DÉFINITION, ÉTYMOLOGIE, SYNONYMIE
Si nous recherchons une définition exacte des convulsions dans les auteurs , nous ne trouvons que vague et contradiction. La multiplicité des mouvements contre nature auxquels notre corps
est expose, a causé cette confusion. L'un appelle convulsion ce que l'autre appelle tétanos; l'un réserve le nom de spasme à quelques affections limitées , tandis qu'un autre en fait une dénomination générale et indéfinie ; celui-ci veut restreindre la convulsion à une maladie déterminée, celui-là veut en faire une classe générale. L'étymologie des mots ne peut nous aider à débrouiller ce chaos. Le cxaG^Ao; des Grecs vient de airaw , je tire; et le mot convulsio y que les Latins lui ont substitué , vient de convellere, tirer avec violence, secouer. Tétanos vient de tovo;, tension ; d'où on a fait les Tovty.oç, emprosthotonos , opisthotonos , pleurosthotonos. Je ne parle point des mots distensio , contractio , etc. , que les Latins ont quelquefois employés , puisqu'ils sont abandonnés. En altérant la signification primitive du mot eclampsis , on en a fait une espèce de convulsion ou d'épilepsie. Ce mot , dans Hippocrate, signifie luire, briller. Aujourd'hui , en dénaturant son étymologie, on le fait venir de szXeiTreiv, manquer , laisser , abandonner. De là l'application de ce mot, parGorrée, Sauvages, etc., à une espèce de convulsion générale aiguë des enfants , avec perte de connaissance ou torpeur des sens , et dont quelques auteurs ont fait une espèce d'épilepsie aiguë sans écume à la bouche.
Il est étonnant que tant de confusion se soit introduite dans le langage médical. Hippocrate avait déjà distingué les convulsions cloniques des convulsions toniques ; les premières étaient son
Spasme , et les secondes son tétanos. Ce fut Galien , le premier , qui divisa les convulsions en tétanos , emprosthotonos et opisthotonos. Ses successeurs adoptèrent son langage et ses expressions , et les éloignèrent ainsi de leur première signification. Vers le milieu du seizième siècle^ Cardanus rappela les médecins à la véritable distinction des convulsions et du tétanos. Il a depuis été généralement suivi quant à la distinction , mais non quant à la dénomination , puisqu'on réservait le nom de convulsion à la contraction permanente , et celui de mouvements convulsifs aux alternatives de contraction et de relâchement. La distinction de la chose existait, et c'était l'essentiel : le langage , quoique vicieux , suffisait pour se faire entendre. Cette divergence des auteurs sur la valeur de chaque expression nous fait un devoir de laisser de côté les mille et une définitions que nous avons des convulsions , et de commencer par exposer le sens que nous attacherons à ce mot, puisque seul il fait le sujet de ce travail.
Par convulsion , j'entends tout mouvement violent, alternatif, involontaire et peu durable, d'un plus ou moins grand nombre de muscles soumis à l'empire de la volonté, avec ou sans perte de connaissance, et toujours sans écume à la bouche. Cela posé , nous sommes dispensés d'une foule de répétitions.
Quant aux autres termes qu'on a employés, je n'en parlerai pas maintenant ; plus tard , l'occa-
28 CONVULSIOîJS DES EÎ^FANTS.
sion se présentera de signaler leur véritable acception , et les différences qui existent dans les objets qu'ils désignent. Dans son traité de Aère . Locis et Aquis , Hippocrate a remplacé quelquefois le mot Gi:oL(j[mc, par l'expression puerilis niorbus, et Avicenne s'est servi de celle de mater puerorum,