‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancerChapitre 14 sur 113 · MARCUE, DUREE ET TERMINAISON DU CANCER · texte numérisé non relu

MARCUE, DUREE ET TERMINAISON DU CANCER

. lure œdémateuse, qui ne peut, en aucune façon, influencer le jugement sur l’état général. C’est surtout dans le cancer de utérus,

, les ovaires, du péritoine, du foie et des reins que l’enflure hydropilue se manifeste. Il y a deux circonstances dans lesquelles le dépéirissement n’atteint pas son dernier degré. C’est lorsque le cancer I altère l’une des grandes fonctions de la vie d’une manière trop pro- I fonde pour permettre la prolongation de l’existence. C est ^^^i q^^ • le cancer cérébral et celui des poumons tuent avant que le dépérissement soit complet. Il en est de même dans les cas ou la mort survient avant le terme naturel , par suite d’accidents , tels que la perforation ou l’étranglement dans le cancer des intestins, une hématémese mortelle dans celui de 1 estomac.

j Malgré l’extrême fréquence du dépérissement comme période terminale des affections cancéreuses, il n’y a cependant rien de spécifique dans cet état , et nous ne voyons que l’effet d’une^nutrition profondément troublée sans pouvoir signaler des symptômes^ pathognomoniques propres à ce mode de dépérissement en lui-même*

§ II. Marche, durée et terminaison du cancer.

Après tous les détails que nous avons déjà donnés dans la partie anatomique et en parlant de la symptomatologie, nous n aurons pas beaucoup à ajouter ici 5 et, en outre, la diversité de marche selon la localisation veut que nous soyons plutôt complet sur ce point dans les divers chapitres de la seconde partie de cet ouvrage.

marche , pendant les premiers temps , a un caractère assez bénin, tumeur se manifeste lorsque c’est un cancer externe ; quelques troubles i»^*^,tionnels se font apercevoir lorsque le cancer s’établit

dans un organe intéiio,^ . gantfi bonne, les

souffrances sont peu vives , - ig malade ne se doute poin qu voué d’avance à une mort certamt.. période initiale e

celle d’une pure localisation. Aussi comprei...«nous que les pattiologbtes aient pu envisager le mal comme étant alo,.,urement local manière devoir qui est cependant en tout point erron e, “tsqu confronte ce début avec la marche ultérieure de la ^

tôt laccroisseinent local de la maladie se manifeste pai P

matologie plus tranchée. Les fonctions de l’organe sont troubléps

les douleurs surviennent ; l'augmentation

superficielle, frappe les malades et leur entourage, et les inquiété , ce n'est même ciu’à ce moment que la plupart du temps ils vieniien

IllSTÜlHK UKNÉUAUi DU CANCKH.

rdclainei' les secours de l’art. En thèse générale, la marche, dès cet instant, est progressive. Mais on observe toutes les variétés entre une rapidité effrayante et une lenteur de développement qui donne presque de la sécurité. Il y a des cas exceptionnels dans lesquels la marche, d’abord progressive, est ensuite suivie d’un ralentissement prononcé des accidents. C’est ce qui a fait dire à quelques auteurs que le cancer pouvait affecter une marche intermittente ou même s’arrêter dans son développement. Cet arrêt peut arriver, mais il est infiniment rare, et malheureusement presque toujours local, l'action de la maladie se déplaçant sur quelque autre organe. C’est pendant cette seconde période de 1 accroissement que l’on constate les changements physiques et les troubles physiologiques sur lesquels nous avons insisté en parlant des symptômes. Peu à peu la maladie arrive à la troisième période, qui se caractérise surtout par l'altération générale de la santé, qui finit par le dépérissement complet, et pendant laquelle se manifestent les changements locaux les plus fâcheux , tels que l’accroissement de plus en plus considérable de la tumeur ou son ulcération avec les hémorrhagies , les champignons végétants , l'engorgement des glandes voisines , etc. Si ces trois périodes : la première, initiale; la seconde, progressive; la troisième, infectante, se montrent ordinairement dans le courant de ces maladies , il ne faut cependant pas perdre de vue qu’elles ne sont pas nettement délimitées les unes des autres, et que c’est en partie pour la compréhension plus facile de la marche et des progrès de cette affection , qu’on est obligé de recourir à cette division schématique La durée du cancer semble , à première vue , être extrêmement variable. En effet , on observe des cas qui sont pre'^i^® aigus et d’autres qui se prolongent pendant toute la Mais plus on

étudie avoo uu ^ p^^.i-yse des observations, plus

aussi on peut se convaincre an’-’ / ^ des moyennes assez fixes , an is que le maximum- le minimum sont exceptionnels Le cancer le plus ai^^^ que nous ayons observé était un cancer de 1 utélus, mortel Jans l’espace de deux mois. D’un autre côté, nous possédons un certain nombre d’observations dans lesquelles la durée a éw de 5. de 6, de 8 de 10 ans et au delà. Nous soignons dans ce débur qui a un cancer ulcéré du sein dont le

trè^ tnte “ “ "'O'’':!'®

trte lente, se prolongeant pendant 8 à 10 ans. Il y a une différence 1res marquée pour lu durée entre le cancer des organes extérieui-s

MAI\CUE , DUUÊE ET TEIIMINAISON DU CANCEU.

et superficiels et celui de 1 intérieur du corps. Nous indiquerons, dans :1a partie spéciale, toutes les fluctuations que l’on observe sous ce J rapport. Nous nous contenterons ici de comparer les moyennes. Tout en convenant qu’il serait cependant hasardeux de tirer de toutes ces ;ino}'ennes une seule moyenne générale, nous 1 indiquerons plus loin (.pour être complet, mais sans y ajouter la moindre valeur pathogno- ; monique.

1 Bien que le cancer externe ait , en général , une plus longue 5 durée , il ne faut pas cependant trop généraliser ce fait. Nous trouivons, il est vrai, pour le cancer du sein et pour celui du testicule, la j moyenne de 3 ans et 6 mois ; pour le cancer de l’œil , 33 mois 1/2 ; tpour celui du système osseux, 27 mois 1/8” ; pôur celui des glandes (lymphatiques, 2 ans; mais, d’un autre côté, nous trouvons la

l' moyenne, pour le cancer de la glande thyroïde, de 6 mois 1/2, et pour le cancer de la peau , de 1 an. C’est que dans le premier , la mort survient promptement par la compression des voies respiratoires, ^et que le second, lorsqu’il est mélanique surtout, a une tendance (prononcée à une prompte généralisation. Ce n’est toutefois qu avec 11 réserve que nous émettons cette dernière proposition , vu que nous Ç ne possédons pas un assez grand nombre d’observations de cancer de Hia peau avec autopsie. Le cancer des organes internes a généralement ;une durée beaucoup plus courte. C’est ainsi que celui des reins offre lune durée moyenne de 8 mois ; celui du foie , de 9 mois 1/5“ ; celui des ovaires, de 1 an; celui de la vessie, de 12 mois 1/2; celui du

itube digestif et des voies respiratoires, des moyennes qui varient pour les diverses parties, entre 13 et 18 mois, et celui de la matrice une moyenne de 16 mois. Voici, du reste, le tableau comparatif:

Durée moyenne du cancer dans les divers organes.

Cancer de la glande thyroïde 6,50 mois.

— des reins 8,00 »

— du foie 9,20 »

— des ovaires 12,00 »

— de l’arrière-bouche 12,00 »

— du péritoine 12,00 »

' — de la peau 12,00 »

— de la vessie.' 12,50 »

— de l’œsophage 13,00 »

— de l’estomac 13,00 »

— des voies respiratoires 13,20 »

UISTülUE GÉNÉRALE DU CANCER

Cancer de la langue i 4,00 mois.

— de l’ulérus 16,00 »

— des intestins 18,00 »

— des glandes lymphatiques 24,00 »

— du système osseux 27,12 »

^ de l’œil 33^50 »

-• du sein 42,00 »

— du testicule 42,00 »

La moyenne générale qui résulterait de cet ensemble serait à peu près de 18 mois.

La durée moyenne, dans 39 autopsies rapportées parHerrichs et ! Popp, a été de 17,14 mois, moyenne qui se rapproche tout à fait de j la nôtre, tandis que celle rapportée par Walshe, de 38,15 mois, nous | surprend d autant plus qu elle est en désaccord avec les durées <

moyennes indiquées dans les chapitres spéciaux de l’ouvrage de cet 1 auteur.

Le sexe ne nous a pas paru exercer une influence marquée sur la durée, et nous pouvons même en dire autant de l’âge , contrairement a 1 opinion généralement admise. Je crois que Tinfluence des ^ organes sous ce rapport est bien plus décisive que celle de l’âge.

C est ainsi que le cancer de l’œil, assez commun pendant l’enfance, peut y durer aussi bien pendant 3, 4 ou 6 ans, comme chez l’adulte ou le vieillard. De même, le cancer de l’estomac, siégeant surtout au pylore, est tout aussi promptement mortel dans la vieillesse qu’entre trente-cinq et quarante ans. Pour le cancer du sein, il nous a paru que sa marche était un peu plus lente dans la vieillesse avancée, et j encore cela ne peut-il pas être établi comme règle générale. Noug |

avons vainement cherché la raison de la variabilité de la durée |

du cancer , dans la constitution , dans la santé antérieure , dans i 1 hygiène des malades. La raison de ces variations nous a échappé jj jusqu a ce jour. Nous attachons peu d’importance aux moyennes i comparatives indiquées pour le squirrhe , l’encéphaloïde et le colloïde , à cause des nombreuses formes intermédiaires. Quant aux i moyennes de durée indiquées parM. Leroy d’Etiolles et aux causes ' qu d leur assigne , nous n’en parlerons pas ici ; nous nous en expli-

querons plus loin , en parlant de l’opportunité de l'opération du | cancer. ' !

Nous avons à ajouter quelques remarques sur la proportion de la ' q mortalité cancéreuse. Ici nous ne possédons pas de matériaux à nous propres, et les seuls acceptables parmi les tableaux de mortalité gé-

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