‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 10 sur 113 · IMIOPAGATION LOCALE ET GÉNÉRALISATION DU CANCER · texte numérisé non relu

IMIOPAGATION LOCALE ET GÉNÉRALISATION DU CANCER

ressemblant à celles des plaies, et pendant quelque temps marcher franchement vers la cicatrisation , ou même se cicatriser complètement; phénomène insidieux, puisqu’il pourrait donner le change sur la nature de la tumeur qui sert de support à la cicatrice. Toutefois il est facile de voir que la partie, bien que cicatrisée, n’est pas saine ; la cicatrice est très vasculaire, elle offre une couleur rouge foncé, et repose sur une surface irrégulière et dure.

» Enfin, la-formation de la cicatrice a été, dans quelques cas, précédée de la chute complète de la tumeur cancéreuse , éliminée par une inflammation gangréneuse. On sait que ces améliorations locales t ne sont, en général, que temporaires, et que la cause productrice du

) cancer n’en poursuit pas moins sur l’économie sa marche destruc-

i live. •»

C’est encore par une fausse analogie avec les tubercules que I l'on a voulu démontrer la curabilité du cancer. Mais tous les maté-

} riaux que l’on a invoqués à l’appui de cette doctrine sont ou incom-

j plets , ou mal interprétés , et le cancer est une maladie tout aussi

I incurable par les efforts de la nature que par les efforts de l’art.

( Aussi les secours les mieux entendus n’y sont-ils que palliatifs , et

1 important dans cette partie de la pathologie , est de séparer du i cancer toutes les affections curables que l’on a confondues avec lui I jusqu’à ce jour. Tel est, en effet, l’un des principaux buts de cet c ouvrage.

§ m. De la propagation locale et de la généralisation du cancer.

Nous avons vu que le cancer était , dès sa première apparition ,

' la substitution d’un tissu nouveau à ceux de l’état normal de l’économie ; nous avons vu aussi quelles étaient les phases de développement et les altérations que pouvait subir ce tissu. Nous arrivons à I une nouvelle propriété du cancer : c’est sa tendance incessante à la

I propagation, c’est-à-dire , à la substitution continuelle de sa propre

i substance à celle des organes dans lesquels il est déposé. C’est en

i vertu de cette propagation que nous voyons les parties ambiantes

i contracter des adhérences de toute part avec le produit hétéromor-

^ phe, adhérences qui, sur les téguments, provoquent l’amincisse-

6 ment , 1 usure et 1 ulcération. 11 n’y a point de tissu qui résiste d’une

0 manière absolue à cette extension; les artères, les plans fibreux et

1 les cartilages ont cependant comparativement, sous ce rapport, la

I plus grande force de résistance. Le tissu cellulaire et le système

IliSKJIKE (.liiNÉKALE DU CAACLK,

iymplKitKiue, et apres eux les petites veines, sont le plus lacilement atteints par cette substitution. Il en est de iriêine pour les orcranes parenchymateux. L’extension locale , après avoir envahi les tissus voisins, arrive ensuite aux organes du voisinage. C’est ainsique le cancer de l’utérus s’étend au vagin, le cancer du palais aux amygdales, le cancer du rein droit ou de l’estomac à la portion voisine du loie, le cancer de l’œil à la base du cerveau, etc. Nous étudierons avec un soin tout particulier, dans les chapitres spéciaux, ce mode de propagation, car sous ce rapport chaque localisation offre ses particularités, tout en reconnaissant un mode d’extension uniforme : infiltration et substitution de proche en proche avec compression, atrophie, usure moléculaire et disparition finale des tissus primordiaux qui opposaient quelque obstacle à cette propagation. L’infection par les vaisseaux lymphatiques porte l’irradiation déjà un peu plus loin et comme les voies intermédiaires nous échappent, nous constatons apparition de plusieurs tumeurs successives dans le proche voisinage de la localisation première. Mais ici il ne faut pas confondre les tumeurs successives avec les tumeurs primitivement multiples. Il n est pas rare de voir dans le poumon, dans le foie, un certain nombre de tumeurs d’emblée d’une origine presque simultanée, et que 1 on trouve àl autopsie toutes à peu près au même degré de déveopiiement, tandis que nous appelons tumeurs successives celles qui apparaissent beaucoup plus tard dans 1^; proche voisinage d’une tumeur qui a déjà acquis un certain volume. Ce genre de tumeurs se montre sous forme de petits tubercules cancéreux dans la peau, dans les glandes , autour du sein , et en général dans beaucoup de glandes lymphatiques du proche voisinage d’une tumeur. Nous avons pu constater plusieurs fois la propagation directe par la voie des lymphatiques a la surface du foie, du poumon et du mésentère, en tiouvant de larges traînées lymphatiques remplies de suc cancéreux.

Si la substitution de proche en proche constitue la première forme et la plus directe de la propagation locale, la propagation par l’intermédiaire des vaisseaux lymphatiques, partant directement de l’organe cancéreux et portant l’élément du cancer à une certaine distance dans les glandes ou dans le tissu cellulaire, constitue la seoonde forme de propagation ; celle par irradiation dont le mécanisme peut avoir lieu de deux manières différentes. L’une est la transmission directe du suc cancéreux qui pénètre dans les lymphatiques à travers un point érodé de la paroi ; l’autre est l’absorption du blastème cancéreux par endosmose, sans érosion de la paroi cellu-r

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laire. Le blastème cancéreux est ainsi transporté jusque dans une glande lymphaticiue voisine, où alors les cellules cancéreuses se forment sur place. La propagation irradiante peut aussi se faire par les radicules veineuses qui, dans ce cas, sont probablement érodées aussi et laissent pénétrer la pulpe cancéreuse à une certaine distance où la formation de caillots oppose une barrière à la propagation ultérieure. Quant aux glandes lymphatiques qui deviennent cancéreuses à une I grande distance de l’organe malade, et sans être avec celui-ci en i connexion directe par les lymphatiques, nous séparons complètement i leur infection de cette irradiation , car elle appartient au contraire i aux infections tout à fait tardives.

' Il existe une espèce de propagation, intermédiaire pour ainsi dire, I entre l’irradiation et la généralisation. C’est celle qui occupe plus ou i moins les organes de toute une cavité , comme, par exemple, la pror pagation d’un cancer du bassin , de l’abdomen , de la cavité thora- ) cique, à la plupart des organes renfermés dans ces cavités splanj chniques.

Nous arrivons enfin au dernier et au plus important terme de la 1 propagation, à l’infection générale de l’économie tout entière.

Nous distinguerons avant tout deux formes d’infection : l’une, plus matériellement appréciable, dans laquelle on constate l’existence de tumeurs cancéreuses multiples et secondaires ; l’autre, moins directement appréciable par des altérations matérielles que par l’identité de la manifestation pathologique avec la première forme d’infection. Nous démontrerons tout à l’heure, par des chiffres exacts, que l’infection matérielle se rencontre dans les trois cinquièmes dL cas environ, tandis que dans les deux autres cinquièmes le cancer secoirdaire manque.

On sera peut-être étonné que nous , qui n'aimons pas les hypothèses, nous admettions une infection là où le scalpel ne peut point la démontrer: nous saisirons l’occasion défaire ici la profession de foi de nos principes en anatomie pathologique. Chaque fois qu'une altération matérielle est démontrée, aucun doute ne peut s’élever sur son existence. Mais nous ne sommes pas moins obligés d'admettre existence d altérations là où nos moyens actuels d'investigation ne nous permettent pas encore de les démontrer directement, lorsque la clinique les rend logiquement nécessaires. C’est surtout au samr que supplique cette déduction logique, là où ni l’œil nu ni le microscope , ni la chimie n’en peuvent fournir la preuve ’ Nous en citerons quelques exemples. La morsure du serpent à son-

IIISTOIIIE (JKNÉIIAI.E l)ll CANCHK.

nettes tue très proiiiptement. Une quantité minime d’un venin a été introduite dans l’économie ; ces quelques gouttes ont suffi pour rendre les vingt-cinq à trente livres de sang que renferme le corps de l’homme adulte incapables d’entretenir la vie; cependant aucune de nos méthodes exactes ne nous a mis jusqu’à présent sur la voie des changements qui s’opèrent , dans ce cas , dans le sang. Autre exemple : une gouttelette du pus d’un chancre est mise en contact avec une surface quelconque et produit de petits ulcères locaux que nous reconnaissons pour des chancres primitifs , et lors même qu’il y a absence d’accidents successifs, nous ne voyons pas moins, dans un grand nombre de cas , et d’après les beaux travaux de M. Ricord, chaque fois que le chancre a été induré, une série de phénomènes de syphilis secondaires se manifester : des douleurs rhumatoïdes et névralgiques, des éruptions cutanées à cachet particulier, des ulcérations des membranes muqueuses, etc. Un peu plus tard , à une époque qui dépasse rarement les six mois après l'apparition du chancre , une série d’autres manifestations syphilitiques survient ; des tumeurs gommeuses se forment dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les viscères; des périostoses, des exostoses et des caries vénériennes se montrent dans le squelette et s’accompagnent souvent de ces terribles douleurs ostéocopes. Voilà donc une série d’accidents primitifs, successifs, secondaires et tertiaires qui se manifestent d’après des lois de succession que M, Ricord a si admirablement établies. Si à présent vous prenez le sang de cet individu qui est au début de l’infection vénérienne, et chez lequel bientôtles accidents que nous venons d'énumérer vont se manifester, vous n’y trouvez généralement point de changements bien appréciables, et pourtant le sang a absorbé un venin qui va bientôt s’adresser à la nutrition des plans fibreux de la peau, des muqueuses, du tissu cellulaire sous-cutané, des viscères, du système osseux. Si, au contraire, vous donnez à temps le mercure en quantité suffisante, vous neutralisez l’action du venin, sans le faire entièrement disparaître, et, chose bien remarquable, si vous n’êtes consulté qu’au moment où les accidents tertiaires se manifestent, ce venin est bien plus efficacement neutralisé par l’iodure de potassium que par le mercure. On blâmerait à juste titre l’anatomiste qui croirait trouver le caractère spécifique de la syphilis dans les altérations palpables. Nous les avons toutes étudiées, et nous n’avons trouvé nulle part un élément spécial. Le pus n’oil’re aucun élément spécifique au microscope. Les végétations de la peau et des muqueuses ne renfer-

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^ ment que des éléments épithéliaux. Les ulcères montrent les Camoin tères des ulcères simples. Les tumeurs gommeuses se composent de ^ tissu cellulaire et fibro-plastique ; dans ralfection des os vous trouf vez une ostéite vsimple ou un travail hypertrophique. Par conséquent, on n’a affaire dans ces investigations qu’à des altérations consécui tives aux effets du principe syphilitique constitutionnel , et la nature du venin vénérien, sa transmission à la masse entière du sang, sa persistance dans celle-ci , les modifications qu’il éprouve en ce sens que l’iodure de potassium guérit mieux ses effets tardifs que le mercure , tous ces faits , dont la déduction logique montre la réalité , se passent complètement à l’insu de l’anatomie pathologique. Nous pourrions multiplier beaucoup ces exemples; mais cela nous éloignerait trop du sujet que nous avons à démontrer.

Voici à présent pourquoi nous admettons l’infection générale dans le cancer, dans sa période terminale , là où les dépôts secondaires manquent : 1" Nous voyons le cancer conduire aussi bien à la terminaison funeste, lorsque l’autopsie ne révèle aucun cancer secondaire, que lorsque ceux-ci existent en masse 2° on nous objectera peut-être que cette mort peut survenir pour des causes étrangères a 1 infection générale , telles que les troubles fonctionnels ( considérables d’un organe indispensable à l’entretien de la vie, du cerveau, de 1 estomac, du poumon; on nous objectera de plus que,

* dans d’autres circonstances , des pertes considérables de substance ou de sang entraînent la mort, telles que les hémorrhagies répé- ^ tées dans un cancer utérin , une suppuration abondante dans un ^ cancer du sein. Mais ces objections, nous avons commencé par nous l| les faire nous-même, et nous n avons pas laissé échapper une seule ^ occasion, lorsqu un individu avait succombé aux progrès d’un cancer } unique qui avait suivi sa marche naturelle , sans examiner attenti- 1 vement si la mort était due à une altération locale ou à une maladie intercurrente. Eh bien ! nous avons rencontré un si grand nombre de cas dans lesquels il n’y avait ni suppuration suffisante, ni r émorrhagie répétée , ni troubles fonctionnels très graves qui auraient ■ pu entraîner la mort, que nous sommes arrivé à cette conviction, que le cancer tuait après une certaine durée , par une 7nort générale et non par une affection purement locale, par X infection de toute l économie et non par des troubles accidentels de quelque organe •important. Le cancer tue par l’impossibilité dans laquelle il met le sang d entretenir la vie, et non pur la déperdition du sang en iiaure ou U sang altéré par 1 exsudation. Ce que nous avançons ici ,

mSTOlKE fJKNKlUI.K DU CANCHH.

nous en trouvons lu preuve dans les cas même d’infection matérielle; car celle-ci est souvent si insignifiante et placée dans des parties si peu importantes , que réellement elle n’est pas capable de rendre compte de la mort. La réaction du cancer secondaire, même grave, est souvent si peu patente, que quelle que soitl’attention qu’on ait mise à étudier le malade pendant la vie , on constate souvent à l’autopsie des dépôts secondaires dans des organes où l’on ne se serait pas attendu à en trouver. Prenez ensuite deux cadavres d’individus qui l'un et l’autre auront succombé à un cancer non troublé dans sa marche naturelle, l’un offrant un cancer unique, l’autre de nombreux dépôts multiples , et certainement vous ne trouverez pas une grande différence dans les deux corps , quant à la décoloration , à l’émaciation, à l’atrophie des tissus et à l’appauvrissement du sang.

En un mot , pour nous , le cancer conduit toujours à l’infection , et c’est à l’infection, et non au mal local, qu’est due la fin funeste.

Nous avons ici une autre question à débattre : c’est d’indiquer de quelle façon nous nous rendons compte du mécanisme et de l’action de cette infection. Malheureusement nous nous trouvons ici de nouveau sur un terrain où la démonstration et les preuves directes nous manquent.

Nous avons vu que le cancer, dans sa propagation locale et irradiante, pouvait entrer directement par érosion, ou indirectement par absorption de la partie non encore globuleuse de son blastème, dans le système lymphatique et veineux. Cette dernière absorption veineuse lui ouvre infailliblement la porte de l’économie tout entière, tandis que les lymphatiques ne charrient ordinairement le blastème cancéreux que dans le proche voisinage, et surtout dans les glandes lymphatiques. L’absorption du cancer localement déposé est donc un des éléments de la généralisation. Ajoutez à ceci que la prédisposition première est toujours agissante, prédisposition en vertu de laquelle la première goutte de blastème cancéreux a été exsudée, en vertu de laquelle à cette première goutte sont venues s’en ajouter beaucoup d’autres, pour former finalement une tumeur volumineuse ; prédisposition en vertu de laquelle, enfin, après chaque opération, même la mieux faite, le cancer s’est toujours reproduit : et vous avez d’un côté, dans le sang, l’agent cancéreux primitif qui très probablement est quantitativement augmenté à mesure que la maladie a duré plus longtemps ; d’un autre côté, il s’accroît par l’absorption qui, à une certaine époque, verse journellement de nouvelles quantités de blastème can-

PROPAGATION I.Or.AIÆ ET GÉNÉRAUSATIüN DU CANCER. 81

ICT^rcux dans le torrent de la circulation. Il laut donc admettre que l’altération primitivement peu notable du sang qui a donné lieu au É cancer primitif peut faire de grands progrès sous le rapport quanti- (li tatif. N’observons-nous pas journellement un phénomène analogue ' dans l’infection purulente"? A la suite d’une phlébite, quelques gouttes de pus sont mêlées avec le sang, et chez ce même individu qui quelques jours auparavant n’avait peut-être pas un seul point en suppuration dans l’économie, nous voyons les foyers purulents se multiplier rapidement , le foie et les poumons en être farcis , les articulations en être remplies, des demi-litres de pus s’épancher dans i les cavités séreuses : et que s’est-il passé alors? L’explication de ces j foyers par les globules purulents restés stagnants dans les capillaires, j est trop absurde pour mériter la moindre attention. Il n’y a qu’une ( seule manière de s’en rendre compte ; c’est que le mélange direct du I pus avec le sang dans la circulation a communiqué à celui-ci une j étonnante disposition à la formation du pus, une véritable diathèse il pyogénique. Quelque chose dé semblable existe dans l’infection can- I céreuse, avec cette différence toutefois que l’altération cancéreuse I du sang a été primitive et préexistante ; mais toutefois il paraît que i cette matière primitivement absorbée agit comme une espèce de fer- 3 ment, et multiplie d’une manière extrêmement notable la disposi- 1 tion cancéreuse générale. Est-ce à cette absorption ou à la multipliai cation de l’altération cancéreuse primitive dans le sang, en vertu de ) sa durée prolongée, ou à la combinaison de ces deux causes qu’est dû ! le fait que le liquide circulatoire se détériore au point que la nutrition ’ devienne impossible, car c’est ainsi que nous entendons le mot de ■I dépérissement? voilà une question qu’il serait difficile de résoudre, s Mais l’effet matériel, l’incapacité du sang à servir à la nutrition n’en est pas moins incontestable.

Après ces remarques générales sur l’infection, nous allons passer I à un mode d’infection plus directement appréciable , l’infection par ! des dépôts secondaires. Nous la suivrons très rapidement dans les ■ divers organes , vu que la partie spéciale de cet ouvrage s’occupera avec beaucoup de détails de ce sujet. Nous donnerons ensuite, dans un tableau général , le résultat de nos recherches sur la fréquence comparative de l’infection cancéreuse matérielle, selon l’organe pri- : mitivement atteint.

L utérus est un des organes où l’on trouve proportionnellement le moins grand nombre de cas d’infection. Nous ne l’y avons constatée que dans un tiers des cas ; sans compter que dans cet organe on con-

HISTOIRE GÉNÉRALE DU CANCER

y ruml buuvent des ulcères rongeants non cancéreux et des cancroïde!: épidermiques avec le véritable cancer. Le carcinome de la matricetue souvent avant que l’infection ait pu s’effectuer, car non-seulement il donne lieu à ces cloaques infects qui rendent ces pauvrees femmes si malheureuses , mais en outre il provoque des perte£^ fréquentes de sang , et consécutivement un état d’anémie et de faiblesse qui fait succomber les malades avant le terme naturel qu’au-rait eu la maladie sans cet accident. Mais c’est justement dans h cancer de l’utérus que nous avons rencontré de ces cas indubitableas dans lesquels la mort est survenue sans que les pertes aient ét( ■ abondantes, sans que l’ulcère ait été étendu, et plusieurs fois santî ulcération, et sans que, en un mot, les altérations anatomiquees aient pu nous rendre compte de la mort. A part l’irradiation, lesà dépôts secondaires se font dans le voisinage de l’organe malade dans le vagin, dans la vessie, dans les glandes lymphatiques, danss les ovaires ; plus tard, dans les organes plus éloignés, dans les pou-mons, le foie, la rate, la partie supérieure du péritoine, les reins, etc . Dans plus de la moitié de ces cas, les cancers secondaires étaien. multiples, se rencontrant dans plus de deux organes. Du reste après tout ce que nous avons dit sur l’infection , nous n’attaichons pas une grande importance au nombre des affections secon daires.

/ Le cancer de la matrice est en outre ordinairement primitif ; le.: ^ dépôts secondaires y sont rares , et ne s’y trouvent surtout pointt comme le cancer primitif, dans le col de l’organe. Nous les avon : plutôt rencontrés , sous forme de petits tubercules cancéreux , à l.i surface péritonéale du corps de cet organe. |

Nous ferons observer, à cette occasion, que, dans tout le courani de ce livre , nous mettrons un soin tout particulier a distinguer 1 1 cancer primitif d’un organe de celui qui ne constitue qu un dépôt se condaire. On trouve non seulement des différences anatomiques fa-: ciles à constater, mais surtout une marche clinique totalemem différente ; car, tandis que le cancer primitif donne lieu aux accident les plus graves et aux symptômes les plus caractéristiques, le cance secondaire passe bien souvent presque inaperçu dans ses manifeS' tâtions symptomatologiques.

Le cancer du sein est bien autrement infectant que celui de 1 utt ti rus. Nous avons noté l’infection générale dans les cinq septièmes d€ < cas , et pourtant ici encore nous avons été frappé plusieurs fois d l'ab-sence de tout dépôt secondaire chez des malades qui avaient suc

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