CANCER VÉRITABLE DE LA PEAU
tratiüii grasse et granuleuse du tissu cancéreux, ce qui lui donne cette espèce d’apparence tuberculeuse que nous avons décrite sous le nom de ph3^natoïde. Dans ce même organe, nous avons aussi rencontré un véritable champignon encépbaloïde , forme du cancer dont nous avons vu encore dernièrement un nouvel exemple dans un can- I cer secondaire de la peau.
La structure microscopique du cancer cutané offre les caractères t suivants : Nous trouvons dans la trame fibreuse les fibres pâles et I fines du tissu fibrillaire ordinaire , et de plus , les fibres élastiques plus larges, à contours plus foncés, et souvent ramifiées. Lorsque le cancer s’est propagé à la couche musculaire sous-jacente, nous trouvons , outre les fibres , des fragments de cylindres musculaires très altérés, ayant perdu leurs raies transversales , et se montrant quelquefois infiltrés de cellules cancéreuses dans l’intérieur des cylindres mêmes.
Quant au suc cancéreux, il est essentiellement composé de cellules cancéreuses proprement dites, qui , dans le gland et à la lèvre, sont j quelquefois mêlées à la surface à divers éléments épidermiques 5 |l mais, dans l’intérieur et dans les coîiches profondes , il y a toujours s des cellules bien marquées.
Quoique nous n’ayons point négligé l’examen microscopique dans toutes nos observations^ ce n’est que dans la moitié des cas, dons 10, que nous avons pris à ce sujet des notes avec beaucoup de détail. Deux fois les noyaux seuls existaient en grand nombre , et les cellules complètes, par contre, étaient très rares. Dans les 8 autres, les i cellules entières étaient nombreuses ; leur dimension moyenne était ji de 0'"™,02 à 0™«‘,025. Dans 3 cas , nous les avons vues atteindre * 0““,03 et même 0“*"‘,Ü35; 2 fois leur minimum était de0'"‘“,017. i Leur forme était tantôt ronde, tantôt ovoïde, et souvent irrégulière ; k les contours cellulaires généralement pâles. Les noyaux ovoïdes ou ! ronds, à contours fortement marqués, variaient entre 0'““*,01 et ' 0«>n>,015, et renfermaient 1 à 3 nucléoles de 0“™,0025 à 0'““‘,005, et dans ces derniers nous avons vu des nucléoles secondaires. Une ' seule fois nous avons rencontré des cellules mères de 0"’*“, 05 à 0‘“‘»,1, renfermant un amas de noyaux et même des cellules complètes; 2 fois nous avons observé l’infiltration granuleuse et graisseuse très abondante des cellules cancéreuses. Dans les 5 cas d'infiltration mélanique, nous avons trouvé ces éléments en partie entourés de granules et de globules pigmentaires en dehors des cellules , et en partie les montrant dans leur intérieur, infiltrant ou le contenu cellulaire,
TANCKII et r.ANCUOÏDE I)E I.A PEAU.
OU le noyau, ou la cellule cancéreuse tout entière par des granules noirs, ou par des petits glubulins de 0'‘"",005 C’est même , après le cancer de 1 orbite, dans le cancer de la peau , qu’on peut le mieux étudier l’inliltration mélanique du cancer. Les épanchements sanguins, si fré(]uents dans les cancers des autres organes, n’ont point été observés par nous dans celui de la peau.
Les alTections carcinomateuses de la peau ont une tendance prononcée, comme la possède le cancer en général, à infecter l’économie tout entière, et à récidiver, par conséquent, non seulement sur place, mais aussi dans les points éloignés de dépôts primitifs. Dans deux cas de cancer véritable de la verge, nous avons trouvé des cancers secondaires non seulement dans les glandes inguinales , mais aussi dans les poumons , dans le foie , et , dans l’un des cas’ dans l’intérieur du système veineux. M. Velpeau cite dans sa clinique le cas d’un individu qui avait été opéré d’un cancer de la lèvre , et qui mourut d’une affection aiguë peu de temps après l’opération , et à l’autopsie duquel on trouva des cancers multiples dans le foie. M. Mayor cite dans sa thèse l’observation d’une femme opérée d’un cancer de la lèvre, et qui eut une récidive au sein. Jamais rien de pareil , nous le verrons bientôt , n a été observé dans le cancroïde cutané. M. Rayer (1) rapporte 2 observations de cancers cutanés suivis d infection de 1 économie tout entière. Le premier de ces faits surtout ne laisse aucun doute sur la multiplicité des dépôts cancéreux dans le derme même. C’est le cas d’un cancer leucé avec tuber-' cules cutanés, nombreux, circulaires, arborisés à leur centre et à leur circonférence, isolés ou en groupes , disséminés sur les membres et le tronc chez une jeune fille de 17 ans. A l’autopsie on constata de plus un cancer du jéjunum , du pancréas et des ganglions lymphatiques abdominaux. Le second cas est un peu moins net, en ce sens que , pour plusieurs des tumeurs superficielles , il est dit qu’elles avaient leur siège dans le tissu cellulaire sous-cutané : c’est le cas d’une femme de 25 ans, qui offrait des tubercules cancéreux multiples au cuir chevelu et au pénil , et où à- l’autopsie on trouva des masses cancéreuses dans l’ovaire et les poumons. Nous citerons en outre le cas d’une femme à laquelle M. Monod avait extirpé un cancer mélané de la surface de la vulve, il y a 18 mois environ, et dans lequel j’avais trouvé des cellules cancéreuses les moins dou-
(I) Traité des maladies de la peau, Paris , 1835, t, II, p. 282 et 293, observ. 137 et 138.