‹ Traité pratique des convulsions dans l'enfanceChapitre 16 sur 25 · DES CAUSES DES CONVULSIONS · texte numérisé non relu

DES CAUSES DES CONVULSIONS

Quelles sont les causes des convulsions ? Cette question si importante à la conn^ssance de la maladie , et de laquelle découle naturellement l'indication du mode de traitement à suivre , méritait qu'on ne négligeât rien pour la présenter dans tout son jour, sous toutes ses faces, et pour en faire ressortir toutes les nuances. Les détails approfondis dans lesquels nous sommes entrés sur l'organisation de l'enfant, sa physiologie et son éducation ; les développements que nous avons donnés à chacune des observations rapportées, et la théorie que nous avons établie sur la cause prochaine des convulsions , nous dispensent d'un travail trop étendu; il suffira d'une simple récapitulation qui nous épargnera de fastidieuses répétitions en nous retraçant le tableau fidèle des objets nombreux qui ont passé sous nos yeux.

Ainsi, sans nous surcharger la mémoire de ces dénominations scolastiques de causes prédisposantes , efficientes , occasionnelles , éloignées ,

physiologiques, hygiéniques ^ pathologiques , etc., et des subtiles el insignifiantes distinctions auxquelles elles donnent lieu , nous parcourrons rapidement le cercle de toutes les circonstances au milieu desquelles nous avons vu naître les convulsions. Nous rappellerons seulement que ce phénomène pathologique n'est jamais une maladie essentielle, mais un symptôme de maladie; que toujours il dépend d'une irritation quelconque , directe ou indirecte, de l'encéphale ou du système nerveux cérébral; que tout ce qui augmente la susceptibilité nerveuse dispose à plus de mobilité et favorise les convulsions; que, suivant la remarque de Willis, les causes ne peuvent agir que sur le système nerveux , ou sur l'organe central, origine et aboutissant des nerfs; ou à leurs extrémités, leur épanouissement; ou bien dans leur trajet, leur plexus. Cette manière d'envisager l'action des causes est grande et physiologique? elle peut seule conduire à une explication satisfaisante. ^

L'enfant né de parents très-nerveux, sujets à l'hypocondrie, à l'hystérie, etc., ou affaiblis par de longues maladies, apporte en naissant une mobilité nerveuse qu'on peut appeler héréditaire (obs. 1), et sous l'influence de lac|uélle il est souvent pris de convulsions par la plus petite cause, et même sans cause connue. Des parents sains d'ailleurs peuvent donner le jour à un enfant doué de cette mobilité, lorsque, pendant la grossesse , la mère se sera livrée à de nombreux

écarts de régime, soit sous le rapport de la nourriture ou de l'exercice du corps, soit sous celui des jouissances, et plus souvent peut-être lorsqu'elle aura été en proie à des chagrins violents, à de vives émotions de l'ame, ou à des maladies graves (obs. ii et m). Cette constitution si favorable aux convulsions n'est pas toujours apportée en naissant , elle est souvent acquise ; presque toujours elle est le fruit d'une éducation vicieuse qui consiste, soit à élever les enfants trop mollement, soit à vouloir trop hâter le développement de leurs facultés intellectuelles (obs. iv). Cette mobilité convulsive peut être aussi le résultat de vices dans le régime alimentaire (obs. v, xxxi et XXXII ), de longues souffrances (obs. xliii), de maladies chroniques , telles que scrophules , carreau, syphilis (obs. xliv), dartres, etc. En un mot, de tout ce qui peut exciter le système nerveux, l'entretenir à un degré quelconque d'irritation permanente ou souvent réitérée, en affai= blissant l'économie animale. Tous les enfants qui présenteront cette mobilité nerveuse n'auront qu'une existence maladive. Jeunes, ils seront en proie aux maladies convulsives; plus tard, les crises de nerfs seront leur partage, et l'hypocondrie et la mélancolie viendront empoisonner leur vieillesse, à moins que de bonne heure une éducation mâle et bien dirigée , un régime approprié , et tous les autres soins d'une hygiène bien entendue ne corrigent cette disposition funeste. Quoique les convulsions semblent être, en quelque

sorte, le triste apanage de ces enfants , il ne faut pas croire qu'ils y soient seuls sujets. Pour y être moins exposes, les autres n'en sont point exempts ; quelle que soit leur constitution robuste, ils paient leur tribut à cette affection de l'enfance , lorsque des causes puissantes agissent sur eux.

Puisque l'irritation est la cause première des convulsions et la cause à laquelle, en dernière ana lyse, tout vient se rapporter, toutes les circonstances hygiéniques ou pathologiques capables de produire cette irritation seront les véritables causes des convulsions : or, comme tout peut devenir cause d'irritation, il nous faudrait, pour ne rien omettre, parcourir tous les actes de la vie, examiner toutes les circonstances au milieu desquelles l'enfant peut se trouver, et présenter le vaste tableau de toutes les infirmités de l'espèce humaine. Sans embrasser en particulier toutes ces causes, nous ne saurions mieux faire que de nous conformer à la division de Willis. Ainsi nous examinerons les causes des convulsions l^àl'origine des nerfs ou dans l'encéphale; î2° à leurs extrémités de terminaison aux différentes surfaces, ou dans les organes; 3" dans leur trajet.

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