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raîtra peut-être un peu étrange, quoique rkn ne soit plus vrai et plus facile à démontrer. En voici les preuves. L'hydropisie consiste dans une accumulation de sérosité dans une poche séreuse naturelle ou dans une poche accidentelle. Cette accumulation est le résultat d'une exhalation plus abondante, soit que les exhalants aient acquis plus d'activité, ou que devenus plus débiles par une affection chronique, ils laissent échapper le liquide, plutôt qu'ils ne le sécrètent ; soit aussi que l'absorption de cette lymphe ou son retour dans le torrent de la circulation soit gênés par la compression directe des vaisseaux lymphatiques ou absorbants ou par un défaut d'action de leur part. De quelque manière qu'on envisage la chose, la sérosité n'est qu'un produit de l'exhalation viciée. Elle n'est qu'un effet, qu'un phénomène. Elle n'est pas une maladie par elle-même : elle indique seulement une autre maladie qui en est la cause. Elle n'est donc pas une affection essentielle, la chose est évidente. Faut-il pour cela rayer les hydropisies du tableau des maladies .^^ Non sans doute. Cependant elles ne sont qu'un phénomène ; mais elles sont un phénomène si important et autour duquel se rattachent tant d'autres phénomènes^ qu'elles doivent être conservées et qu'elles le seront; et l'hydropisie n'est pas la seule af-
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fectioii que l'on puisse ainsi dépouiller de ses droits à être maladie essentielle, car une analyse sévère prouve que l'inflammation même est dans ce cas. Mais j'abandonne cette question. Je ne l'ai soulevée que pour démontrer qu'on avait eu tort de ne plus comprendre les convulsions parmi les maladies. Elles ne sont qu'un phénomène, il est vrai, mais un phénomène si fréquent, si bien lié à leur existence et tellement enchaîné à une foule d'autres affections dont il marque le degré de gravité et dont il est bien souvent le seul indice , que je n'hésite pas à les regarder comme devant faire toujours partie essentielle de l'histoire des maladies de l'enfance. Cette manière d'envisager les convulsions comme un simple phénomène a donc empêché de les étudier davantage. Aussi rien n'a été ajouté à ce que j'en avais dit. Seulement quelques auteurs en ont fait le phénomène nécessaire et spécial de la méningite. Mais ce n'est pas là un progrès. Cependant plusieurs faits importants ont été recueillis soit dans les hôpitaux soit dans la pratique particulière. En ajoutant à nos connaissances sur les maladies des enfants , ils concourent à en rendre le diagnostic de plus en plus certain et par conséquent le traitement plus rationnel. Aujourd'hui en effet, les maladies des
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enfants ne sont plus limitées à quelques affections sjiéciales; elles comprennent tout le cadre nosologique des autres époques de la vie. Avec quel soin et quelle exactitude il a fallu interroger les phénomènes des maladies chez les petits enfants encore muets ou rendant mal leur sensation î II a fallu des efforts extraordinaires pour arriver à en établir le diagnostic. Il a fallu interroger mille fois et leurs attitudes, et leurs mouvements, et leurs cris, et leurs douleurs , et leur sommeil , et leur respiration, et leurs sécrétions, etc. pour en tirer le parti convenable, et bien souvent pour rectifier les plaintes mal exprimées ou le silence naturel ou capricieux de l'enfant. Mais ce n'est guère que dans les hôpitaux que l'on peut acquérir cette précision de diagnostic si difficile dans l'enfance, et pourtant si nécessaire pour éviter les erreurs graves qui sont la Gonsé quence inévitable d'un examen superficiel , ou privé de cette habitude de reconnaître leurs maladies.
^Malgré cette direction des esprits , j'ai dû profiter des travaux de quelques auteurs. Je leur ai emprunté ce qui manque à mon ouvrage pour le rendre meilleur et pour remplir quelques lacunes que j'avais signalées et qui n'avaient pas échappé à la commission. Ainsi, quoique les convulsions ne soient point une
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maladie essentielle, il est indispensable d'en conserver la description et même une thérapentique rationnelle^ de la même manière que l'on conserve l'histoire de l'épilepsie, celle de l'hydropisie, etc. Il est en outre des cas de convulsions qui ne permettent pas au praticien de traiter autre chose que les convulsions. C'est d'après ces raisons que je me suis décidé à donner une seconde édition de mon Traité des causes et du traitement des convulsions chez les enfants. Je n'ai rien négligé pour la rendre plus digne de l'accueil du public. J'ai rempli plusieurs lacunes que présentait la première édition, en ajoutant quelques faits recueillis dans ma pratique ou par d'autres médecins. J'en ai aussi fait disparaître quelques négligences de style. Cependant j'ai cru devoir conserver à cet ouvrage la forme de la première édition , autant parce qu'elle m'a paru la plus convenable au sujet, que pour laisser subsister l'ouvrage tel qu'il était lorsqu'il fut couronné par le Cercle médical.
Une nouvelle ère médicale est venue révoquer en doute une foule de doctrines que l'on pensait être bien démontrées. Elle a prouvé qu'un grand nombre de phénomènes que l'on croyait bien expliqués ne le sont point, et, en un mot, qu'il fallait reprendre la science en sous-œuvre, et en reconstruire l'édifice avec de nouveaux matériaux. C'est à cette époque que le Cercle médical de Paris a pensé qu'il convenait de revoir ce que nous avions de vrai sur les convulsions. Pour arriver à ce résultat satisfaisant, cette Société a mis au concours la question suivante :
« Déterminer dune manière précise^ autant que possible^ toutes les causes des convulsions chez les enfants^ et les moyens dj remédier. »
La manière dont la question est posée prouve les vues philanthropiques de la Société. Ce n'est poiiife un traité général qu'elle demande, elle a voulu éviter toute discussion oiseuse ; elle exige seulement que l'on s'occupe des causes des convulsions et de leur traitement. En précisant ainsi, elle était pénétrée de cette grande vérité , que la direction du traitement repose sur les causes des maladies; et jamais vérité n'a trouvé une plus juste application qu'aux convulsions. J'avais recueilli quelques observations : j'ai osé entreprendre de répondre à la question. J'ai d'abord entassé une quantité innombrable de notes ; mais bientôt je me suis persuadé que c'était un manuel pratique bien plus qu'un ouvrage érudit que je devais faire ; j'ai senti la nécessité de n'user qu'avec sobriété de mes matériaux. Ainsi j'ai pensé que la meilleure manière de traiter la question, serait de faire un ouvrage riche de faits précis, bien observés , et qui serviraient de fondement à la doctrine. J'ai profité, autant qu'il m'a été possible, des ti'avaux de nos devanciers, en leur faisant de fréquents emprunts que j'ai toujours eu soin de citer.
Pour me conformer strictement à la lettre du programme , il eût fallu ne parler que des causes et du traitement des convulsions ; mais en réflé-
chissant que, lorsqu'on ne connaît point une maladie , que l'on ignore ses signes et les dangers qu'elle entraîne après elle, ou que Ton n'en possède que des notions incomplètes, on manque en même temps des données nécessaires pour la traiter convenablement , j'ai cru que ce ne serait point m'écarler des intentions de la Société que de donner un précis sur l'histoire générale des convulsions. Cependant, pour ne point mériter le reproche d'avoir dépassé les bornes prescrites, j'ai fait de cette histoire générale la première partie de mon travail, sous le nom de description. Le Mémoire proprement dit est partagé en cinq sections. Dans la première, sous le nom de généralités , j'examine l'état anatomique et physiologique de l'enfant, et j'en déduis des conséquences relatives aux plus grandes dispositions qu'il présente aux convulsions : on peut la regarder comme le chapitre des causes prédisposantes. Dans la seconde , j'ai rassemblé un certain nombre d'observations propres à faire connaître les causes et leur manière d'agir. J'eusse pu en entasser un bien plus grand nombre ; mais elles auraient à peu près ressemblé à celles que j'ai déjà rapportées. Malgré mes soins , il manque des faits sur plusieurs points intéressants, ou du moins je n'en ai trouvé ni d'assez exacts ni
d'assez bien observés pour remplir mon objet. Ainsi , malgré les nombreuses observations , il restera bien des lacunes qui seront comme autant de pierres d'attente pour recevoir des faits nouveaux. Cependant j'ai rendu ce défaut peu sensible , en n'omettant aucune des observations qui pouvaient servir de type à une série de causes analogues. J'ai moi-même observé la plupart des faits qu€ j'ai rapportés, et j'ai eu soin de choisir ceux qui se sont présentés les plus simples, les plus dégagés de tout accessoire. Je me suis efforcé aussi de n'en rapporter que les circonstances essentielles, et d'en retrancher tout ce qui aurait été sans utilité pour l'objet de mon travail. Enfin j'ai accompagné chaque histoire particulière , de réflexions propres à en faire ressortir les traits les plus saillants , et j'ai toujours cherché à appuyer ces réflexions de l'autorité de quelques auteurs. La section troisième contient quelques recherches sur les causes prochaines des convulsions ; il importait de ne point les négliger pour apprécier la manière d'agir de chaque cause efficiente de la maladie et les indications qu'elle présente. Je crois avoir démontré l'unité du principe des convulsions, en les considérant comme le symptôme d'une irritation cérébrale primitive ou consécutive. Dans la quatrième sec-»
lion , j'ai présenté le lableau rapide des causes efficientes de la maladie. Enfin la cinquième est consacrée au traitement général et aux différentes modifications dont il est susceptible.
Je n'ai rien négligé pour traiter la question dans toute son étendue : tout ce qui pouvait y avoir rapport se trouve compris dans cette division, susceptible sans doute de plus de développements.
Je ne pense pas qu'on veuille me faire un reproche de ne point avoir parlé des convulsions du fœtus : la question indique les enfants et non les fœtus. D'ailleurs, leur histoire, à cette époque de la vie, est bien peu avancée: elles existent, on en possède des exemples; mais leurs causes, leur diagnostic et leur traitement sont encore inconnus.
Je me suis sévèrement tenu à l'abri de toute opinion exclusive. Lorsque j'en ai émis quelqu'une, je ne Tai jamais donnée que pour ce que je pensais, et non pour ce qui constitue la science. J'ai toujours évité le ton tranchant, qui est le caractère ordinaire de l'ignorance ou de la mauvaise foi. Cependant, comme je n'ai rien avancé que je n'en fusse convaincu le premier, j'ai appuyé mes idées de tous les raisonnements que j'ai cru propres à faire passer ma conviction
dans Tesprit des autres. Je me suis mis , autant que possible , en rapport avec la médecine actuelle, mais sans m'attacher servilement à aucune doctrine. Je n'ai jamais pris pour guide que Tobservation , parce qu'elle seule reste , et que les théories passent et vont se perdre dans la poussière des bibliothèques : aussi pourra-t-on m'aecuser de galénisme , de solidisme , de vitalisme , de brownisme , etc. , je ne m'en défendrai pas»