‹ Traité pratique des maladies cancéreusesChapitre 19 sur 77 · I. Extérieur «lu corps · texte numérisé non relu

I. Extérieur «lu corps

La couleur extérieure de la peau, le teint, montre sur la plupart de ces cadavres une décoloration prononcée, portant tantôt le cachet de l’anémie, tantôt l’aspect jaune-paille caractéristique. Je n’ai pas rencontré la coloration ictérique de la surface du corps, fréquente dans le cancer de l’estomac et du foie. La décoloration était toujours plus prononcée à la face qu’ailleurs. L’embonpoint persiste très rarement, à moins que les malades ne succombent à une maladie intercurrente telle que le choléra, la pneumonie, etc. Il y a cependant des malades chez lesquelles on rencontre à l’autopsie une certaine quantité de tissu adipeux, fait constaté par nous 3 fois sur 45 ; une fois même il existait encore un embonpoint considérable. Dans tous les autres cas nous avons noté un degré plus ou moins avancé de marasme; la maigreur, masquée plusieurs fois par l’infiltration œdémateuse , était ordinairement portée à ses dernières limites. Nous avons de plus observé que le tissu musculaire était, sur plusieurs de ces cadavres, plus facile à rompreque dans l’état ordinaire.

L’œdème s’est rencontré 13 fois (2/7) ; il était borné 6 fois à un seul des membres inférieurs, chez 6 autres sujets aux deux membres abdominaux; danslel3° cas enfin, il existait une anasarque générale.

Nous verrons plus tard que cette infiltration de l’un ou des deux membres inférieurs reconnaît le plus souvent pour cause l’oblitération d’un des gros troncs veineux de ces membres.

II. État de l’utérus dans le cancer et le caiicroïde de cet organe.

1° Classification des affections cancéreuses et cancroïdes de l’utérus.

On a confondu sous le nom de cancer de l’ utérus des affections bien diverses. Les unes sont de nature vraiment cancéreuse, tandis que d’autres, que j’ai désignées sous le nom de cancroïdes , montrent une structure anatomique et microscopique différente de celle du cancer, mais une marche analogue et une gravité presque aussi grande que le vrai carcinome. 11 faut enfin ranger dans une troisième catégorie les tumeurs polypiformes du col que quelques auteurs ont prises à tort pour des tumeurs cancéreuses.

Les affections vraiment carcinomateuses se sont rencontrées dans nos observations 39 fois sur 45, ainsi au delàdes 4/5" (13/15"). C’était tantôt le squirrhe, tantôt l’encéphaloïde, ou les formes intermédiaires; car les deux types existent rarement dans la matrice avec des caractères aussi nettement tranchés que les auteurs l’indiquent. Le cancroïde a existé 6 fois sur 45 (2/15"). C’était 3 fois des ulcères rongeants, 2 fois des ulcères rongeants avec des tumeurs épidermiques végétantes, et une fois des tumeurs épithéliales nombreuses et par masses très considérables. (Nous emploierons dans le courant de ce travail les termes de tumeur épidermique, papillaire et épitheliale, d’une manière indistincte et synonyme.)

Quant aux tumeurs polypiformes , nous les avons exclues de nos notes sur cette série de faits , comme étant d’une nature bien autrement bénigne que les cancroïdes. Nous donnerons tout à l’heure la définition de ce que nous entendons par ce genre de tumeurs.

Nous allons, avant tout, tracer une esquisse rapide des caractères anatomiques essentiels de ces diverses productions accidentelles. Nous regrettons d’avoir été obligé d’exclure de cette analyse plusieurs cas, surtout de cancroïdes papillaires observés par nous dans ces derniers temps ; mais tous nos chiffres de proportion devraient être changés, si nous les faisions entrer tardivement dans ce travail depuis longtemps achevé.

A. Le véritable cancer se caractérise par un tissu particulier qui, dur ou plus ou moins mou, renferme dans une trame de tissu fibroïde ou d’un simple blastème coagulé, un suc trouble, d’un blanc jaunâtre, lactescent et composé de cellules cancéreuses. Cette affection offre encore cela de particulier, qu’elle est essentiellement envahissante quant au tissu et à l’organe qui le renferme et à ceux qui l’entourent ; elle tend enfin à infecter l’économie tout entière. Nous distinguons dans l’utérus trois formes différentes de carcinome.

a. Une infiltration molle, déposée d’abord au milieu des éléments de la portion vaginale du col, et qui de là s’étend peu à peu au corps de l’organe, et qui peut parcourir toutes les phases d’évolution , comme nous le montrerons bientôt, sans ulcérer le col, quoique cette dernière terminaison soit la plus fréquente. Ce tissu d’un blanc jaunâtre , peu vasculaire, mou et infiltré d’un suc trouble, constitue l’encéphaloïde , tandis que le squirrhe infiltré montre le suc cancéreux dans une trame plus résistante, fibreuse et filamenteuse qui, s’accommodant moins de la forme ordinaire du col , donne à sa surface un aspect bosselé et irrégulier. L’ulcère, qui succède à ce can-

CANCER DE L’UTÉRUS, cer infiltré, est anfractueux, rongeant dans une partie de son étendue, couvert de végétations bosselées dans d’autres.

b. Il n’est pas rare de rencontrer au col de l’utérus la forme végétante du cancer qui de bonne heure distend et écarte les éléments du col, et finit par former les champignons cancéreux qui envahissent une bonne partie du fond du vagin et tendent toujours à s’accroître; ils sont mous, jaunes, infiltrés d’un suc cancéreux abondant, d’une teinte rosée dans les endroits vasculaires et d’un rouge plus vif lorsque les vaisseaux sont très nombreux, ce qui leur donne les caractères du fongus hématode. Il n’est pas rare de voir une partie du col occupée par cette forme de l’encéphaloïde à côté de portions profondément ulcérées.

c. La troisième forme de cancer du col de l’utérus est le cancer colloïde, accompagné d'un engorgement considérable et montrant -sur une coupe fraîche une trame filamenteuse fine , à larges mailles occupées tout entières par un tissu gélatiniforme, demi-transparent, d’un jaune légèrement olivâtre, tissu qui ne renferme ni suc, ni cellules cancéreuses, et ne peut être compté parmi les affections carcinomateuses que lorsque du tissu véritablement cancéreux se rencontre à sa base ou dans son voisinage. Nous avons plusieurs fois rencontré ce cas ailleurs ; il existait aussi pour le colloïde de l’utérus jue nous avons observé , car des tumeurs encéphaloïdes non douteuses se trouvaient dans son proche voisinage. Le tissu colloïde est car lui-même un tissu homœomorphe, dont la formation peut être îxcitée cependant par la diathèse cancéreuse.

B. Le cancroïde de Tulérus se montre sous les formes suivantes :

a. Ulcère rongeant avec absence de tissu cancéreux dans sa )ase, dans ses bords, à sa surface et dans son voisinage. Il est vrai ju’un observateur inattentif pourrait quelquefois prendre le tissu nduré et calleux du col qui avoisine l’ulcère pour du squirrhe; nais l’absence du suc cancéreux infiltrant, les passages insensibles ?ers le tissu utérin sain, et l’examen microscopique surtout, suffiront mur lever les doutes. Ce dernier examen montrera dans ces ulcères •t leur voisinage les éléments de l’inflammation , de la suppuration ;t des détritus nécrosés de tissu utérin. Malgré l’absence de vrai issu cancéreux, ces ulcères tendent continuellement à s’agrandir en irofondeur et en étendue, et amènent ainsi à peu près les mêmes acidents graves que l’ulcère cancéreux.

b. Si l’ulccre phagédénique, dont nous venons de parler, a déjà

été signalé par Clarke, Rokitansky, et d’autres observateurs, je crois être le premier qui ait reconnu , dans sa nature, le cancroïde épidermoïdal végétant de l’utérus. La forme la plus grave de' ce genre de tumeur est celle qui consiste dans une végétation exubérante de petites tumeurs comme papillaires qui occupent tout le fond du vagin et le pourtour du col, et dont l’ensemble offre une consistance grumeleuse avec absence de tout suc infiltrant et une composition feuilletée qu’on peut déjà reconnaître en délayant ce tissu dans de l’eau à laquelle elle ne communique point la teinte trouble et lactescente du suc du cancer, mais dans laquelle des groupes de feuillets se désagrègent et laissent l’eau transparente dans leur intervalle. Le microscope y fait reconnaître, d’une manière non douteuse, comme principal élément, des papilles recouvertes d’épithélium pavimenteux et des globes concentriques d’épiderme. Il paraît que le point de départ de ce genre d’affection est plutôt le pourtour de la portion vaginale du col que sa surface.

c. L’ulcère épidermique, quoique ayant aussi une tendance rongeante, se distingue cependant de l’ulcère rongeant primitif, en ce qu’il renferme dans ses bords et à sa surface des végétations papillaires et épidermiques dans le genre de celles que nous venons de décrire. Il nous faut enfin signaler une variété d’ulcères sur laquelle nous reviendrons plus loin. Ce sont de petits ulcères creux, multiples, renfermant une matière jaune, grumeleuse, qui, au microscope, se montre entièrement composée de paillettes épidermiques. C’est ce genre d’ulcères qui a été souvent pris pour une affection tuberculeuse du col avec laquelle il montre en effet quelque ressemblance extérieure ; aussi pourrait-on donner à cette variété le nom d 'ulcéré épidermique phymaloïde . Il nous paraît probable, d’après nos recherches les plus récentes sur la muqueuse du col, que ce genre d’ulcères tire son origine d’une affection primitive des glandes du col qui sont dilatées et remplies d’épiderme.

Nous mentionnerons enfin ici, en passant, les tumeurs polypeuses, pour faire observer que plusieurs auteurs les ont confondues avec le cancer, par suite d’un manque de précision dans l’analyse anatomique. Les cas que nous avons observés se sont terminés par une guérison durable. L’un a été opéré par nous et consistait en une tumeur lobulée, saillante, prenant origine sur une des lèvres ducol. Elle était dénaturé végétante et fibro-plastique, et concordait assez avec ladescription que Clarke a donnée de la tumeur du col en forme de choulleur [cauliflotôer tumour). La seconde était une petite tumeur du

col, du volume d’une noix, bien circonscrite, composée d’éléments fibro-plastiques et épidermiques. La troisième, enfin, était une tumeur entièrement composée d’épithélium cylindrique. Elle fut extirpée, mais bientôt une autre semblable se montra dans son voisinage ; celle-ci fut extraite à son tour , et comme il y eut également récidive, M. Dieffenbach, dans le service duquel j’ai observé cette malade, fit l’amputation du col que j’ai trouvé parfaitement sain , mais recouvert d’un certain nombre d’excroissances polypeuses à divers degrés de développement et qui n’intéressaient que la surface de la muqueuse du col , et qui probablement notaient que des papilles hypertrophiées.

Après cette esquisse synoptique , nous allons passer à l’analyse de nos observations anatomiques sur le carcinome du col.

2° Siège du cancer de l’utérus.

Tous les bons observateurs sont d’accord sur le fait, que le point de départ ordinaire du cancer de l’utérus est le col. Il en est de même du cancroïde , qui peut cependant quelquefois débuter par la partie du vagin qui entoure le museau de tanche. On s’accorde généralement aussi à regarder le cancer primitif du corps de l’utérus comme une affection très rare, et M. Ferrus nous paraît même dépasser la proportion réelle en indiquant, sur 32 cas, le nombre de 3 pour le cancer primitif du corps de la matrice. Nous n’avons rencontré que .2 cas de ce genre sur 45, et M. Kiwisch, dont l’expérience dans ces maladies est grande et le jugement en général fort bon , dit n’avoir observé dans toute sa pratique que deux cas de ce genre. Il va sans dire qu’il en est tout différemment lorsque l’utérus devient malade , secondairement à une affection carcinomateuse soit éloignée, soit d’un des organes voisins : des ovaires, du péritoine, du rectum, des os du bassin, etc.

Le siège histologique le plus fréquent du cancer est l’interstice entre les divers éléments anatomiques, fibres et faisceaux, de la substance musculaire, ou le tissu cellulaire très dense et serré qui sépare la couche musculaire et la membrane muqueuse.

Comme ce cancer débute ordinairement, dans la portion vaginale, par infiltration, il n’est pas toujours aisé de préciser exactement son point de départ histologique. 11 est un fait que nous devons signaler aux observateurs qui se servent du microscope, c’est que l’infiltration cancéreuse se produit quelquefois autour des follicules du col qui persistent et se remplissent d’une matière jaunâtre et granuleuse, et res-

semblent, à l’œil nu, à des petites masses tuberculeuses, ou lorsqu’ils sont moins altérés pe-uvent en imposer pour des globes épidermiques, ou même pour des amas enkystés de cellules. Il suffit de signaler cette source d’erreur pour pouvoir l’éviter. Nous ajouterons enfin, pour le siège histologique du cancer, que nous l’avons toujours trouvé indépendant de tout travail phlegmasiqueou hypertrophique primitif.

Le cancer se propage de proche en proche et peut ainsi, s’étendant de bas en haut, infiltrer successivement l’utérus jusque dans son fond; lorsqu’il descend plutôt de haut en bas, il peut remplir peu à peu une partie du vagin par des végétations cancéreuses. Quant aux plaques et aux petites tumeurs saillantes que l’on observe quelquefois à lasurface externe de l’utérus, nous les avons toujours vues succéder comme dépôts secondaires à l’infection due à la généralisation du cancer.

Nous avons à examiner à présent plus en détail l’état du col de la matrice dans toutes les diverses conditions signalées jusqu’ici.

3° État du col de l’utérus cancéreux non ulcéré.

L’ulcération du col cancéreux , étant une des conséquences fréquentes des progrès de la maladie, on a généralement cru qu’on ne rencontrait le col intact que lorsqu’on avait occasion de l’examiner à une période très peu avancée du carcinome. C'est une erreur, et nous avons vu cette maladie parcourir toutes ses phases, s’accompagner de pertes, d’un écoulement fétide, d’une altération de plus en plus profonde de toute l’économie, et se terminer par la mort sans que le col fût ulcéré. Ce fait s’est présenté 7 fois sur 45 à notre observation , par conséquent dans plus d’un septième des cas. Sous le rapport anatomique , les autres lésions et l'état local du cancer, transformé en partie en tissu grumeleux et infiltré de graisse, témoignaient de son ancienneté. Si nous consultons la durée de la maladie, nous trouvons, dans une des observations de M. Louis, trois mois à peine de durée; ce cas avait affecté une marche généralement aiguë. Mais dans les six autres faits de cette catégorie , la durée moyenne a été de seize mois et demi , à peu de chose près la même que celle qui résulte du dépouillement, sous le rapport de la durée, de 39 de nos observations de cancer utérin. On a souvent discuté la question : si les pertes dans cette maladie étaient causées par l’ulcération ou par un état congestif de l’organe. Pour nous, l’ulcération n'est pas plus la cause essentielle de ces pertes , qu’elle n’est la cause des vomissements dans le cancer de l’estomac. Les pertes n’ont manqué que

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lans un seul cas ; 2 fois elles étaient d’une médiocre intensité, et 4 fois .‘lies étaient fortes, continues pendant longtemps, et avaient apparu i presque dès le début , malgré l’état toujours intègre de la surface du nuseau de tanche. Chez toutes ces femmes, le col , infiltré de cancer,

' ivait très notablement augmenté de volume. Nous trouvons dans nos lûtes une augmentation de 4 , de 5 fois et au delà son volume. Nous rencontrons un cas dans lequel le col forme un cône renversé, offrant 5 centimètres de largeur à sa base, qui est constituée par la portion vaginale. La surface du col était ordinairement inégale, bosselée, présentant un singulier mélange de mollesse et de dureté; le cancer y était constitué 6 fois par de l’encéphaloïde ou du squirrhe, ou' le mélange de ces deux tissus et 1 fois seulement par du tissu colloïde. Le tissu cancéreux y était d’un blanc rosé ou d’un blanc brillant, fibreux ?t filamenteux par places , mou et pulpeux dans d’autres. Deux fois :e cancer renfermait une matière d’apparence tuberculeuse constituée par des cellules infiltrées de graisse. Pas un de ces cas n’était un can- 3roïde, ce qui s’explique facilement, vu que le cancroïde marche, dans leprincipe, delà surface vers la profondeur, tandisquele cancer, avant ie s’ulcérer, marche au contraire de la profondeur vers la surface.

Zi° De l’état du col de l’utérus ulcéré.

L’ulcère cancéreux succède à l’encéphaloïde ou au squirrhe, lesquels, m augmentant le volume du col, provoquent une congestion inflammatoire et font disparaître , par absorption , les éléments histologiques qui, comprimés par l’extension du produit accidentel, ne peuvent plus recevoir de suc nourricier. L’ulcère, une fois établi, aune tendance prononcée à s’étendre en profondeur et en surface, et sous ce rapport , l’ulcère cancroïde ne le cède en rien à l’ulcère carcinomateux.

Nous avons rencontré 33 fois sur 45 des ulcères profonds du col de utérus, et sur les 12 cas restants, 7 fois le col était intact, et 5 fois 1 était le siège de tumeurs végétantes. L ulcère laissait voir souvent, mr ses bords ou à sa circonférence, des végétations saillantes. 5 fois ulcère était simplement rongeant sans base et sans contenu cancé- ’eux. Peut-être cette proportion reste-t-elle au-dessous de la réaité, mais nous n’avons voulu mettre dans cette catégorie que les ;as dans lesquels l’absence du cancer était rigoureusement conitatée dans l’ulcère , ainsi que dans tout le reste de l’économie. Dans un huitième des cas enfin, 4 fois sur 33 l’ulcération était tellement profonde, qu’il ne restait plus qu’une portion peu étendue

et peu épaisse de l’utérus. L'ulcère est le plus souvent anfractueux, offrant une suite irrégulière de creux et de bosselures d’aspect rongeant, surtout du côté de la cavité de la matrice, tandis que les végétations occupent de préférence la portion vaginale. Ces ulcères sont souvent calleux à leurs bords, et surtout dans le tissu qui les entoure ; ils sont recouverts tantôt de granulations rouges et violettes, ressemblant à des bourgeons charnus , tantôt d’un détritus verdâtre dans lequel on rencontre un mélange de pus et d’éléments utérins nécrosés. Il n’est pas rare, lorsque la maladie est avancée, de trouver la surface de l’ulcère recouverte d’un putrilage verdâtre ou grisâtre tirant sur le noir, à odeur fétide et comme gangréneuse. Parfois une substance grise, mollasse, formant une couche uniforme, adhère comme une escarre à sa surface. Lorsque les éléments de sang altéré se mêlent à la sanie qu’exhale l'ulcère , ce liquide prend la couleur de la lie de vin ou du chocolat. L’infiltration purulente enfin n’est pas rare dans toute la base de l’ulcère. En raison de sa tendance envahissante, l’ulcère cancéreux contracte de bonne heure des adhérences avec les organes ambiants, et c’est ainsi que l’ulcération, en se propageant d’abord au vagin, détruit une partie du plancher vésico-vaginal ou une portion de la cloison recto-vaginale, quelquefois l’une et l’autre successivement. C’est ainsi que se forment des fistules vésico-vaginales ou utéro -rectales, et finalement ces cloaques infects qui résultent de la fonte ulcéreuse des cloisons et de la communication de tous les organes du petit bassin en un foyer commun rempli d’excréments et de putrilage , une des infirmités les plus pénibles et les plus dégoûtantes dont les femmes puissent être atteintes. Nous avons noté 5 fois sur 45 l’existence de ces cloaques, et 3 fois sur ces 5 la communication était assez vaste pour être équivalente au volume d’une petite pomme. Les recueils d’anatomie pathologique offrent des exemples de communications anormales entre l’utérus et l'intestin grêle. Quoique nous ayons rencontré des adhérences entre ces deux organes , nous ne les avons point cependant trouvées assez intimes pour constituer des cloaques. La portion de l’utérus qui avoisine l’ulcère cancéreux est ordinairement infiltrée de matière cancéreuse dure , brillante ou d’un blanc grisâtre, homogène, contenant du suc cancéreux, ou tout à fait molle et plus franchement encéphaloïde.

Il nous est arrivé de voir des ulcères du col dans lesquels le tissu carcinomateux avait disparu par la fonte ulcéreuse, et où il n’y avait plus que les éléments de l’inflammation chronique, un tissu calleux

! blanchâtre (non infiltré d’un suc trouble et lactescent), ou un tissu d’un rouge violet, ou enfin une infiltration purulente prononcée qui : servait de support à l’ulcère. D’après cet aspect seul, on aurait pu se : croire autorisé à admettre qu’il n’y avait là qu’un simple ulcère ; rongeant. Cependant nous n’avons maintenu le premier jugement i porté que pour les cas où l’on ne retrouvait nulle part ailleurs des ! tumeurs cancéreuses. Lorsque, par contre, celles-ci existaient dans le voisinage de l’ulcère, dans les organes ambiants, ou même dans les points plus éloignés de l’économie, il nous a paru beaucoup plus rationnel d’envisager l’ulcère du col comme d’origine primitivement cancéreuse.

Nous avons trouvé une fois une forme curieuse d’ulcère. Celui-ci, siégeant autour d’une tumeur cancéreuse saillante, avait séparé en deux lames superposées le tissu charnu de l’utérus. Il avait de la ressemblance avec celui que l’on a désigné sous le nom d 'ulcère : disséquant dans certaines tumeurs anévrismales. Dans un autre cas non moins curieux, un ulcère cancroïde du col n’était que le produit secondaire de tumeurs épithéliales papillaires et végétantes du fond du vagin. Nous mentionnons enfin de nouveau ici , en passant , ces ulcères creux du col, "qui ressemblaient à des tubercules ramollis, ulcères phymatoïdes, remplis de paillettes épithéliales, qui, par leur entassement, formaient une matière grumeleuse. Une fois ces ulcères coexistaient avec une affection franchement cancroïde du col ; mais dans le second cas le diagnostic aurait été bien plus embarrassant sans le secours du microscope. C était chez une malade qui avait des ]'. tubercules dans beaucoup d’organes, et qui avait succombé à la jl phthisie pulmonaire. La matrice était saine d’ailleurs, mais elle renfermait dans son col un certain nombre de petits ulcères creux , pouvant loger un pois environ , remplis de matière grumeleuse qui , au microscope, se montrait entièrement composée de feuillets d’épithélium .

5° Des tumeurs saillantes de l’ulérus dans le cancer utérin.

Nous avons parlé plus haut de 7 cas de cancer du col sans ulcération. Dans tous le col était saillant, inégal, bosselé, offrant tantôt un plus fort développement dans la lèvre antérieure, tantôt dans la levre postérieure, tantôt dans les deux à la fois, avec déformation notable. Nous avons noté en outre 12 autres cas; en tout, à peu près les 2/5cs, dans lesquels des tumeurs cancéreuses faisaient saillie dans le vagin.

V oici leurs principales variétés :

a. Le col étant ulcéré, des tumeurs inégales, saillantes, comme tabulées, d’une dureté squirrheuse, réunies par leurs bases, s’épanouissent autour du col .

b. Du fond de l’ulcère s’élève un champignon encéphaloïde, mou, friable, infiltré de suc cancéreux, d’un jaune rosé ou d’un rouge violacé, à tabes ou à bosselures irrégulières et remplissant le haut du vagin jusqu’au tiers ou aux deux tiers de ce canal, et envoyant quelquefois des prolongements dans le plancher vésico- vaginal. Leur surface est ordinairement couverte d’une sanie purulente et cancéreuse, et de grumeaux ainsi que de concrétions sanguines de la forme du cancer hématode. C'est la variété la plus fréquente du cancer végétant du col.

c. L’ulcère avec ses bords anfractueux est extérieurement entouré de tumeurs cancéreuses, formées par un dépôt secondaire, comme en général les plaques et les petites tumeurs que l’on rencontre à la surface externe de l’organe. Nous avons observé une fois deux tumeurs placées au-dessus du rebord du col qui comprimaient l’entrée des uretères dans la vessie, et une fois une tumeur squirrheuse qui, se repliant en arrière en forme de languette, longeait la face postérieure du corps et du col de l’utérus.

d. Nous avons constaté 3 fois l’existence d’une tumeur cancéreuse qui faisait saillie dans la cavité de l’utérus en prenant son origine dans le fond de l’organe , ayant de 2 à 3 centimètres de longueur et offrant l’aspect du champignon encéphaloïde. Dans un de ces cas le col n’était pas ulcéré , tandis qu’il l’était profondément dans les deux autres.

e. C’est ici le lieu de donner quelques détails sur les tumeurs papillaires du fond du vagin et du col utérin. Ce sont des masses quelquefois aussi considérables que le vrai cancer, mais pas aussi largement tabulées, n’offrant ni la dureté du squirrhe, ni la mollesse de l’ encéphaloïde. Au lieu de tabules, on y remarque une foule de saillies comme papillaires, ne dépassant guère quelques millimètres de longueur. Ces tumeurs ont une consistance élastique à la surface et grumeleuse dans leur intérieur, et ne contiennent point de suc trouble qui se délaye dans l’eau ; mais, mis en contact avec ce liquide, ce tissu se désagrégé sous forme feuilletée. La teinte de cette substance est d’un blanc mat et terne, vasculaire par places. Dans un cas de ce genre, où nous avons fait avec M. Robin une injection artérielle et veineuse, nous avons pu nous convaincre que les deux ordres de vaisseaux y existaient, qu’il y avait partout beau-

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coup de capillaires, et que par places c’étaient les artères, et dans d’autres les veines qui prédominaient. Ce genre de tumeur ne s ulcère pas très profondément, mais des morceaux entiers peuvent se détacher et tomber.

Nous signalerons enfin un genre de petites tumeurs saillantes du col et de la partie supérieure du vagin, qui, tout en n’étant pas cancéreuses, se montrent souvent à côté de ces altérations. Ce sont de petites tumeurs papillaires, séparées les unes des autres, de quelques millimètres de saillie, assez vasculaires, et constituées uniquement par des mamelons de membrane muqueuse, augmentés de volume et de vascularité. On a aussi confondu le plus souvent avec le cancer, ces hypertrophies considérables du tissu cellulaire sousmuqueux du plancher vésico-vaginal et de celui qui se trouve entre l’utérus et le rectum, dont l’altération prête d’autant plus facilement à cette erreur, qu’il n’est pas rare d’y rencontrer du vrai cancer infiltré au milieu de l’hypertrophie simple. L’absence du suc cancéreux fournit dans ces cas un bon élément de diagnostic.

6° Structure intime du cancer de rulérus.

D’après les détails qui précèdent, nous n’aurons qu’à résumer brièvement tout ce qui regarde cette structure dans son aspect à l’œil nu, en donnant quelques développements de plus pour les éléments microscopiques qui composent le tissu.

a. Aspect à l'œil nu. Nous insistons de nouveau, avant tout, sur le fait qu’il n’y a qu’un seul cancer, et que les espèces que l’on a établies , le squirrhe et l’encéphaloïde , ne constituent que des variétés de consistance et de vascularité du même tissu, et qui diffèrent souvent dans la même tumeur. Leurs caractères communs , nous le répétons', sont : 1° le suc cancéreux qui les infiltre et renferme les cellules propres au cancer; 2° la tendance envahissante tant de l’infiltration que de la tumeur carcinomateuse; 3° sa tendance enfin à l’infection générale. Ce que l’on a désigné comme squirrhe de la matrice offre un tissu dans lequel une charpente fibroïde, filamenteuse , renferme dans ses mailles d’un blanc grisâtre une substance plus molle tirant sur le jaune et infiltrée du suc caractéristique. Cette charpente fibreuse manque dans le cancer plus mou, qui est plus homogène, vu que sa trame est plutôt constituée oar une simple coagulation d’une partie de blastème, tandis qu’une lutre partie reste liquide sous forme d’un suc abondant, dans lequel es cellules peuvent se développer à un degré fort remarquable. Le

tissu d’apparence tuberculeuse n’est autre chose que du cancer fortement infiltré de granules graisseux. La teinte, d’un blanc brillant ou d’un jaune pâle, peut prendre successivement toutes les nuances delà teinte rouge depuis le jaune rosé jusqu’au rouge violet, selbn l’abondance des vaisseaux qui, ici encore, sont aussi bien artériels que veineux et capillaires, très facilement appréciables avec leurs parois propres et leur contenu sanguin. Si nous insistons sur ce point , c’est que M. Cruveilhier a émis l’opinion que le cancer utérin se déposait toujours primitivement dans les veines capillaires de cet organe. Cependant nous avons vainement cherché des preuves directes de cette manière de voir dans son ouvrage d’anatomie pathologique (1). Nous avons pu nous convaincre, par toutes nos dissections , que le dépôt cancéreux dans l’utérus , comme ailleurs , se faisait en dehors, et non dans les vaisseaux capillaires ; du reste, nous avouons que nous ne comprenons pas ce que l’auteur entend par veines capillaires, car on sait que les vaisseaux capillaires sont un réseau neutre entre les veines et les artères.

Quant à la structure du colloïde, enfin, nous n’avons rien à ajouter aux détails donnés plus haut ; nous répétons seulement que nous ne le regardons comme cancéreux que lorsque le tissu gélatiniforme, de nature bénigne parlui-même, est accompagné d’éléments cancéreux.

b. Caractères microscopiques. La trame fibreuse ou fibroïde du squirrhe offre au microscope le même chevelu filamenteux qu’ailleurs. La cellule cancéreuse, le seul élément vraiment caractéristique, nous a présenté dans nos observations l’aspect suivant : La forme de la cellule était très variable, tantôt ronde ou ovoïde, tantôt triédrique, souvent irrégulière, allongée, se terminant parfois en un fil mince ; la paroi cellulaire manquait souvent complètement. Ses dimensions moyennes étaient de 0mra,02 à 0mm,025; nous les avons vues atteindre 0mn\04 et même au delà dans les cellules mères ou concentriques, dans lesquelles plusieurs noyaux étaient entourés d’une ou de plusieurs membranes d’enveloppe. Le contenu ordinaire de ces cellules était un pointillé granuleux , fin , au milieu duquel on reconnaissait souvent de petites granulations graisseuses, qui, dans le tissu d’apparence tuberculeuse, remplissaient tellement les cellules , que leur contenu en était complètement masqué , état qui précède leur diffluence granuleuse.

Les noyaux sont, dans le cancer de l’utérus, comme ailleurs, l’élé-

(l) Anatomie pathologique du corps humain , t. II, 23e livraison , in-folio avec figures coloriées.

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ment essentiel de la cellule cancéreuse, et existent souvent en nombre prédominant par rapport aux cellules complètes. Quelquefois ronds, le plus souvent ovoïdes, ils avaient en moyenne 0m“,01 de largeur sur 0mm,015 de longueur , quelquefois ils atteignaient 0mm,02. Une fois nous les avons vus de 0mm,006 seulement. Ils renfermaient ordinairement des nucléoles bien distincts, d’une couleur terne, d’un volume qui variait entre 0mm,0025 et 0mm,0033. Nous avons rencontré une fois dans un nucléole de 0,,im,005 plusieurs petits nucléoles secondaires.

Nous avons trouvé presque constamment des éléments fibro -plastiques au milieu du tissu cancéreux utérin, ce qui nous étonne moins aujourd’hui, depuis que nous savons, par les belles recherches de M. Ch. Robin, que ces éléments entrent à l’état normal dans la composition de la membrane muqueuse utérine. Des granules et des vésicules graisseuses existaient fréquemment aussi autour et dans les cellules cancéreuses. Nous n’y avons trouvé que deux fois des éléments mélaniques sous forme de granules , de taches irrégulières , de globules mélaniques de0mm,01, et enfin infiltrant les globules cancéreux. Dans les cas qui offraient une infiltration purulente ou des foyers plus circonscrits, les éléments du pus étaient ordinairement incomplètement formés ; nous reviendrons du reste plus loin sur ces cas. Quant à l’étude microscopique de la surface des ulcères, elle démontre, outre le détritus cancéreux et utérin, des cellules d’épithélium, des globules altérés de sang et de pus, et quelquefois des cristaux. Le tissu colloïde montre au microscope un tissu amori phe presque transparent, occupant les interstices d’une trame fine ; de fibres et renfermant de nombreux corps granuleux. Quant aux tumeurs papillaires et épidermiques , on y voit un épithélium pavimenteux ou cylindrique , le premier cependant plus fréquemment. Ce sont des feuillets ovoïdes ou irréguliers qui offrent souvent une ; apparence plissée, ce qui donne à leur ensemble un aspect fibreux, lorsqu’elles sont étroitement juxtaposées. Leur diamètre varie entre 0mm,02 et 0mm,04 ; elles renferment un petit noyau granuleux de 0mm,005 à 0mn,,008 au plus, rarement pourvu de véritables nucléoles. Au centre des papilles , on trouve un tissu fibroïde.

Quant à la structure des petites tumeurs papillaires que nous avons désignées comme des saillies hypertrophiées et très vascularisées de la membrane muqueuse, le microscope y montre des réseaux veineux et artériels et la trame de la membrane muqueuse recouverte d’une couche épithéliale. Si nous jetons enfin un coup d’œil

sur les ulcères cancroïdes , le microscope y fait reconnaître les éléments ordinaires des ulcères , avec absence de cellules cancéreuses, mais avec présence de cellules épidermoïdales , lorsque l’ulcère est d’origine épidermique, et absence même de ces feuillets lorsqu’on a affaire à un ulcère cancroïde rongeant simple.

7° Changement de dimension, de consistance et de capacité de l'utérus

dans le cancer.

Dans la majorité des cas le corps de l’utérus conserve son volume, que le col soit rongé ou occupé par des tumeurs. Nous l’avons trouvé augmenté de volume dans deux circonstances bien différentes qu’il est important de savoir distinguer. L’une est la propagation de l’affection cancéreuse au corps de l’organe, avec infiltration très abondante et écartement aréolaire des éléments charnus de l’utérus : c’est le cancer aréolaire pultacé, décrit par M. Cruveilhier. L’autre circonstance, c’est la distension du tissu utérin par des tumeurs fibreuses multiples, complication dont nous déterminerons plus loin la fréquence et les principaux caractères. Nous avons déjà donné des détails sur l’augmentation du volume du col, que nous avons vu atteindre 5 centimètres de largeur et au delà. Quant à l’organe tout entier, nous avons vu que son augmentation pouvait lui donner une hauteur de 12 à 15 centimètres sur 10 à 13 centimètres de largeur et G à 8 centimètres d’épaisseur. Abstraction faite des pièces dans lesquelles il y avait des tumeurs fibreuses, nous avons rencontré l’augmentation du corps de l’organe dans 1/G des cas.

La consistance de l’utérus cancéreux est non seulement altérée dans les endroits infiltrés de cancer, mais même le tissu de l’organe, dans les parties un peu éloignées d’un dépôt borné au col, est ordinairement plus mou, plus friable, plus facile à déchirer qu’à l’ordinaire.

La cavité de l’utérus est élargie, quelquefois au point d’égaler la dimension du vagin ; elle est remplie d’une bouillie jaune verdâtre, couleur de chocolat , et dans laquelle les éléments du pus , du sang et du cancer se trouvent mélangés. On rencontre quelquefois des arborisations vasculaires bien évidentes au-dessous de cette couche liquide constituée par un mucus visqueux, lorsque le mal n’a pas encore fait beaucoup de progrès du côté du corps de la matrice. Dans une de nos observations , la cavité de l’utérus était remplie par une espèce de polype muqueux qui était moulé , pour ainsi dire , sur sa

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forme triangulaire ; nous avons, du reste, rencontré cette même forme de polype dans d’autres lésions que celles qui nous occupent ici.

8° Collections purulentes dans l'utérus.

A part l’infiltration purulente du col et le pus contenu dans sa cavité , nous avons trouvé 2 fois des abcès multiples disséminés à travers le tissu de l’utérus , et , malgré une dissection attentive , nous n’avons pas pu arriver à des veines remplies de pus , à une phlébite utérine. On a cependant signalé cette complication accompagnée d’abcès métastatiques dans les poumons. Dans un des cas d’abcès utérins , nous avons trouvé, au milieu des éléments du pus, une certaine quantité d’animaux microscopiques ressemblant aux filai res, que nous n'avions encore jamais rencontrés dans le pus chez l’homme ; ils avaient un demi-millimètre de longueur sur l/400e de millimètre de largeur , et étaient doués évidemment de mouvements spontanés, mais sans structure intérieure bien nette ; des abcès qui existaient dans le tissu sous-muqueux de la vessie , chez le même sujet, en renfermaient également. 11 va sans dire que je me suis entouré de toutes les précautions pour me mettre à l’abri d’une erreur, et que j’ai examiné avec soin le liquide diluant qui n’en renfermait point avant d’être mêlé avec ce pus.

9° Adhérences de l’utérus cancéreux avec les parties voisines.

La tendance aux adhérences avec le vagin, la vessie , le rectum , les ovaires, le péritoine, est assez prononcée dans cette affection de la matrice ; celles avec l’intestin grêle sont plus rares. On rencontre aussi parfois tous les organes du bassin englobés dans une masse de tissu cellulaire hypertrophié, renfermant des dépôts cancéreux et quelquefois des collections purulentes. Ce sont ces adhérences du côté de la vessie et du rectum qui deviennent le point de départ des vastes ulcérations qui finissent par former des cloaques infects. Du côté du péritoine , les adhérences dépassent rarement les limites de 1 inflammation adhésive ; aussi les perforations du péritoine de ce côté sont-elles très rares, malgré la grande étendue des cloaques et des ulcères.

iO Des tumeurs fibreuses qui se rencontrent clans l’utérus cancéreux.

Nous avons rencontré 6 fois des tumeurs fibreuses multiples dans la matrice cancéreuse, par conséquent dans les 2/15v‘ des cas , ce qui constitue une- complication assez fréquente. Jamais nous n’avons

trouvé de dépôts cancéreux dans l’intérieur de ces tumeurs. Deux fois sur 6, la matrice était le siège d’un véritable cancer; 2 fois il n’y avait qu’un ulcère rongeant , et 2 fois des affections papillaires et épidermoïdales.

Nous allons passer à présent à l’étude des altérations des autres parties du corps dans le cancer de l’utérus.

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