanle.