CANCER DE L’ESTOMAC
de l’abdomen, le péritoine, le pancréas, les poumons, la plcvre et le système osseux. Lorsque le cancer existait dans plusieurs organes à la fois , l’estomac avait été le point de départ de la maladie. Les organes abdominaux ont paru se prendre ensuite, et les organes respiratoires, ainsi que les os, seulement en dernier lieu.
§ II. Pathologie.
Avant d’entrer dans l’analyse détaillée des symptômes, nous tracerons une esquisse rapide de l’ensemble des signes que l’on observe dans le cancer de l’estomac.
Les malades , ordinairement parvenus déjà à la seconde moitié de la vie, ou même dans un âge avancé, sont pris, au milieu d’une santé passable , de troubles de la digestion , qui devient lente, difficile, et s accompagne de rapports simplement gazeux ou aigres , d’éructations et de nausées. Des douleurs plus ou moins vives se manifestent souvent dès le début dans la région de l’estomac ; elles sont surtout pénibles pendant la digestion et augmentées par la pression . Bientôt il survient des vomissements , d’abord rares , une ou plusieurs fois par semaine, ensuite tous les jours, et souvent même plusieurs fois dans les vingt -quatre heures. Les matières vomies se composent d’abord d ^aliments plus ou moins bien digérés, ou d’un liquide glaireux, jaunâtre ou acide , ou d un liquide verdâtre amer, renfermant de la bile. Lorsque les vomissements ont persisté pendant quelque temps, les matières vomies présentent une teinte plus ou moins foncée ’ ' brune , couleur de chocolat , noire comme de la suie délayée , ou offrant 1 aspect du marc de café , ou enfin d’un brun rougeâtre mêlé de grumeaux et de caillots sanguins.
Malgré le mauvais état de la digestion, la langue reste nette et n offre que vers la fin un enduit léger, de la sécheresse ou des exsudations pultacées. Les garde-robes deviennent plus rares dès le début, et la constipation est un des symptômes ordinaires de la maladie commençante; mais vers la fin , elle est souvent remplacée par une diarrhée plus ou moins abondante. Quant aux douleurs épigastriques, elles s’étendent , à mesure que le mal fait des progrès vers 1 hypochondre droit, plus rarement vers l’hypochondre gaLhe’ puis sur toute la partie supérieure de l’abdomen , et quelquefois au dos. L appétit est le plus souvent altéré. Quelquefois conservé au I but , Il est bientôt remplacé par une anorexie plus ou moins com- P ete , il est rare que les malades soient tourmentés par la soif si îe n est quelquefois tout à fait vers la fin . ^
CANCKR DES ORGANES DE LA DIGESTION
Un des signes importants pour reconnaître le cancer de l’estomac est l’existence d’une tumeur dans la région qu’il occupe. Celle-ci manque, il est vrai, dans un certain nombre de cas; mais elle existe le plus souvent et devient alors un signe pathognomonique. On la rencontre plus fréquemment dans la région du pylore, près des fausses côtes droites, sous lesquelles elle ne s’enfonce pas ; d’autres fois elle se rencontre à l’épigastre , plus rarement à gauche. Lorsque l’estomac est dilaté ou déplacé, la tumeur se fait sentir plus bas autour de l’ombilic ; lorsque le palper ne fait pas découvrir de tumeur, il n’est pas rare de rencontrer dans la région de l’estomac une rénitence particulière. Le volume de ces tumeurs varie entre celui d’un œuf de pigeon et celui du poing ; leur surface est ordinairement irrégulière. A ces signes locaux se joignent de bonne heure des symptômes généraux d’une grande importance : tel est le teint pâle , anémique ou jaune- paille , si fréquent dans les affections cancéreuses. Les malades maigrissent rapidement, ils perdent les forces; bientôt ils sont obligés de cesser toute occupation. Leur disposition d’esprit devient sombre et soucieuse, leur caractère irritable , leurs souffrances, de plus en plus continues, les privent de sommeil ; mais, au milieu de tous ces signes fâcheux , il ne se déclare pas de fièvre, le pouls reste à peu près normal, ainsi que la température du corps, qui , souvent même , est au-dessous de ce qu'elle est à l’état de santé. Il va sans dire que des symptômes fébriles surviennent, et des tubercules pulmonaires se développent si une inflammation des voies respiratoires ou du péritoine complique le cancer ; mais nous ne voulons pas entrer, dans cette courte esquisse , dans les détails des symptômes fournis par ces diverses complications.
Après une durée qui , en moyenne , est à peu près d’une année, quelquefois de deux , rarement au delà , la mort survient ; mais auparavant les malades sont arrivés au dernier degré de marasme , tout en conservant le plus souvent leur parfaite connaissance presque jusqu’à la fin.
Nous allons revenir maintenant sur les principaux symptômes du cancer de l’estomac, en commençant par une courte analyse des signes qui caractérisent le début de la maladie.
Dans la partie anatomo - pathologique de ce travail , nous avons analysé 57 cas, dont un certain nombre ne renfermaient de précis que les détails anatomiques. La description des symptômes ne sera faite qu’avec l’analyse de 42 observations.
Début. Les signes qui caractérisent le début sont les suivants :