‹ Traité pratique des déviations de la colonne vertébraleChapitre 33 sur 57 · MARCHE. — TERMINAISONS · texte numérisé non relu

MARCHE. — TERMINAISONS

dans révolution sont rares. Dans le second type qui évolue chez des sujets d'une assez bonne santé, de tempérament mou et lymphatique, à croissance rapide, la marche de la scoliose est, au contraire, lente, les difformités s'aggravent lentement, s'arrêtent quelquefois définitivement à une période peu avancée ou restent stationnaires dans l'âge adulte et la vieillesse.

On observe quelquefois des aggravations subites, des réveils de l'affection qui ne progressait plus depuis quelque temps, principalement au moment de la puberté pour les jeunes enfants, plus tard vers l'âge de dix-huit à vingt ans et chez la femme, à la suite de couches répétées.

Nous avons attiré l'attention sur le type de scoliose à marche aiguë, que nous avons observé chez des jeunes filles au moment de la puberté ou de la croissance très brusque, et dans lequel on voit des déformations très graves s'établir en quelques mois.

La scoliose dite habituelle évolue plus lentement que la scoliose dite constitutionnel le . Ces deux formes sont, il est vrai, souvent difficiles à distinguer; leurs symptômes, leur marche se confondent fréquemment.

La prépondérance de la flexion, l'état de souplesse ou de rigidité du rachis agissent d'une façon toute particulière sur la marche de la difformité.

Les déviations doubles égales, les courbures totales ou uniques sont celles qui évoluent le plus lentement et qui s'arrêtent le plus souvent dans leur marche progressive.

Les déviations de la région cervico-dorsale ou dorso-lombaire, avec grande longueur delà flèche, brièveté du rayon des courbures, forme anguleuse de lagibbosité, ont surtout un pronostic grave.

Chez quelques sujets, une des courbures s'accentue rapidement. La déformation est préparée et annoncée dans ces cas par l'aggravation de la flexion.

La vraie scoliose, une fois constituée, a une marche fatalement progressive et ne disparaît jamais par les progrès de l'âge.

De là la nécessité de recommander, dès le début de l'affection, un traitement très rigoureux.

Seules les fausses scolioses, caractérisées par de la flexion, sans

déformation et sans torsion des vertèbres, peuvent quelquefois guérir sans laisser aucune trace, pendant la croissance du sujet, et sans qu'un traitement important ait été institué.

Si l'on entend par guérison, le rétablissement parfait de la forme du rachis et du thorax du scolio tique, on peut affirmer que la scoliose ne guérit jamais. Quelquefois spontanément, le plus souvent sous l'influence du traitement, la difformité s'arrête dans son évolution à une période peu avancée ; la statique du rachis, grâce aux courbes de compensation, est régulière ; le scoliotique ne conserve que de très légères traces de son ancienne affection.

Avec ses perfectionnements actuels, la thérapeutique permet, dans la majorité des cas, d'arrêter l'évolution et d'obtenir des régressions de la difformité.

La vie des scoliotiques, lorsque la difformité est grave, est souvent abrégée par des complications du côté des organes respiratoires. La phtisie pulmonaire, d'après nos observations, est rare.

Certains scoliotiques ont, il est vrai, une grande longévité, mais la moyenne de la vie est certainement plus courte chez eux ■que chez les sujets normalement conformés.

Pronostic. — Le pronostic des scolioses dépend d'éléments fj énér aux et spéciaux, nombreux et variés. Nous avons indiqué aux ■chapitres correspondants la gravité particulière de quelques variétés de scolioses : scoliose rachitique, pleurétique, etc.

Nous avons indiqué le pronostic différent des scolioses infantiles suivant leur étiologie, leur type, la forme des courbures, etc., etc.

Nous avons surtout insisté sur la gravité des scolioses qui se développent chez des sujets ayant un mauvais état constitutionnel. Rappelons que les scolioses développées chez les sujets à dos ,plat et qui affectent la forme serpentine, se fixent et s'ankylosent rapidement; elles sont beaucoup plus graves que les scolioses observées chez les sujets à dos rond.

D'après la division habituelle en trois degrés, division un peu arbitraire basée sur l'importance de la difformité et sur les modifications de l'attitude, la scoliose est surtout grave à la troisième

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