III. Vagin
11 est à remarquer que le vagin, exposé à l'accès de l’air, éprouve de bonne heure des altérations cadavériques qui, à l’autopsie, changent l’aspect et la teinte des ulcérations dont il peut être le siège.
La hauteur du vagin est presque toujours notablement diminuée. Dans une seule de nos observations, nous la trouvons de 9 centimètres. En moyenne nous ne lui avons reconnu que 4 à 5 centimè* très , à partir de l’entrée de la vulve jusqu’à la limite du col. La membrane muqueuse du vagin n’a montré que très exceptionnellement ses caractères normaux. Sa muqueuse était quelquefois épaissie , le plus souvent ramollie, s’enlevant facilement par le grattage. Plusieurs fois l’épaississement était accompagné d’induration , surtout plus marquée autour du col. En général, le tissu cellulaire qui double le vagin est plus souvent le siège d’une induration inflammatoire ou hypertrophique que d’un dépôt cancéreux. La couleur de la muqueuse, parfois d’un jaune blanchâtre, était ordinairement d’un rouge plus ou moins foncé, tirant sur le violet, offrant près de l’ulcère cancéreux du col une teinte jaune sale ou d’un gris noirâtre ou verdâtre, et recouverte d’un détritus putrilagineux. Une seule fois nous avons rencontré de fausses membranes à sa surface. Autour du col, la muqueuse est souvent ulcérée , travail de destruction qui peut ne s’arrêter que près de la vulve, soit d’une manière non interrompue, soit sous forme d’ulcères plus nombreux, mais discrets. Ces ulcères ne montrent pas ordinairement une base cancéreuse. Nous avons déjà mentionné plus haut de petites tumeurs hypertrophiques de la membrane muqueuse qui se trouvent souvent autour du cancer ulcéré du col. Il suffit de les avoir bien vues pour les distinguer toujours des productions cancéreuses ambiantes ; elles appartiennent bien plus souvent au haut du vagin qu’à la surface du col. Quant aux cloaques dont nous avons déjà parlé, nous ajouterons seulement ici que nous en avons rencontré d’incomplets ; on voyait des fistules qui communiquaient avec des foyers purulents du côté de la vessie ou du rectum, s’acheminant ainsi vers des cloaques plus complets.
Quant à la participation du vagin à l’affection cancéreuse ou can- ! croïde du col, nous l’avons notée dans un tiers des cas : elle consistait tantôt dans des tumeurs isolées dans le tissu sous-muqueux, tantôt en une infiltration cancéreuse diffuse, accompagnée d’induration, prenant son origine au pourtour du col, et s’étendant de là à toutes les parties ambiantes et surtout au plancher vésico-vaginal. Autour de cette infiltration s’opère un travail hypertrophique dans le tissu cellulaire.