‹ Traité pratique des convulsions dans l'enfanceChapitre 21 sur 25 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Traitement des Convulsions en elles-mêmes.

Il paraîtra singulier de me voir consacrer un article au traitement des convulsions en ellesmêmes, après leur avoir refusé la qualité de maladie , pour ne les reconnaître que comme symptôme d'une autre affection. Afin de rectifier ce que ce langage peut présenter de vicieux, je rappellerai ce que j'ai déjà dit, que les convulsions étant toujours le signe d'une grande irritation nerveuse , j'entends , par traitement des convulsions , l'exposé des moyens propres à les faire cesser en combattant directement cette irritation , sans avoir égard aux circonstances accessoires qui peuvent en être cause : on voit qu'il s'agit des calmants et des antispasmodiques. Je n^ai point l'intention de présenter le tableau immense de tous ces moyens , et encore bien moins de tous les remèdes qui ont été préconisés contre

les convulsions. Il est indispensable de faire un choix afin de n'admettre que les moyens qui sont vraiment utiles.

h'oxide de zinc ou fleurs de zinc se présente le premier. Ce médicament, mis en vogue par le célèbre Gaubius, a été tantôt vanté avec enthousiasme , tantôt ravalé avec injustice. Il a eu cela de commun , non seulement avec tous les remèdes dirigés contre les convulsions, mais encore avec tous ceux qui ont été employés contre les maladies dont les causes sont nombreuses et peu connues. Comme le même remède ne peut convenir à tous les cas , on a du éprouver , avec Bassiani Carminati i, de fréquents insuccès toutes les fois qu'on s'en est tenu à lui exclusivement. L'oxide de zinc , comme antispasmodique , ne peut calmer que l'irritation nerveuse ; mais il n'attaque point la cause de cette irritation : de sorte que, malgré son efficacité réelle , les convulsions persistent ou se renouvellent aussi longtemps que la cause qui leur a donné lieu n'est point détruite. Sans entrer dans les détails de tout ce qui a été dit pour ou contre , je n'invoquerai que le témoignage de mon expérience, et, d'après elle, je ne crains point de regarder l'oxide de zinc comme un des meilleurs antispasmodiques qu'on puisse diriger contre les convulsions des enfants ( Voyez les obs. ). Toujours je l'ai vu produire le calme ; mais lorsque la cause persistait, ce calme

* O/mscula therapeulica. Va\\(;, 1788.

TRAITEME]XT. 403

n'élait que momentané , et le remède paraissait n'avoir produit aucun effet. On peut le donner seul ou combiné avec d'autres substances , et sous toutes les formes, depuis un quart de grain, qu'on réitère plusieurs fois dans la journée, jusqu'à cinq grains , qu'on peut répéter toutes les deux heures. Son association avec l'opium demande les mêmes ménagements que l'opium luimême. J'ai l'habitude de l'unir à l'extrait de jusquiame noire, dans des proportions et à des doses très-variables suivant l'intensité de la maladie, mais de manière à faire prendre dans les vingtquatre heures au moins deux grains d'oxide de zinc et quatre grains d'extrait de jusquiame.

Je n'ai jamais porté la dose de l'un ni de l'autre au-dessus de dix grains. Je les fais partager en quatre , huit ou douze prises, que je fais donner de deux en deux heures , ou de trois en trois heures, en les délayant dans une cuillerée de potion antispasmodique, de tisane ou de sirop. Lorsque les accidents convulsifs sont au plus haut degré d'intensité, je fais donner les deux ou trois premières prises à une distance beaucoup moins grande. Ce médicament ne détruit point la cause, mais il donne le temps de la combattre en calmant l'éréthisme nerveux. Il ne mi'a paru exiger de la réserve dans son emploi, que dans les cas où les voies digestives sont trop irritées; et encore, dans ce cas, conserve-t-il ses avantages sans nuire , en l'associant à quelque calmant, tel que la jusquiame, l'opium, la thériaque, etc.

404 CONVULSIOiN^S DES ENFANTS.

Voxide blanc de bismuth^ magistère de bismuth y a été vanté comme antispasmodique, surtout lorsque l'estomac est le siège de l'irritation, ou qu'il y a des vomissements. On le donne depuis un quart de grain jusqu'à plusieurs grains : j'en ai porté quelquefois la dose jusqu'à douze grains dans les vingt-quatre heures. J'ai été forcé de renoncer à son emploi. Je ne crois pas en avoir jamais obtenu le plus léger effet. Je le reléguerais volontiers sur la toilette des dames, malgré les belles observations d'Odier.

La facilité avec laquelle V opium et la morphine^ que je n'excepte pas, disposent aux congestions cérébrales, si elle doit inspirer de la prudence, n'est point une exclusion de leur emploi. L'opium jouit d'une énergie qui le rend précieux toutes les fois que le système nerveux est exalté par de iongues et vives souffrances, et qu^il n'y a ni somnolence ni disposition à une congestion cérébrale. Autant il serait pernicieux dans ces dernières circonstances , autant on aura à s'applaudir de ses bons effets dans la première. De Haén ^ en a obtenu le succès le plus complet dans un cas de convulsions qui avaient résisté à tous les moyens. Je n'ai rien à ajouter à ce que tout le monde sait sur les différents modes d'administration de celte substance. Il serait ridicule de faire observer que les médicaments composés, dans la préparation desquels entre l'opium,

I Rai. medend. , tome ii , pages 293 et 29i.

demandent, comme lui, la plus grande prudence dans leur administration: telle est la thériaque^ dont Galien avait déjà proscrit l'emploi chez les enfants, et dont le vulgaire fait un usage si abusif. Baumes vante beaucoup l'association de i'opium avec le camphre, comme un des antispasmodiques les plus puissants.

Le succin, Y ambre gris, le castoréum ^ie musc , \ assa-fœtida et le camphre ont été beaucoup recommandés et administrés sous toutes les formes. Ils jouissent aujourd'hui d'une faveur moins grande : cependant on aurait tort de les rejeter; leur propriété à la fois stimulante et antispasmodique les rend utiles dans les cas où il est nécessaire de relever les forces autant que de calmer l'agitation, circonstance assez rare.

Parmi les substances végétales susceptibles de produire le narcotisme, \di jusquiame seule a fixé mon attention. L'ayant toujours associée au zinc, je ne puis rien dire sur son administration isolée : peut-être trouverait-on des cas où elle serait utile.

Les autres médicaments stupéfiants sont environnés de trop de danger, et leurs effets sont trop incertains et trop variables pour mériter beaucoup de confiance. Ils peuvent réussir, mais leur mode d'action n'est pas encore assez bien constaté pour pouvoir déterminer quand et comment il convient de les administrer. Les nombreuses tentatives de Storck sur les extraits de ciguë, d'aconit, de pomme épiiieuse et de jusquiame, malgré leurs

brillants résultats, n'ont pas procuré les mêmes succès aux autres praticiens. Il en est de même des observations de Dufrénoy de Leipsick sur les bons effets de l'odeur et surtout de l'extrait du narcisse des prés.

L'activité inconcevable de V acide prussique et , son action sur la fibre musculaire peuvent en faire un médicament précieux contre les affections dépendantes d'une irritation extrême du système nerveux. Cependant je doute fort qu'il soutienne sa réputation naissante : que ce soit l'acide médicinal o\x l'acide au quaH^, les dangers auxquels peut exposer son action toxique, la facilité avec laquelle l'air, la lumière, la chaleur, et les autres corps l'altèrent, en rendent l'emploi difficile; et son amertume si répugnante, même aux adultes, semble en proscrire l'usage chez les enfants. Cependant il peut être de quelque secours , et nous ne saurions trop encourager de nouvelles expériences sur ses vertus. C'est surtout dans les convulsions odaxiques qu'il a été employé, à la dose de deux à trois gouttes d'abord , puis jusqu'à dix gouttes en vingt-quatre heures.

V ammoniaque liquide ^ alcali volatil^ esprit de corne de cerf, a procuré bien des succès à Sydenham, Hoffmann et Boerhaave. Une, deux, trois, ou quatre gouttes, répétées plusieurs fois dans la journée, ont souvent réussi au-delà de toute espé-

' Helier, Mémbhe sur les effets de l'acide prussique, etc. Bulletin de la Soc. medic. J'EmuL , cahiers de septembre et octobre 1823,

rance. L'action à la fois diaphorétique et calmante de ce remède le rend utile lorsqu'il est nécessaire de rappeler à la peau une transpiration arrêtée ou une éruption trop tôt supprimée ; toutes les fois aussi que cette surexcitation cutanée pourra agir d'une manière révulsive, en appelant à la circonférence l'irritation qui s'était fixée sur le cerveau. On peut, lorsque rien n'en contre-indique l'usage, lui associer quelques gouttes de laudanum liquide de Sydenham. On donne toujours Falcali dans de l'eau édulcorée avec un sirop , pour en masquer le goût.

Uhiiile animale de Dippel a joui d'une grande faveur, soit intérieurement , soit en topique ; elle ne l'a pas conservée.

Underw^ood a recommandé la teinture de suie ou celle de castoréum et Vhuile de rue. La matière médicale n'a conservé que la teinture de castoréum.

Les éthei^s et la liqueur anodyne d'Hoffmann font sur le système nerveux une impression vive et subite, qui modifie son état pathologique et arrête les spasmes et les convulsions. Ils conviennent dans la plupart des cas. On les administre sur du sucre , dans un véhicule , ou l'on en verse quelques gouttes dans la bouche , dans les fosses nasales. Ils n'augmentent jamais la congestion cérébrale.

Les alcoholats aromatiques , comme les eaux de Cologne, des Carmes, sont en général nuisibles , à cause de l'irriîalion violente qu'ils pto-

duisent. C'est to ut au plus si l'on peut se permet! re d'en faire avaler quelques gouttes dans de l'eau sucrée, lorsque, avec les convulsions , il y a perte de connaissance ; mais jamais on ne doit en prolonger l'usage : il serait funeste. Tout le monde connaît la manière de les employer comme odeur excitante. V acide acétique , le vinaigre et Yammoniaque sont aussi employés comme tels : leur action stimulante sur la membrane pituitaire contribue à rappeler le cerveau à ses fonctions en donnant une forte secousse à tout l'arbre sensitif. On a quelquefois eu recours à la vapeur de corne brûlée , surtout chez les femmes hystériques. On pourrait en faire l'application aux cas de convulsions. Je ne suis point éloigné d'accorder quelques vertus à cette vapeur empyreumatique et ammoniacale qui se dégage par la combustion de cette substance et de plusieurs autres analogues.

Les eaux distillées aromatiques , comme les eaux distillées de mélisse , de coriandre , de menthe, de tilleul^ de lis , dangélique ^ et plus que toutes les autres Xeau de fleurs d'oranger ^ sont utiles, mais rarement seules; leur action est trop faible : il faut les associer à d'autres médicaments plus énergiques, dont elles ne sont, en quelque sorte , que les véhicules. On en fait la base de presque toutes les potions dites antispasmodiques , à moins que quelque circonstance particulière n'en fasse décider autrement.

La valériane •à\o\\\Q\\o\\\\ encore d'une grande

faveur contre les maladies nerveuses et convulsives , quoique Cullen assure l'avoir vue tromper cent fois ses espérances pour une qu'elle réussissait; et, dans ce cas, était-ce bien à elle qu'était dû le succès ? La valériane excite ; elle contient un principe amer qui lui donne de l'analogie avec le quinquina. Ainsi elle peut réussir dans les convulsions chroniques qui se répètent de temps en temps; mais jamais dans les convulsions aiguës.

Puisque j'en suis aux convulsions chroniques et intermittentes, je parle de suite du quinquina^ qui, dans ce cas, mérite une pleine et entière confiance ; ce qui lui a valu l'honneur d'être placé au rang des antispasmodiques par des gens qui, ne voyant jamais qu'un côté des choses , ont remarqué que le quinquina guérissait les convulsions, mais n'ont pas tenu compte des circonstances. Le quinquina ne convient pas seulement dans le cas de convulsions intermittentes , mais encore toutes les fois qu'il y a de la faiblesse et qu'il faut relever les forces. On n'emploie jamais ce remède sans avoir auparavant bien examiné l'état de l'appareil digestif et de la circulalion. Bien des fois il sera utile de le combiner avec les antispasmodiques ou les narcotiques. Je ne parle point de ses nombreux succédanés, les amers végétaux , et encore bien moins de l'arsenic , du cuivre , du fer , etc. , etc.

Les fleurs de caille -lait ^ de tilleul ^ de fraxinelle , de camomille , de primevère , de safran ,

dhypeîicum^ les feuilles de millefeuille ^ doranger^ de mélisse y de pouliot ^ et mille autres plantes aromatiques, ont été réputées antispasmodiques et utiles contre les convulsions. On peut les donner en infusion comme adjuvant d'autres moyens . et quelquefois comme seul remède, lorsque la maladie est peu intense et sans complication.

Les sommités de millefeuille ^ et la hétoine ont été données en prises comme le tabac à priser, et en infusion dont on faisait inspirer la vapeur par les narines.

La pivoine , la racine dalthéa ^ la poudre de guttète y depuis qu'on en a supprimé le musc, la magnésie , si vantée par Harris , le crâne humain, la craie, les jeux décrépisses , le corail, les pierres précieuses , la corne délan, la dent d hippopotame , X ivoire, la licorne, le hézoard, le sel sédatif, la poudre tempérante de Stahl , ne sont presque toutes à mes yeux que des substances douces et inertes dont l'action est négative, et qui, sous ce rapport, méritent la préférence dans bien des cas. En les prescrivant , on contente les malades et les assistants; on semble ne rien négliger et satisfaire à tout , et l'on prévient les imprudences que pourrait faire commet - Ire l'impérieux désir de guérir.

Le gui est tombé en discrédit. Il est inerte ,

ï Normand cfe Sogny, à St- Quentin, Journal de Médecine, anu. 1771 juin , tome XXXV, i>agc o''20.

et peut se comparer aux substances précédentes. Cependant Rosen, Baumes, etc., disent en avoir retiré de bons effets.

On peut administrer ces substances sous toutes Jes formes, et les combiner entre elles ou avec d'autres médicaments pour en faire des pilules , des bols, des opiats, etc.

Après avoir indiqué les moyens les plus convenables dans les divers cas de convulsions, Fr. Hoffmann voudrait en réduire le traitement à une simplicité extrême, et pour cela il conseille l'usage abondant de Teau. Inter simplicissima, ac diœtetica^ quœ morbis convulsivis incredibilem ferre soient opem , remédia , prœstantissimum est aqua simplex^ naturali frigiditate largiiis hausta ; qua sola atrocissimas corn^ulsiones profligaîas vidi.

Quel que soit le moyen qu'on emploie, on fera la plus grande attention à l'état de l'estomac et à son action sur ce viscère. Il est bon de se rappeler que les antispasmodiques sont en général des excitants, et que leur administration n'est pas toujours sans danger sur un estomac déjà irrite. Le plus souvent , le meilleur antispasmodique se trouvera dans une boisson adoucissante et mucilagineuse, etc. On doit aidera l'action de ces médicaments par tout ce que l'hygiène offre de moyens propres à les favoriser. Aliments doux et légers, paioles consolantes, éloignement des objets de frayeur ou de haine, attention d'écaiter une lumière vive^ un bruit trop violent , en un

mot, tout ce qui pourrait agir avec trop de force sur les sens ou sur l'imagination. On entourera , au contraire, le malade de tout ce qui peut lui être agréable ou flatter ses sens; on ne lui laissera voir que les personnes qui lui plaisent. Ceux qui ont lu le traité de Roger sur la musique se persuaderont combien on pourrait tirer parti de ce moyen chez les enfants , qui, en général, sont si sensibles à l'harmonie.

Les émétiques et \es puj^gatifs ont été conseillés contre les convulsions; ils ont joui d'une certaine faveur dans les temps d'humorisme, et auprès des praticiens qui plaçaient la cause des convulsions à peu près constamment dans le bas-ventre. Ces médicaments sont utiles , mais dans des cas déterminés, et jamais d'une manière générale. Les vomitifs surtout demandent la plus grande réserve, malgré les éloges que leur ont donnés Armstrong , John Clarke , etc. M. Gendrin ^ s'est très -bien trouvé, dans plusieurs circonstances d'affections cérébrales, de l'administration du tartre stibié à haute dose. Il en cite plusieurs observations : ce sont les T.\xwii [sexies) , lxxvii (septies) , et lxxvii (octies.) Il en fait mettre deux, trois, quatre et six grains dans une potion qu'on donne par cuillerées.

Quoique le calomélas ne justifie pas toujours la confiance qu'on lui accorde dans les affections cérébiales, il est cependant le plus usité des pur-

* Abercroiubie , ouvrage cilé ; noie , page 238.

TBAITEMENT. 413

gatifs, et beaucoup de praticiens lui accordent une réaction plus marquée sur l'encéphale. Les faits qui parlent en sa faveur ne sont ni assez nombreux ni assez positifs pour lui mériter une confiance exclusive; il est bien souvent le meliùs anceps remedium quàm nullum de Celse. C'est ce qui fait que plusieurs auteurs, tels que MM. ïtard, John Waren, Abercrombie, etc., ont mis en doute ses bons effets. Cependant, pour ne pas guérir toujours, cela parait lui arriver quelquefois ; et les insuccès qu'on lui reproche viennent peut-être bien souvent de ce qu'on n'a pas su bien saisir les indications qui le nécessitent. Abercrombie pense que lorsqu'il est utile, c'est en agissant comme purgatif. Cela est vrai le plus souvent. Dans plusieurs circonstances on a vu cependant l'amélioration suivre son administration , sans qu'il y eût d'évacuations alvines. Lorsque l'intestin est irrité, on ne le donnera point; et, dans tous les cas , il sera prudent de le faire précéder de quelques boissons mucilagineuses.

Les autres purgatifs dont on pourra faire usage seront également doux : la manne, l'huile d'amandes douces, le sirop de chicorée ;, la casse, les raisins de Corinthe, conviennent particulièrement.

On a beaucoup cherché à agir sur la peau pour calmer les convulsions, et la raison en est simple. Soit que les enfants se refusent à prendre ce qu'on leur offre, ou qu'ils ne le puissent réellement pas, on est souvent dans l'impossibilité de leur rien

administrer. Il a donc fallu tirer parti des ressources que présentaient les médications de la peau. Ainsi on emploira ou les calmants ou les irritants. Dans le premier cas, on tempère l'irritation nerveuse; dans le second, on la déplace en la fixant sur l'organe cutané. Pour atteindre le premier but , on fait usage des bains tièdes entiers 1 et des demi -bains rendus émollients et calmants avec la graine de lin, la racine de guimauve, la feuille de mauve, d'oranger, de jusquiameou de morelle, etc. On emploie également les fomentations émollientes et narcotiques sur différentes parties du corps. On leur associe les aspersions froides sur la tète , l'application de compresses trempées dans l'oxicrat ou seulement dans l'eau froide. M. Gendrin a obtenu un succès remarquable de l'emploi de ces affusions froides faites pendant quelques minutes et renouvelées de temps en temps. Il est consigné dans la lxxvii® obs. {ter) de la note page 235 de l'ouvrage cité d'Abercrombie. Broussonnet a réussi en exposant la plante des pieds du malade à la vapeur de l'eau chaude, et en lui faisant prendre des demi-bains

I Les anciens faisaient un grand usage des bains d'huile tiède. Hérodote le premier, est entré dans de très-longs détails, et Oribase ne laisse rien à désirer sur leur administration (Synops., lib. i, cap. xxxvii). On chauffait la cinquième partie de l'huile destinée aux bains, et l'on mettait le reste dans la cuve , où il se chauffait par son mélange avec celle qu'on avait chauffée. On ne chauffait point toute l'huile , parc« qu'on l'aurait rendue rance , acre, et par conséquent mauvaise ])0ur un second bain. Quelquefois on se contentait d'ajouter de l'huile à l'eau, qui faisait le fond du bain , mais jamais moins de la sixième partie.

tièdes. On peut en outre agir sur la peau avec les anlispasmodiques les plus actifs, en les incorporant dans des onguents , des pommades , des liniments ou des teintures. On a encore préconisé la gj^ais se humaine , celles de blaireau , de castor ^ de Vours , du rat des Alpes -, de la vipère , et les différentes huiles distillées de lavande^ de rue ^ de marjolaine^ de romarin , de muscade , etc.

Pour remplir la seconde indication , on a recours à tout ce qui peut contribuer à appeler l'irritation à la peau ou à produire une réaction subite de celle-ci à l'intérieur de manière à rompre Faction nerveuse viciée. Ainsi les bains de pieds chauds et sinapisés, les applications d'euphorbe aux membres inférieurs , le coton cardé ^ la toile cirée dont on les enveloppe, les sinapismes, les bains de vapeur, les ventouses sèches et scarifiées , les vésicatoires , les moxas i , les cautères, les sétons, la simple impression un peu brusque du froid , obtenue soit par des aspersions d'eau froide, soit par le contact d'une table de noyer ou de marbre , ou par l'application d'un corps métallique sur la peau ; tous ces moyens ne peuvent pas être administrés indistinctement. îl est nn choix à faire et surtout selon les circonstances. N'y at-il qu'irritation nerveuse, les bains seront le meilleur moyen. Craint-on que l'irritation n'amène une congestion cérébrale, c'est le

1 Ils sont très-usités dans quelques contrées de l'Itaiie , et l'on sait tous les succès qu'en a obtenus notre Pouleau.

416 COPi^ULSIONS DES ENFANTS.

cas des pédiluves , des applications sinapisées , des vésicatoires aux membres inférieurs, de l'usîion même ; mais avec quelle prudence il faut recourir à ces moyens ! On a vu des vésicatoires aux tempes, à la nuque, derrière les oreilles, loin de débarrasser le cerveau , ne faire qu'augmenter le mouvement fluxionnaire. Il est plus prudent d'agir d'abord sur les extrémités, excepté lorsqu'il faut rappeler une éruption supprimée. Les irritants , en outre , mettent nécessairement en jeu la sensibilité , et en s'associant ainsi à la cause de la maladie , ils peuvent jeter le désordre dans les fonctions nerveuses. C'est pour cela, qu'excepté dans les cas de douleurs violentes, on préférera aux sinapismes et aux vésicatoires, des cataplasmes chauds ou légèrement sinapisés, le coton cardé recouvert de taffetas ciré , dont on enveloppera les extrémités inférieures. Si les convulsions sont chroniques, les cautères, les sétons, les moxas deviennent plus utiles. Ces moyens employés comme dérivatifs ou comme révulsifs, selon le lieu où ils sont appliqués , sont d'une nécessité indispensable lorsque quelque ulcère ou quelque écoulement habituel a été supprimé ; le siège qu'occupaient ces maladies décide le lieu de l'établissement de l'émonctoire. Un praticien prudent et attentif ne risque point de se tromper lorsqu'il a bien pesé toutes les circonstances qui doivent faire adopter ou rejeter ces moyens.

Je ne parlerai de l'électricité et de ses modes variés, magnétisme, galvanisme, magnétisme

animal, etc., que pour rappeler que ces moyens n'onl pas répondu aux espérances qu'on avait fondées sur eux. Ils ont été alternativement prônés avec enthousiasme et ridiculisés avec passion; ils sont aujourd'hui à peu près abandonnés. Dans un accès de convulsions, il faudrait un temps souvent trop long pour se procurer ces appareils et les mettre en activité. Ils pourYaient tout au plus convenir lorsque les convulsions ont passé à l'état chronique, et même l'excitation qu'ils portent sur le système nerveux les fera rejeter lorsque les malades seront doués d'une mobilité nerveuse excessive.

Notre tâche ne serait qu'imparfaitement remplie, si nous nous bornions à la sèche énumération des remèdes qui ont été vantés contre les convulsions. L'objet essentiel de notre travail est d'apprendre à en faire un usage raisonné.

Lorsque les convulsions sont instantanées, peu fortes , et produites par une cause légère , ou même sans cause connue, le repos suffit ordinairement; elles se dissipent d'elles-mêmes. Cependant, comme on ne doit jamais perdre de vue qu'il n'y a point de convulsions sans irritation antécédente du cerveau , la prudence ne permettra jamais de s'en rapporter entièrement à la nature; elle fera un devoir de combattre ou de dé' placer cette irritation cérébrale, quelque légère qu'elle soit : convulsio sanatur^ ablato irritante^ acri lenito vel dissipato (Boerhaave, aph. 134). Il faudra donc prescrire quelques antispasmodiques

€t agir sur les membres inférieurs par des sinapismes, des pédiluves chauds, du coton cardé, ou des vessies remplies d'eau chaude, en même temps qu'on aura le plus grand soin d'éloigner tout ce qui peut affecter désagréablement Tenfant.

Lorsque les convulsions sont plus intenses , qu'elles soient aiguës ou chroniques, que la cause soit connue ou non connue, grave ou légère, la conduite sera différente , d'abord pendant et après le paroxysme , et ensuite selon qu'elles sont aiguës ou chroniques , c'est-à-dire, qu'il y a eu plusieurs accès ou que c'est le premier.

Pendant la durée d'un paroxysme un peu intense, il y a souvent peu de remèdes à faire : ou l'enfant peut avaler et prendre tout ce qu'on lui donne; ou il ne peut pas avaler, comme il arrive dans le cas d'éclampsie, ou lorsque les muscles qui servent à la déglutition participent eux-mêmes aux convulsions; ou bien , ce qui revient au même, l'enfant est mal élevé, capricieux et volontaire, et il s'obstine à ne vouloir absolument rien prendre. Dans le premier cas, la médecine peut se promettre davantage, puisqu'elle agit sur deux vastes surfaces, la peau et la muqueuse gas. tro-intestinale. Dans le second cas, les ressources sont plus limitées : la surface cutanée est la seule sur laquelle on puisse agir; on est réduit à une médication toute extérieure, à l'emploi des seuls topiques.

Lorsque la violence des convulsions annonce

la violence de l'irritation cérébrale, les calmants et les révulsifs doivent être administrés intéricjrement comme extérieurement. A l'intérieur, il faut recourir aux prises d'oxide de zinc et de jusquiame , à l'éther , à l'ammoniaque liquide . à l'antiépileptique de Fuller. Si les convulsions se prolongent ou ne se dissipent qu'imparfaitement, et qu'il y ait une insomnie bien marquée, on obtient de bons effets de l'association des narcotiques aux antispasmodiques : l'opium mérite h. préférence , à cause de la certitude de son action et de la facilité à en diriger l'administration. On choisit de préférence les préparations qui sont privées du principe narcotisant : la morphine pure ou sous la forme d'acélate ou d'hydrochlorate , et mieux encore la codéine conviendront bien. Quelle que soit la préparation qu'on emploie , on ne saurait trop faire attention à l'effet qu'elle produira sur l'encéphale. Le remède' serait pire que le mal, si, au lieu du calme et d'un sommeil paisible, on allait déterminer le narcotisme et une congestion cérébrale. Si les convulsions persistent encore, ou si des craintes fondées sur l'effet des narcotiques s'opposent à leur administration, et que d'ailleurs l'état des voies digestives n'y soit point un obstacle- on aura recours à quelques purgatifs, afin d'opérer sur la muqueuse gastro-intestinple une révulsion salutaire. Quel que soit le purgatif employé, il faudra bien le surveiller, dars la crainte que l'irritation intestinale , sans déplacer l'irritation cérébrale, n'ajoute à la maladie. Le ca-

lomélas bien préparé est le moyen que j'ai toujours préféré à cause de son action peu irritante sur le tube digestif, et de la facilité avec laquelle on peut, sans danger, le porter à des doses trèshautes. Si son action purgative n'est pas assez grande, on lui associera quelque substance résineuse, telle que la gomme gutte, la résine de jalap, l'aloès, etc.; ou bien on le remplacera par ces purgatifs , et mieux par les purgatifs les plus doux. M. Berton * a tort de le proscrire à cause de la fluxion salivaire qu'il détermine et qui peut augmenter la fluxion cérébrale. Je n'ai jamais vu le calomélas causer de salivation chez les enfants ; et, chez les grandes personnes, j'ai toujours vu cette énergique fluxion produire une révulsion complète, sans jamais réagir sur le cerveau. Les purgatifs conviendront encore dans les cas de rétention dyjimécomum, de constipation et d'embarras intestinal.

Quelquefois un enfant , pendant un paroxysme de convulsions, perd tout sentiment et tout mouvement; il paraît mort ou dans un état voisin de la mort. Dans ce cas , il faut commencer par tous les stimulants propres à réveiller l'action cérébrale :^on fait respirer des sternulatoires, tels que la poudre de tilleul, de lilium com>allium^ de fleurs de bétoine,de feuilles d'oranger, de pivoine, de valériane; les odeurs fortes , comme l'ammoniaque, l'éther, le vinaigre; on en instille dans la

^ Ouvrage cité , page 46.

bouche et dans les narines quelques gouttes. On fait sur différentes régions des frictions sèches et irritantes; on applique des sinapismes aux pieds? des ventouses sèches, etc.; on administre des lavements stimulants; on injecte, par exemple, la fumée de tabac; enfin, si la chose devient nécessaire , on établit la respiration artificielle en insufflant de l'air dans les poumons. Aussitôt que le malade donne quelques signes de vie, on a recours aux moyens précédemment indiqués.

Le vomissement favorise trop les convulsions cérébrales pour qu'on doive songer à le provoquer. Les émétiques ne peuvent convenir que dans des cas déterminés pour lesquels il faut les réserver.

Tous les médicaments antispasmodiques, calmants ou purgatifs, que nous avons conseillés, peuvent être portés en lavements, et produire les mêmes effets que lorsqu'ils sont introduits par le haut : seulement il est nécessaire de donner la dose plus forte. Je ferai une dernière réflexion relative aux antispasmodiques. Toutes les fois qu'on le pourra, on préférera toujours ceux qui . agissent comme antiphlogistiques à ceux qui sont excitants ou narcotiques; ces derniers surtout seraient en général bien nuisibles dans les cas de congestion et de phlegmasie cérébrale : car les antispasmodiques excitants et diffusibles produisent bien souvent de bons effets.

En même temps que les antispasmodiques seront administrés intérieurement , le médecin cher-

chera à aider leur action , ou à transporter sur la peau l'irritation cérébrale partons les moyens que l'art met en son pouvoir. Il rappellera la chaleur à la périphérie 4 en plongeant le malade dans un bain d'eau tiède, d'huile 2 ou de lait, en le couvrant d'applications calmantes et aromatiques, soit en fomentations, soit en cataplasmes ; et par des frictions avec les liniments antispasmodiques et opiacés, avec les huiles de jusquiame, d'opium, de Dippel , avec les pommades de même nature. Dans le même but, on aura recours aux différents emplâtres calmants et stupéfiants. Quoique ces frictions et ces applications puissent se faire partout, on les fera de préférence à la tête même, ou le plus près possible de la tête. Si l'on veut produire une légère révulsion , on emploira les demi-bains, les bains de jambes ou de pieds chauds et légèrement sinapisés, l'application de coton cardé et de taffetas gommé autour des membres inférieurs, et de vessies de cochon pleines d'eau ou d'infusions aromatiques chaudes sur différents points de la surface du corps , mais principalement sur les membres inférieurs. On se trouvera bien d'associer à ces topiques les appli-

1 Calidum convulsiones ^ tétanos, m/f/^oï ( Hipp., Aphor. 22,

sect. v). Contidsionem hoc modo curare oportet. Ex iitrâque leoli parte igneni succendilo, et mandvagorœ radicem propinato ; minore , qiiùmquod insaniam excitet , pondère , et ad posteriores tendines saceiilos calidos admovelo ( Hipp. , de Locis in homine , éd. Foês, sect. iv, page 420).

2 D'après Morgagni , Alberti a eu beaucoup à se louer de ce dernier moyeu.

calions froides sur la tête : on trouve des exemples de succès de ces moyens rapportés par Feuillerade 1, par Dupont ^ et par M. Gendrin ^. Lorsque ces doux excitants auront été insuffisants , ou qu'on ne les jugera pas assez actifs, la nombreuse classe des irritants cutanés offrira de puissants moyens de révulsion. Tous les rubéfiants et les vésicants peuvent être mis à contribution : moutarde, euphorbe, eau chaude, cantharides, ammoniaque, tartre stibié, moxa, séton , cautère, tout devient moyen de guérison. Or^ fera avec la moutarde et l'euphorbe des épithèmes qu'on appliquera sur les membres inférieurs et supérieurs ; on pourra en adoucir l'action par des substances douces et inertes, ou les employer en fomentations chaudes, surtout la moutarde. Les vésicatoires seront appliqués aux membres, à la nuque, et même sur le sommet de la tête; mais avec quelle réserve il faut se déterminer pour ce dernier lieu! La crainte de produire la fluxion cérébrale si elle n'existe pas, ou de l'augmenter si déjà elle existe, exigera la plus grande attention avant de se décider^. Le moxa, ou même le fer rouge, est un moyen extrême qui ne convient que lorsque les

ï Journal de Médecine, tome xxix, page 129 , août 1768.

2 lbi(/, ibîdy page 130, février 1770.

^ Abercrombie , ouvrage cité , note du traducteur , obs. lxxvxi ter , page 433.

* Morgagni attribue au docteur Franc. Serao , de Naples, des succès nombreux par l'application d'un remède appelé vësiccmt , vers la partie postérieure de la suture sagitlale ( De Sedibus et CausiSf episl. x).

convulsions menacent les jours du malade et ont déjà résisté à tous les autres irritants. Il faut rapprocher son application du siège même du mai; trop loin, il n'agirait pas avec assez d'énergie : c'est à la nuque ou sur le sommet de la tète qu'on doit en attendre les plus grands effets. J'ai vu deux fois réussir d'une manière étonnante, dans cette affection spasmodique, l'ustion de plusieurs cylindres de coton sur la région épigastrique. Le selon et le cautère ne deviennent utiles que lorsque les convulsions ont passé à l'état chronique, en opposant une irritation permanente à l'irritation permanente du cerveau.

M. Husson, dans ses savantes recherches sur la vaccine (pag. 186), rapporte deux faits, l'un du docteur Fayolle , l'autre de Nicolini, dans lesquels le développement des boutons vaccins produisit ce que n'avait pu opérer aucun traitement antérieur, c'est-à-dire, qu'il dissipa des mouvements convulsifs qui, depuis plusieurs mois, se reproduisaient fréquemment. On trouve dans ses rapports pour les années 1812, 1813, 1814 et 181 5 plusieurs observations analogues.

Quand le paroxysme est passé, il faut insister sur les mêmes moyens : il est alors plus facile de les faire prendre. A la place d'une irritation consécutive, les convulsions laissent quelquefois après elles une débilité extrême, une espèce d'adynamie qui devient l'indication à remplir, et nécessite les antispasmodiques chauds et aromatiques, et même les toniques.

TKAITEMEWT. 425

Lorsque les convulsions seront devenues chroniques, de ce nombre sont les convulsions héréditaires ou de nativité, les convulsions constitutionnelles ou nerveuses, et les convulsions dé mauvaise alimentation , le traitement restera le même, et l'on aura recours aux antispasmodiques, aux calmants et aux révulsifs. Cependant on insistera davantage sur l'emploi de ces derniers, et surtout sur ceux qui produisent une irritation prolongée: les cautères et les sétons auront la préférence. Il est bien rare que les antispasmodiques et les calmants seuls aient du succès : quelque variés qu'ils soient, presque toujours ils échouent. Il est indispensable de leur associer les purgatifs, les grands bains, les révulsifs et les dérivatifs.

Le docteur Brown , de la Nouvelle -Orléans, assuré qu'une pression exercée et graduellement augmentée sur la région de l'estomac en y appliquant les mains, soulage, et accélère la cure des convulsions. La pression doit être continue; si on la suspend, les convulsions reparaissent avec une nouvelle force. 11 remplace l'application des mains par une bande serrée autour du corps comme un tourniquet ^ Pour lui faire exercer une compression plus sûre, on pourrait placer un petit coussinet sur l'épigastre.

Le plus souvent, pour guérir les convulsions, il faut agir sur la sensibilité générale; il faut rompre les habitudes afin de la modifier et d'opérer

I Journal géiidral de Mddecine , tome xxxi, page 437.

426 CONVULSIOjyS DES ENFANTS.

une révolution salutaire. On changera l'air que respire le malade en le faisant voyager, ou en le transportant dans un autre local ou sous un autre climat. Hippocrate avait déjà remarqué les avantages qu'on pouvait retirer de ces déplacements. On enverra le malade aux eaux minérales, bien plus pour s'y distraire que pour les eaux elles-mêmes, quoique Bordeu i et Martinet 2 nous assurent de leurs bons effets. On changera le régime, autant sous le rapport de la nature et de la préparation des aliments, que sous celui des heures des repas. On passera de la diète blanche à la diète végétale, de celle-ci à la diète animale; on les combinera diversement en se tenant au même régime pendant un certain temps. Si déjà Tenfant a acquis un certain degré d'intelligence, le médecin n'oubliera rien pour agir sur le moral, en lui procurant tous les moyens de distraction possibles et en les variant sans cesse : on donnera la préférence à ceux qui nécessitent un exercice corporel. C'est dans ces cas qu'on a vu les bains de rivière ou de nier, les immersions dans l'eau froide ou les aspersions d'eau froide , produire de très-bons effets en imprimant au système nerveux une sensation vive qui brise sa direction vicieuse, modifie sa manière de sentir et d'agir , et le ramène à son état naturel.

Si les convulsions devenues chroniques pren-

' Maladies chroniques.

'^ Maladies chroniques , eaux de Plotubières.

nent une marche périodique, si elles affectent un type intermittent, la nombreuse classe des remèdes àiiK?» fébrifuges fournira des ressources plus ou moins certaines. Le quinquina et ses préparalions variées tiennent le premier rang. Les autres amers exotiques ou indigènes pourront le suppléer , de même que la potion stibio-opiacée et différentes préparations métalliques ou arsenicales. Le danger de ces dernières en rendra l'emploi très-suspect, et devrait peut-être les faire proscrire. Viennent sur le même rang les antispasmodiques chauds, la valériane , et les plantes aromatiques, le musc, le camphre, le castoréum. Je suis persuadé que ce n'est point en calmant qu'ils agissent sur le système nerveux , mais en modifiant la sensibilité , en lui imprimant une nouvelle manière d'être.

Faisons enfin une réflexion qui est commune à bien d'autres maladies : c'est que le choix du remède, la manière de l'administrer, sa dose et ses combinaisons dépendent d'une foule de circonstances que le praticien saisit auprès du malade et qu'il est impossible de tracer. Quand j'aurais indiqué l'âge , le sexe, la constitution, l'habitation, la saison, le régime habituel , etc., je ne les aurais que bien faiblement exprimées. Qu'il nous suffise d'avoir signalé leur importance. J'ajouterai qu'il faut être très-réservé sur l'administration des premières doses des antispasmodiques ; il faut lephis souvent commencer avec timidité pour augmenter progressivement la dose. Efficaciora igilur

hœc medicamenta prlmicm parciori dosi tentanda et paulô post largiùs exhibenda ez-M/zf (Ludwig ).

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