CANCER
Squirrlic du sein
. De l’uldrus.
De In région dorsali
Eau
Albumine
Fibrine
Gélatine
Graisse
Graisse phosphorée. . . .
Oxyde de fer
traces.
Matière colorante jaune ana-
logue à la cholestérine.
Matières salines
J L’ichor du Uâncer a été étudié par M. Moriti , qui l’a vu réagir là la manière des alcalis. Cet ichor contenait de la graisse , de l’alcbumine, de l’ammoniaque et du sufhydrate d’ammoniaque. La sub- ■I stance pultacée du cancer ulcéré exerçait également des réactions fi alcalines ; elle lui a offert de l’osmazôme, de l’albumine , de la gélaîtine, de l’ammoniaque libre, de l’hydrochlorate d’ammoniaque,
) du chlorure de sodium et du phosphate calcaire.
/ Vogel (1) , que nous estimons autant comme un des premiers qui è se soient occupés avec succès de chimie pathologique que comme X habile micrographe , ne nous apprend pas grand’chose sur la nature i chimique du cancer. C’est que, comme nous, il reconnaît l’insuffisance i! à la fois des matériaux que nous possédons et des méthodes générâlement employées. Aussi renvoyons-nous au passage où il parle l de la composition chimique du cancer, et qui en tout point confirme ■ nos remarques du commencement de ce paragraphe.
^ VirchoAv (2) nous donne , dans son mémoire remarquable sur le I cancer^ un long travail sur l’origine de la graisse dans les tumeurs r cancéreuses. Ce travail est trop important pour pouvoir être coma muniqué ici en extrait, et nous invitons le lecteur à le consulter.
Nous trouvons enfin, comme recherches les plus récentes, une ' série d analyses sur les tumeurs cancéreuses dans le compte rendu I de la Clinique chirurgicale de Erlangen, par M. Heyfelder (3). Ces
; (2) Op. cit., p. 1 50 à 171.
(3) Heyfelder, Cas chi?'tngisc/ic urnl .-iug(-;i/>,(i/tlic/i-Cli//icnm dcr XJni- ' ^^crsitœt Erlnngen, vom 10 octobcr 1846, bis. zum 30 svptcmbcr KVsl (Oppenheim’s Zeitschrift, 1 8 48).
HISTOIRE GÉNÉRALE DU CANCER
analyses ont été fuites, les unes par M. de Bibra et les autres par M. Gorup. Malheureusement le cancroïde n’y a point été distingué du cancer, et , malgré toute l’estime que nous professons pour ces ; deux chimistes distingués , nous regrettons que M. Gorup, dans un ■ article récent sur le cancroïde et le cancer, ait eu la prétention de I trancher la discussion de leur identité et de leur différence en s’ap- ! puyant sur trois observations seulement. L’insuffisance de pareils i matériaux est patente , et un jeune savant qui a de l’avenir ne doit ■ pas se compromettre d’une manière aussi légère. Revenons à ces | analyses.
1“ Cancer de la lèvre, analysé par M. de Bibra,
Substance protéique 8,01
Albumine soluble 2,01
Glutine 4,39
Substance extractive 0,92
Graisse 5,55
Eau 79,13
Cendres, sur 100 parties , 5,33 pour 100 de substance sèche :
Chlorure de sodium 8,32
Sulfate de soude 3,00
Phosphate de soude 58,02
Terres phosphatées, fer 30,66
2® Analyse de deux tumeurs cancéreuses de l’orbite, dont l’une pure,
l’autre renjermant beaucoup
de tissu adipeux
[de Bibra).
Eucépiialoïdc pur
, Eucéphaloïde avec tissu adipeux.
Substance protéique
Albumine soluble
Glutine
Matière extractive
Eau
CARACTÈRES CniMlQUES DU CANCER. -^9
Enccphnh'Ulc mélaniqitr de l'œil, (i/ial/se des cendres par M. de Bibrci.
f Sur 100 parties, substances sèches, 20,6.
Alcali phosphaté 3,7
I Chlorure de sodium 48,9
f Terres phosphatées 28,9
[ Fer i8,5
'I 4" Tumeur cancéreuse de la parotide ^ analyse j ai te par M. Gorup,
J Une coction très prolongée fournit de la gélatine. 1000 parties renferment :
Eau 810,43
I Parties fixes 189,07
-1 Ces parties fixes sont constituées par :
Pyine, combinaisons chlorurées, alcali sulfaté, ou
extrait aqueux 49,07
Graisse phosphatée et extrait alcoolique 26, .31
Substance albuminoïde 106,33
Sels résistant à la combustion 7,66
5° RncéphaUdde de la région parotidienne [de Bihra).
Substance protéique
Albumine soluble
Glutine , matières extractives . . . ,
Graisse
Eau
Cendres , sur 100 parties , 5,74 substances sèches :
Chlorure de sodium 2,01
Phosphate de soude 87,99
Phosphate de chaux , fer, traces. . . 10,00
L individu ayant succombé , on trouva des tumeurs cancéreuses ans le foie, dans les glandes mésentériijucs et une tumeur réciivée dans le fond de la plaie résultant de l’opération.
' HISTUIKE GÉMÎRAIÆ DU CANCER.
Vnici lo i‘('snltat d(' cHIp (IfTiiicTc iiiiîil^Sf;
Subslanco proléiquo 10,fi9
Alhiimino solublo 1 ,90
Matières extractives
Glutine .3,48
Graisse |,/|4
Eüu 81,31
Sur 100 porties de cendres, 1,79 de substances sèches :
Phosphate de soude .55,4
Chlorure de sodiu ra 21,0
Phosphate de chaux avec traces de magnésie et de fer. . 23,0
II est inutile de reproduire un plus grand nombre de ces analyse.s. Nous dirons seulement que les tumeurs suivantes ont été soumises au même examen , savoir : une autre tumeur encéphaloïde de la région parotidienne, un cancer de la verge, et enfin un cancer du rectum .
Nous citerons toutefois in extenso une dernière analyse d'un cancer du côte gauche de la face, parce qu’elle a été faite avec beau- ; coup de soin pai’ M. Gorup (1). )
100 parties de la tumeur renfermaient : eau, 81.1; parties fixes, 18,9. I
Ces parties fixes étaient composées de : ]
Albumine soluble (pyine) , substances e.xtractives , etc. 4,9
Graisse phosphorée , extrait alcoolique 2,6
Substance albuminoïde 10,6
Sels insolubles inattaquables par le feu 0,8
Voilà donc un certain nombre d’analyses de tutneurs cancéreuse.-^, et si aujourd’hui nous ne pouvons pas encore en tirer grand parti, il est probable qu’elles seront utiles un jour à ceux qui nous succéderont, lorsque la chimie pathologique sera plus avancée.
C’est ici le lieu de parler du résultat de l’amdyse chimique du sang des cancéreux. Nous ne possédons de matériaux un peu étrn-
(1) Atchw.für Physiot.^ lleilkiinde, par Poser et Wunderlich, VHP année , vin* cahier, 1 849, p. 738 et 739.
CAHACTÈMKS l’.HlMIyUES DU CANCEK. 51
dus sur ce sujet (|iie ceux qui se trouvent dans l’iiéniatologic' de j\r. Amiral (i).
En voici le résumé. Un des effets les plus constants du cancer, lorsqu’il a duré quelque temps , est une diminution des globules. La fibrine ne variait pas au commencement, et n’était augmentée que lorsque la maladie était avancée et donnait lii u à une de ces altérations secondaires qui augmentent ordinairement le chiffre de la fibrine. Toutefois il y a là encore une cause d’augmentation dont l’inflarnmalion seule ne nous rendrait pas compte , car les phases d’évolution du cancer ne sont en aucune façon liées à un état phlegmasique, et mcMne l’état inllammatoire des parties ambiantes est loin d’y être la règle générale. Le cancer provoque autour de lui un vice de nutrition, atrophie ou hypertrophie ; mais les troubles circulatoires manquent bien souvent et n’existent que lorsque le cancer a son siège dans le voisinage des téguments externes ou internes, car c’est alors que l’ulcération a le plus ordinairement lieu. Voici, du reste, le passage de l’ouvrage de M. Andral :
.. Des faits que j’ai recueillis sur ce point, il résulte que, dans le cancer comme dans le tubercule, la fibrine du sang n’augmente que lorsque la matière sejuirrheuse ou encéphaloïde s’avance ou est déjà parvenue à sa période de ramollissement ou de destruction . Si toutefois, par son siège, le cancer compromet les fonctions d’un organe qui sert à la réparation du sang, on peut trouver dans ce liquide une diminution de la fibrine. Mais c’est là un cas tout particulier.
» Ainsi, dans quatre cas de cancers de 1 estomac, nous avons vu trois fois la fibrine conserver son chiffre normal, et une autre fois rester au-dessous, n’étant plus représentée, dans ce quatrième cas que par le chiffre 1,9.
» Dans deux cas de cancer du foie, nous avons au contraire trouvé dans le sang un certain excès de fibrine : 3,7 dans un de ces cas et 5,0 dans l’autre.
» Dans le premier de ces cas, la tumeur dont l’hypochondre droit était le siège semblait être dans le passage de la période de crudité à la période de ramollissement; habituellement indolente, elle devenait parfois douloureuse , et alors une fièvre passagère prenait naissance.
Le second cas avait une tout autre physionomie : le malade auquel il est relatif portait, vers la région du foie, une tumeur volu-
(l) Essai (I Paris, 1843, p. 175 à 183
52 IIISTOIIIK flKiNKIlALE DH CANCER,
mineuse, très (Imiloiireuso, comme fluclunnte, qui s’était tiès rapidement développée, et une fièvre continuelle avait lieu ; le foie, dans toute son étendue, et hors du lieu occupe parla tumeur, avait pris lui- même un grand développement. Ce malade présentait si bien tous les traits d’une affection inflammatoire, que nous pensâmes à un abcès du foie. Il succomba tout à coup, sans que , très peu d’heures avant cette mort inopinée , rien pût faire prévoir une fin aussi rapide. Elle nous fut expliquée à l’autopsie, par l’existence d’un vaste épanchement de sang dans la cavité du péritoine. Ce sang était sorti d’un champignon cancéreux complètement ramolli et ulcéré qui occupait le bord libre du foie ; c’était par ce champignon qu’était constituée la tumeur reconnue pendant la vie. Des masses encéphaloïdes nombreuses et toutes en détritus remplissaient le parenchyme hépatique , ainsi que plusieurs des ramifications de la veine porte.
>' Dans un cas de cancer de 1 ovaire, constaté par l’autopsie, accompagné de fièvre et de douleurs assez vives, la fibrine s’éleva au chiffre de 4,5. La masse cancéreuse était en partie ramollie, et d’innombrables vaisseaux la parcouraient en mille sens divers. Autour d’elle, il y avait quelques traces d’une légère péritonite.
« Enfin, dans deux cas de cancers de 1 utérus, nous Irouvâmes en fibrine, dans le sang , les chiffres très différents 5,6 et 1,8. Mais le premier cas marchait avec les signes d’un état de phlogose assez intense ; tout l’hypogastre était tendu et douloureux , et il y avait une fièvre constante. Dans le second cas, il y avait apyrexie complète ; la malade était profondément épuisée par des métrorrhagies qui se renouvelaient sans cesse ; c’était ce cas remarquable , dont i’ai eu occasion de parler , où le sang ne contenait plus que 21 en globules.
" Dans les divers cas d’affections cancéreuses que je viens de passer en revue , les globules du sang ne m’ont offert rien autre chose que cette diminution progressive qu’ils éprouvent toutes les fois que l'organisme est sous l’influence d’une cause quelconque d’épuisement. Les grandes hémorrhagies qui accompagnent plusieurs cancers , l’insuffisance de réparation qui doit être la conséqupnce du plus grand nombre des cancers de l’estomac, expliquent pourquoi, dans beaucoup de maladies de cette nature , on trouve le sang si pauvre en globules ; mais cette perte des globules ne paraît ]ias avoir lieu pour le cancer comme pour le tubercule, au début de l affection ; elle ne survient que jilus tard , d’une manière tout acci-